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	<title>La vie sociale des images &#187; Notes</title>
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	<description>Carnet de recherche visuel, par Sylvain Maresca</description>
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		<title>Retour de vacances</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Aug 2010 20:02:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sylvain Maresca</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lhivic]]></category>
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		<description><![CDATA[
Ma fille vient de rentrer de trois semaines de vacances passées au Sénégal, dans la maison d&#8217;une famille amie franco-sénégalaise.
Dans un précédent billet, j&#8217;avais déjà donné une première description de sa pratique de la photographie, avant tout ludique et &#8220;bidouilleuse&#8221;. Nous venons d&#8217;en avoir un nouvel aperçu avec les photos qu&#8217;elle a rapportées sur l&#8217;appareil [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP5019.jpg"><br />
</a>Ma fille vient de rentrer de trois semaines de vacances passées au Sénégal, dans la maison d&#8217;une famille amie franco-sénégalaise.</p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP50191.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1353" title="IMGP5019" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP50191-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>Dans un précédent <a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/1205">billet</a>, j&#8217;avais déjà donné une première description de sa pratique de la photographie, avant tout ludique et &#8220;bidouilleuse&#8221;. Nous venons d&#8217;en avoir un nouvel aperçu avec les photos qu&#8217;elle a rapportées sur l&#8217;appareil numérique que nous lui avions confié pour ce voyage.</p>
<p>Elle n&#8217;a pas chômé puisqu&#8217;elle a réalisé pas moins de 211 images, dont 53  sont des retraitements de clichés pré-existants ou de purs effets lumineux. Les photos prises &#8220;d&#8217;après quelque chose  d&#8217;existant&#8221; se limitent donc à 158 (ce qui fait déjà un beau total !).</p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP5197.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1363" title="IMGP5197" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP5197-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a> <a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP5198.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-1364" title="IMGP5198" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP5198-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p>Sur le lot, 38 clichés peuvent être qualifiés de &#8220;documentaires&#8221; puisqu&#8217;ils ont été pris pour fixer la trace d&#8217;un lieu, d&#8217;un animal ou d&#8217;un fruit singulier, étonnant ou exotique. Les animaux l&#8217;emportent de loin dans cette série : margouillat, pigeon, vautours, oursins, crabe&#8230; Les lieux sont très peu représentés, les paysages encore moins, à la grande déception des parents que nous sommes qui espéraient bien découvrir quelques vues de Dakar ou du bord du mer. Manifestement, aucun projet de reportage n&#8217;a germé dans l&#8217;esprit de notre fille qui n&#8217;a donc pas vu l&#8217;intérêt de prendre des photos pour nous montrer où elle avait été et à quoi ça ressemblait. Les seuls clichés qui s&#8217;apparentent à des paysages ont été réalisés pour essayer le fixer les couleurs du ciel au  couchant.</p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP5588.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1356" title="IMGP5588" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP5588-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>Enfin, et surtout, 52 photos sont des autoportraits. A défaut de découvrir le Sénégal par les yeux de notre fille, nous aurons eu tout loisir de la voir telle qu&#8217;elle-même se voit ou se donne à voir. Cela méritait bien un aller et retour en Afrique !</p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP5566.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1359" title="IMGP5566" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP5566-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a> <a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP5567.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-1360" title="IMGP5567" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/08/IMGP5567-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
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		<title>Les bijoux photographiques</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Jun 2010 07:16:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sylvain Maresca</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lhivic]]></category>
		<category><![CDATA[Notes]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
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		<description><![CDATA[Je présente ici deux aperçus de la recherche menée par Lauriane Thiriat, étudiante à l&#8217;École nationale supérieure Louis Lumière, pour l&#8217;obtention de son diplôme de fin d&#8217;études, que j&#8217;ai eu le plaisir de diriger. Elle a choisi d&#8217;explorer un usage des images photographiques, à la fois très répandu et peu étudié : les bijoux et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je présente ici deux aperçus de la recherche menée par Lauriane Thiriat, étudiante à l&#8217;École nationale supérieure Louis Lumière, pour l&#8217;obtention de son diplôme de fin d&#8217;études, que j&#8217;ai eu le plaisir de diriger. Elle a choisi d&#8217;explorer un usage des images photographiques, à la fois très répandu et peu étudié : les bijoux et objets photographiques. De fait, son mémoire<sup>1</sup> détaille surtout les pratiques du XIXe siècle et celles de notre époque numérique. Les extraits que je reproduis ici illustrent ces deux époques très éloignées.</p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Thiriat-celluloid-6033.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1243" title="Thiriat-celluloid-6033" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Thiriat-celluloid-6033-300x283.jpg" alt="" width="300" height="283" /></a></p>
<p>&#8221; <strong>La question de l’aura</strong></p>
<p>Les objets photographiques, particulièrement au XIXème siècle, étaient des pièces uniques. La photographie originale de l’époque, l’orfèvrerie, les cheveux ou les notes écrites n&#8217;étaient pas reproductibles à l’identique. C&#8217;étaient donc des objets « auratiques », au sens que leur donne Walter Benjamin<sup><a href="#sdfootnote1sym"><sup>1</sup></a></sup>. Tout d’abord, dans le cas des pièces primitives utilisant des daguerréotypes, la photographie n’était pas reproductible : il n’en existait qu’un exemplaire. Il en va de même pour les boîtes, broches ou autres bijoux anciens, qui rivalisent de détails fins et précieux. Chaque objet possède un rôle particulier et une signification précise, selon la personne photographiée, le lien qui l’unissait au porteur ou commanditaire, et l’occasion de sa fabrication. Il n’est pas destiné à être fabriqué en série ; bien au contraire, il doit être parfaitement adapté à une situation donnée, unique.</p>
<p>Dès lors, on peut considérer ces objets photographiques comme des formes nouvelles de « reliques païennes ». La relique était une partie du corps d’un saint, conservé dans un reliquaire, et destinée à être utilisée lors de rites religieux, ou à être vénérée individuellement. Les reliques chrétiennes étaient très nombreuses, bien que rarement authentiées. Si elles ne consistaient pas toujours en des fragments réels d’un saint, leur valeur n’en était pas moins immense pour les croyants. Elles servaient de lien entre le matériel et le spirituel, l’objet et le divin. Un objet photographique fonctionne de la même manière, surtout lorsqu’il contient un fragment capillaire. La relique contenue n’est pas divine, mais provient du corps d’un être cher, aimé, à l’instar des reliques chrétiennes provenant d’un corps saint. Il ne s’agit pas de la même forme d’amour, mais le lien est comparable.</p>
<p>Si les reliquaires religieux fixes étaient possédés par l’Église, la noblesse se faisait fabriquer des reliquaires transportables, afin de disposer d’un lieu matériel de recueil religieux<sup><a href="#sdfootnote2sym"><sup>2</sup></a></sup>. Le peuple pouvait voir les reliquaires dans les lieux de culte, mais ne possédait pas de tels objets. La vulgarisation de l’objet reliquaire sous la forme d&#8217;un objet photographique permet au plus grand nombre d’acquérir un « lieu » de recueillement transportable. Bien que non religieux, ce type d&#8217;objet est tout de même tourné vers le transcendantal, dans son rapport à des personnes décédées ou éloignées.</p>
<p>En outre, les photographies peuvent être utilisées dans les rituels divinatoires. Durant la première guerre mondiale, les femmes gardaient les photographies que leur fiancé leur envoyaient du front. Une valeur plus grande était accordée au cliché s’il était accompagné d’un petit message au dos. Les femmes les conservaient sur elles constamment :</p>
<p><em>«Il leur fallait en effet pouvoir facilement sortir la photographie de leur sac à main pour communiquer avec le portraituré, au cours des consultations régulières de voyantes ou de diseuses de bonne aventure où passait l’essentiel de leur allocation en temps de guerre<sup><a href="#sdfootnote3sym"><sup>3</sup></a></sup> ».</em></p>
<p>Aujourd’hui encore sont commercialisés des manuels de divination utilisant la photographie, pour influer sur le cours du destin ou recevoir des informations sur la personne portraiturée. Selon l’auteur de l’un de ces livres, <em>« la photo est la forme de témoin la plus puissante (supérieure même aux « témoins corporels ») qu’eût jamais engendré le monde moderne</em><sup><em><a href="#sdfootnote4sym"><sup>4</sup></a></em></sup><em> ».</em></p>
<p>Le pouvoir de la photographie portée en temps de guerre et d’éloignement familial est difficile à mesurer, mais des témoignages évoquent son caractère magique et protecteur, comme un talisman. Irène Jonas rapporte le cas d’une femme qui découvre qu’une photographie la représentant a aidé son père a survivre aux camps nazis :</p>
<p><em>«Il avait une photo, c’était moi&#8230; Il a réussi à la garder, je ne sais pas comment il a fait et il est rentré avec&#8230; Je me demande bien comment il a fait, est-ce qu’il l’a cousue dans une poche&#8230; Un jour dans une conversation, papa ne parlait pas de ça, donc je n’ai pu entendre que des bribes, mais j’ai entendu mon père dire, «cette photo de Denise m’a aidé à revenir»&#8230; Je ne sais pas si je l’ai cette photo, il y en a une qui est toute abîmée, ça pourrait être celle-là<sup><a href="#sdfootnote5sym"><sup>5</sup></a></sup>.»</em></p>
<p>La forme photographique, lorsqu’elle est considérée comme « originale», entretient donc un rapport fort avec le transcendantal. Dans le cas d’une copie, son pouvoir est amoindri ou inexistant.&#8221;</p>
<p>(&#8230;)</p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Thiriat-annexedef-41.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1246" title="Thiriat-annexedef-41" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Thiriat-annexedef-41-283x300.jpg" alt="" width="283" height="300" /></a></p>
<p>&#8221; <strong>Les objets photographiques transportables contemporains</strong></p>
<p><em>Une offre très diversifiée pour un succès mitigé</em></p>
<p>L’étendue de l’offre actuelle d’objets photographiques préfabriqués et personnalisables est impressionnante. Il suffit de se rendre sur un site Internet spécialisé dans ce type de produits pour s’en rendre compte<sup><a href="#sdfootnote6sym"><sup>6</sup></a></sup>. Le site <em>Mypix.com </em>revendique plus de 300 objets différents, <em>« tendance et de qualité</em><sup><em><a href="#sdfootnote7sym"><sup>7</sup></a></em></sup><em>». </em>Toutes sortes d’objets transportables sont disponibles : sacs en toile, portefeuilles, trousses, stylos, briquets, gourdes, étiquettes, règles, vêtements, peluches, jeux de cartes, décorations pour téléphones portables ou ordinateurs, bijoux, etc. La liste n’est pas exhaustive. Les technologies utilisées font principalement appel à la sublimation thermique (sur les supports céramique, cartons, plastiques, tissus) et à la gravure laser (sur les supports en verre ou en cristal).</p>
<p>Les objets sont personnalisables depuis une plateforme numérique <em>via </em>un logiciel utilisable en ligne ou téléchargeable sur son ordinateur personnel. Dans le cadre d’une utilisation en ligne, l’utilisateur envoie ses photographies sur la plateforme de l’entreprise, puis les redimensionne et les déplace sur l’objet. Il peut même appliquer des effets, comme la transformation en noir et blanc ou en sépia, une accentuation des contrastes, l’ajout de décorations, etc. Une fois satisfait du résultat, il passe commande et l’objet ainsi créé est livré en quelques jours à son destinataire. Malgré le peu d’informations disponibles sur le site quant à la provenance de ces objets, il semblerait qu’une partie soit fabriquée en Chine, dans des usines spécialisées dans ce type de production.</p>
<p>Ces objets photographiques sont généralement offerts comme cadeaux plutôt que créés pour soi-même. Ils sont d’ailleurs répertoriés dans la catégorie « objets et cadeaux photo » chez <em>MyPix.com, </em>« produits cadeaux », chez <em>fotoinsight.eu</em>, ou encore « cadeaux photo », chez <em>Kodak Gallery</em>. C’est à l’occasion d’évènements marquants que se commande ce type de présent : anniversaire, mariage, fête de famille… La principale valeur accordée à ces cadeaux provient de leur personnalisation, qui confère à l’anodin porte-clef un sens fort pour qui l’offre et qui le reçoit. Dans un contexte d’achat personnel, ce type d’objet peut faire office de souvenir d’un voyage lointain, d’un animal domestique…</p>
<p>Acquérir ce genre d’objets est une pratique encore assez peu répandue. En 2009, seuls 8% des Français ont déjà fait réaliser un objet photographique, transportable ou non<sup><a href="#sdfootnote8sym"><sup>8</sup></a></sup>. Les femmes en sont plus friandes que les hommes, puisque 9% d’entre elles en ont déjà fait commande, contre 5% des hommes, en 2008<sup><a href="#sdfootnote9sym"><sup>9</sup></a></sup>.</p>
<p>Les objets vendus sur ces plateformes Internet ne sont pas d’une très grande qualité, et de ce fait résisteront mal à une utilisation normale. Le <em>design </em>de ces objets brille par sa banalité : les supports sont le plus souvent blancs, que ce soit pour les tee-shirts, les sacs ou les <em>mugs</em>. Les formes des bijoux sont identiques d’un site à un autre ; ceci confirme l’idée que la production est localisée dans une poignée d’usines fournissant plusieurs enseignes sans distinction flagrante de produits. Les mêmes objets font office de cadeaux d’entreprise ou de support publicitaire. Seule la photographie et/ou le texte que le client aura décidé d’y insérer rendra l’objet unique. Les technologies numériques employées permettent de faire un ou des milliers d’exemplaires indifféremment.</p>
<p><em><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Thiriat-annexesdef-421.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1252" title="Thiriat-annexesdef-42" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Thiriat-annexesdef-421-236x300.jpg" alt="" width="236" height="300" /></a>Les solutions à la maison et la personnalisation par la photographie</em></p>
<p>D’autre part, des produits permettent de réaliser soi-même ces objets photographiques en profitant des technologies modernes : l’impression de supports transférables sur tissu, via une imprimante jet d’encre ou laser domestique, s’est largement diffusée ces dernières années. Ces papiers spéciaux sont vendus seuls ou en <em>kit </em>avec un sac en toile, un tablier, ou un tee-shirt sur lesquels appliquer le transfert<sup><a href="#sdfootnote10sym"><sup>10</sup></a></sup>. Le principe est le suivant : on imprime une image sur le papier à transfert, que l’on découpe ensuite au plus près. On positionne l’image sur le tissu, et on applique un fer à repasser sur la surface de l’image, qui vient se coller sur le tissu sous l’effet de la chaleur. D’autres papiers spéciaux imprimables sont disponibles : le <em>papier-tatoo</em><sup><em><a href="#sdfootnote11sym"><sup>11</sup></a></em></sup> dont on détache une fine pellicule que l’on applique sur la peau (l’encre n’étant pas directement en contact cutané), le papier magnétique<sup><a href="#sdfootnote12sym"><sup>12</sup></a></sup> pour fabriquer des magnets.</p>
<p>La personnalisation (ou son anglicisme <em>customisation</em>) est le maître-mot actuel. Tout devient personnalisable grâce à ces supports d’impression. Ici et là fleurissent des exemples frappants de cet engouement sur les objets du quotidien. Cependant, la plus-value de tels produits n’est pas dans la satisfaction de besoins fondamentaux. Pour un tee-shirt, un porte-clé, ou n’importe quel autre de ces objets, il est peu probable que la commande se passe sur un site proposant la personnalisation. Ces objets séduisent pour la photographie, unique et soigneusement choisie, qu’ils arborent. Quelquefois, l’ordre entre l’utilité de l’objet et sa personnalisation semble renversé : une banque propose à ses clients de personnaliser leur carte bancaire avec une photographie, un dessin, ou toute autre image que l’on souhaite voir – et montrer – lors du passage en caisse<sup><a href="#sdfootnote13sym"><sup>13</sup></a></sup>. Posséder une carte bancaire relève davantage d’un besoin rendu nécessaire par la structuration financière de notre mode de vie que par un désir esthétique ; son visuel impersonnel se décline sur la gamme des produits de la banque. En offrant l’opportunité de <em>customiser </em>sa carte de crédit, les commerciaux de cette banque proposent de sentimentaliser notre rapport à l’argent.&#8221;</p>
<p><a href="#sdfootnote1anc">1</a> Walter Benjamin<em>, 	L’oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité 	technique</em>, Paris, 	Allia, 2006. Un objet auratique est unique et porte les traces de 	l’Histoire, il peut être associé aux cultes. L’aura 	disparaîtrait selon Benjamin avec les procédés 	de reproduction à l’identique, comme la photographie.<a href="#sdfootnote2anc"><br />
2</a> Romain Terriere<em>, 	Reliques et totems</em>, 	mémoire de master recherche deuxième année Arts 	plastiques, sous la direction de Daniel Danetis, Université 	de Paris 8, 2007.<a href="#sdfootnote3anc"><br />
3</a> Bertrand Mary, <em>La 	photographie sur la cheminée, Naissance d’un culte moderne</em>, 	Paris, Métailié,1993, p. 220.<a href="#sdfootnote4anc"><br />
4</a> Jean De L’Hosanière, <em>Le 	Grand Livre de la voyance sur photo. Technique et pratique pour agir 	à distance – Influencer et protéger – Magnétiser 	une photo</em>, s.l., 	Editions Trajectoire, 2001, 4ème de couverture.<a href="#sdfootnote5anc"><br />
5</a> Irène Jonas<em>, 	Mort de la photo de famille ? De l’argentique au numérique</em>, 	Paris, L’Harmattan, coll. Logiques Sociales, 2010, p.31.<a href="#sdfootnote6anc"><br />
6</a> Voici 	quelques exemples de ces sites :<br />
http://www.fotoinsight.eu/; http://www.mypix.com/fr/fr/home/; http://www.cadeauphoto.com/home/index.html.<a href="#sdfootnote7anc"><br />
7</a> source: 	http://www.mypix.com/idee-cadeaux-photo/4-frfr_onglet.html, consulté 	le03/05/2010.<a href="#sdfootnote8anc"><br />
8</a> http://www.ipsos.fr/CanalIpsos/articles/images/2904/diaporama.htm, 	p.42.<a href="#sdfootnote9anc"><br />
9</a> http://www.ipsos.fr/CanalIpsos/articles/images/2677/diaporama.htm, 	p.43.<a href="#sdfootnote10anc"><br />
10</a> http://www.papier-photo.com/impression/papier-transfert.html<a href="#sdfootnote11anc"><br />
11</a>http://www.papier-photo.com/papiers/BTAT3-400-Papier-tatoo&#8212;creez-des-tatouages 	temporaires. html.<a href="#sdfootnote12anc"><br />
12</a> http://www.papier-photo.com/papiers/BMET1-394-Papier-magnetique-imprimante-jet-dencre.html.<a href="#sdfootnote13anc"><br />
13</a> http://www.lcl.com/fr/actualites-lcl/communique-presse/communiques/personnalisation-carte-lcl.jsp.</p>
<pre><a href="http://laurianethiriat.dphoto.com/" target="_blank">http://laurianethiriat.dphoto.com/</a>
</pre>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1000" class="footnote">L. Thiriat, <em>Porter l&#8217;image d&#8217;un proche sur soi : du petit objet photographique à l&#8217;image numérique</em>, ENS Louis Lumière, 2010.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Souvenirs au sec</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Jun 2010 07:35:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sylvain Maresca</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Entendu ce matin dans un journal de France Inter le témoignage d&#8217;une femme dont la maison a été dévastée par les brutales inondations qui ont frappé dernièrement le département du Var. Elle s&#8217;employait à déblayer l&#8217;intérieur, souillé par la boue, à nettoyer ses meubles et à étendre sur la pelouse au soleil les quelques photos [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Entendu ce matin dans un journal de <em>France Inter</em> le témoignage d&#8217;une femme dont la maison a été dévastée par les brutales inondations qui ont frappé dernièrement le département du Var. Elle s&#8217;employait à déblayer l&#8217;intérieur, souillé par la boue, à nettoyer ses meubles et à étendre sur la pelouse au soleil les quelques photos qu&#8217;elle avait pu récupérer. Elle y tenait pour leur valeur de souvenir, alors qu&#8217;elle reconnaissait que tout le reste, pour désastreux que ce fût, n&#8217;était que &#8220;matériel&#8221;. Elle ne parlait pas de lettres ou de papiers qu&#8217;elle aurait pu également récupérer, seulement des photos.</p>
<p>En l&#8217;écoutant, je me demandais : et si toutes ses photos étaient stockées sur le disque dur d&#8217;un ordinateur ? Qu&#8217;en resterait-il après le choc de l&#8217;inondation et plusieurs jours passés sous la boue ? Peut-on faire sécher un ordinateur au soleil avec l&#8217;espoir de le voir redémarrer ?</p>
<p>J&#8217;ai rencontré<a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Albums-photo.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1227" title="Albums-photo" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Albums-photo-300x232.jpg" alt="" width="300" height="232" /></a>, il y a quelques jours, une femme de 68 ans qui réalise aujourd&#8217;hui ses photos avec un appareil numérique, mais qui s&#8217;applique scrupuleusement à les faire tirer sur papier, sauf celles qu&#8217;elle juge ratées, pour en garnir des albums soigneusement étiquetés et rangés sur des étagères, comme les volumes tangibles d&#8217;un récit qu&#8217;elle ne demande qu&#8217;à réactiver à la demande de ses visiteurs. Elle ne peut se passer de cette concrétisation-papier, héritée de sa déjà longue expérience de la photo argentique, surtout parce qu&#8217;elle ne parvient pas à considérer l&#8217;ordinateur ou les divers supports numériques comme des aboutissements de la photographie. A-t-elle déjà songé que ces albums représentent également une assurance contre les catastrophes ?</p>
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		<title>Un simple point de départ</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Jun 2010 16:37:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sylvain Maresca</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lhivic]]></category>
		<category><![CDATA[Notes]]></category>
		<category><![CDATA[Images numériques]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie]]></category>
		<category><![CDATA[Pratiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Ma fille de 12 ans a passé l&#8217;après-midi d&#8217;hier à un anniversaire avec quatre copines. Leur principale occupation aura été d&#8217;aller faire des photos dans le parc voisin. Deux d&#8217;entre elles avaient apporté leur appareil. Elles ont réalisé une multitude de portraits des unes et des autres, avec une recherche d&#8217;angles de vue surprenants pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Y-photographiant.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1208" title="Y-photographiant" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Y-photographiant-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a>Ma fille de 12 ans a passé l&#8217;après-midi d&#8217;hier à un anniversaire avec quatre copines. Leur principale occupation aura été d&#8217;aller faire des photos dans le parc voisin. Deux d&#8217;entre elles avaient apporté leur appareil. Elles ont réalisé une multitude de portraits des unes et des autres, avec une recherche d&#8217;angles de vue surprenants pour faire apparaître, par exemple, le château du parc dans la paume de celle qui posait, ou sur sa tête, etc. Au total, près de 130 clichés !</p>
<p>Partie sur cette lancée boulimique, ma fille a mitraillé les fleurs de la roseraie où nous sommes allés nous promener aujourd&#8217;hui. A peine en apercevait-elle une qui lui plaisait, qu&#8217;elle la photographiait. Puis, aussitôt fait, elle partait vers une autre, sans plus aucun regard pour la rose précédente. Aucune pause, pas un seul moment d&#8217;arrêt pour contempler : elle photographiait et ne faisait que ça. 128 photos saisies en moins d&#8217;une heure !</p>
<p>En réalité, elle ne faisait pas que photographier. Elle a passé en effet beaucoup de temps à retravailler ses photos directement sur l&#8217;appareil, pour les recadrer, en modifier l&#8217;éclairage, les virer en bleu ou rouge, les inverser, etc. Une dizaine de ces recompositions ont été enregistrées à leur tour sur la carte mémoire de l&#8217;appareil. Dans la voiture, sur le chemin du retour, elle en était encore à bidouiller ses images.</p>
<p>Mettez donc un appareil numérique dans les mains de ces enfants : ils vont s&#8217;en servir non pas pour photographier ce qu&#8217;ils voient &#8211; ce qu&#8217;ils font, bien entendu, au détriment d&#8217;ailleurs de la simple observation ou contemplation des choses -, mais plutôt pour <strong><em>voir ce qu&#8217;ils photographient</em></strong>. Car, pour eux, l&#8217;image saisie à l&#8217;instant n&#8217;est que le point de départ de manipulations multiples qui concentrent leur intérêt, au détriment de tout le reste. Ils jouent avec l&#8217;appareil comme ils le feraient avec une console de jeu.</p>
<p>Mon plus jeune fils, qui n&#8217;a que 7 ans, est encore plus radical dans son utilisation de l&#8217;appareil photo : ce qu&#8217;il recherche, ce sont des images en soi, de purs effets visuels pour lesquels il recourt à des bougés, des surexpositions, des inversions de couleurs. C&#8217;est un photographe abstrait qui n&#8217;a cure de la réalité des choses. Pour lui, l&#8217;appareil est un outil de création visuelle, en aucun cas un instrument d&#8217;enregistrement. On est loin du reportage et de la trace photographique.</p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Creation-Noe1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1212" title="Creation-Noe1" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Creation-Noe1-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a> <a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Creation-Noe2.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1213" title="Creation-Noe2" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Creation-Noe2-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Creation-Noe3.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1216" title="Creation-Noe3" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Creation-Noe3-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a> <a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Creation-Noe4.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1217" title="Creation-Noe4" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Creation-Noe4-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
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		<title>Anathème visuel</title>
		<link>http://culturevisuelle.org/viesociale/1201</link>
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		<pubDate>Fri, 18 Jun 2010 08:48:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sylvain Maresca</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lhivic]]></category>
		<category><![CDATA[Notes]]></category>
		<category><![CDATA[Argentique]]></category>
		<category><![CDATA[Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéo]]></category>

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		<description><![CDATA[&#8220;Arrêtez l&#8217;argentique. Passez à la vidéo !&#8221; a lancé le ministre du travail Eric Woerth aux députés socialistes lors des premiers échanges parlementaires sur le projet de réforme des retraites. Par cette formule, il pensait ridiculiser l&#8217;opposition et ses propositions comme ringardes, dépassées.
Malheureusement, la formule qu&#8217;il a adoptée ne fonctionne pas très bien puisque la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&#8220;Arrêtez l&#8217;argentique. Passez à la vidéo !&#8221; a lancé le ministre du travail Eric Woerth aux députés socialistes lors des premiers échanges parlementaires sur le projet de réforme des retraites. Par cette formule, il pensait ridiculiser l&#8217;opposition et ses propositions comme ringardes, dépassées.</p>
<p>Malheureusement, la formule qu&#8217;il a adoptée ne fonctionne pas très bien puisque la vidéo a d&#8217;abord existé dans le registre analogique avant d&#8217;être gagnée elle aussi par la technologique numérique. &#8220;Arrêtez l&#8217;argentique. Passez au numérique !&#8221; aurait été plus clair. Sauf à supposer que cette confusion dénote une autre forme de ringardise : celle d&#8217;un gouvernement et d&#8217;un président de la République demeurés absolument vidéos, c&#8217;est-à-dire rivés à l&#8217;image télévisée, quand le numérique faisait exploser l&#8217;image sur internet.</p>
<p>Ne joue pas les modernes qui veut.</p>
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		<title>L&#8217;écran vide &#8211; suite</title>
		<link>http://culturevisuelle.org/viesociale/1185</link>
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		<pubDate>Tue, 15 Jun 2010 19:51:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sylvain Maresca</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lhivic]]></category>
		<category><![CDATA[Notes]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie]]></category>
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		<description><![CDATA[
Je complète aujourd&#8217;hui un billet précédent sur les usages incertains des cadres photos numériques par une nouvelle observation réalisée dernièrement chez Denise, une femme de 59 ans.
Elle a abandonné il y a deux ans son emploi d&#8217;infirmière pour revenir vivre dans la maison familiale et s&#8217;occuper à plein temps de sa mère, âgée d&#8217;au moins [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft" src="http://www.extra-luxe.com/blog/wp-content/uploads/2008/11/grand-cadre-numerique.jpg" alt="" width="297" height="373" /></p>
<p>Je complète aujourd&#8217;hui un <a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/390">billet précédent</a> sur les usages incertains des cadres photos numériques par une nouvelle observation réalisée dernièrement chez Denise, une femme de 59 ans.</p>
<p>Elle a abandonné il y a deux ans son emploi d&#8217;infirmière pour revenir vivre dans la maison familiale et s&#8217;occuper à plein temps de sa mère, âgée d&#8217;au moins 90 ans, qui ne bouge plus guère du canapé placé devant la télévision.</p>
<p>Le reste de la famille, petits-enfants et arrière-petits-enfants ne vit pas à proximité. C&#8217;est pourquoi, pour entretenir les liens familiaux que menace l&#8217;éloignement, Denise (qui, elle, n&#8217;a pas eu d&#8217;enfants) avait acheté un ordinateur connecté à internet et équipé d&#8217;une web-cam pour permettre à sa mère de voir ses descendants. &#8220;Je voyais son visage s&#8217;animer quand elle voyait la petite [sa dernière arrière-petite-fille]. C&#8217;était seulement deux secondes, mais ce n&#8217;était pas grave : elle l&#8217;avait vue. On pouvait même la suivre un peu dans l&#8217;appartement, la voir jouer, la voir évoluer dans son milieu.&#8221; Ils se connectaient environ une fois tous les 15 jours. L&#8217;ordinateur ne servait qu&#8217;à ça.</p>
<p>Malheureusement, la maison a été cambriolée : la télévision et l&#8217;ordinateur ont été volés, entre autres choses. &#8220;Le reste, je m&#8217;en fous, déclare Denise, mais la télé et l&#8217;ordinateur, ils n&#8217;auraient pas dû y toucher.&#8221; Elle a racheté aussitôt un téléviseur grand format car sa mère ne saurait s&#8217;en passer. Mais pas l&#8217;ordinateur, faute de moyens. &#8220;Cela ne me manque pas beaucoup de ne plus l&#8217;avoir. Il y a juste la web-cam qui me manque pour ma mère.&#8221;</p>
<p>Récemment, l&#8217;une de ses nièces leur a offert un cadre photo numérique. &#8220;Maman a plaisir à le regarder.&#8221; Mais les photos ne sont pas souvent renouvelées. &#8220;Les poupons, on commence un peu à en avoir marre. C&#8217;est depuis longtemps les mêmes.&#8221; Finalement, ils ne l&#8217;allument plus guère.</p>
<p>Dans le salon trône une grande photo dans un cadre en bois ovale. On y voit le portrait des quatre petits-enfants, photographiés il y a six ans dans un studio professionnel. Denise les avait emmenés spécialement chez un photographe du centre-ville pour réaliser ce portrait de groupe destiné à sa mère. Faute d&#8217;ordinateur et de nouvelles photos sur le cadre numérique, c&#8217;est encore ce cliché à l&#8217;ancienne que l&#8217;aïeule regarde le plus.</p>
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		<title>La lumière d&#8217;en-haut</title>
		<link>http://culturevisuelle.org/viesociale/924</link>
		<comments>http://culturevisuelle.org/viesociale/924#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 06 Jun 2010 08:59:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sylvain Maresca</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lhivic]]></category>
		<category><![CDATA[Notes]]></category>
		<category><![CDATA[Images religieuses]]></category>

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		<description><![CDATA[Ou les impressions d&#8217;un promeneur dans la cathédrale de Tours
(billet pour le dimanche).
Je visite l&#8217;édifice en même temps qu&#8217;une classe d&#8217;enfants du primaire  qui déambulent en vitesse d&#8217;un lieu à l&#8217;autre, difficilement retenus  par leur institutrice. La plupart ont un appareil photo et s&#8217;en servent à  tout-va.
Leur curiosité est si expéditive qu&#8217;ils [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.paroisse-cathedrale-tours.catholique.fr/patrimoine_st_gatien_visite_facade.htm"><img class="alignleft" src="http://www.paroisse-cathedrale-tours.catholique.fr/diapos/04.jpg" alt="" width="120" height="159" /></a>Ou les impressions d&#8217;un promeneur dans la cathédrale de Tours<br />
(billet pour le dimanche).</p>
<p>Je visite l&#8217;édifice en même temps qu&#8217;une classe d&#8217;enfants du primaire  qui déambulent en vitesse d&#8217;un lieu à l&#8217;autre, difficilement retenus  par leur institutrice. La plupart ont un appareil photo et s&#8217;en servent à  tout-va.</p>
<p>Leur curiosité est si expéditive qu&#8217;ils ne s&#8217;aperçoivent pas que les corps des gisants allongés sur le tombeau en marbre blanc exposé derrière des grilles sont étonnamment petits. Les enfants ne s&#8217;attardent pas sur les images de la mort. Il s&#8217;agit pourtant de la sépulture de deux enfants : Charles-Orland (1495) et Charles (1496), dauphins et princes héritiers de Bretagne.</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/maresca/4677693691/"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1071" title="Cathedrale-de-Tours-tombeau" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Cathedrale-de-Tours-tombeau-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p>Dans leur précipitation à photographier puis repartir (dignes enfants du <a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/1012">tourisme</a> qui consiste davantage à prendre des photos que son temps), ils n&#8217;ont sûrement pas remarqué non plus que les murs autour du tombeau étaient décorés de peintures, en partie effacées.</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/maresca/4677693695/"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1075" title="Cathedrale-de-Tours-peintur" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Cathedrale-de-Tours-peintur-300x227.jpg" alt="" width="300" height="227" /></a></p>
<p>Cette imposante cathédrale gothique fut auparavant une église romane, plusieurs fois endommagée par des incendies ou des écroulements. Elle était alors richement décorée de fresques murales, comme en témoigne Grégoire de Tours qui fit refaire les peintures en 580 : &#8220;Ayant trouvé les murs de la sainte basilique dégradés par l&#8217;incendie, je les fis peindre et décorer avec le brillant qu&#8217;ils avaient auparavant par les soins de nos propres artistes.&#8221; ((extrait de son <em>Histoire des Francs</em>, cité par Jeanine Wettstein dans son livre <em>La fresque romane</em> &#8211; <a href="http://books.google.fr/books?id=tycxniYz7l4C&amp;pg=PA37&amp;lpg=PA37&amp;dq=peintures+murales+de+la+cath%C3%A9drale+de+tours&amp;source=bl&amp;ots=Y4RIXpq6S9&amp;sig=RA02gJoslpZa76JRMkBhDLe_4Uo&amp;hl=fr&amp;ei=KLjqS_OaBceB_QboubFw&amp;sa=X&amp;oi=book_result&amp;ct=result&amp;resnum=2&amp;ved=0CCMQ6AEwAQ#v=onepage&amp;q=peintures%20murales%20de%20la%20cath%C3%A9drale%20de%20tours&amp;f=false">texte disponible en ligne</a>).</p>
<p>A partir de 1200, la cathédrale fut rehaussée dans le style gothique et l&#8217;on y installa d&#8217;immenses vitraux richement décorés. Lorsqu&#8217;on tourne autour du chœur, le <a href="http://www.paroisse-cathedrale-tours.catholique.fr/patrimoine_st_gatien_visite_verrieres.htm">détail de leur composition</a> est présenté au visiteur sous la forme de reproductions photographiques commentées, accrochées aux grilles du déambulatoire. Car la densité des motifs iconographiques et surtout la hauteur à laquelle sont installées ces verrières monumentales interdit de les distinguer à l&#8217;œil nu. Ce &#8220;merveilleux album d&#8217;images&#8221;, pour reprendre les termes du commentaire proposé sur le site de la paroisse de Saint-Gatien, demeure donc indiscernable pour le commun des mortels.</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/maresca/4677693701/"><img class="alignleft size-medium wp-image-1081" title="Cathedrale-de-Tours-vitrail" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Cathedrale-de-Tours-vitrail-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a> <a href="http://www.flickr.com/photos/maresca/4677693699/"><img class="alignnone size-medium wp-image-1082" title="Cathedrale-de-Tours-vitraux" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/06/Cathedrale-de-Tours-vitraux-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p>Je me dis que c&#8217;est un effet voulu par les constructeurs de cet édifice destiné à être imposant. Le fidèle, écrasé par la masse de cette architecture, misérable créature en proie au péché, découvre cependant, en levant les yeux, une lumière ineffable qui ne peut être que le rayonnement divin. Rayonnement qui fait miroiter dans le lointain des figures allégoriques telles qu&#8217;on les imagine dans le Royaume céleste. Le vitrail est un dispositif magique, irradiant et inaccessible, vecteur d&#8217;illumination.</p>
<p>Par comparaison, les fresques sont à portée de main. Certes, elles renvoient à un état de la cathédrale plus ancien et plus modeste, dans laquelle n&#8217;existaient pas ces envolées célestes. Mais elles ont manifestement une autre visée : offrir au fidèle des images reconnaissables, quelques actes des apôtres destinés à inspirer sa conduite. Autant les fresques lui parlent et s&#8217;adressent à lui &#8211; décor d&#8217;une église encore à sa dimension ; autant les vitraux lui échappent et le dépassent &#8211; luxuriance d&#8217;une cathédrale définitivement monumentale.</p>
<p>Bien qu&#8217;ayant perdu toute trace des sentiments qui pouvaient animer les fidèles du Moyen-Age et, largement, la culture chrétienne, le promeneur d&#8217;aujourd&#8217;hui ressent tout de même physiquement le contraste entre ces deux registres d&#8217;imagerie religieuse : la fresque humaine et le vitrail céleste.</p>
<p>En complément : <a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/393">L&#8217;essor des images à partir du Moyen-Age</a>.</p>
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		<title>Désolation</title>
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		<pubDate>Wed, 05 May 2010 07:04:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sylvain Maresca</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lhivic]]></category>
		<category><![CDATA[Notes]]></category>
		<category><![CDATA[Evénement]]></category>
		<category><![CDATA[Images]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>

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		<description><![CDATA[
Dans la série &#8220;Pas d&#8217;évènement sans images&#8221;1 , voici l&#8217;introduction d&#8217;un reportage diffusé hier 4 mai dans le journal de 19 h de France Inter :
&#8220;Pour l&#8217;instant, c&#8217;est une marée noire sans images. Un seul oiseau mazouté, un Fou de Bassan, a été découvert vendredi au sud-ouest de la Louisiane. A part les photos de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/05/Capture01.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-882" title="Capture01" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/05/Capture01.jpg" alt="" width="685" height="411" /></a></p>
<p>Dans la série &#8220;Pas d&#8217;évènement sans images&#8221;<sup>1</sup> , voici l&#8217;introduction d&#8217;un reportage diffusé hier 4 mai dans le journal de 19 h de <em>France Inter</em> :</p>
<p>&#8220;Pour l&#8217;instant, c&#8217;est une marée noire sans images. Un seul oiseau mazouté, un Fou de Bassan, a été découvert vendredi au sud-ouest de la Louisiane. A part les photos de cet oiseau et les clichés pris par avion de la nappe de pétrole, les médias américains n&#8217;ont rien d&#8217;autre à montrer au public.&#8221;</p>
<p>On devine l&#8217;angoisse sous-jacente : &#8220;Quand est-ce que ça commence vraiment ?&#8221;</p>
<p>Le journaliste, heureux homme de radio, enchaîne rapidement : &#8220;Mais pour les pêcheurs de Louisiane, cette marée noire est déjà une catastrophe majeure. (&#8230;)&#8221;</p>
<p>En espérant que les images soient à la hauteur&#8230; Sinon, comment maintenir à la une une catastrophe aussi peu spectaculaire<sup>2</sup>.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_863" class="footnote">Episodes précédents : <a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/731">&#8220;La photo-événement&#8221;</a> et <a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/635">&#8220;Evénement avec ou sans photo&#8221;</a></li><li id="footnote_1_863" class="footnote">Lire à ce sujet le billet d&#8217;André Gunthert : <a href="http://culturevisuelle.org/icones/568">&#8220;L&#8217;échelle de l&#8217;information&#8221;</a> ?</li></ol>]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Petite chronique du Haut Atlas &#8211; 4</title>
		<link>http://culturevisuelle.org/viesociale/799</link>
		<comments>http://culturevisuelle.org/viesociale/799#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 02 May 2010 08:56:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sylvain Maresca</dc:creator>
				<category><![CDATA[En images]]></category>
		<category><![CDATA[Lhivic]]></category>
		<category><![CDATA[Notes]]></category>
		<category><![CDATA[Images]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie]]></category>

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		<description><![CDATA[





Dans les gîtes destinés aux touristes, la décoration varie largement selon l&#8217;emplacement. S&#8217;agit-il d&#8217;une vallée peu fréquentée qu&#8217;explorent surtout des randonneurs, l&#8217;édifice est simple, confortable, mais dénudé : rien d&#8217;autre sur les murs intérieurs qu&#8217;un enduit monochrome. Mais sitôt qu&#8217;on pénètre dans une vallée plus réputée, attirante par ses vergers en fleur, ses parterres printaniers [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left">
<div id="attachment_812" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://www.flickr.com/photos/maresca/4568460524/"><img class="size-medium wp-image-812" title="Maroc-Decoration-gite-valle" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/04/Maroc-Decoration-gite-valle-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">Gîte d&#39;étape dans le village de Timit</p></div>
<p style="text-align: left">
<p style="text-align: left">
<p style="text-align: left">
<p style="text-align: left">
<p style="text-align: left">
<div id="attachment_813" class="wp-caption aligncenter" style="width: 209px"><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/04/Maroc-Deco-gite-valle2.jpg"><img class="size-medium wp-image-813" title="Maroc-Deco-gite-valle2" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/04/Maroc-Deco-gite-valle2-199x300.jpg" alt="" width="199" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Même gîte</p></div>
<p>Dans les gîtes destinés aux touristes, la décoration varie largement selon l&#8217;emplacement. S&#8217;agit-il d&#8217;une vallée peu fréquentée qu&#8217;explorent surtout des randonneurs, l&#8217;édifice est simple, confortable, mais dénudé : rien d&#8217;autre sur les murs intérieurs qu&#8217;un enduit monochrome. Mais sitôt qu&#8217;on pénètre dans une vallée plus réputée, attirante par ses vergers en fleur, ses parterres printaniers d&#8217;iris bleus et tel grenier collectif inscrit au patrimoine mondial de l&#8217;UNESCO, on voit se multiplier les auberges. Les gîtes d&#8217;étape présentent des peintures traditionnelles, des affiches, des cartes topographiques et des photos, envoyées probablement par des touristes de passage, qui alimentent un récit heureux en forme d&#8217;album de famille. Chaque propriétaire des lieux apparaît sur ces images, à divers âges de sa vie d&#8217;hôte et en compagnie de personnes différentes. On peut déjeuner devant ces clichés sans le rencontrer, et donc sans savoir à quoi il ressemble aujourd&#8217;hui.</p>
<div id="attachment_815" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/04/Maroc-Photos-gite-valle1.jpg"><img class="size-medium wp-image-815" title="Maroc-Photos-gite-valle" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/04/Maroc-Photos-gite-valle1-300x183.jpg" alt="" width="300" height="183" /></a><p class="wp-caption-text">Même gîte</p></div>
<div id="attachment_816" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/04/Maroc-photos-gardien-grenie.jpg"><img class="size-medium wp-image-816" title="Maroc-photos-gardien-grenie" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/04/Maroc-photos-gardien-grenie-300x198.jpg" alt="" width="300" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Photos de l&#39;ancêtre (plus de 100 ans, dit-on) qui garde l&#39;ancien grenier collectif de Sidi Moussa, aujourd&#39;hui inscrit au patrimoine mondial de l&#39;UNESCO</p></div>
<div id="attachment_817" class="wp-caption aligncenter" style="width: 209px"><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/04/Antenne-et-grenier.jpg"><img class="size-medium wp-image-817" title="Antenne-et-grenier" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/04/Antenne-et-grenier-199x300.jpg" alt="" width="199" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Curiosités d&#39;hier (le grenier restauré, tout en haut) et d&#39;aujourd&#39;hui (le relais de communication moderne)</p></div>
<p>A cette disponibilité photographique des hôtes ou des guides divers, s&#8217;oppose la réticence générale des habitants ordinaires de ces vallées de montagne qui, le plus souvent, refusent de se laisser photographier. Sortez votre appareil et les enfants qui vous suivent disparaissent subitement. Sauf les plus effrontés, ou les plus intéressés qui vous saluent en rassemblant tout leur français : &#8220;Bonjour, la photo&#8221;. Photo qu&#8217;ils entendent monnayer, bien évidemment.</p>
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		<title>Petite chronique du Haut Atlas &#8211; 3</title>
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		<pubDate>Sat, 01 May 2010 09:18:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sylvain Maresca</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans le petit bourg où finit la route, il semble que presque toutes les familles possèdent la télévision. En descendant au marché, je dénombre une quarantaine d&#8217;antennes paraboliques. Mais il est difficile d&#8217;évaluer le nombre exact de maisons. Dans les hameaux situés plus haut dans la vallée, la proportion semblait nettement moindre.

Un téléviseur coûte environ [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/maresca/4568461864/"><img class="aligncenter size-medium wp-image-809" title="Antennes-paraboliques" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/04/Antennes-paraboliques-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a>Dans le petit bourg où finit la route, il semble que presque toutes les familles possèdent la télévision. En descendant au marché, je dénombre une quarantaine d&#8217;antennes paraboliques. Mais il est difficile d&#8217;évaluer le nombre exact de maisons. Dans les hameaux situés plus haut dans la vallée, la proportion semblait nettement moindre.</p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/04/Antenne-parabolique.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-810" title="Antenne-parabolique" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/04/Antenne-parabolique-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a></p>
<p>Un téléviseur coûte environ 100 € ; l&#8217;antenne parabolique et son décodeur, environ 120 €. Par comparaison, un âne vaut en moyenne 100 €.</p>
<p>Dans les familles paysannes, le travail de la terre est destiné à l&#8217;autoconsommation. Il ne rapporte pas d&#8217;argent, sauf  la vente occasionnelle d&#8217;un mouton ou d&#8217;une chèvre, voire de quelques noix en surplus. Les seules rentrées d&#8217;argent proviennent soit du salaire que touche éventuellement un membre de la famille occupant un emploi salarié, parfois un émigré en France, soit des journées que les paysans font à l&#8217;extérieur, qui leur rapportent au maximum 6 à 7 € par jour. Il leur faudrait donc travailler au moins un mois et demi à deux mois pour autrui à temps complet pour s&#8217;offrir la télévision. Puis payer l&#8217;électricité.</p>
<div id="attachment_811" class="wp-caption aligncenter" style="width: 209px"><a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/04/Maroc-antenne-de-television.jpg"><img class="size-medium wp-image-811" title="Maroc-antenne-de-television" src="http://culturevisuelle.org/viesociale/files/2010/04/Maroc-antenne-de-television-199x300.jpg" alt="" width="199" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Relais de télévision et de téléphone. Sur la droite, on aperçoit un chantier de construction traditionnelle d&#39;une maison en pisé.</p></div>
<p>Au souk du samedi matin, il y a affluence devant l&#8217;échoppe du marchand de télévision. Un téléviseur allumé diffuse une émission devant laquelle se pressent des enfants et presque autant d&#8217;adultes, soit qui ne veulent rien rater de leur programme préféré, soit qui jaugent s&#8217;ils vont sauter ou non le pas de ce gros achat.</p>
<p>Quand on s&#8217;éloigne du bourg pour s&#8217;engager dans l&#8217;une des ramifications de la vallée qui s&#8217;élève dans la montagne, se succèdent plusieurs hameaux peu importants aux maisons serrées les unes contre les autres, rouges si la terre est rouge, vertes si elle est verte. Rapidement, on ne voit plus aucune antenne parabolique. Il faut dire que l&#8217;électricité n&#8217;a atteint ces fonds de vallée que depuis un an. Au delà de 2000 m d&#8217;altitude, on continue à traverser des villages, cette fois sans eau courante ni électricité. Mais on trouve partout une mosquée, reconnaissable au moins à son haut-parleur &#8211; alimenté par une batterie &#8211; et une école, parfois équipée d&#8217;un panneau solaire.</p>
<p>A suivre&#8230;</p>
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