Le Jury du World Press Photo disqualifie Stepan Rudik
Signalements :
L’annonce sur le site de l’organisation du World Press :
Announcement of disqualification
World Press Photo has, after careful consultation with the jury, determined that is was necessary to disqualify Stepan Rudik, winner of the 3rd prize story in Sports Features, due to violation of the rules of the World Press Photo Contest.Following the announcement of the contest results, it came to the attention of World Press Photo that Rudik’s story had violated a contest rule. After requesting RAW-files of the series from him, it became clear that an element had been removed from one of the original photographs.
The rule reads: “The content of the image must not be altered. Only retouching which conforms to the currently accepted standards in the industry is allowed.”
In the opinion of the jury, the photographer ventured beyond the boundary of what is acceptable practice. Consequently, this judgment left World Press Photo no choice but to disqualify Rudik.
Michiel Munneke, managing director of World Press Photo said, “After careful consideration, we found it imperative to disqualify the photographer from the contest. The principle of World Press Photo is to promote high standards in photojournalism. Therefore, we must maintain the integrity of our organization even when the outcome is regrettable.”
Stepan Rudik s’explique sur le site Petapixel.com qui publie le fichier d’origine…


Cas vraiment intéressant, surtout pour les détails donnés sur le site Petapixel.com et l’avalanche de commentaires suscité par cette affaire.
J’ai l’impression que les moyens supplémentaires offerts aux photographes par les logiciels de traitement de l’image ne font qu’accentuer leur souci, qui ne date pas d’aujourd’hui, de proposer les clichés les plus parlants, les plus concentrés sur le nœud de l’action, débarrassés de tous les éléments parasites. Le jury du World Press s’insurge ici contre la preuve manifeste qu’il y a eu intervention sur l’image après la prise de vue, mais combien de photoreporters interviennent sur la situation avant de photographier pour être sûrs de délimiter le sujet à leur guise ? Sans même parler de mise en scène, il y a très souvent une mise en image qui passe par une action directe sur le sujet. Ainsi, on pourrait agir dessus avant, mais surtout pas après ? D’ailleurs, dans le cas présent, le jury ne voit aucun inconvénient à ce que le photographe ait recadré sa photo d’origine pour n’en retenir qu’un détail et soit passé au noir et blanc pour lui donner plus d’impact graphique.
Puisque la logique qui domine aujourd’hui dans la photo de presse est la symbolisation des situations plutôt que le simple témoignage en images, il ne me semble guère étonnant que quelques détails jugés parasites soient gommés des images après-coup. Ce n’est que le développement d’une économie des photos de presse de plus en plus tournée vers la communication et de moins en moins vers l’information.
[...] Un photoreporter peut effectuer sur le vif une coupe du réel – mais pas sélectionner après coup un détail d’une image. Tel pourrait être la leçon implicite du cas Rudik. Une leçon qui préserve la mythologie de l’immédiateté photographique, mais ne correspond guère à la réalité du travail photographique. Certes, Cartier-Bresson ne recadrait pas ses photographies. Mais il choisissait bel et bien ses images sur planche-contact, dans le tranquille après-coup de l’évaluation esthétique. (D’après le signalement de Sébastien Dupuy.) [...]
Merci pour le signalement! Mon commentaire ici:
http://culturevisuelle.org/icones/447
et pour (a)voir un aperçu de la série: http://kiddingthecity.org/blog/?p=1046
[...] cas récent de l’exclusion de Stepen Rudik par le jury du World Press Photo, signalé par Sebastien Dupuy, a replacé la question de la retouche au centre de l’attention. Mais, la notion même de [...]
[...] cas récent de l’exclusion de Stepen Rudik par le jury du World Press Photo, signalé par Sébastien Dupuy, a replacé la question de la retouche au centre de l’attention. Mais, la notion même de [...]
[...] Un photoreporter peut effectuer une coupe du réel sur le vif – mais pas produire après coup une image à partir de la sélection d’un détail. Telle pourrait être la leçon du cas Rudik. Une leçon qui préserve la mythologie de l’immédiateté photographique – mais ne correspond guère à la réalité du travail professionnel. Certes, Cartier-Bresson ne recadrait pas ses photographies. Mais il choisissait bel et bien ses images sur planche-contact, dans le tranquille après-coup de l’évaluation esthétique. (D’après le signalement de Sébastien Dupuy.) [...]