Et c’est ainsi que Sarkozy (est) était grand (1)…

Photographie de Eric Feferberg/Reuters

Sarkozy est monumental… plus grand que l’obélisque de la Concorde, plus grand que la tour Eiffel… Des photographes de presse ont récemment représenté le président sortant sous les traits d’un géant. Paris semble à ses pieds et il s’y promène à la manière d’un Godzilla, d’un King-Kong ou d’un Gulliver échoué au pays des “gentils” trolls et des méchants “petits calomniateurs”… Il faut le reconnaître d’emblée,  ces images ne sont pas celles de sa propagande, elles sont l’expression visuelle de photographes dont on ne connaît pas les motivations exactes… Cependant, elles exploitent habilement un dispositif visuel qui leur est proposé par le staff de campagne, et bien que ces photographies du chef en géant ne soient pas reprises telles quelles dans l’iconographie officielle de sa campagne, sur le site La France Forte, on peut dire qu’elles sont des hyperboles largement inspirées et même suscitées par la tournure inquiétante qu’a prise sa campagne.

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Sainte Anne, à peu de choses près…

Lexpress.com samedi 24 mars 2012

Quand la “Grande peinture” rencontre l’illustration industrielle de l’information… Désireux de partager sur un réseau social l’annonce de cette exposition portant sur une peinture de Léonard de Vinci, très étudiée, je me rends compte au passage que l’image d’illustration, toute petite, choisie par Le NouvelObs.com (voir plus bas) ne correspond pas à la toile de Léonard dont l’article annonce qu’elle “a gardé sa grâce et retrouvé des couleurs fraîches et lumineuses à l’issue d’une restauration controversée…”. Il s’agit d’une image d’une toile que je ne connais pas, dont une partie (la posture de la vierge) peut rappeler celle de Marie chez Léonard de Vinci… mais qui présente des personnages différents et ne correspond pas directement à la peinture dont il est question dans l’article… Rien de bien grave, mais s’agissant de mettre en avant une toile restaurée et “sacralisée” par les disputes de ses exégètes (à tort ou à raison peu importe ici) qu’on trouve avec une facilité déconcertante sur Google Images, et qui fait actuellement la Une de la page d’accueil du site du Louvre.fr, je trouve que ce choix est étonnant pour un grand journal qui est censé vérifier ses sources.  Par ailleurs cela heurte une certaine logique de l’illustration qui voudrait une représentation plus précise et plus “indicielle” de l’”événement” que constitue le retour des couleurs originales sur cette fameuse toile…  Je cherche la source de ce qui m’apparaît comme une erreur révélatrice sur Google Images et découvre d’autres sites de presse ayant fait le même choix… L’express.com (voir ci dessus) et Nord Eclair, (voir ci-dessous)…

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Ishinomaki. La pleureuse en femme heureuse… (Le baume des images 4)

TSUNAMI - A l'image de Yuko Sugimoto, qui cherchait, hagarde, son petit garçon dans les ruines d'Ishinomaki, et qui l'a depuis retrouvé, le Japon s'est redressé depuis le séisme du 11 mars 2011 suivi d'un tsunami et d'un accident nucléaire. Compilation d'avant/après. (AFP PHOTO / YOMIURI SHIMBNUN /Toru YAMANAKA) (capture et légende du NouvelObs.com)

La pleureuse d’Ishinomaki est de retour (encore une fois) dans un diaporama fort instructif sur Le NouvelObs.com (La vie a ressurgi sur les ruines)… et dans nos consciences. Mais elle n’est plus perdue, elle n’est plus emmitouflée dans la couverture qui lui servait de domicile sous les ruines de sa vie, elle a retrouvé la coquetterie qui lui sied si bien, sa coiffure de jeune femme élégante et sa jupe de flanelle grise. Des bas noirs et une posture des jambes (Uchimata) qui la montre revenue dans le champ de sa culture. Son fils lui donne la main et sourit. Leur présence au milieu de la route semble incongrue, c’est une anomalie dans l’ordre des choses car, justement, les choses ont repris leur place. Elle a quitté son rôle de “Madone” pour regard chrétiens appitoyés, elle est redevenue elle-même, comme le Japon. Elle se tient où elle se tenait dans la première photo, mais dans la banalité de sa posture, elle flingue l’icône qu’on avait fait d’elle pour porter le destin de son pays. Tout va mieux, et la douleur est partie… C’est ce que souligne l’image dans ce jeu “avant/après” qui vient ici réparer, cicatriser la plaie.

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De l’index de Saint Thomas à celui de Rosalind Krauss…

Par Olivier Beuvelet - 29 février 2012 - 22:03 - 4 Commentaires [English] [PDF] 

Le Caravage, L'incrédulité de Saint Thomas, 1601

Dans le prolongement de ces deux articles d’André Gunthert (ici et ici) et de celui de Patrick Peccatte sur la question, je pensais qu’il pouvait être intéressant de chercher à comprendre ce que l’indicialité photographique (formulée de manières légèrement différentes mais congruentes par André Bazin en 1945 dans son article “Ontologie de l’image photographique”, Rosalind Krauss en 1977 dans son article “Notes sur l’index” et Roland Barthes en 1980 dans son essai La chambre claire)  pouvait révéler de la survivance d’un rapport chrétien à l’image du corps et à sa résurrection. N’y aurait-il pas ici tentative de sauver la résurrection dans l’image photographique à travers l’affirmation scientifique et rationnelle de son authenticité ?

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Figures de l’habitat dans les premières nouvelles de Michel de M’Uzan

Par Olivier Beuvelet - 18 février 2012 - 14:01 [English] [PDF] 

A l’occasion de la sortie du livre papier “Michel de M’Uzan ou le saisissement créateur”, consacré aux liens entre les écrits psychanalytiques et la brève mais dense oeuvre littéraire de Michel de M’Uzan, sous la direction de Murielle Gagnebin et de Julien Milly, et qui regroupe les interventions faites au colloque qui lui était consacré les 19 et 20 novembre 2010, à L’INHA, je mets ici en ligne l’article que j’y publie, consacré à la figure de l’habitat, notion portée dans l’écriture de M’Uzan par la prééminence de la syntaxe, la mise en évidence des sons, de l’os saillant sous la chair et des charpentes … où je vois une image préfigurant le travail du psychanalyste qui prendra le relais de l’écrivain dans la carrière de l’auteur et où je vois une conception de l’écriture comme un acte architectural créateur d’espaces communs aux sujets… Un travail aux confins de l’écriture et de l’image qu’il me semble intéressant d’explorer. L’habitat comme une sorte d’image de l’écriture…

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Sarkozy au camphone ou le désir du peuple…

Par Olivier Beuvelet - 16 février 2012 - 00:56 - 11 Commentaires [English] [PDF] 

Une de Libération 15 février 2012

Comment Nicolas Sarkozy peut-il encore changer d’image ? Comment peut-il encore se donner un nouveau visage, lui qui a été photographié sous toutes les coutures et dans toutes les postures… Comment faire revenir le désir du peuple ? Le challenge est à la fois comique et tragique. Comique, parce qu’il prête facilement à rire, c’est un bel exemple de comique de répétition, le président qui change et rechange, et rechange encore… mais aussi tragique parce qu’il entraîne encore une fois la vie politique et médiatique française dans son jeu de dupe…

Après la phase “superflic au service de tous”, la phase ’”j’ai changé parce que la vie m’a changé”, la phase “regardez-moi je suis puissant”, la phase “re-présidentialisation”, la phase “coups de menton bien à droite”, voici que commence officiellement l’ultime  phase de sa carrière politique, son va tout, la phase “gros rouge qui tâche”, puisque telle est l’expression qu’il a choisie pour qualifier sa reconquête d’un peuple français qu’il estime au plus haut point.

Mais, problème. Il est impossible de changer l’image du personnage lui-même… Chanel ne fait pas de bleu de chauffe et Berlutti ne propose pas encore de souliers de protection… c’est donc le cadrage qui changera et avec lui, le point de vue sur l’homme du peuple, le français parmi les français qu’il s’est mis dans la tête d’incarner pour prendre Hollande à contre-pied et briser l’aura de toute puissance dont il s’est paré jusqu’à maintenant.

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Quand le populisme saisit l’image de presse…

Par Olivier Beuvelet - 10 février 2012 - 17:45 - 10 Commentaires [English] [PDF] 

Figaro.fr 10 février 2012

Il y a un moment que je trouve fascinant dans la vie des illustrations de presse, c’est celui où les intentions, les choix tactiques ou même les désirs, d’un homme politique, se convertissent en images. Où une ambiance vague et flottante prend corps dans une représentation adéquate. Clic ! Le discours, à peine esquissé, prend forme et contours dans une image censée montrer la réalité, alors qu’en fait, elle crée un paysage teinté du désir ou de l’attente de l’homme politique qu’elle soutient innocemment. Ce qu’il a dit s’incarne, son idée se réalise, dans une thaumaturgie médiatique qui ne prend effet que dans les regards crédules des supporters. Hollande, après un bon discours au Bourget, devient tout d’un coup un vainqueur, un cador, un roc socialiste. Sarkozy veut le peuple qui ne veut plus de lui, au Figaro.fr, on lui donne le peuple. Avec la mention “Style” sur le chapeau.

On reconnaît facilement ces images à ce qu’elles tranchent soudain avec les habitudes iconographiques concernant un thème ou une personne et ne trouvent leur sens (raison d’être), que dans un contexte discursif particulier. Prenons cette illustration de presse choisie par le Figaro.fr pour accompagner un article annonçant le meeting d’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy prévu à Marseille pour le 19 février. L’image illustrative de l’événement qui n’est encore qu’une supposition, est une photographie de Michel Euler prise pour l’AFP à Lavaur le 7 février 2012. Aucun rapport avec l’événement annoncé, ni sur le plan du référent- il s’agit d’un bain de foule et non d’un meeting- ni sur le plan du contexte géographique – le bain de foule a lieu à Lavaur et non à Marseille – il fallait pourtant illustrer cette information en en donnant la substance pour combler un vide iconographique et manifester l’ambiance de ce qui s’annonce comme une campagne (coup de Poker) à l’extrême droite de la part de Nicolas Sarkozy1.

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  1. notons au passage que Bernard Carayon, le maire de Lavaur, où Sarkozy a choisi de célébrer les valeurs de la famille, est membre de la droite populaire et ancien membre du GUD, ça donne une base de départ… []

Sarkozy à la télé… rien… ah si… le décor !

Par Olivier Beuvelet - 29 janvier 2012 - 23:54 - 5 Commentaires [English] [PDF] 

Libération dimanche 29 janvier 2012

On nous avait annoncé des mesures “chocs” pour l’emploi, l’emploi, l’emploi… Tout était prêt pour que le choc social des annonces du président-courage, dimanche soir, plonge la France dans un abîme de perplexité… Au fond, ne serait-il pas un grand visionnaire ? Ce président si mal aimé, qui n’a pas peur de montrer ses blessures aux journalistes, qui a tant appris de sa “longue vie politique”, n’aurait-il pas raison de “réformer”, de “moderniser” un grand coup, juste avant la fin de son mandat ? De faire ce que d’autres ont fait au prix de leur pouvoir ou de l’amour de leur peuple ? Il verse presque une larme sur le sort héroïque de Margaret Thatcher quand sa copine Claire Chazal lui pose opportunément la question qu’il attendait… Il a bien vu le film sur la vie de Thatcher, interprétée par Meryl Streep… Peut-être que dans trois ans, alors qu’il sillonnera le monde pour faire des conférences à 150 000 euros, ce sera George Clooney en personne qui briguera l’oscar en imitant ses tics nerveux dans une superproduction hollywoodienne… L’homme qui “modernisa” la vieille République française (précisons que dans sa bouche “moderniser” veut dire revenir sur le plan social aux sources de la modernité ; les années 1850)… Devenir enfin ce personnage de fiction hollywoodienne qu’il a toujours rêvé d’être, c’est au fond le seul espoir qu’il puisse raisonnablement caresser aujourd’hui… Etre le héros d’un nouveau film, la fiction présidentielle touchant à sa fin. C’est ce qu’il prépare…

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Naufrage avec spectateurs… essai de psychanalyse d’un point de vue médiatique…

Par Olivier Beuvelet - 28 janvier 2012 - 17:46 - 19 Commentaires [English] [PDF] 

Sudouest.fr

Pourquoi les images lointaines et de cet immense hôtel flottant couché dans l’eau sur son flanc droit, sur un fond rocheux, à six brasses seulement de la côte, sont-elles si récurrentes dans les illustrations de presse concernant le naufrage du Costa Concordia ? A voir la quantité et la diversité des images disponibles sur le site Imageforum, ou sur certaines galeries d’images qui complètent généralement l’iconographie des articles consacrés à la catastrophe maritime, on se rend compte que d’une part l’événement est d’une grande importance visuelle pour les médias et que d’autre part la plupart des choix éditoriaux effectués par les sites de presse observés ont très vite privilégié un certain type d’images, pour ne pas dire une seule image, récurrente, celle du grand hôtel qui prend l’eau impliquant la présence (visible ou non) d’un spectateur fasciné par l’énormité de ce qui a bel et bien sombré… On note aussi une surenchère dans la composition et l’esthétisme des images qui montrent l’épave du paquebot, surenchère esthétique qui fait de l’épave un “beau” spectacle à regarder… voir un aperçu des illustrations du monde.fr ici, du Figaro.fr ici et de Libération.fr ici.

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L’enfant-président, un cas intéressant …

Par Olivier Beuvelet - 13 janvier 2012 - 16:21 - 1 Commentaire [English] [PDF] 

Kiosque "spectacles" au pied de la tour Montparnasse, Paris.

André Gunthert le rappelait récemment, les Unes des journaux fonctionnent comme des affiches grand format, exposées dans les vitrines des kiosques à journaux sur les trottoirs de nos villes ou dans les couloirs du métro. Elles annoncent un contenu, mais elles exposent surtout aux regards une thèse, font passer une idée, véhiculent un implicite qu’un certain art de l’ambiguïté rend à la fois efficace et inattaquable….Voici juste un petit mot aujourd’hui sur la rouerie des Unes du Point qui une fois encore joue de l’ambiguïté du rapport entre le titre et l’image à l’occasion de la sortie d’un livre. Cependant, cette fois-ci, ce n’est pas seulement à des fins publicitaires que Le Point décide de faire sa Une sur un livre à paraître dont il publie les bonnes feuilles, mais plus probablement pour en tirer un parti… qui reste à déterminer. En effet, sous le grand titre en jaune qui brille sur le front du président, le nom de Claude Allègre, auteur de ce livre qui entend rendre justice à Nicolas Sarkozy de ce qu’il a fait de bien,  n’apparaît pas clairement. Il faut lire un des quatre sous-titres pour en entendre parler, et encore ce n’est qu’une allusion, rien ne relie le titre de la Une au livre éponyme… Sans une recherche sur Internet, je n’aurais d’ailleurs pas compris que “le complexe de Zorro” est le titre du livre de Claude Allègre. Ainsi, ou Le Point pense que tout le monde suit l’actualité passionnante de Claude Allègre ou il a voulu exploiter ce titre pour dire autre chose. Ayant exclu la première hypothèse, je me pencherai sur la seconde.

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Du philosophe médiatisé au penseur médiatique, le sceau de l’image…

Par Olivier Beuvelet - 7 janvier 2012 - 16:31 - 17 Commentaires [English] [PDF] 

François-René de Chateaubriand, méditant devant les ruines de Rome, peint par Anne-Louis Girodet-Trioson, 1808, Musée de St Malo.

En 1816, un jeune homme de quatorze ans a, paraît-il, écrit dans son cahier d’écolier : “Je veux être Chateaubriand ou rien”, il s’est mis à écrire ; il est devenu Victor Hugo. Le jour de ses obsèques nationales et de son entrée directe au Panthéon, la rue où il habitait portait son nom depuis treize ans et son oeuvre était devenue un paysage français, typiquement français, au même titre que le Mont St Michel. Ses meubles, ses manuscrits et ses personnages sont maintenant des pièces précieuses du patrimoine national… C’est un saint Républicain, une figure sacrée, il a suscité lui-même l’imitation.

Que ferait aujourd’hui celui qui voudrait devenir Bernard-Henri Lévy ou Michel Onfray ? S’achèterait-il des chemises ou des lunettes facilement reconnaissables ? Se laisserait-il pousser les cheveux ? Prendrait-il des airs graves d’inquisiteur des Lettres et des arts ? S’entraînerait-il à construire de belles envolées lyriques, au rythme ternaire, en réponse aux questions potentielles de Laurent Ruquier ? Rêverait-il devant sa glace de croiser le fer avec Zemmour et Naulleau ?

Non bien sûr. Il lirait et il écrirait, BHL comme Onfray doivent leur existence médiatique à leur écriture et rien n’a fondamentalement changé depuis de début du XIX ème siècle et la naissance des industries culturelles… Il faut produire un texte et ensuite le faire connaître pour se faire connaître… Un intellectuel, ça écrit, ça tient la plume, ça pose devant des bibliothèques, ça parle… quel que soit son corps d’origine ; philosophie, littérature, sociologie, Histoire, démographie sociale…  Et puis il ne faut pas prendre les Grands Hommes pour des modestes ou des ascètes iconophobes… on ne sait pas si Victor Hugo a admiré Chateaubriand pour ses seuls écrits ou pour sa pose romantique devant Rome en ruine dans le tableau de Girodet-Trioson peint en 1808. Mais ce qui est sûr, c’est que l’image publique de Chateaubriand a été davantage sculptée par ses écrits, dont l’image devant Rome est une émanation emblématique et fidèle, que par une diffusion à grande échelle de son effigie peinte ou gravée. Le système médiatique n’en était qu’à ses balbutiements. Si les auteurs avaient leurs portraits au-dessus du bureau, et commençaient à apparaître aux yeux du public comme des prophètes (Bénichou), ils devaient encore convaincre la critique (leurs pairs et leurs promoteurs) et leurs lecteurs, à la seule force de leur plume, ne bénéficiant des effets de leur image que de manière secondaire.

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Camus par Onfray, par Le Point …

Par Olivier Beuvelet - 5 janvier 2012 - 23:04 - 8 Commentaires [English] [PDF] 

Une du Point du 5 janvier 2012

On prend les mêmes et on recommence… A la Une du Point daté du 5 janvier 2012, l’incontournable philosophe médiatique pose, avec son air jovial de jouisseur libertaire, derrière la figure en noir et blanc du philosophe qu’il médiatise à travers son livre.

Cette Une est à placer dans le prolongement du petit billet précédent qui pointait les ambiguités sémiotiques de la partie basse de la Une de Marianne, également consacrée à l’événement médiatique (à distinguer de l’événement médiatisé) que constitue la parution de la biographie de Camus par Onfray.

Ici comme là, l’ambiguïté est de mise, et elle a pour but probable de hisser Onfray au niveau de l’auteur de L’étranger, prix Nobel de Littérature… Donner du poids à l’auteur contribue à créer l’événement…

Une équivalence visuelle est ainsi recherchée entre les deux philosophes, mis sur un pied d’égalité par la taille de caractère du titre en blanc. Il peut d’ailleurs se lire en miroir : “Camus par Onfray” c’est bien sûr, en réalité, un autoportrait d’”Onfray (passant) par Camus”. Comme un marionnettiste habile, le philosophe médiatique, vêtu d’un col roulé sombre, peu visible sur fond noir, comme il se doit, semble plonger sa main dans le dos de Camus, sa marionnette, pour nous la présenter de face.

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