Copé se repent … en images seulement

Par Olivier Beuvelet - 27 mai 2014 - 23:11 - 1 Commentaire [English] [PDF] 

Le monde.fr 27 mai 2014 (midi)

Rares sont ceux qui croient que Copé ne savait pas ce que tramait son fidèle serviteur (Jérôme Lavrilleux) dans les arcanes du financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy et peut-être dans d’autres choses moins nobles, moins altruistes…

Impossible ! Pas lui ! Pas ces sommes ! Pas dans ce système si proche de lui ! Bon.

Si ce scepticisme n’affecte pas trop les représentations médiatiques de l’affaire sur la plupart des sites d’information grand public, qui restent sobres et ne proposent pas d’interprétation particulière. Il est ainsi blessé (Le Point) ou inquiet (Libé), pour ne prendre que les journaux qui ont contribué à la révélation de l’affaire. Le Monde.fr lui, affiche clairement ses doutes et, contre toute évidence, semble nous raconter visuellement l’histoire d’une contrition du coupable, d’une repentance proche de celle de Jérôme Lavrilleux sur le plateau de BFM TV. Copé en démissionnant aurait donc avoué ses turpitudes financières…

Cependant, c’est exactement l’inverse, il est venu sur le plateau de Gilles Bouleau pour sortir la tête haute et défier avec un aplomb qui frôle la pathologie le bon sens le plus basique…

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Colloque (15 et 16 mai) : Critique de la culture, Culture de la critique – Lectures contemporaines de la Théorie critique

Un beau colloque ouvert à différentes approches et discussions auquel j’aurai le plaisir de participer …

“Pour les théoriciens de l’École de Francfort, la culture ne doit pas être étudiée comme un domaine en soi, mais comme un catalyseur et un réflecteur de phénomènes sociaux, esthétiques, subjectifs, psychanalytiques. Dans cette optique, l’approche transdisciplinaire de la Théorie critique mobilise des ressources méthodologiques et théoriques diversifiées qui favorisent la malléabilité de l’objet de recherche, et des allers-retours permanents entre terrain, recherche empirique et théorisation. Cependant, les interprétations scientifiques de ces travaux semblent souvent pencher vers une lecture philosophique, oblitérant ainsi ces approches empiriques et souvent phénoménologiques. Ainsi, la réserve d’outils méthodologiques et de concepts forgée par l’École de Francfort est peu utilisée dans les recherches empiriques actuelles. Partant de ce constat, nous souhaitons interroger la pertinence de ces acquis empiriques et conceptuels : en quoi peuvent-ils contribuer aux recherches actuelles sur les phénomènes culturels, sociaux et politiques ? Les travaux empiriques menés en sociologie, en linguistique, en sémiologie, en psychologie, en histoire, ou en science politique pourraient s’avérer particulièrement féconds pour une réactualisation dialectique et diachronique des travaux de L’École de Francfort.”

Programme Complet

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Lucio Fontana, de la fente à l’image-fente …

Par Olivier Beuvelet - 27 avril 2014 - 12:49 - 1 Commentaire [English] [PDF] 

Vue de l'expo Fontana au Musée d'Art Moderne de Paris

Une importante rétrospective Lucio Fontana (1899 – 1968) a commencé vendredi 25 avril au Musée d’Art Moderne de Paris, l’occasion pour moi de vous proposer un petit parcours dans cette exposition, à travers quelques uns des éléments conceptuels de sa réflexion en actes et de présenter in fine le concept qu’il m’a inspiré et que j’ai développé dans ma thèse à partir des films de Krzysztof Kieślowski. La trajectoire qui nous amènera de la sculpture au cinéma à partir d’un même paradigme, celui de l’image-fente, pourra paraître audacieuse, elle l’est sûrement, mais la suivre ouvre des brèches fécondes… De l’ouverture de ses fentes dans la toile du tableau conçue comme geste sculptural au règne de l’index dans la théorie de l’Art et à ses déclinaisons cinématographiques dans les formes les plus vives du cinéma du réel, il n’y a qu’un “pas”…

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BHL : extension du domaine du mème …

capture d'écran du site de l'Elysée

Punctum : quelque chose ne va pas dans cette photographie officielle figurant sur le site de l’Elysée. Quelque chose me point, me pique, déchire l’ordre classique de la représentation politique… je souris, ça ne va pas… Est-ce le costume trop sombre pour une tenue de travail ? l’absence de cravate ? La posture en retrait de celui qui accueille et semble nous présenter ses trois poulains, ou le fruit de son travail de haut diplomate ? Est-ce le fait qu’il cache les drapeaux français et européen comme s’il s’était ajouté in extremis, en lieu et place de deux symboles politiques importants savamment placés dans le champ ? Est-ce tout simplement sa beauté hâlée qui tranche avec les mines fatiguées des hommes qui ont des charges politiques ? Est-ce la contradiction évidente entre un acte généreux et une envie d’en tirer des bénéfices narcissiques immédiats ? L’homme à droite n’est pas dans le même espace conceptuel que les autres, réprésentant de lui-même, il semble être un ajout numérique venant exprimer son envie personnelle de manière comique, une sorte de selfie qui ne dit pas son nom, mais dont plus personne n’est dupe aujourd’hui. J’ai beau me dire qu’il y était vraiment, sa présence me paraît artificielle, tellement attachée à un désir inopportun, en décalage avec l’efficace politique du cliché, elle rend l’image presque comique…

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Retouche, Camouflages et selfie… (symptômes et paradigmes)

Par Olivier Beuvelet - 16 février 2014 - 11:53 - 5 Commentaires [English] [PDF] 

L'abbé Jean Fontana découvreur des fossiles d'hydropithèques à Digne les bains

Ce sont les petits symptômes qui font les grands paradigmes. Trois cas récents nous offrent l’occasion de mieux mesurer ce qui a changé, au fil de ces dernières années, sous l’effet des pratiques numériques, dans notre approche de l’image photographique, plus précisément dans le crédit que nous lui accordons. La première expérience symptomatique de ces mutations sourdes et profondes, prise parmi d’autres, est le “renvoi” par l’agence AP, du photographe Narciso Contreras, pour avoir retouché une de ses photographies en y effaçant la présence (presque indiscernable) d’une caméra de télévision posée au sol par un collègue. La seconde  est, dans un autre registre, la visite que l’on peut faire de la salle sur les hydropithèques au sein de l’exposition “Camouflages” de Joan Fontcuberta à la MEP. Enfin, le cas du selfie, abondamment traité par la presse et devenu ainsi une pratique emblématique dans les usages de la photographie, nous offre l’occasion d’observer cette évolution d’un point de vue plus structural. Ces deux premières expériences, l’une objective (un renvoi et deux discours – celui du renvoyé et celui de la renvoyeuse) et l’autre subjective (mes propres impressions en visitant cette exposition) et le dernier cas, plus théorique, m’amènent à percevoir de quelle manière la photographie change progressivement de régime de crédibilité pour passer d’un régime “indiciel” où l’image photographique est connue comme empreinte neutre, objective et achéiropoïète (sans intervention de la main)  à un régime “énonciatif” “discursif” ou “narratif” où l’image photographique est reconnue comme prise de position, subjective et “faite à la main” (potentiellement retouchée)… On passe ainsi d’un savoir photographique où c’est ce que Roland Barthes résume sous la fameuse expression du “ça a été” qui domine, à un régime où domine un noème qu’on pourrait résumer sous l’expression d’un “j’y ai été”, pour rester dans l’ambiance et souligner le glissement de la “vérité photographique” du champ où apparaît l’objet photographié au contrechamp virtuel ou implicite où se tient l’opérateur. Mais d’abord un petit tour d’horizon théorique. Lire la suite

Le mystère du World Press Photo 2013

Par Olivier Beuvelet - 15 février 2014 - 12:25 - 16 Commentaires [English] [PDF] 

John Stanmeyer, Migrants essayant de capter un réseau somalien à Djibouti

L’image est plutôt belle et intriguante, difficile à comprendre de prime abord, elle propose au spectateur un parcours interprétatif qui, comme le précise cet article de Slate.fr, ne peut pas se passer de la légende. Le World Press Photo 2013 a été attribué à John Stanmeyer pour cette photographie intitulée “Signal” et prise le 26 février 2013 à Djibouti. Voici la légende officielle qui l’accompagne sur le signe du WPP : “African migrants on the shore of Djibouti city at night, raising their phones in an attempt to capture an inexpensive signal from neighboring Somalia—a tenuous link to relatives abroad. Djibouti is a common stop-off point for migrants in transit from such countries as Somalia, Ethiopia and Eritrea, seeking a better life in Europe and the Middle East.”1

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  1. “Migrants africains sur la côte de Djibouti City, le soir, levant leur téléphones en espérant capter un signal peu cher de la Somalie voisine – un lien fragile avec leurs proches restés sur place. Djibouti est un point de passage important pour les migrants en trasit depuis des payx comme la Somalie, l’Ethiopie et l’Erythrée, cherchant une vie meilleure en Europe ou au Moyen-Orient” []

Tel père, tel selfie … (par Kore-Eda)

Par Olivier Beuvelet - 4 janvier 2014 - 02:40 - 2 Commentaires [English] [PDF] 

Image figurant sur l'affiche de "Tel père, tel fils" de Hirokazu Kore-Eda

Il faut savoir écouter les images, elles sont très bien placées pour parler d’elles-mêmes et c’est d’ailleurs un des rôles de la production “artistique” que de proposer des champs de réflexion aux différents supports qu’elle peut emprunter.

Soit le très beau film Tel père, tel fils de Hirokazu Kore-Eda qui raconte l’histoire de deux familles dont les nouveaux nés ont été échangés six ans plus tôt et qui se trouvent confrontés à une question terrible : doivent-ils ou non échanger de nouveau les enfants qu’ils ont élevés en les considérant comme leur progéniture ? Au delà du cas particulier qui s’inspire et s’écarte vite du scénario de La vie est un long fleuve tranquille, c’est bien sûr la question de la filiation qui est posée à partir du point de vue d’un personnage ; le père. Est-on père et fils par le sang ou par les affects ? Doit-on forcément ressembler à son père, physiquement ? mais surtout par le témoignage de sa vie ? Lire la suite

Vues d’Arles (III) : Martin Becka ou la transparence éternelle de la photographie …

Par Olivier Beuvelet - 21 août 2013 - 18:27 - 24 Commentaires [English] [PDF] 

Martin Becka, Burj Al Arab, Série Dubaï transmutations (2008)

L’exposition de Martin Becka pose une question théorique passionnante à laquelle je ne parviens pas à répondre. Bien que j’en fasse tourner les signes dans mes pensées, je ne parviens pas à déterminer la position temporelle que j’occupe devant ces photographies archaïques et pourtant contemporaines de la Dubaï actuelle. Elles ont été prises avec une chambre ancienne sur négatif papier ciré sec selon la recette mise au point par Gustave Le Gray en 1851… Elles fleurent bon la mission héliographique mais s’appliquent à des objets, les tours ultramodernes de la cité champignon, qui n’ont rien à voir avec l’idée de patrimoine à inventorier… Au contraire, elles me présentent un monde que je vois plutôt dans le futur.

Le texte de présentation de cette exposition intitulée Dubaï Transmutations précise : “Jouant de l’utilisation des procédés photographiques datant de l’invention du média, il (Martin Becka) s’emploie à désorienter le spectateur par une organisation délibérée d’un « collapse temps ». ” Jusque-là je suis bien d’accord ! La notion de “collapse temps” m’échappe un peu mais je partage totalement ce trouble qu’elle évoque…

Quand suis-je devant cette image ? Lire la suite

Vues d’Arles (II) : Alfredo Jaar ou le retour du refoulé médiatique …

Par Olivier Beuvelet - 12 août 2013 - 11:26 - 14 Commentaires [English] [PDF] 

Alfredo Jaar, Searching for africa in Life (1996), extrait, instagram pris en Arles le 11 août 2013

En dix années de fréquentation des Rencontres de la photographie d’Arles, c’est de loin une des toutes meilleures expositions qu’il m’ait été donné de voir. Elle est l’oeuvre d’un artiste que je viens ainsi de découvrir concrètement et dont le travail m’enthouisasme parce qu’il correspond de près à ce que je pense du fonctionnement des images de presse dans leur rapport au réel qu’elles sont censées représenter et dans leur rapport à notre propre économie psychique… Que voulons-nous voir ? Que ne voulons-nous pas voir ? Pour quelle représentation du monde votons-nous chaque semaine en achetant tel ou tel news magazine ? Qui a la haute main sur nos souvenirs écrans ? Corbis et BIll Gates ? Le haut commandement de l’armée américaine ?  La rédaction de News-Week ? Henry Luce et son conservatisme ? Le pauvre Kevin Carter ? Cette exposition d’un artiste sud-américain engagé contre la domination américaine (occidentale) sur le monde et en particulier contre la doctrine Kissinger, me fait bien sûr penser à celle de Léon Ferrari qui avait été accueilllie dans l’ex-église St Anne, en 2010… mais alors que le plasticien récemment décédé fabriquait des objets provocateurs pour donner chair à ses idées et à ses fantasmes selon les moyens classiques d’une poïétique surréaliste passée à la moulinette créative du Pop Art, les oeuvres de l’architecte chilien redessinent l’espace de l’ex-église des frères prêcheurs pour donner la chair de poule au spectateur et le plonger dans la vie inconsciente des images de presse qu’il fréquente pourtant assidûment. Lire la suite

Vues d’Arles (I) : Erik Kessels ou le cliché de la submersion …

Par Olivier Beuvelet - 11 août 2013 - 13:22 - 6 Commentaires [English] [PDF] 

Instagram de l'installation d'Erik Kessels, 24 hrs in photography, Arles, 10 août 2013

L’exposition d’Erik Kessels, au palais de l’archevêché, en Arles, regroupe en fait deux expositions, imbriquées l’une dans l’autre ; 24 hours in photography installation conçue initialement pour l’exposition What’s next at FOAM ? présentée au FOAM à Amsterdam en 2011 et  Album Beauty, conçue initialement pour le FOAM, aussi, et présentée au printemps 2012. Elles se sont succédées dans le temps et dans leur conception, ce qui place “l’ode à l’ère finissante de l’album photo” (Album beauty) comme un retour en arrière nostalgique après la déploration anti-numérique que constitue 24 hours in photography. Rassemblées, voire imbriquées, en Arles, elles forment un diptyque dont le rapport repose sur une opposition, peu apparente à l’oeil nu puisque toutes les photographies ont été tirées, entre l’âge de la photographie argentique où régnait l’album cartonné et l’ordre familial et l’ère de la photographie numérique qui s’étalerait en masse régressée sur les pages du Web. C’est en effet entre les modes de conservation et de présentation de la première et ceux de la seconde que s’établit la rupture qu’Erik Kessels a repérée et qu’il vient dénoncer ou peut-être plus simplement déplorer dans ces deux expositions. En gros, parce que le sens de la nuance semble échapper à l’artiste néerlandais, il y a un temps béni, doré, fleuri, de l’album de famille, dont il a mis une quinzaine d’années à dégager une rhétorique de l’existence photographiée, en collectionnant les albums achetés dans des vide-greniers, et un temps sauvage, sans ordre ni rhétorique, qui serait celui du flot quotidien des images privées qui viennent rompre la digue entre vie privée et vie publique, sous l’effet de l’irresponsabilité régressive des usagers. Lire la suite

“j’y ai été” avec Google Street View

Par Olivier Beuvelet - 7 juillet 2013 - 16:23 - 2 Commentaires [English] [PDF] 

capture d'écran Google Street View de la place des Miracles à Pise

1- Je cherche un hôtel entre San Remo et Florence pour une nuit sur la route, cet été. Avec Booking, je repère des adresses d’Hôtels où des chambres sont encore libres, et avec le service  Google Street View de l’application Google Maps, je visite les alentours des hôtels abordables, regarde à quoi ressemble la plage annoncée par l’un, explore le quartier pittoresque présenté par l’autre. Gênes est tentant mais c’est une ville très dense où je n’ai pas envie de m’engouffrer après un long trajet, le village de Varese ligure est bien joli aussi, vraiment, l’hôtel proposé a une belle façade, bêtement invisible sur le site de réservation, mais la rue est piétonne et en stationnement interdit alors que l’établissement annonce ne pas avoir de parking (avec donc tous les bagages à sortir et à porter…) Finalement, je trouve un Bed and Breakfast sympathique et peu cher, à Pise, à proximité du Campo dei Miracoli. Le plaisir de pouvoir aller le visiter à pied le lendemain matin, compense la distance supplémentaire qu’il me faudra parcourir. Pour m’amuser, je fais, avec mes pieds virtuels, le trajet qui sépare l’établissement de la fameuse tour penchée… c’est jouable en moins d’une demi-heure. Je réserve.  Lire la suite

L’image (phonéographique) comme propos spontané…

Par Olivier Beuvelet - 22 juin 2013 - 11:00 - 5 Commentaires [English] [PDF] 

Capture d'écran sur Facebook

On l’annonce depuis quelques jours, il est désormais possible de “commenter des statuts avec une image” ou “une photo” ou encore, selon une autre expression tout aussi parlante, “de commenter des statuts en image”. Même si certains le formulent d’une façon plus classique en séparant bien le texte de l’image, annonçant qu’on pourra bientôt “Mettre des images dans les commentaires Facebook”,  l’idée qu’un propos de commentaire puisse être purement iconique est ainsi véhiculée par la plupart des titres des billets spécialisés qui annoncent cette nouvelle fonction sur le réseau social et constitue en soi un indice intéressant d’une évolution conceptuelle. L’image (et particulièrement l’image photographique) est considérée comme un propos en soi, elle peut ainsi emprunter les formes pragmatiques du commentaire et de sa parole brève, parfois évasive, rejoignant le trait d’esprit ou la formule malicieuse. On peut réagir à un statut verbal par une image. Rien d’étonnant à cela, puisque l’image est communicante et prise comme support (selon différentes modalités discursives) dans la conversation, il est peut-être naturel qu’elle glisse du statut d’objet de la conversation à celui de forme de la conversation, l’image n’étant plus alors simplement commentée mais devenant elle-même le commentaire, elle porte le propos ou plutôt se fait propos… Lire la suite