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	<title>La vie sociale des images</title>
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	<description>Carnet de recherche visuel, par Sylvain Maresca</description>
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		<title>Le marché du narcissisme</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Sep 2010 07:41:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sylvain Maresca</dc:creator>
				<category><![CDATA[Contributions]]></category>
		<category><![CDATA[Lhivic]]></category>
		<category><![CDATA[Appareils photo]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie]]></category>
		<category><![CDATA[Pratiques]]></category>

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		<description><![CDATA[

&#8220;Avec le ST550, fini les photos ratées. Le double écran vous apporte de  multiples avantages. Vous êtes à la fois le photographe et le sujet.  Vous réaliserez facilement de meilleurs autoportraits dès le premier  essai.
Mais ce n’est pas tout! En mode Enfants, une animation rigolote  s&#8217;affiche sur l’écran LCD avant pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/09/Double-écran-1.jpg"><br />
</a></p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/09/Double-écran-11.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1437" title="Double écran-1" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/09/Double-écran-11.jpg" alt="" /></a>&#8220;Avec le ST550, fini les photos ratées. Le double écran vous apporte de  multiples avantages. Vous êtes à la fois le photographe et le sujet.  Vous réaliserez facilement de meilleurs autoportraits dès le premier  essai.<br />
Mais ce n’est pas tout! En mode Enfants, une animation rigolote  s&#8217;affiche sur l’écran LCD avant pour attirer l&#8217;attention de l&#8217;enfant  pendant la prise de vue.<br />
Grâce au retardateur, affichez le compte à rebours et voyez  immédiatement la photo que vous venez de prendre.&#8221;</p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/09/Double-écran2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1439" title="Double écran2" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/09/Double-écran2.jpg" alt="" /></a></p>
<p>Dans le même esprit, la console de jeux Nintendo DSi intègre déjà deux objectifs photo dont l&#8217;un est orienté vers l&#8217;utilisateur.</p>
<p>Quand on voit la proportion d&#8217;<a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/1348">autoportraits</a> que les adolescents réalisent avec leur appareil photo ou leur téléphone portable, force est de reconnaître que les fabricants de matériel savent faire preuve d&#8217;une remarquable capacité de réaction pour les attirer avec de nouveaux gadgets pré-adaptés à leur boulimie narcissique.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Donner dans le panneau</title>
		<link>http://culturevisuelle.org/viesociale/1421</link>
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		<pubDate>Tue, 31 Aug 2010 13:41:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sylvain Maresca</dc:creator>
				<category><![CDATA[En images]]></category>
		<category><![CDATA[Lhivic]]></category>
		<category><![CDATA[Signalisation]]></category>

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		<description><![CDATA[En ce dernier jour du mois d&#8217;août, je présente deux panneaux drolatiques aperçus lors de mes vacances.
A l&#8217;entrée de ce village, vous êtes avertis que les voitures (ouf !), les vélos (ah bon ?) et les piétons, donc vous-mêmes, n&#8217;avez pas le droit d&#8217;avancer à plus de 20 km/heure. Vous voilà rassurés car vous étiez [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En ce dernier jour du mois d&#8217;août, je présente deux panneaux drolatiques aperçus lors de mes vacances.</p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP0579.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1422" title="IMGP0579" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP0579-1024x680.jpg" alt="" width="800" height="531" /></a>A l&#8217;entrée de ce village, vous êtes avertis que les voitures (ouf !), les vélos (ah bon ?) et les piétons, donc vous-mêmes, n&#8217;avez pas le droit d&#8217;avancer à plus de 20 km/heure. Vous voilà rassurés car vous étiez partis pour une promenade tranquille, pas pour un jogging musclé. Et puis, avant de ressortir de cette charmante bourgade, l&#8217;interdiction est levée : est-ce à dire que vous devez repartir au plus vite, sans ralentir votre foulée en dessous de 20 km/h ?</p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP0674.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1424" title="IMGP0674" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP0674-1024x680.jpg" alt="" width="800" height="531" /></a></p>
<p>Que peut-on espérer raisonnablement trouver lorsqu&#8217;on en a fini avec plus rien ?</p>
<p>Allez, ce n&#8217;est que la fin des vacances !</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Série à compléter</title>
		<link>http://culturevisuelle.org/viesociale/1412</link>
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		<pubDate>Sun, 29 Aug 2010 07:11:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sylvain Maresca</dc:creator>
				<category><![CDATA[En images]]></category>
		<category><![CDATA[Lhivic]]></category>
		<category><![CDATA[Pictogrammes]]></category>

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		<description><![CDATA[Encore un petit air de vacances avec cette variante d&#8217;un jeu connu, appliquée cette fois à une série de pictogrammes :

Prévoyants, les auteurs du balisage de ce chemin côtier qui part du cap Fréhel &#8211; site touristique archi-visité des Côtes d&#8217;Armor &#8211; ont laissé une case vide au cas où un nouveau pictogramme s&#8217;imposerait.
Lequel ?
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Encore un petit air de vacances avec cette variante d&#8217;un jeu connu, appliquée cette fois à une série de pictogrammes :</p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP0575.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1414" title="IMGP0575" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP0575-1024x680.jpg" alt="" width="800" height="531" /></a></p>
<p>Prévoyants, les auteurs du balisage de ce chemin côtier qui part du cap Fréhel &#8211; site touristique archi-visité des Côtes d&#8217;Armor &#8211; ont laissé une case vide au cas où un nouveau pictogramme s&#8217;imposerait.</p>
<p>Lequel ?</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Une femme pour la banque</title>
		<link>http://culturevisuelle.org/viesociale/1387</link>
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		<pubDate>Thu, 26 Aug 2010 15:16:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sylvain Maresca</dc:creator>
				<category><![CDATA[Contributions]]></category>
		<category><![CDATA[Lhivic]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie]]></category>
		<category><![CDATA[Publicité]]></category>

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		<description><![CDATA[Je viens de tomber sur cette publicité qui m&#8217;a intrigué. Parce qu&#8217;il y était question de photographie, bien sûr, mais surtout parce que je ne comprenais pas ce qu&#8217;elle venait faire dans cette annonce de services bancaires.
En recherchant quelques informations sur cette campagne publicitaire qui vient de démarrer, je découvre rapidement que la nouvelle offre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/Pub-HSBC-2010.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1388" title="Pub-HSBC-2010" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/Pub-HSBC-2010-229x300.jpg" alt="" width="229" height="300" /></a>Je viens de tomber sur cette publicité qui m&#8217;a intrigué. Parce qu&#8217;il y était question de photographie, bien sûr, mais surtout parce que je ne comprenais pas ce qu&#8217;elle venait faire dans cette annonce de services bancaires.</p>
<p>En recherchant quelques informations sur cette campagne publicitaire qui vient de démarrer, je découvre rapidement que la nouvelle offre <em>HSBC Advance</em> est destinée aux  &#8220;patrimoines en devenir&#8221;, c&#8217;est-à-dire aux personnes financièrement à l&#8217;aise  (entre 35 000 et 75 000 € de revenus annuels) et plutôt jeunes (entre 25 et 45 ans) qui, si elles sont bien conseillées et accompagnées par leur banque, devraient devenir demain ses clients privilégiés, au double sens du terme.</p>
<p>Pour donner un visage à ces &#8220;emerging affluent&#8221;, la publicité est déclinée de plusieurs façons, avec des slogans diversifiés :</p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/Publicité-HSBC-2010-2.jpg"></a><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/Publicité-HSBC-2010-21.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1395" title="Publicité HSBC-2010-2" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/Publicité-HSBC-2010-21.jpg" alt="" width="763" height="520" /></a></p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/Publicité-HSBC-2010-32.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1400" title="Publicité HSBC-2010-3" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/Publicité-HSBC-2010-32.jpg" alt="" /></a></p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/Publicité-HSBC-2010-3.jpg">Captures d&#8217;écran du site www.hsbc.fr</a></p>
<p>Et la photographie dans cette histoire ?</p>
<p>Madame s&#8217;occupe depuis trois ans de ses deux charmants bambins pendant que son cadre supérieur de mari connaît une ascension professionnelle remarquable. Elle aimerait bien s&#8217;extraire du pavillon cossu qui est son quotidien, mais cela fait déjà plusieurs années qu&#8217;elle n&#8217;est plus dans le bain du travail. Son diplôme d&#8217;analyste financier se dévalue et surtout, elle a décroché du <em>mainstream</em> dans lequel il faut baigner du matin jusqu&#8217;au soir si l&#8217;on veut se maintenir dans le monde de la finance. Et puis, a-t-elle jamais vraiment aimé ce job ?</p>
<p>Depuis la naissance de ses enfants, elle les a énormément photographiés. Lorsqu&#8217;ils font la sieste, elle s&#8217;empresse de retravailler ses clichés, de les agencer en séries, d&#8217;en faire des albums. Récemment, elle a découvert sur internet une artiste américaine dont l&#8217;œuvre est composée exclusivement de photos de ses enfants. Elle s&#8217;est d&#8217;ailleurs rendue compte qu&#8217;il y en avait beaucoup d&#8217;autres, en Europe également. Cette découverte lui a donné des idées. Elle se dit que ses photos valent bien les leurs. Il faudrait qu&#8217;elle les montre à quelqu&#8217;un qui s&#8217;y connaît. L&#8217;entreprise de son mari investit dans le mécénat : il y a là une piste à creuser. Et puis, il faudrait qu&#8217;elle compose un <em>book </em>pour avoir un ensemble cohérent à montrer. Elle ne veut pas d&#8217;une simple collection d&#8217;images sur CD. Elle suppose que de véritables tirages sur papier feraient plus d&#8217;effet. Mais l&#8217;impression grand format coûte cher et puis elle ne veut pas devoir demander de l&#8217;argent à son mari pour financer ce qui ne sera peut-être qu&#8217;un coup d&#8217;épée dans l&#8217;eau. D&#8217;ailleurs, elle ne souhaite pas lui en parler tant que rien n&#8217;est vraiment amorcé. En revanche, il faut qu&#8217;elle en parle à son banquier&#8230;</p>
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		<item>
		<title>Pictogrammes (suite)</title>
		<link>http://culturevisuelle.org/viesociale/1375</link>
		<comments>http://culturevisuelle.org/viesociale/1375#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 22 Aug 2010 12:17:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sylvain Maresca</dc:creator>
				<category><![CDATA[En images]]></category>
		<category><![CDATA[Pictogrammes]]></category>

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		<description><![CDATA[Une devinette dans l&#8217;ambiance des vacances.

En voici le contexte :

]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une devinette dans l&#8217;ambiance des vacances.</p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP1754.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1376" title="IMGP1754" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP1754-1024x768.jpg" alt="" width="800" height="600" /></a></p>
<p>En voici le contexte :</p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP1755.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1384" title="IMGP1755" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP1755-1024x768.jpg" alt="" width="800" height="600" /></a></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Retour de vacances</title>
		<link>http://culturevisuelle.org/viesociale/1348</link>
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		<pubDate>Wed, 18 Aug 2010 20:02:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sylvain Maresca</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lhivic]]></category>
		<category><![CDATA[Notes]]></category>
		<category><![CDATA[Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie]]></category>
		<category><![CDATA[Pratiques]]></category>

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		<description><![CDATA[
Ma fille vient de rentrer de trois semaines de vacances passées au Sénégal, dans la maison d&#8217;une famille amie franco-sénégalaise.
Dans un précédent billet, j&#8217;avais déjà donné une première description de sa pratique de la photographie, avant tout ludique et &#8220;bidouilleuse&#8221;. Nous venons d&#8217;en avoir un nouvel aperçu avec les photos qu&#8217;elle a rapportées sur l&#8217;appareil [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP5019.jpg"><br />
</a>Ma fille vient de rentrer de trois semaines de vacances passées au Sénégal, dans la maison d&#8217;une famille amie franco-sénégalaise.</p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP50191.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1353" title="IMGP5019" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP50191-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>Dans un précédent <a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/1205">billet</a>, j&#8217;avais déjà donné une première description de sa pratique de la photographie, avant tout ludique et &#8220;bidouilleuse&#8221;. Nous venons d&#8217;en avoir un nouvel aperçu avec les photos qu&#8217;elle a rapportées sur l&#8217;appareil numérique que nous lui avions confié pour ce voyage.</p>
<p>Elle n&#8217;a pas chômé puisqu&#8217;elle a réalisé pas moins de 211 images, dont 53  sont des retraitements de clichés pré-existants ou de purs effets lumineux. Les photos prises &#8220;d&#8217;après quelque chose  d&#8217;existant&#8221; se limitent donc à 158 (ce qui fait déjà un beau total !).</p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP5197.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1363" title="IMGP5197" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP5197-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a> <a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP5198.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-1364" title="IMGP5198" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP5198-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p>Sur le lot, 38 clichés peuvent être qualifiés de &#8220;documentaires&#8221; puisqu&#8217;ils ont été pris pour fixer la trace d&#8217;un lieu, d&#8217;un animal ou d&#8217;un fruit singulier, étonnant ou exotique. Les animaux l&#8217;emportent de loin dans cette série : margouillat, pigeon, vautours, oursins, crabe&#8230; Les lieux sont très peu représentés, les paysages encore moins, à la grande déception des parents que nous sommes qui espéraient bien découvrir quelques vues de Dakar ou du bord du mer. Manifestement, aucun projet de reportage n&#8217;a germé dans l&#8217;esprit de notre fille qui n&#8217;a donc pas vu l&#8217;intérêt de prendre des photos pour nous montrer où elle avait été et à quoi ça ressemblait. Les seuls clichés qui s&#8217;apparentent à des paysages ont été réalisés pour essayer le fixer les couleurs du ciel au  couchant.</p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP5588.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1356" title="IMGP5588" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP5588-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>Enfin, et surtout, 52 photos sont des autoportraits. A défaut de découvrir le Sénégal par les yeux de notre fille, nous aurons eu tout loisir de la voir telle qu&#8217;elle-même se voit ou se donne à voir. Cela méritait bien un aller et retour en Afrique !</p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP5566.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1359" title="IMGP5566" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP5566-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a> <a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP5567.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-1360" title="IMGP5567" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP5567-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Un salon à la mode web 2.0</title>
		<link>http://culturevisuelle.org/viesociale/1304</link>
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		<pubDate>Tue, 13 Jul 2010 10:09:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sylvain Maresca</dc:creator>
				<category><![CDATA[Edito]]></category>
		<category><![CDATA[Lhivic]]></category>
		<category><![CDATA[Blog]]></category>

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		<description><![CDATA[
&#8220;Ton blog me fait penser aux salons du XIXe et début du XXe siècles, où l&#8217;on discutait des évènements du jour, de questions abstraites, littéraires ou autres, de vive voix. Et maintenant, on le fait donc par le blog, en conversation à travers le monde entier ! Intéressant ! Même fascinant !
Mais je reste au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/cb/Salon_de_Madame_Geoffrin.jpg/350px-Salon_de_Madame_Geoffrin.jpg" alt="" width="350" height="230" /></p>
<p>&#8220;Ton blog me fait penser aux salons du XIXe et début du XXe siècles, où l&#8217;on discutait des évènements du jour, de questions abstraites, littéraires ou autres, de vive voix. Et maintenant, on le fait donc par le blog, en conversation à travers le monde entier ! Intéressant ! Même fascinant !<br />
Mais je reste au XXe siècle et j&#8217;aime discuter avec une personne qui est assise en face de moi.&#8221;</p>
<p>Je clos ma première saison de <em>La vie sociale des images</em> par cette réaction d&#8217;une amie américaine, qui porte allègrement ses 98 ans et à qui je viens de faire découvrir mon blog. Elle n&#8217;avait pas idée de ce que c&#8217;était, mais mue par son inépuisable curiosité, elle a voulu y aller voir. <em></em></p>
<p><em>Culture visuelle</em>, une nouvelle forme de salon ? Quelle belle image pour partir en vacances l&#8217;esprit et les sens en éveil.</p>
<p>Bon été à tous.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Ciné-village</title>
		<link>http://culturevisuelle.org/viesociale/880</link>
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		<pubDate>Fri, 09 Jul 2010 08:27:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sylvain Maresca</dc:creator>
				<category><![CDATA[Contributions]]></category>
		<category><![CDATA[Lhivic]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Pratiques]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Je présente cette fois un extrait du mémoire que Florian Guinaudeau, étudiant de sociologie de l&#8217;Université de Nantes, vient de consacrer à une salle de cinéma située à La Ferrière, une petite ville de Vendée distante de 10 km de La Roche-sur-Yon. Sous le titre Lumière sur une salle obscure vendéenne, il s&#8217;attache à reconstituer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="/DOCUME%7E1/marescas/LOCALS%7E1/Temp/moz-screenshot-3.png" alt="" />Je présente cette fois un extrait du mémoire que Florian Guinaudeau, étudiant de sociologie de l&#8217;Université de Nantes, vient de consacrer à une salle de cinéma située à La Ferrière, une petite ville de Vendée distante de 10 km de La Roche-sur-Yon. Sous le titre <span style="color: #ff0000"><strong><em>Lumière sur une salle obscure</em> <em>vendéenne</em></strong></span>, il s&#8217;attache à reconstituer la genèse de ce cinéma, sa gestion associative, son insertion dans la vie locale, sa programmation et son public, à partir d&#8217;observations très fines sur le terrain ainsi que de chiffres détaillés récoltés sur les 10 dernières années d&#8217;exploitation &#8211; au cours desquelles s&#8217;est ouvert un multiplexe à La Roche-sur-Yon. On y découvre un cinéma qui marche bien, labellisé &#8220;Art et essais&#8221;, fréquenté aussi bien pour sa programmation que pour sa proximité et son ambiance familière.</p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/07/Cinema-Le-Roc3.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1337" title="Cinema Le Roc" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/07/Cinema-Le-Roc3.jpg" alt="" /></a><span id="more-880"></span></p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/07/Cinema-Le-Roc2.jpg"><br />
</a>L&#8217;extrait que je livre ici explore &#8220;<strong>Les rituels de la salle obscure</strong>&#8221; :</p>
<p>« Les nombreuses observations du public réalisées lors des séances de projection ont fait apparaître des phénomènes récurrents, plus ou moins codifiés, qu’il est primordial de prendre en compte pour saisir les pratiques et représentations de l’activité cinématographique pour les habitants de La Ferrière.</p>
<p>Pour relater ces différents faits, nous décomposerons la fréquentation de la salle obscure en étapes successives, agencées selon un ordre chronologique, de l’entrée à la sortie des spectateurs du cinéma.</p>
<p><strong>Le hall</strong> :</p>
<p>En général, les personnes responsables de la séance permettent l’accès à la salle au minimum trente minutes avant que ne débute la projection. Les fidèles le savent très bien et c’est pour cela que la grande majorité des spectateurs arrivent dans un laps de temps relativement restreint : entre dix à quinze minutes avant que les lumières ne s’éteignent. De plus, la connaissance pratique du lieu et des horaires leur permet d’anticiper sur l’éventuelle audience d’une séance. Ainsi, il est extrêmement rare que des individus s’impatientent devant des portes désespérément closes. J&#8217;ai ne l&#8217;ai constaté qu&#8217;une seule fois, lors de la diffusion du film <em>Avatar</em>. La forte affluence rassemblait alors des personnes inhabituelles pour la salle du <em>Roc, </em>notamment beaucoup de jeunes qui se concertaient à l’entrée pour feindre d’avoir l’âge requis pour assister à la séance, méconnaissant le fait que les ouvreuses sont en réalité très peu regardantes.</p>
<p>Le guichet et les personnes qui s’en occupent tiennent un rôle très important au cinéma de La Ferrière. En effet, sur le moment, elles ont une fonction indispensable de réception du public : vente de tickets, de confiseries, etc. Ces interactions marchandes donnent également l’occasion, de manière sporadique, d’engager de brefs échanges verbaux, qui consistent généralement en des « prises de nouvelles » au sujet de la famille, du travail,… tout sauf le cinéma ! Lorsque ces conversations se poursuivent, le rapport marchand initial tend à disparaître pour laisser place à un contact amical – la vitre en plexiglas, véritable <em>marqueur frontière</em>, rappelant toutefois le caractère institutionnel de la rencontre. L’émergence de dialogues est donc  fortement tributaire du degré de connaissance préalable entre les protagonistes. Mais il arrive aussi que des causeries s’installent entre les ouvreuses et  des spectateurs plus « étrangers ». Dans ces cas-là, les propos des visiteurs relèvent davantage de la discussion formelle sur le cinéma : « Vous avez vu le film ? Il est bien ? » ou encore : « Il y a du monde ce soir dans la salle ? ». On n’est ici pas très éloigné de l’exemple de l’interaction client/caissière fourni par Erving Goffman, où le jeu consiste subtilement à articuler sujets « inoffensifs » –  le temps, les programme télé – et c<em>onditions de félicité<a href="#sdfootnote1sym"><sup>1</sup></a></em>. Pour ce qui est des vendeuses, elles s’en tiennent la plupart du temps à de vagues réponses très générales ; l’inverse supposerait qu’elles endossent un rôle de conseillère qui leur paraît improbable de tenir. Les ouvreuses peuvent donc mettre fin à la discussion en étant faiblement réceptives aux requêtes de l’acheteur, mais dans le cas de figure le plus fréquent – celui de l’interconnaissance où espace public et privé se confondent –, c’est l’intrusion d’une tierce personne qui conclut l’échange.</p>
<p>Les ouvreuses peuvent également s’autoriser quelques remarques exclamatives : « Tiens ! ça faisait longtemps… », envers des acheteurs clairement identifiés. Il est important de noter que ces micro-discussions, qui n’excèdent pas une minute, se déroulent quasi-exclusivement entre personnes du même sexe. Ainsi, ce sont d’abord les femmes seules qui « taillent une bavette », plus rarement celles en couple ; en pareil cas, le mari préférera entrer directement dans la salle.</p>
<p>Ces descriptions se cantonnent à l’instantanéité des relations spectateurs/ouvreuses, mais il ne faudrait pas sous-estimer toute la connaissance constituée  préalablement au fait de se rendre au cinéma. En effet, à La Ferrière, on ne se trouve pas dans la configuration d’un multiplexe où la caissière demeure cette personne anonyme qui se limite à « délivrer les billets et à encaisser la monnaie ». Les spectateurs assidus qui vont à une séance n’y vont pas seulement pour le pur plaisir de voir un film, mais également parce qu’ils savent que ce soir-là, c’est l’équipe d’Untel qui assure la gestion de la séance. Ainsi lorsqu’un groupe de personnes connues et reconnues dans l’association qui gère le cinéma est en charge de l’accueil, il y a de fortes chances que cela se ressente au niveau de l’audience. Le fait est que les femmes qui assurent les entrées n’occupent le rôle d’ouvreuses que pendant un moment défini et limité, ensuite la plupart d’entre elles deviennent des spectatrices à part entière. A partir de ce constat, on peut dire que les brèves échanges verbaux qui s&#8217;engagent au guichet ne sont que les prémices d’une rencontre qui le plus souvent est arrangée à l’avance.</p>
<p><strong>L’entrée dans la salle de projection</strong> :</p>
<p>Les personnes pénétrant dans ce lieu sont invisibles pour les spectateurs déjà installés et, réciproquement, les entrants ne peuvent jeter un coup d’œil tant qu’ils n’ont pas gravi les quelques marches qui permettent d’accéder aux fauteuils. C&#8217;est seulement alors qu&#8217;ils peuvent s’arrêter un instant pour effectuer un rapide <em>balayage visuel</em> et juger de « qui est dans la salle ce soir ». Mais cette observation ne vaut que pour les individus qui ont l’impression de « jouer à domicile ». C’est particulièrement le cas de figure lors des séances du jeudi et dimanche soir où le public est restreint et homogène. Le fait d’observer attentivement l’assistance n’est pas sans conséquence. En effet, dévisager les gens présents impose des rites de salutation auxquels il faudra se soumettre lorsqu’il y a pré-connaissance : discrets hochements de tête, vigoureux serrages de mains, salutations orales. Il ne faudrait pas sous-évaluer la prégnance de ces divers procédés <em>phatiques</em> pour maintenir une cohésion inter-subjective dans une salle comme celle du <em>Roc</em> où l’on doit faire face à des <em>relations ancrées<a href="#sdfootnote2sym"><sup>2</sup></a></em>. Mais bien souvent les personnes ne prennent pas le temps de scruter le lieu, qu’elles soient seules ou accompagnées.</p>
<p>En temps normal, c’est à travers les rites de salutation que l’on peut distinguer les spectateurs assidus des occasionnels. Cet état de fait est remis en cause lors des périodes de festival au cours desquelles certains spectateurs inhabituels peuvent être aussi des « figures locales » connues et reconnues qui n’échappent pas aux rites de salutation.</p>
<p><strong>Le choix de la place</strong><strong> </strong>:</p>
<p>Les conditions d’entrée dans la salle conditionnent le choix de la place. Dans le cas du spectateur occasionnel, qui peut faire l’économie des salutations et passe pour ainsi dire quasiment inaperçu, les motivations qui guident le choix de sa place sont simplement personnelles. Le spectateur intermittent, lui, tend à s’installer là où il n’y a pas de monde et où il ne risque pas d’être dérangé. Ces places sont en priorité celles situées sur les deux côtés, mais aussi, lorsque la rangée centrale est occupée, celles qui composent la rangée unique tout au fond de la salle. Lors de certaines séances consacrées à des films relativement réputés qui drainent beaucoup de spectateurs occasionnels – qu’ils soient seuls, en couple ou en famille –, on constate un mode particulier d&#8217;occupation des fauteuils : chacun essaye de ne pas se retrouver dans la même rangée qu’un autre et, si c’est le cas, de garder une distance de quelques sièges. Du fait de ces multiples préservations de <em>territoire</em>,  on assiste au final à une répartition très anarchique dans la salle de projection. Et dans cette configuration de petits îlots indépendants, il serait vain de chercher un quelconque lien social. Les personnes venues seules ou à plusieurs restent comme telles ; l’oxymore de Guy Debord<sup><a href="#sdfootnote3sym"><sup>3</sup></a></sup> : « isolé ensemble », prend ici tout son sens.</p>
<p>Pour le fidèle, le choix de la place se joue différemment. Lorsque la salle est déjà bien garnie et à partir du moment où il a pris connaissance des « forces en présence », il se produit une sorte d’attraction vers les affinités qui passe par les rites de salutation. Dans cette optique, la rangée centrale, qui offre un large espace, apparaît comme la zone de prédilection où l’on peut retrouver d’autres spectateurs. Ainsi, il arrive que des personnes arrivées en solitaire au cinéma se fondent dans un groupe de discussion préétabli sur des rapports antérieurs. Ces groupes se composent de deux à cinq unités maximum, situées sur la même rangée, qui contribuent ainsi à maintenir une certaine harmonie tout en se préservant d’éventuelles intrusions. Les discussions s’appuient principalement sur des ressources d’interconnaissance : « Ça court toujours ? », « Et ta fille, ça va ? ». Il n’est pas rare que des individus venus en couple se séparent momentanément par souci conversationnel : « Je vais me mettre ici, comme ça on pourra bavarder ! ».</p>
<p>Mais il peut arriver aussi que des personnes s’écartent délibérément des autres lorsque celles-ci « suivent vaguement le film et interrogent leurs voisins », dirait André Breton. C’est le cas de cet homme qui, n’en pouvant plus des commérages intempestifs entre sa femme et ses amies qui se déroulaient à côté de lui, choisit de changer de place. De la rangée centrale, il se déplace alors discrètement vers les fauteuils latéraux, puis se retourne vers son voisin de derrière en soupirant : « un peu de calme ! ». Malgré tout, ces parasitages sont extrêmement rares et les projections filmiques laissent place à un silence religieux.</p>
<p>Les mouvements à l’intérieur de la salle de projection sont extrêmement limités. A l’inertie des spectateurs s’oppose toutefois le va-et-vient des opérateurs entre la cabine de projection et le hall d’entrée. Ces observations ne valent évidemment pas lorsque le public comporte un grand nombre d’enfants. C’est alors  toute une atmosphère cinétique et bruyante de papier plastique recouvrant les friandises qui est à l’œuvre avant que le film ne débute.</p>
<p><strong>La sortie</strong> :</p>
<p>Lorsque les lumières se rallument, on retrouve la distinction initiale entre fidèles et occasionnels, mais de manière moins marquée. Les derniers cités ne s’attardent guère dans les rangées de fauteuils et se dirigent mutinement vers la sortie située juste devant l’écran. Pour les assidus installés dans la rangée centrale, quelques réactions à vif sur le film du soir sont échangées : « C’est bien fait ! » (pour <em>Avatar</em>), « pas facile ! » (pour <em>Shutter Island</em>), mais rien de plus éloquent concernant les œuvres. Ces instants font surtout office de <em>clôture</em> policée entre les interactants qui, de toute façon, auront de fortes probabilités de se retrouver par la suite. Rarement les spectateurs restent de façon conséquente à discuter pour prolonger la séance. Néanmoins, encore une fois, le fait de « traîner » un petit moment, alors que le rideau sur l’écran est tombé, est lié aux connexions établies avec les responsables de l’association présents pour assurer la projection.</p>
<p>En réalité, les enjeux tacites à ces différentes observations concernent les relations sociales et leur mise en scène dans le cadre du cinéma de La Ferrière. Une chose importante à relever est la prégnance de la préméditation des rencontres entre les participants. Lorsque les fidèles se rendent au cinéma, ils savent peu ou prou quelles personnes s’y trouveront. Cette disposition n’étant possible que s&#8217;il existe une interconnaissance active qui dépasse l’enceinte cinématographique : que ce soit dans le milieu associatif, professionnel ou scolaire. Dans cette perspective, la fréquentation de la salle obscure s’enchevêtre avec d’autres pratiques collectives et vient seulement retendre des liens sociaux préexistants tissés dans d’autres sphères de la vie sociale. Dans ce cas, aller au cinéma dépasse largement le simple fait d’assister à un spectacle, mais engage une <em>cérémonie d’accès</em> au travers de rites d’interaction solennels. La séance de cinéma ne demeurant qu’un maillon d’une chaîne de sociabilité bien plus étendue.</p>
<p>Ce constat tend à relativiser la capacité du cinéma à créer du liant entre les spectateurs. En temps normal, il peut au mieux retendre des relations trop lâches, entre des individus qui se sont « perdus de vue » par exemple. Mais il serait exagéré d&#8217;octroyer à l’activité cinématographique des vertus fédératrices qui opèreraient par une magie sociale résidant dans le partage spectaculaire en un même lieu. En effet, les épisodes interactionnels ouvrant et concluant la projection sont trop restreints et succincts pour prétendre déboucher sur de véritables sociabilités durables. En revanche, en période festivalière, quand la place et le temps impartis aux contacts sociaux sont plus évasés, ce constat est peut être à nuancer. »</p>
<p><a href="#sdfootnote1anc">1</a> « Toute disposition qui nous incite à juger les 	actes verbaux d’un individu comme n’étant pas une 	manifestation de bizarrerie. » (Erving 	GOFFMAN, <em>Façons de parler</em>, Paris, Ed. de 	Minuit, 1981, p. 266)</p>
<p><a href="#sdfootnote2anc">2</a>« Dans 	les toutes les sociétés, il existe des « relations 	ancrées » (ou « fermes ») 	telles que chaque extrême identifie l’autre personnellement, 	sait qu’il en fait autant et reconnaît ouvertement devant 	lui que quelque chose d’irrévocable a commencé entre 	eux, qu’ils ont établi un canevas de connaissance mutuelle 	qui retient, organise et applique leur expérience réciproque. 	» (Erving GOFFMAN, <em>La mise en scène de la vie 	quotidienne, </em>Tome 2 :<em> Les relations en public</em>, 	Paris, Ed. de Minuit, 1973, p. 182)</p>
<p><a href="#sdfootnote3anc">3</a> Guy DEBORD, <em>La société du spectacle</em>, Paris, 	Folio, 1992.</p>
<p><strong>Photo</strong> : Florian Guinaudeau.</p>
<p>Sur le thème du cinéma, voir également : <a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/793">Le cinéma</a>, chapitre 16 de mon livre en ligne : <a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/308">Les images dans la société</a>.</p>
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		<title>Les boîtes à chaussures</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Jul 2010 19:17:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sylvain Maresca</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#8220;J&#8217;en ai un plein carton de photos. Mais bon, il faudrait que je prenne le temps&#8230; et l&#8217;envie. Si, parfois, j&#8217;en ai envie, mais je n&#8217;ai pas le temps. Je me dis : &#8216;Cela peut attendre. Les photos, ça peut attendre. Ce n&#8217;est pas urgent.&#8221;
A 78 ans, Claudine n&#8217;a jamais pris le temps de composer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1292" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/07/Appareils-photos.jpg"><img class="size-medium wp-image-1292" title="Appareils-photos" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/07/Appareils-photos-300x191.jpg" alt="" width="300" height="191" /></a><p class="wp-caption-text">Une vie jalonnée par des appareils photo</p></div>
<p>&#8220;J&#8217;en ai un plein carton de photos. Mais bon, il faudrait que je prenne le temps&#8230; et l&#8217;envie. Si, parfois, j&#8217;en ai envie, mais je n&#8217;ai pas le temps. Je me dis : &#8216;Cela peut attendre. Les photos, ça peut attendre. Ce n&#8217;est pas urgent.&#8221;</p>
<p>A 78 ans, Claudine n&#8217;a jamais pris le temps de composer un album avec les photos qu&#8217;elle conserve entassées dans un carton. D&#8217;ailleurs, en y repensant, elle se rend compte que ses parents n&#8217;en avaient pas non plus. Sa mère, maîtresse femme qui dirigeait un hôtel-restaurant, avait acheté un appareil photo dès les années 1930, dont elle se servait très peu faute de temps. C&#8217;est également  parce qu&#8217;elle se consacrait entièrement à faire tourner son affaire, au point de mettre ses enfants en nourrice, puis en pension, qu&#8217;elle n&#8217;a jamais pris le temps de classer ses photos ni de composer ne serait-ce qu&#8217;un album. &#8220;C&#8217;était comme ça. Comme chez moi&#8221;, dit aujourd&#8217;hui sa fille. J&#8217;ai suivi son exemple apparemment, sans le vouloir.&#8221;</p>
<p>Pour justifier un album, il faut une famille. Or, la guerre de 1914-1918 avait fauché les grands-pères des deux côtés. Le deuil, omniprésent, avait débouché sur des sépultures plutôt que sur des albums. Les femmes ont pris en main les affaires et délaissé la famille. Elle se souciaient de leur entreprise plus que de voir grandir leurs enfants. A quoi bon des photos, dans ces conditions ?</p>
<p>Puis, Claudine a beaucoup déménagé au cours de sa vie parce que son mari, inspecteur des impôts, changeait d&#8217;affectation très souvent. Cette vie itinérante a contribué à maintenir dans les cartons ce qui n&#8217;était pas nécessaire à la vie quotidienne. En particulier les photos.</p>
<p>A la mort de sa mère, Claudine s&#8217;est partagé avec sa sœur celles qu&#8217;elle a réussi à retrouver. Elle n&#8217;avait jamais demandé à sa mère de les lui commenter si bien qu&#8217;elle découvrait sur certaines des inconnus complets. Bien qu&#8217;elle soit consciente que le même sort guette ses propres photos si elle les laisse en vrac sans aucune information, elle n&#8217;en fait pas davantage.</p>
<p>Depuis cinq ans, elle possède un ordinateur. Elle y dépose les photos qu&#8217;elle fait à présent avec un petit appareil numérique. Elle reçoit également des clichés de sa fille, parfois de ses petits-enfants, mais également d&#8217;une nièce, férue de photographie, qui vient par exemple de lui communiquer 1 300 photos prises lors d&#8217;un mariage récent ! Les photos s&#8217;entassent dans son ordinateur. Elle pense qu&#8217;elle devrait en faire tirer certaines sur papier car c&#8217;est à ses yeux la seule forme aboutie d&#8217;une photographie. Mais elle ne le fait pas. Au fond, son ordinateur n&#8217;est jamais que la nouvelle boîte à chaussures dans laquelle s&#8217;accumulent ses photographies.</p>
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		<title>Les bijoux photographiques</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Jun 2010 07:16:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sylvain Maresca</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je présente ici deux aperçus de la recherche menée par Lauriane Thiriat, étudiante à l&#8217;École nationale supérieure Louis Lumière, pour l&#8217;obtention de son diplôme de fin d&#8217;études, que j&#8217;ai eu le plaisir de diriger. Elle a choisi d&#8217;explorer un usage des images photographiques, à la fois très répandu et peu étudié : les bijoux et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je présente ici deux aperçus de la recherche menée par Lauriane Thiriat, étudiante à l&#8217;École nationale supérieure Louis Lumière, pour l&#8217;obtention de son diplôme de fin d&#8217;études, que j&#8217;ai eu le plaisir de diriger. Elle a choisi d&#8217;explorer un usage des images photographiques, à la fois très répandu et peu étudié : les bijoux et objets photographiques. De fait, son mémoire<sup>1</sup> détaille surtout les pratiques du XIXe siècle et celles de notre époque numérique. Les extraits que je reproduis ici illustrent ces deux époques très éloignées.</p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Thiriat-celluloid-6033.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1243" title="Thiriat-celluloid-6033" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Thiriat-celluloid-6033-300x283.jpg" alt="" width="300" height="283" /></a></p>
<p>&#8221; <strong>La question de l’aura</strong></p>
<p>Les objets photographiques, particulièrement au XIXème siècle, étaient des pièces uniques. La photographie originale de l’époque, l’orfèvrerie, les cheveux ou les notes écrites n&#8217;étaient pas reproductibles à l’identique. C&#8217;étaient donc des objets « auratiques », au sens que leur donne Walter Benjamin<sup><a href="#sdfootnote1sym"><sup>1</sup></a></sup>. Tout d’abord, dans le cas des pièces primitives utilisant des daguerréotypes, la photographie n’était pas reproductible : il n’en existait qu’un exemplaire. Il en va de même pour les boîtes, broches ou autres bijoux anciens, qui rivalisent de détails fins et précieux. Chaque objet possède un rôle particulier et une signification précise, selon la personne photographiée, le lien qui l’unissait au porteur ou commanditaire, et l’occasion de sa fabrication. Il n’est pas destiné à être fabriqué en série ; bien au contraire, il doit être parfaitement adapté à une situation donnée, unique.</p>
<p>Dès lors, on peut considérer ces objets photographiques comme des formes nouvelles de « reliques païennes ». La relique était une partie du corps d’un saint, conservé dans un reliquaire, et destinée à être utilisée lors de rites religieux, ou à être vénérée individuellement. Les reliques chrétiennes étaient très nombreuses, bien que rarement authentiées. Si elles ne consistaient pas toujours en des fragments réels d’un saint, leur valeur n’en était pas moins immense pour les croyants. Elles servaient de lien entre le matériel et le spirituel, l’objet et le divin. Un objet photographique fonctionne de la même manière, surtout lorsqu’il contient un fragment capillaire. La relique contenue n’est pas divine, mais provient du corps d’un être cher, aimé, à l’instar des reliques chrétiennes provenant d’un corps saint. Il ne s’agit pas de la même forme d’amour, mais le lien est comparable.</p>
<p>Si les reliquaires religieux fixes étaient possédés par l’Église, la noblesse se faisait fabriquer des reliquaires transportables, afin de disposer d’un lieu matériel de recueil religieux<sup><a href="#sdfootnote2sym"><sup>2</sup></a></sup>. Le peuple pouvait voir les reliquaires dans les lieux de culte, mais ne possédait pas de tels objets. La vulgarisation de l’objet reliquaire sous la forme d&#8217;un objet photographique permet au plus grand nombre d’acquérir un « lieu » de recueillement transportable. Bien que non religieux, ce type d&#8217;objet est tout de même tourné vers le transcendantal, dans son rapport à des personnes décédées ou éloignées.</p>
<p>En outre, les photographies peuvent être utilisées dans les rituels divinatoires. Durant la première guerre mondiale, les femmes gardaient les photographies que leur fiancé leur envoyaient du front. Une valeur plus grande était accordée au cliché s’il était accompagné d’un petit message au dos. Les femmes les conservaient sur elles constamment :</p>
<p><em>«Il leur fallait en effet pouvoir facilement sortir la photographie de leur sac à main pour communiquer avec le portraituré, au cours des consultations régulières de voyantes ou de diseuses de bonne aventure où passait l’essentiel de leur allocation en temps de guerre<sup><a href="#sdfootnote3sym"><sup>3</sup></a></sup> ».</em></p>
<p>Aujourd’hui encore sont commercialisés des manuels de divination utilisant la photographie, pour influer sur le cours du destin ou recevoir des informations sur la personne portraiturée. Selon l’auteur de l’un de ces livres, <em>« la photo est la forme de témoin la plus puissante (supérieure même aux « témoins corporels ») qu’eût jamais engendré le monde moderne</em><sup><em><a href="#sdfootnote4sym"><sup>4</sup></a></em></sup><em> ».</em></p>
<p>Le pouvoir de la photographie portée en temps de guerre et d’éloignement familial est difficile à mesurer, mais des témoignages évoquent son caractère magique et protecteur, comme un talisman. Irène Jonas rapporte le cas d’une femme qui découvre qu’une photographie la représentant a aidé son père a survivre aux camps nazis :</p>
<p><em>«Il avait une photo, c’était moi&#8230; Il a réussi à la garder, je ne sais pas comment il a fait et il est rentré avec&#8230; Je me demande bien comment il a fait, est-ce qu’il l’a cousue dans une poche&#8230; Un jour dans une conversation, papa ne parlait pas de ça, donc je n’ai pu entendre que des bribes, mais j’ai entendu mon père dire, «cette photo de Denise m’a aidé à revenir»&#8230; Je ne sais pas si je l’ai cette photo, il y en a une qui est toute abîmée, ça pourrait être celle-là<sup><a href="#sdfootnote5sym"><sup>5</sup></a></sup>.»</em></p>
<p>La forme photographique, lorsqu’elle est considérée comme « originale», entretient donc un rapport fort avec le transcendantal. Dans le cas d’une copie, son pouvoir est amoindri ou inexistant.&#8221;</p>
<p>(&#8230;)</p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Thiriat-annexedef-41.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1246" title="Thiriat-annexedef-41" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Thiriat-annexedef-41-283x300.jpg" alt="" width="283" height="300" /></a></p>
<p>&#8221; <strong>Les objets photographiques transportables contemporains</strong></p>
<p><em>Une offre très diversifiée pour un succès mitigé</em></p>
<p>L’étendue de l’offre actuelle d’objets photographiques préfabriqués et personnalisables est impressionnante. Il suffit de se rendre sur un site Internet spécialisé dans ce type de produits pour s’en rendre compte<sup><a href="#sdfootnote6sym"><sup>6</sup></a></sup>. Le site <em>Mypix.com </em>revendique plus de 300 objets différents, <em>« tendance et de qualité</em><sup><em><a href="#sdfootnote7sym"><sup>7</sup></a></em></sup><em>». </em>Toutes sortes d’objets transportables sont disponibles : sacs en toile, portefeuilles, trousses, stylos, briquets, gourdes, étiquettes, règles, vêtements, peluches, jeux de cartes, décorations pour téléphones portables ou ordinateurs, bijoux, etc. La liste n’est pas exhaustive. Les technologies utilisées font principalement appel à la sublimation thermique (sur les supports céramique, cartons, plastiques, tissus) et à la gravure laser (sur les supports en verre ou en cristal).</p>
<p>Les objets sont personnalisables depuis une plateforme numérique <em>via </em>un logiciel utilisable en ligne ou téléchargeable sur son ordinateur personnel. Dans le cadre d’une utilisation en ligne, l’utilisateur envoie ses photographies sur la plateforme de l’entreprise, puis les redimensionne et les déplace sur l’objet. Il peut même appliquer des effets, comme la transformation en noir et blanc ou en sépia, une accentuation des contrastes, l’ajout de décorations, etc. Une fois satisfait du résultat, il passe commande et l’objet ainsi créé est livré en quelques jours à son destinataire. Malgré le peu d’informations disponibles sur le site quant à la provenance de ces objets, il semblerait qu’une partie soit fabriquée en Chine, dans des usines spécialisées dans ce type de production.</p>
<p>Ces objets photographiques sont généralement offerts comme cadeaux plutôt que créés pour soi-même. Ils sont d’ailleurs répertoriés dans la catégorie « objets et cadeaux photo » chez <em>MyPix.com, </em>« produits cadeaux », chez <em>fotoinsight.eu</em>, ou encore « cadeaux photo », chez <em>Kodak Gallery</em>. C’est à l’occasion d’évènements marquants que se commande ce type de présent : anniversaire, mariage, fête de famille… La principale valeur accordée à ces cadeaux provient de leur personnalisation, qui confère à l’anodin porte-clef un sens fort pour qui l’offre et qui le reçoit. Dans un contexte d’achat personnel, ce type d’objet peut faire office de souvenir d’un voyage lointain, d’un animal domestique…</p>
<p>Acquérir ce genre d’objets est une pratique encore assez peu répandue. En 2009, seuls 8% des Français ont déjà fait réaliser un objet photographique, transportable ou non<sup><a href="#sdfootnote8sym"><sup>8</sup></a></sup>. Les femmes en sont plus friandes que les hommes, puisque 9% d’entre elles en ont déjà fait commande, contre 5% des hommes, en 2008<sup><a href="#sdfootnote9sym"><sup>9</sup></a></sup>.</p>
<p>Les objets vendus sur ces plateformes Internet ne sont pas d’une très grande qualité, et de ce fait résisteront mal à une utilisation normale. Le <em>design </em>de ces objets brille par sa banalité : les supports sont le plus souvent blancs, que ce soit pour les tee-shirts, les sacs ou les <em>mugs</em>. Les formes des bijoux sont identiques d’un site à un autre ; ceci confirme l’idée que la production est localisée dans une poignée d’usines fournissant plusieurs enseignes sans distinction flagrante de produits. Les mêmes objets font office de cadeaux d’entreprise ou de support publicitaire. Seule la photographie et/ou le texte que le client aura décidé d’y insérer rendra l’objet unique. Les technologies numériques employées permettent de faire un ou des milliers d’exemplaires indifféremment.</p>
<p><em><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Thiriat-annexesdef-421.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1252" title="Thiriat-annexesdef-42" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Thiriat-annexesdef-421-236x300.jpg" alt="" width="236" height="300" /></a>Les solutions à la maison et la personnalisation par la photographie</em></p>
<p>D’autre part, des produits permettent de réaliser soi-même ces objets photographiques en profitant des technologies modernes : l’impression de supports transférables sur tissu, via une imprimante jet d’encre ou laser domestique, s’est largement diffusée ces dernières années. Ces papiers spéciaux sont vendus seuls ou en <em>kit </em>avec un sac en toile, un tablier, ou un tee-shirt sur lesquels appliquer le transfert<sup><a href="#sdfootnote10sym"><sup>10</sup></a></sup>. Le principe est le suivant : on imprime une image sur le papier à transfert, que l’on découpe ensuite au plus près. On positionne l’image sur le tissu, et on applique un fer à repasser sur la surface de l’image, qui vient se coller sur le tissu sous l’effet de la chaleur. D’autres papiers spéciaux imprimables sont disponibles : le <em>papier-tatoo</em><sup><em><a href="#sdfootnote11sym"><sup>11</sup></a></em></sup> dont on détache une fine pellicule que l’on applique sur la peau (l’encre n’étant pas directement en contact cutané), le papier magnétique<sup><a href="#sdfootnote12sym"><sup>12</sup></a></sup> pour fabriquer des magnets.</p>
<p>La personnalisation (ou son anglicisme <em>customisation</em>) est le maître-mot actuel. Tout devient personnalisable grâce à ces supports d’impression. Ici et là fleurissent des exemples frappants de cet engouement sur les objets du quotidien. Cependant, la plus-value de tels produits n’est pas dans la satisfaction de besoins fondamentaux. Pour un tee-shirt, un porte-clé, ou n’importe quel autre de ces objets, il est peu probable que la commande se passe sur un site proposant la personnalisation. Ces objets séduisent pour la photographie, unique et soigneusement choisie, qu’ils arborent. Quelquefois, l’ordre entre l’utilité de l’objet et sa personnalisation semble renversé : une banque propose à ses clients de personnaliser leur carte bancaire avec une photographie, un dessin, ou toute autre image que l’on souhaite voir – et montrer – lors du passage en caisse<sup><a href="#sdfootnote13sym"><sup>13</sup></a></sup>. Posséder une carte bancaire relève davantage d’un besoin rendu nécessaire par la structuration financière de notre mode de vie que par un désir esthétique ; son visuel impersonnel se décline sur la gamme des produits de la banque. En offrant l’opportunité de <em>customiser </em>sa carte de crédit, les commerciaux de cette banque proposent de sentimentaliser notre rapport à l’argent.&#8221;</p>
<p><a href="#sdfootnote1anc">1</a> Walter Benjamin<em>, 	L’oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité 	technique</em>, Paris, 	Allia, 2006. Un objet auratique est unique et porte les traces de 	l’Histoire, il peut être associé aux cultes. L’aura 	disparaîtrait selon Benjamin avec les procédés 	de reproduction à l’identique, comme la photographie.<a href="#sdfootnote2anc"><br />
2</a> Romain Terriere<em>, 	Reliques et totems</em>, 	mémoire de master recherche deuxième année Arts 	plastiques, sous la direction de Daniel Danetis, Université 	de Paris 8, 2007.<a href="#sdfootnote3anc"><br />
3</a> Bertrand Mary, <em>La 	photographie sur la cheminée, Naissance d’un culte moderne</em>, 	Paris, Métailié,1993, p. 220.<a href="#sdfootnote4anc"><br />
4</a> Jean De L’Hosanière, <em>Le 	Grand Livre de la voyance sur photo. Technique et pratique pour agir 	à distance – Influencer et protéger – Magnétiser 	une photo</em>, s.l., 	Editions Trajectoire, 2001, 4ème de couverture.<a href="#sdfootnote5anc"><br />
5</a> Irène Jonas<em>, 	Mort de la photo de famille ? De l’argentique au numérique</em>, 	Paris, L’Harmattan, coll. Logiques Sociales, 2010, p.31.<a href="#sdfootnote6anc"><br />
6</a> Voici 	quelques exemples de ces sites :<br />
http://www.fotoinsight.eu/; http://www.mypix.com/fr/fr/home/; http://www.cadeauphoto.com/home/index.html.<a href="#sdfootnote7anc"><br />
7</a> source: 	http://www.mypix.com/idee-cadeaux-photo/4-frfr_onglet.html, consulté 	le03/05/2010.<a href="#sdfootnote8anc"><br />
8</a> http://www.ipsos.fr/CanalIpsos/articles/images/2904/diaporama.htm, 	p.42.<a href="#sdfootnote9anc"><br />
9</a> http://www.ipsos.fr/CanalIpsos/articles/images/2677/diaporama.htm, 	p.43.<a href="#sdfootnote10anc"><br />
10</a> http://www.papier-photo.com/impression/papier-transfert.html<a href="#sdfootnote11anc"><br />
11</a>http://www.papier-photo.com/papiers/BTAT3-400-Papier-tatoo&#8212;creez-des-tatouages 	temporaires. html.<a href="#sdfootnote12anc"><br />
12</a> http://www.papier-photo.com/papiers/BMET1-394-Papier-magnetique-imprimante-jet-dencre.html.<a href="#sdfootnote13anc"><br />
13</a> http://www.lcl.com/fr/actualites-lcl/communique-presse/communiques/personnalisation-carte-lcl.jsp.</p>
<pre><a href="http://laurianethiriat.dphoto.com/" target="_blank">http://laurianethiriat.dphoto.com/</a>
</pre>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1000" class="footnote">L. Thiriat, <em>Porter l&#8217;image d&#8217;un proche sur soi : du petit objet photographique à l&#8217;image numérique</em>, ENS Louis Lumière, 2010.</li></ol>]]></content:encoded>
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