23 mai 2014 : Atelier de l’axe transversal SCV – Comment penser l’image ? Comment pensons-nous les images ?

mai 21st, 2014

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L’image peut être considérée comme l’objet interdisciplinaire par excellence, puisqu’elle n’appartient à aucune discipline constituée tout en étant un objet universellement connu. Toutes les cultures, que ce soit sur de la pierre, du bois, du fer, de la toile, du papier, de l’os et même de la peau, ont produit des images : en les dessinant, en les peignant, en les gravant, en les sculptant, en les filmant… D’autre part, ces images créées par l’homme apparaissent dans un très grand nombre de contextes où elles ont pu remplir au moins autant de fonctions différentes. Quelles institutions, quels pouvoirs n’ont pas conçu d’images ? Elles sont en un mot omniprésentes et accompagnent les hommes depuis leur origine…

Ce faisceau de caractéristiques rares et mêmes exceptionnelles amène avec lui cette inévitable question : cette profusion de formes, d’apparences, de fonctions épuisent-elles à chaque fois la définition des images correspondantes qui pourraient être pour seule cette raison réparties en autant de catégories sui generis étudiées en elles-mêmes et pour elles-mêmes ? Qu’il s’agisse de catégories (et de sous-catégories) définies par les genres (tableaux, photographies, dessins, tatouages…), par les fonctions (images religieuses, politiques, esthétiques, scientifiques…) ou par les disciplines tutélaires (histoire de l’art, histoire des religions, anthropologie…).

Ce choix signifierait à coup sûr le triomphe des images, mais n’impliquerait-il pas l’abandon de l’image ? Or tel est bien l’un des buts poursuivis dans cet axe transversal : non pas seulement les images réelles, mais l’image c’est-à-dire ses différentes dimensions noétiques. Autre manière de dire que nous ne visons pas ici un résultat circonscrit à telle image ou tel groupe d’images, mais l’établissement du programme théorique et interdisciplinaire à partir duquel il deviendrait possible de penser toutes les images.

On pourrait, par exemple, tenter de construire des versions idéaltypiques de l’image, c’est-à-dire des « constructions schématiques et théoriques » (Max Weber) qui seront autant de modèles stylisés et homogènes qui permettront à leur tour la formulation d’hypothèses beaucoup plus pertinentes ? Cette fonction heuristique dévolue au schème idéaltypique, qu’il ne faut surtout pas confondre avec une conception idéalisée et moins encore platonicienne de l’image, présente en outre l’avantage de l’interdisciplinarité, puisque, pour s’émanciper destopoï sanctuarisés, elle devra inévitablement s’appuyer sur des relations transversales.
Mais ce n’est là qu’une suggestion parmi quelques autres qui resteront à définir et, surtout, à discuter au cours de cette journée.

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Programme

Matinée :

Daniel Dubuisson : Introduction « Comment penser l’image en contexte interdisciplinaire ? ».

Charlotte Bigg : « Histoire des sciences et images ».

Olivier Poncer et Martial Guédron : « Didactique tangible. Pour une analyse transversale des images scientifiques. »

Dork Zabunyan : « Penser en images le fonctionnement de la pensée ».

Nathalie Delbard : « Images fixes, mesures oculométriques et théories de l’attention ».

Après-midi :

Sophie Raux : « Histoire de l’art et images ».

Mathias Blanc « De l’intérêt de combiner herméneutique de l’image et analyse critique de discours : la démarche de Visuelle Diskursanalyse ».

Francesca Martinez et Maxime Boidy : « Genre, race, classe, populisme: l’image contemporaine et les politiques de la visualité ».

Laurent Grisoni : « l’image de la démo ».

Discussion générale

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source: http://sciencesetculturesduvisuel.univ-lille3.fr/

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