De Hitler à Mélenchon. Petite généalogie de la diabolisation visuelle

Par André Gunthert - 5 mai 2013 - 18:29 [English]

Le Monde.fr, portrait de Mélenchon par Laurent Hazgui, s. d.

La narration visuelle au service du journalisme fait rarement dans la dentelle. En ce jour de manif du Front de gauche, le Monde.fr a remis en Une le signalement du long article d’analyse politique de Raphaëlle Besse Desmoulières et Vanessa Schneider publié dans “M le magazine”, illustré par une photo noir et blanc d’un Mélenchon vociférant, parfaitement raccord avec les éléments de langage gouvernementaux (voir ci-dessus).

La presse de la middleclass entretient une allergie notoire pour le leader gauchiste, qui s’exprime abondamment par l’image. Un récent article de Libération comportait un choix iconographique qui tapait délibérément sous la ceinture, en dévoilant l’oeil noir d’un Méluche comme sorti d’un puits d’ombre. L’association avec Marine Le Pen constitue un classique de la dénonciation du populisme mélenchonien, que le Journal du Dimanche reprend dans son édition d’aujourd’hui (voir ci-dessous).

Libération du 8 avril 2013.

Dessin de Plantu, L’Express, 19/01/2011. Une du JDD, 05/05/2013.

Rien n’interdit à un journal d’opinion de critiquer celles qui l’indisposent. Le Monde entretient de surcroît de mauvaises relations avec le dirigeant, qui a insulté un de ses journalistes. Mais un pas est franchi avec la photo de Laurent Hazgui, dont le noir et blanc, traitement rare dans le registre du portrait politique, souligne la violence tout en évoquant un rapport au passé. Comme le délit de sale gueule, l’attaque iconographique ne fait pas appel à des arguments politiques ou philosophiques, mais construit sur le mode de la médisance un document accusatoire qui s’appuie sur l’aspect physique et sur des jeux associatifs plus ou moins avoués.

Sélectionnée parmi les reportages de French-politics, collectif spécialisé dans le portrait politique, l’iconographie de l’article (5 visuels, dont une vidéo et 3 photos noir et blanc) a fait l’objet d’un travail élaboré. Sans surprise, elle souligne la dimension tribunicienne du dirigeant, angle traditionnel de dénonciation du “populisme”. Deux portraits qui montrent Mélenchon en pleine harangue sont des allusions manifestes à l’imagerie des dictateurs des années 1930, dont les discours tonitruants et les postures martiales nourrissaient dès cette époque le stéréotype du tyran (voir ci-dessous).

La diabolisation par l’image fonctionne à la manière de l’allusion: comparaison elliptique suggérant un rapprochement avec les clichés des totalitarismes, elle omet le comparant, qui reste implicite et doit être restitué par le destinataire. Cette figure s’est appliquée à diverses personnalités, à commencer par l’ancien président du Front National, Jean-Marie Le Pen, fréquemment associé depuis les années 1980 au souvenir de la période nazie. Nicolas Sarkozy a subi à son tour cette forme de caricature pendant une courte période, suite au tournant du discours de Grenoble en août 2010, qui prônait ouvertement une politique xénophobe (voir ci-dessous).

J. G. Shields, The Extreme right in France, 2007. Nouvel Observateur, 02/09/2010 (photo: Martinat/MaxPPP).

Ces applications sélectives d’une forme d’insulte par l’image montre que le journalisme politique, ou du moins son volet visuel, reflète moins une analyse politique qu’une condamnation morale. La diabolisation qui frappait Jean-Marie Le Pen en raison de ses nombreux dérapages et allusions racistes est largement épargnée à sa fille, dont les options politiques ne diffèrent pourtant qu’à la marge. De même, l’association de Mélenchon avec le répertoire de la diabolisation est la punition ponctuelle de l’expression “coup de balai”, qui a fortement déplu aux élites politiques et médiatiques. Sorte de point Godwin visuel, le traitement iconographique du Monde traduit une réprobation dont la dimension morale autorise à franchir les limites habituelles de l’objectivité journalistique.

76 Reponses à “ De Hitler à Mélenchon. Petite généalogie de la diabolisation visuelle ”

  1. Merci pour cette analyse sobre, objective donc révélatrice du climat à l’égard de Jean-Luc Mélenchon. Je ne cacherai pas ici ma proximité avec le FDG en général, le PG en particulier. Mais il ne faut pas être militant ou sympathisant de la gauche du PS pour comprendre l’entreprise de “propagande” organisée par les penseurs du libéralisme social dans le but de limiter l’influence d’une autre voix à gauche.
    Tout comme il ne faut pas être un grand spécialiste de la communication visuelle pour se rendre compte du hold up actuellement opéré par la droite et l’extrême droite française de l’imagerie et des slogans du FDG.
    Tout laisse à penser, finalement, que ce FDG en général, le PG en particulier, deviennent le point central de la pensée politique française en ce moment.
    Pour illustrer modestement, ce billet rédigé en fin de semaine dernière:
    http://agauchepourdevrai.fr/post/50080882460/melenchon-lhomme-central-de-la-politique-francaise

  2. @André
    La progression sur une semaine est intéressante mais sans doute due aussi au fait que ce dimanche 5 mai nous étions tous très occupés et les jours suivants très fatigués donc il y a peut-être eu un peu de retard à l’allumage.
    Je suppose que tu as eu quelques dizaines de « vues » de plus hier ?

  3. En effet, la “visite” de JLM a attiré quelque 3000 clics supplémentaires (dont environ un millier en provenance de Facebook)…

    Acrimed reproduit aujourd’hui mon billet sous la forme de “tribune” (“Les articles publiés sous forme de tribune n’engagent pas collectivement l’association Acrimed, mais seulement leurs auteurs”), tout en tenant à souligner: 1) que la dimension visuelle n’est pas tout (“Le «dossier» du supplément magazine du Monde du 4 mai ne s’est pas contenté de tenter de disqualifier Jean-Luc Mélenchon par l’image”), et 2) qu’ils n’avaient pas besoin de moi pour tenir compte de cette dimension (“Un correspondant (à qui n’avait pas échappé le dispositif iconographique) montre ainsi (…) que le contenu de l’article vise tout autant à dénigrer le co-président du Parti de gauche que les photos qui l’accompagnent”). Ces précisions, qui gâchent un peu le plaisir, correspondent assez bien à la tonalité de ton premier commentaire…

    (MàJ: Le post-scriptum d’Acrimed a été modifié en tenant compte de mes remarques)

    Je suis habitué à ces relativisations de la part de spécialistes de l’énoncé, qui tiennent à ce que l’image reste à sa place. Mais je répète que l’image ne dit pas forcément tout à fait la même chose que le texte. Les images disent ici, sur un mode implicite (c’est à dire visible seulement pour le destinataire capable de reconstituer le message): “Mélenchon = Hitler”. L’article de Besse/Schneider ne pourrait se permettre d’énoncer un message aussi grossier et aussi insultant. Cet écart, qui devrait intéresser Acrimed, passe à la trappe dans l’analyse conjointe du texte et de l’image, qui part du principe que la seconde n’est que le miroir du premier. Il y a donc bien un intérêt à produire – et à multiplier – des analyses visuelles autonomes.

    http://www.acrimed.org/article4068.html

  4. Gilbert Duroux le 14 mai 2013 à 14:39

    Je suis d’accord avec l’idée que l’image ne dit pas forcément tout à fait la même chose que le texte. Je ne crois pas que ça échappe aux animateurs d’Acrimed. À mon avis, ils ont simplement profité de l’occasion pour rappeler qu’ils avaient traité le dénigrement de Mélenchon par ailleurs. Et peut-être sont-ils moins armés que vous pour se pencher sur la question spécifique de l’iconographie ?
    En tous les cas, ça fera au moins 6 000 clics de plus pour votre article. Je trouve que c’est une très bonne idée de faire circuler les contributions pour élargir le public.

  5. tijeromebosch le 14 mai 2013 à 18:17

    En parallèle de l’excommunication politique par le visuel de Mr Mélenchon (et de la gauche de gauche européenne) par les médias traditionalistes, on pourrait analyser le style de communication visuel de l’Union Européenne. Clips, affiches, brochures, tout est calqué sur la communication d’entreprise (corporate). On se rend rapidement compte que le seul projet politique européen c’est l’économie libérale point final. L’horizon radieux de la croissance mise en image aussi sereinement, ça peut aussi faire peur :
    http://www.youtube.com/watch?v=4iPdIvOevGY
    http://www.youtube.com/user/ecbeuro

  6. gnagnagna toujours cette question d’image…mais vous n’avez que ca en tête au PG? Vous les néologistes, les phraseurs, vous pensez réellement qu’on est des débiles sans esprit critique? incapables de distance critique sur les médias? qu’on a besoin de trostkystes mittérendiens et françs-maçons (non non ca compte pas sauf que tous les présidents africains en sont -source RFI) pour nous ouvrir les yeux? mmmm bon…amusez vous biens les bobos mais pas sur ma couenne.
    En fait , vous allez à la télé parceque vous avez pas les couilles de Robespierre et des siens dont vous vous réclamez d’aller sur les barricades! Moi je fais le compte: il y a pas de martyr dans votre genre.Vous etes contre le capitalisme mais vous avez jamais rien prit au capitalisme; contre le fn et vous perdez contre le fn…vous servez a rien en fait. Alors basta les leçons.

  7. @André
    On (Acrimed et moi?) ne voit pas le problème à la même distance et du même point de vue (l’image) que toi.
    On est peut être plus partisans aussi.
    Tu t’intéresses à l’aspect iconographique de la diabolisation ce qui est ton champ d’analyse et qui est bien sûr passionnant en soi, mais tout le monde peut convenir que cette demonisation n’est pas non plus que visuelle.
    Qu’est ce que l’expression « purification éthique » sinon une autre façon de dire « Mélenchon = Hitler » ?
    Est ce que c’est relativiser l’image de dire que le dispositif est double, l’un (le visuel) appuyant et renvoyant à l’autre (le textuel)?
    Ça ne veut pas dire qu’Acrimed et moi ne trouvions pas absolument pertinente ton analyse bien sûr !

  8. Je suppose que tu est déjà au courant, Jean-Luc Mélenchon a mis un lien vers ton billet sur son blog. Hum, avec ça et Acrimed, tu vas peut-être arriver à battre ton record de « vues » ou du moins t’en approcher !
    En espérant que cela ne te renvoie pas trop de commentateurs du type de celui de 20:35.

  9. @ Claude : Le dispositif n’est pas double, il est un.
    Ces analyses ne montrent pas seulement que l’image transmet du récit ; elles montrent qu’elles font pleinement partie d’un ensemble et de son sens. Ces analyses invitent à ne pas laisser (négliger) l’image ET à lire texte et image ensemble et non plus côte à côte (comme 2 parallèles qui ne se croiseraient pas).

  10. @ Claude: La diabolisation de Mélenchon n’est pas un phénomène nouveau. Il me semble que si ce billet a rencontré un certain intérêt, attesté par ses reprises sur Opiam et Acrimed, c’est précisément parce que: 1) il s’agit d’une analyse iconographique élaborée; 2) cette analyse est proposée, non par un militant du FDG, mais par un chercheur indépendant.

    Il ne suffit pas de rapprocher des images (comme le fait par exemple Opiam) pour rendre compte d’un processus de caricature visuelle. Il faut pouvoir faire entrer ces rapprochements dans le cadre d’une démonstration, ce que propose mon billet. Acrimed ne republie pas ma dernière illustration, qui comprend un portrait tribunicien de Le Pen, alors qu’il s’agit d’un élément important de cette démonstration. Celle-ci est, comme je l’indique en titre, une “généalogie”, qui permet de comprendre par quel chemin on va “de Hitler à Mélenchon” (alors que cette association peut paraître incongrue lorsqu’elle est vue sous son seul angle politique). Cette approche généalogique montre: 1) que la diabolisation n’est pas une opération ponctuelle, mais une figure de rhétorique; 2) que sa fonction vise une exclusion du champ politique; 3) qu’elle comporte un volet iconographique autonome, inscrit dans la culture visuelle, et destiné à renforcer les autres composantes de la figure.

  11. J’aime beaucoup l’approche généalogique que vous avez mis en œuvre. (Même si je suppose qu’il manque encore beaucoup d’intermédiaires entre Hitler et Mélenchon, ce qui nuit peut-être au caractère approfondi de votre analyse, pas du tout à sa pertinence. Comme vous l’avez dit vous-même, c’est une “esquisse”.) L’approche généalogique se distingue il me semble à la fois de l’approche historique, qui s’en tient à l’histoire factuelle de la circulation des images, des influences ou transferts culturels, etc., et d’une approche “intericonique” qui ne fonctionne de son côté que par rapprochements iconographiques “sauvages”, sans toujours une grande pertinence ni sémantique ni historique (ce que faisait par exemple très souvent Alain Korkos dans son ancien blog dont j’ai oublié le nom, et où il faisait toujours soit des rapprochements d’images censés parler d’eux-mêmes, soit des interprétations pour le moins hasardeuses). L’approche généalogique est à mon sens très féconde, parce qu’elle arrive à réintroduire une perspective historique dans l’analyse iconographique, ou inversement à réintroduire une perspective sémantique dans la simple description historique. Stoichita est très bon dans ce domaine. Ségolène Le Men également (qui est mon “mentor” :-)), dans une perspective historique moins étendue.
    Et ce qui est important dans le cadre de l’analyse d’une culture visuelle: l’approche généalogique permet de comprendre à quoi renvoie culturellement un “cliché”, ce que ne permet ni la méthodologie de l’histoire des arts factuelle ni le simple et anachronique rapprochement de deux images.

    (Petite contribution à une méthodologie de la “culture visuelle” :-).)

  12. @Audrey Leblanc
    Oui, bien sûr texte et image ne sont pas parallèles comme par exemple sur l’article de Libération où l’œil noir de Mélenchon pointe son regard et le notre vers sa « purification éthique »
    Mais double ne veut pas tout à fait dire parallèle, disons que le message (politique) de l’image redouble celui du texte.
    Je note avec intérêt l’adresse de votre blog.
    @André
    Je vois d’après ta MàJ qu’Acrimed a compris le message:)

  13. Gilbert Duroux le 16 mai 2013 à 13:13

    Une voix dans l’oreillette me dit que l’article sur Acrimed a enregistré 10 000 visites en deux jours.

  14. Voici copie de la lettre envoyée à Alain Duhamel. Me répondra-t-il ?

    Bonjour Monsieur,

    Choqué qu’à deux reprises, le fantôme d’Hitler apparaisse dans votre prose :
    La résistible ascension de Jean-Luc Mélenchon
    Référence claire à “La résistible ascension d’Arturo Ui”, et on sait qui Brecht désignait sous ce nom.

    “Un seul leader cependant, un seul chef de file, une seule figure de proue : Mélenchon.”

    Ça sonne comme “Ein Volk, Ein reich, Ein Fuhrer”…

    Et puis, et surtout, vous associez son succès personnel à l’échec collectif de la gauche… comme si cet échec n’était pas d’abord celui des maigres promesses non tenues, des reculades, de l’adhésion aveugle à la doxa néo-libérale, de la trahison de la classe laborieuse (oui, je sais, appellation désuète) qui reprend lentement et par contrainte le chemin du XIX° siècle !

    Salutations citoyennes (oui, je sais, qualificatif désuet)

    Pierre-Marie Bourdaud

    PS Je n’ai pas voté Mélenchon en 2012, mais en 2017, grâce à des gens comme vous et Nicolas Demorand “travailler plus et gagner moins”, ça se pourrait…

  15. A la lecture de votre article, me vient cette observation :
    - Mettez votre bras en avant et fermez votre poing : vous aurez toujours l’air vigoureux, dur, et un poil dictacteur.

    - Mettez votre bras en avant et rapprochez seulement votre pouce de votre index : vous aurez toujours l’air mesuré, pondéré, précis, et un poil technocrate.

    Ce n’est une découverte pour personne : gestuelle des hommes politiques porte en elle un sens et on ne peut douter que le choix du poing fermé ou des doigts rapprochés soit une posture “chorégraphique” décidée et entretenue à l’intérieur d’une communication politique établie (à l’identique des choix de couleur de cravate etc…).

    Il est légitime de se demander si le choix éditorial de montrer Mélenchon en tribun “dictateur” procède d’une stratégie de rapprochement iconographique volontaire et politiquement orientée, soutenant un propos (comparaison).

    On peut aussi se demander si le choix iconographique produit par Le Monde de montrer “Mélenchon en Hitler” ne serait pas tout simplement une absence de critique iconographique, où Le Monde se bornerait naïvement à reproduire une iconographie définie par un plan de communication visuelle et chorégraphique définie en amont par son auteur (JLM).

    Se poser la question du rapport causal entre la comm’ de Mélenchon et la façon dont Le Monde parle de l’homme et de ses idées semble nécessaire.

    Grégoire

  16. @ Grégoire: “Le Monde se bornerait naïvement à reproduire une iconographie définie par un plan de communication visuelle…” Le Monde ne serait-il qu’une simple chambre d’écho reproduisant “naïvement” la propagande FdG? L’hypothèse n’est pas très aimable pour les journalistes de ce respectable organe, qui revendique au contraire hautement sa capacité d’interprétation. Il suffit par ailleurs de feuilleter un numéro de L’Humanité pour s’apercevoir que la présentation du leader y est très différente, positive, souriante, charismatique – et en rien tribunicienne. Désolé, mais la présentation de Méluche en tribun beuglant et grimaçant semble bien une spécialité des journaux des catégories socio-professionnelles favorisées…

  17. [...] La semaine de « Mélenchon-bashing » du « Petit Journal » [...]

  18. [...] le 19 avril : un commentateur du blog L’Atelier des icônes remarque que la phrase "Un seul leader cependant, un seul chef de file, une seule figure de [...]

  19. Grâce à l’apport de la conversation et des informations échangées, j’ai rédigé une version longue de l’analyse ci-dessus, à lire sur Mediapart, avec mes remerciements aux contributeurs/trices:

    http://blogs.mediapart.fr/blog/andre-gunthert/190513/melenchon-malpoli-melenchon-nazi

  20. Que JLM ne soit pas toujours gracieux avec les médias ne suffit pas à expliquer son hitlérisation.

    Que cette hitlérisation vienne de la droite et de l’extrême-droite (dont on connaît les relations incestueuses) amuse quand on sait que beaucoup de ces gens sont les descendants des possédants qui criaient « plutôt bruns que rouges ».

    Mais qu’elle vienne de la gauche de gouvernement et de ses relais médiatiques, cela a de quoi étonner.

    Sauf si on considère que cette gauche, sous des habits sociétaux, est de droite…

    Quand même, Cahuzac, avec son cynisme et son égocentrisme, avec tout ce qu’il a produit de dégoût des hommes politiques, voilà un danger autrement plus grand pour la démocratie, non ?

  21. [...] en culture visuelle, en avait donné une explication précise dans son analyse "De Hitler à Mélenchon. Petite généalogie de la diabolisation visuelle". Dans un commentaire sur son blog, il ajoute [...]

  22. [...] La question du choix iconographique est essentielle. Tout est choix, tri, sélection. L’ "objectivité" des journalistes et des historiens n’existe pas, comme l’explique l’historien Howard Zinn dans You can’t be neutral on a moving train. L’"objectivité", la "neutralité" ou encore l’"indépendance" ne sont d’ailleurs pas des revendications du Parti de gauche, qui demande le pluralisme dans les médias : c’est-à-dire que des points de vue différents puissent s’exprimer et que des opinions contraires soient représentées. André Gunthert, historien et enseignant-chercheur en culture visuelle, avait donné une explication précise de cette question du choix iconographique dans son analyse "De Hitler à Mélenchon. Petite généalogie de la diabolisation visuelle". [...]

  23. de mémoire, Sarkozy a levé le point plusieurs fois aussi…tiens-donc… les journalistes l’ont oublié? De la recherche visuelle on passe à la recherche intellectuelle, décryptage du message supposé des images: “par pitié ne votez à ces 2 partis politiques”…de la peur, de la panique?

    :) questions @ DD Gunthert: auriez-vous peur des “puissants”?
    Pourquoi faire des recherches visuelles si cela doit rester “secret et complaisant”?

  24. @ Bob: Mon diagnostic: il est temps de passer aux lunettes de vue… Sarkozy levant la main est inclus dans l’iconographie ci-dessus, nommément cité (“Nicolas Sarkozy a subi à son tour cette forme de caricature”) avec un lien qui renvoie à un autre billet où j’avais traité de sa diabolisation visuelle, en septembre 2010, quand cette question était d’actualité…

    - “Lepénisation visuelle“, 11/08/2010
    - “A-t-il déjà perdu (son image)?” 27/08/2010
    - “En image seulement tu outrageras“, 17/09/2010.

  25. [...] À propos du choix de cette photo par de nombreux journalistes, lire l’analyse d’André Gunthert, historien et enseignant-chercheur en culture visuelle : "De Hitler à Mélenchon. Petite généalogie de la diabolisation visuelle". [...]