The Avengers, premières impressions

Affiche française des Avengers

Oyez! Oyez! Geeks du monde entier, réjouissez-vous. Le projet phare de la saga cinématographique Marvel vient enfin de débarquer dans les salles et avec fracas. Depuis son annonce officielle au Comic Con de San Diego de 2010, The Avengers était, pour tous les fans de l’univers graphique créé par Stan Lee, une rumeur, un rêve, un espoir. Me plaçant également dans cette catégorie d’individus, je suis donc allé voir le long métrage de Joss Whedon qui créé l’événement à plus d’un titre. Les vacances et le mauvais temps favorisant un bon démarrage en France, je ne doute pas que The Avengers trouvera aussi son succès autour du monde par sa qualité intrinsèque et son côté entertainment à gros budget complètement assumé.

Mais que diantre nous conte The Avengers? Qui sont tous ces mystérieux personnages hauts en couleurs? Qui est ce Joss Whedon qui met en scène tout ceci? Toute la complexité du projet se retrouve dans ces questions. Même si ce film semble avoir un public déjà acquit. Avant tout, il a été très difficile à mettre en place à plusieurs niveau et fut un véritable défi pour son réalisateur qui a littéralement joué dessus son va-tout auprès des grands studios hollywoodiens.

Pour remonter aux origines des Avengers au cinéma, il faut remonter quatre ans en arrière avec le film L’Incroyable Hulk. Bien qu’Iron Man soit sortit plus tôt en 2008 et annonçait, après son générique de fin, la présence future du personnage de Nick Fury interprété par Samuel L. Jackson, le Hulk du français Louis Leterrier est le premier à parier sur l’idée qui donnera les moyens aux Avengers de s’unir sur le grand écran en 2012. Le réalisateur a proposé d’inclure dans son film des éléments inhérents aux autres comic books Marvel, afin d’en tirer un univers commun. On pouvait apercevoir dès l’ouverture du film ces éléments1: “Stark Industries” (la société de Tony Stark, héros d’Iron Man), le nom “Nick Fury” et le logo du S.H.I.E.L.D.2. Interprété par Robert Downey Jr., Tony Stark lui même apparaissait à la fin de L’Incroyable Hulk3, ce qui est d’autant plus surprenant sachant que le film de Louis Leterrier et le reste de la série Marvel impliquée dans les Avengers (comme ce dernier) n’appartiennent pas aux mêmes studios4, ce qui engendre souvent des conflits concernant le copyright. Mais malgré cela, l’idée de relier les différents films Marvel s’est établie et la rumeur d’une possible aventure commune à ces super-héros a naturellement émergée dans l’esprit de tous.

Ayant trouvé le succès en produisant le premier film Iron Man, les studios de la Paramount se sont lancés peu de temps après dans la réalisation d’un second volet, mais aussi dans les adaptations de Thor et de Captain America. Sans vraiment se cacher, la major montrait son intention d’aboutir à un long métrage rassemblant les super-héros Marvel sous la bannière des Avengers. Le 24 juillet 2010, à la fin de la présentation des futurs Thor et Captain America au Comic Con de San Diego, une bande-annonce mystérieuse fut projetée. Dans cette dernière, Nick Fury annonçait un rassemblement imminent. Avec un grand sens du timing, l’acteur Samuel L. Jackson rejoignit les interprètes de Thor (Chris Hemsworth) et Captain America (Chris Evans) déjà sur scène. Puis ce fut au tour de Scarlett Johansson, Jeremy Renner, Mark Ruffalo et Robert Downey Jr d’apparaître. Les Avengers étaient au complet. Cerise sur le gâteau, le réalisateur qui allait devoir mettre en scène tout ce beau monde se révéla également au public. C’est alors que Joss Whedon entra dans l’arène.

Le casting complet des Avengers avec (de droite à gauche) Robert Downey Jr. (Iron Man), Clark Gregg (l'agent Coulson), Scarlett Johansson (la Veuve noire), Chris Hemsworth (Thor), Chris Evans (Captain America), Samuel L. Jackson (Nick Fury), Jeremy Renner (Hawkeye), Mark Ruffalo (Hulk), le réalisateur Joss Whedon et le producteur Kevin Feige

Si le nom de Joss Whedon vous est inconnu, c’est que vous n’êtes pas aussi geek que vous le pensiez. Car avant même qu’il ne soit annoncé comme le réalisateur des Avengers, s’il y avait eu un pape de la culture geek à élire, Joss Whedon aurait été l’un des cardinaux favoris. Il s’est tout d’abord fait un nom à la télévision, créant dans les années 1990 les séries télévisées à succès Buffy contre les vampires et Angel puis, avec une reconnaissance moins immédiate, la série Firefly dans les années 2000. En s’interrompant au bout de seulement 15 épisodes, cette série de science-fiction lui donna l’occasion de réaliser son premier long métrage en l’adaptant au cinéma avec le film Serenity en 2005, en partie financé par les fans de la série.

Avec The Avengers, on peut mettre en parallèle la carrière de Joss Whedon avec celle de J.J. Abrams, réalisateur de Star Trek et de Super 8. Tous deux proviennent de la même génération de créateurs de séries télévisées reconnues (Buffy et Angel pour Whedon, Alias et Lost pour Abrams). Se sont exercés au métier de scénariste de cinéma (Whedon ayant travaillé sur Toy Story et Alien la résurrection, Abrams sur l’Armageddon de Micheal Bay). Loin d’un drame intimiste indépendant, leur premier long métrage se trouve être une adaptation de série (Serenity donc pour Whedon et Abrams se chargea du troisième Mission: Impossible). Et pour finir, les deux réalisateurs ont dû faire leurs preuves sur deux projets très ambitieux qui avaient déjà leurs propres codes et univers: Star Trek et les Avengers.

L’un des principaux challenges qui s’imposaient à Joss Whedon était d’assembler ces super-héros venus d’horizons différents dans un seul et même film. Avant cette saga Marvel qui mène aujourd’hui aux Avengers, d’autres productions se sont essayées à vouloir réunir ce type de héros aux facultés exceptionnelles et habituellement solitaires. En 2003 est sortit La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, adapté d’un très bon roman graphique créé par Alan Moore (V pour Vendetta, Watchmen). Ce film est en quelque sorte un Avengers, mais dont la super-équipe est composée de héros de la littérature (Alan Quatermain, Tom Sawyer, le docteur Jekyll…). Cependant, le réalisateur Stephen Norrington a dû faire face à maints problèmes avec ses acteurs pour un résultat de piètre qualité. 2007, détentrice des droits sur le catalogue DC Comics et sachant que différents super-héros de la Marvel allaient bientôt s’unir au cinéma, la Warner décida de riposter projet contre projet avec la Ligue des Justiciers. Se basant sur le succès renouvelé de Batman, avec les films de Christopher Nolan, et plus mitigé de Superman, avec le Returns de Brian Singer, le projet est mis en chantier mais va rencontrer de nombreux obstacles. Trop nombreux, car avec un scénario retravaillé plusieurs fois, un casting renouvelé, le réalisateur George Miller (la trilogie Mad Max, Happy Feat) annoncé, le projet de Ligue des Justicier est abandonné en 20105. Pour éviter la mort dans l’œuf, la Paramount et les studios Marvel ont trouvés une autre solution pour que la sauce prenne, notamment auprès du public.

Les affiches françaises d'Iron Man 1 et 2, Thor et Captain America

Les deux Iron Man de Jon Favreau, le Thor de Kenneth Branagh et le Captain America de Joe Johnston ont été tout d’abord reliés avec les membres du S.H.I.E.L.D. Nick Fury ou l’agent Coulson via les stingers, ces scènes cachées situées après le générique de fin et qui annonçaient le film suivant6. Pour les Avengers, le réalisateur parvient a intégrer ces super-héros à une histoire principale, tout en dispersant le long du récit des références à leurs aventures cinématographiques antérieures7. D’autres personnages secondaires des autres films reviennent aussi comme le professeur Selvig (interprété par Stellan Skarsgård dans Thor), ainsi que Pepper Potts et l’intelligence artificielle JARVIS (Gwyneth Paltrow et la voix de Paul Bettany dans les deux Iron Man). De plus, la référence se fait aussi au niveau de la bande son en ce qui concerne Iron Man. Sa première intervention publique dans The Avengers est rythmée au son de la chanson “Shoot to Thrill” du groupe AC/DC, que l’on retrouve au début d’Iron Man 28, comme si ce morceau de rock était devenu le leitmotiv musical du personnage d’Iron Man. Une bonne surprise du film est le talent de scénariste de Joss Whedon à mettre toute cette brochette de personnalités hétéroclites sur un même pied d’égalité. La première partie du film joue sur cette guerre des égos surdimensionnés avant que le travail d’équipe ne finisse par l’emporter.

Autre fait notable dans les Avengers, c’est cette présence d’innombrables références et clins d’œil, qui ne correspondent pas forcément à l’univers Marvel, et sont souvent sujets à un bon mot de la part de Tony Stark. Ce dernier est d’ailleurs le seul à avoir une véritable connexion avec le public en faisant référence à des films (Point Break pour l’allure de surfeur californien de Thor ou Le Seigneur des Anneaux en surnommant l’archer Hawkeye “Legolas”) ou aussi en signalant que quelqu’un dans la pièce joue au jeu-vidéo Galaga, mais aucun des personnages présents ne comprend la référence9. Ce jeu d’allers-retours, plus ou moins perceptible selon la manière dont on partage cette culture populaire, est même souligné par le personnage de Captain America lorsqu’il explique qu’il a compris une (seule) de ces références.

Après, je ne sais pas si certaines références à la culture dite “geek” sont conscientes ou inconscientes de la part du cinéaste. Tout d’abord, le comportement de l’agent Coulson en fan absolu du Captain America donne lieu à un échange très drôle et à la présence des fameuses trading cards (les cartes à échanger). Qui n’a jamais été fan? Ensuite, Nick Fury cite à plusieurs reprises la “Phase II”. Dans l’oreille d’un geek, ce mot et ce chiffre ne sont pas anodins. Après la première série Star Trek, Phase II était le nom d’un projet visant à relancer la série à la fin des années 1970, avec de nouveaux personnages, décors, costumes, un budget plus important… Finalement, cette fameuse Phase II fut abandonnée et de ses ruines naquit le premier long métrage Star Trek réalisé par Robert Wise en 1979.

Néanmoins, Joss Whedon a su aussi prendre ses distances avec l’univers Marvel. Dans The Avengers, la race d’extra-terrestres qui menace d’envahir la Terre a longtemps été un mystère pour les fans. Ce sont les Chitauri qui ont été choisis au détriment des Skrull ou des Kree, plus connus dans les comic books. Mais c’est par respect pour les connaisseurs que le réalisateur a choisi les Chitauri car, peu explorés, ils lui permettaient plus de liberté scénaristiques que les deux autres races, qui portaient avec elles leur histoire déjà bien établie10. Pensez d’ailleurs à rester pour le générique de fin, une scène supplémentaire s’y rapportant a pu être cachée…

Les chaises destinées à Thor, Iron Man, Captain America et Hulk sur le plateau des Avengers

Un mot rapide sur la 3D. Beaucoup ont été surpris de voir que The Avengers était en 3D, tant la campagne de promotion avait omis de souligner le caractère stéréoscopique de l’image, comme nous en avions l’habitude. Si vous trouvez que le relief n’est pas si bien travaillé, c’est que le film de Joss Whedon a été converti en 3D après le tournage. Je ne sais pas à quel degré s’est impliqué le réalisateur dans cette conversion en post-production, mais certains plans sont sympathiques à voir en relief. Ces interventions restent toutes fois très ponctuelles, sans pour autant abaisser la qualité du spectacle visuel qui se présente à nos yeux.

Le seul bémol ou omission du long métrage est l’absence de Natalie Portman au casting. A la fin du film Thor, le dieu du tonnerre lui promettait de revenir sur Terre par tous les moyens qui lui seraient possible pour la retrouver elle. Il est dommage qu’elle ne soit citée qu’au détour d’une séquence pour justifier son existence, alors que le personnage du professeur Selvig (Stellan Skarsgård) tient un rôle important dans The Avengers. Je pense qu’il s’agisse d’une histoire de cachet.

Mais ne boudons pas notre plaisir face à cette incroyable épopée où cela faisait longtemps que New York n’avait pas été le théâtre d’un véritable champ de bataille. Depuis le 11 septembre 2001, les gros blockbusters ont évités de défigurer la skyline de New York, alors qu’ils n’y étaient pas allés de main morte à la fin des années 1990 avec Armageddon, Independence Day ou Godzilla. En dehors de Spider-man, les autres super-héros ont dû trouver un autre terrain de jeu, les Transformers s’étant attaqués à Los Angeles ou Chicago par exemple. A ce propos, j’ai trouvé une certaine similitude entre la trame principale des Avengers et du troisième Transformers, où un rayon ouvre un passage intersidéral permettant une invasion extraterrestre détruisant toute la ville11. Un rapprochement que l’on peut trouver quelque peu… étrange.

Friend or Foe? Ami ou ennemi? C’est la question que se posent les journalistes lors de la dernière séquence du film. Or cette interrogation fait partie de l’histoire des super-héros depuis longtemps, même si les Avengers ne suscitent pas autant de méfiance de la part de la population. En effet, si l’on regarde d’autres rassemblements de ce type comme les X-Men ou les Watchmen, leur intégration à la société est plus compliquée. Il s’agit surtout de l’un des thème principaux de ces deux comic books. Dans The Avengers, les différents héros n’ont pas tous la même image auprès de la société, mais c’est bien ce questionnement qu’a essayé d’instillé Joss Whedon au scénario et qu’il essayera d’enrichir dans un très probable The Avengers 2, sans compter les futurs Iron Man 3, Thor 2, Captain America 2 et d’un éventuel épisode pour Mark Ruffalo en Hulk et un autre rassemblant les personnages de la Veuve noire et de Hawkeye.

Il est intéressant de voir que ces personnages qui avaient été mis en valeur pour leur individualité travailler ensemble, unis jusque dans le montage avec ce fameux très long plan où nous les voyons livrer bataille. Même si chacun y trouve son moment de gloire personnelle, le combat titanesque dans les rues de New York est une succession d’entraides ou de duos. On peut très bien qualifier les sentiments que véhiculent les Avengers de simples ou naïfs, mais le valeurs que portent ces personnages de comic books restent de bons modèles et universelles. Il y a de ça quelques semaines, le jeune américain Jeremy Wuitschick avait sauvé tout un car scolaire en s’étant emparé du volant, après s’être aperçu que le conducteur s’était évanouit. Interviewé après l’incident, le jeune garçon révélait qu’il avait réussit à couper le contact du bus en ayant vu faire cela dans les comics qu’il lisait. Preuve est faite que les super-héros ont encore de beaux jours devant eux.

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Pour conclure, The Avengers est l’un des meilleurs longs métrages de la série Marvel adaptée au cinéma. Annoncé dès le départ comme un futur film culte de la culture geek, il faut savoir le savourer comme un pur plaisir coupable, que l’on soit déjà un fan des comic books ou non. Il est bien sûr conseillé de regarder les précédents volets de la saga pour mieux comprendre tous ses protagonistes, mais la mise en scène de Joss Whedon, à la fois sérieuse et nerveuse tout en étant ponctuée à juste dose d’humour nous donne à voir du cinéma à grand spectacle digne de ce nom et l’un des meilleurs blockbusters de ces dernières années. On a hâte de voir la… enfin les suites.

  1. http://www.youtube.com/watch?v=9vvDRvKBUZY []
  2. Dans l’univers Marvel, le S.H.I.E.L.D. est une agence d’espionnage armée secrète. Ses initiales correspondent dans les longs métrages à “Strategic Homeland Intervention, Enforcement and Logistics Division”. []
  3. http://www.youtube.com/watch?v=tyqR3RV2kYc []
  4. L’Incroyable Hulk a été produit par Universal. Iron Man 1 et 2, Thor, Captain America et The Avengers l’ont été par la Paramount. []
  5. De ce projet ont émergé le long métrage Green Lantern de Martin Campbell (2011), un pilote pour une série télévisée Wonder Woman qui n’a pas marché auprès des producteurs de la chaîne NBC et un nouveau film Superman réalisé par Zack Snyder (300, Watchmen) et produit par Christopher Nolan sortira en 2013. []
  6. Iron Man: Nick fury se présente à Tony Stark
    Iron Man 2: L’agent Coulson retrouve le marteau de Thor
    Thor: Le cube cosmique est présenté au professeur Selvig
    Captain America: Teaser des Avengers []
  7. Bien que l’acteur est changé, passant d’Edward Norton à Mark Ruffalo, The Avengers fait référence au combat de fin de L’Incroyable Hulk se déroulant en plein cœur d’Harlem. []
  8. Voir mon précédent article à ce sujet : “‘Shoot to Thrill’, Iron Man superstar” []
  9. A la fin de la scène, un plan montre un figurant jouant au jeu-vidéo Galaga sur son écran au lieu de travailler. []
  10. “Joss Whedon Confirms The Identity Of Aliens In ‘The Avengers’” par Mark Hughes – Forbes.com []
  11. Bande-annonce de Transformers 3 : http://www.youtube.com/watch?v=kHRf01Gjosk []

8 Reponses à “ The Avengers, premières impressions ”

  1. Juste une remarque : sur la photo du casting complet, une seule fille pour neuf mecs. Si on excepte le réalisateur et le producteur, restent une actrice pour sept acteurs. Eux ont un nom, elle seulement un surnom, aux relents peu sympathiques. Peut-on en déduire quelque chose au plan de la culture geek, ou plus largement de la culture populaire?

  2. Non, je ne pense pas qu’il faut se focaliser que sur ce film, car les comic books ont à l’origine trouvé leur succès essentiellement auprès de la gent masculine et devaient répondre alors à la demande exprimée par leurs consommateurs. On ne peut refaire l’Histoire à ce niveau, mais je préfère encore les X-Men aux Avengers, la parité y étant déjà mieux représentée.

    La Veuve noire (ou Natasha Romanoff) est un personnage issu d’abord de l’univers d’Iron Man et fut introduit au cinéma dans Iron Man 2. Il faut aussi rajouter l’actrice Cobbie Smulders, dont le personnage de Maria Hill, un agent du S.H.I.E.L.D., n’avait pas encore été casté au moment de l’annonce au Comic Con.

    Après, la culture geek n’est pas misogyne ou machiste. En effet, au début des médias qui ont donné naissance à cette culture spécifique, le public était en majorité composé de garçons et l’offre s’adapta en fonction. Mais progressivement, des héroïnes toutes aussi idéalisées ont fait leur apparition (Wonder Woman, Catwoman pour les comics, Xena à la télévision, Chun Li ou Lara Croft pour les jeux vidéo) que les garçons ont complètement acceptés (et en redemandaient), mais aussi ont naturellement attiré le public féminin geek qui fait jeu égal avec les garçons de nos jours.

  3. Le film est très BD, schématique et superficiel, pas vraiment intéressant comme symptôme sociétal – sinon comme confirmation de l’effet “boys band” (ou “jeunes filles en fleurs”, pour une version plus distinguée) et du goût effectivement très marqué des comics pour les croisements, l’association et le mashup avant la lettre – un bon résumé des tactiques industrielles de maximisation de la prosécogénie.

  4. Belle chronique, toutefois, arriver à ne pas prononcer une seule fois le nom de Jack Kirby… cela relève de l’exploit.

    Une héraldique selon le “king of comics” : le blason devient l’armure — le costume-même. Leurs couleurs vives sont les armes des super-héros. Visible de loin, sur des étalages, aujourd’hui sur des affiches de cinéma, statut iconique, “images à lire” : De la Culture Visuelle — pour sûr.

    Captain América portant encore un bouclier profondément anachronique semble revendiquer cette image : armoiries spéculaires sur armoire à glace sortie des glaces…

    Mais la réduction au seul Stan Lee (et c’est peut-être un simple oubli de votre part, je ne cherche ici aucune noise) fait aussi partie d’une stratégie de communication et d’appropriation autour de ces icônes. Stan “The Man” Lee, figure même du père de l’oeuvre, est aussi un homme d’industrie, le porte-étendard de Marvel. Avec son sourire bonhomme et la nébuleuse de héros qui l’entoure, il est la parfaite caution des ayants-droits. Auteur heureux, bien payé, rayonnant : il a co-écrit sa propre légende.

    Kirby aura eu moins de chance sans-doute, glissant doucement “out of the picture”. Hors de l’équation en quelque sorte, alors que c’est lui qui leur aura donné ce “punch” unique — visualisation de l’energie, condensé d’action cinétique… un “momentum” originel qui transparait encore dans les films. Avec plus ou moins de bonheur.

  5. Effectivement, je n’ai pas cité Kirby car cet article a été rédigé dans le but d’établir le parcours du film en lui-même et d’en faire une première critique. Je me suis intentionnellement gardé de parler de Jack Kirby et des comics originaux, sinon je n’aurais pas fini de taper ce texte.

    Je suis d’accord avec vous sur le fait que Stan Lee soit devenu une sorte d’icône vivante pour la Marvel (d’autant qu’il apparaît dans chacune des productions cinématographiques, également à la fin des The Avengers). En même temps, décédé en 1997, Kirby n’a pu assister à la vague d’adaptations à succès des comics qu’il a créé, avec le X-Men de Brian Singer et le premier Spider-man de Sam Raimi au début des années 2000. Dès lors, les non initiés se sont rattachés au seul créateur encore vivant: Stan Lee, “co-écrivant (alors) sa propre légende”.

  6. Votre remarque sur le gamin qui a appris a coupé le contact dans les livres de super héros pour sauver ces camarades, me fait penser à celle du gamin de 10 ans (disons entre 10 et 14) qui est parti tout seul à l’école en voiture parce qu’il avait appris à conduire dans GTA. Chacun ses modèles.

  7. Et son éducation. Grand Theft Auto reste une série de jeux-vidéo interdite aux moins de 18 ans.

  8. Je ne vous le fais pas dire. En fait c’est encore pire que prévu il avait 6 ans, j’ai retrouvé l’article
    http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/01/06/AR2009010601195.html

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