Non à la suppression de l'histoire-géo en terminale S

Lundi 23 novembre 2009
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On vient d’apprendre que le ministre de l’Éducation nationale, M. Luc Chatel, a décidé de supprimer l’histoire et la géographie comme matières obligatoires en terminale scientifique. Il se propose néanmoins de les maintenir dans un cadre optionnel. Ce nouvel épisode de la réformite aiguë de tout ministre de l’Éducation nationale laisse anéanti et scandalisé. Ceci d’autant plus que ce n’est pas trahir un secret que de révéler que le ministère avait commencé par reculer et par admettre que sa réforme n’était pas fondée, en rétablissant l’histoire et la géographie dans le cursus des disciplines obligatoires en terminale scientifique.

On peut supposer que les pressions des associations de mathématiciens et de physiciens qui veulent à tout prix conserver à cette terminale son caractère de “pureté” ont dû être très fortes ces derniers jours. Cela aboutit à une décision qui privera plus de la moitié des lycéens de Terminale d’un enseignement tout à fait nécessaire. Cette question ne concerne pas que les historiens et géographes, même si l’on ne doit pas s’étonner que ces derniers protestent très vigoureusement. Ancien élève de ce que l’on appelle une terminale scientifique (une terminale C en l’occurrence), économiste et spécialiste en recherches stratégiques, je me suis senti personnellement interpellé par cette mesure.

Une mesure démagogique et une politique schizophrène

Tout le monde peut comprendre, au vu de ce qu’est un lycéen aujourd’hui, et plus particulièrement dans une section scientifique avec une spécialisation renforcée par la réforme, qu’une telle décision va aboutir à la suppression totale de cet enseignement. Très peu nombreux seront les élèves qui prendront une telle option. Nous ne devons donc nourrir aucune illusion. Le caractère démagogique de la mesure est évident dans la mesure où il fait reposer sur les élèves la décision de prendre ou de ne pas prendre les cours d’histoire et géographie à un moment où la spécialisation de la filière vient d’être réaffirmée.

Alors que, aujourd’hui, plus de 50% des élèves ont choisi la terminale scientifique, ceci revient à enlever l’enseignement d’Histoire et Géographie à cette même proportion d’élèves. Quand bien même on arriverait dans le cours de la réforme à faire baisser ce nombre vers le 35%, ceci resterait absolument inacceptable. Seul le rétablissement de l’histoire et de la géographie dans le cadre de cours obligatoires peut garantir qu’elles seront suivies par les élèves des terminales scientifiques.

Il faut souligner l’incohérence profonde de cette décision. Elle survient au moment même où, de la commémoration de l’anniversaire de la mort de Guy Môquet au grand débat sur “l’identité nationale” en passant par le projet d’un musée de l’Histoire de France, la question de l’histoire, mais aussi de la géographie (car la conscience nationale s’enracine dans des pays et des paysages) occupe une place centrale dans notre pays. Contrairement à d’autres, je ne pense pas que le débat sur l’identité nationale puisse être évité, mais je pense qu’il doit être soigneusement défini pour éviter les dérapages.

On se souvient du livre de Fernand Braudel, L’Identité de la France, et de la place qu’il donnait à la fois aux paysages, à leur construction sociale, et à l’histoire dans la production d’un sentiment national. La définition de ce dernier ne saurait renier ce qu’il doit à ces deux disciplines. Dans l’identité nationale, il y a aussi l’histoire des luttes sociales qui permet de comprendre la spécificité de chaque culture politique. Ce n’est pourtant pas à un homme de gauche que nous devons de nous rappeler de ce que l’histoire du progrès de la civilisation est aussi celle de la lutte des classes. C’est à François Guizot que revient l’honneur de la formule, et Marx lui en avait donné crédit. Que penser d’une histoire qui serait réduite à sa plus simple instantanéité?

Ou alors, mais on n’ose croire que tel soit le projet du gouvernement, cela reviendrait implicitement à faire reposer ce sentiment national, cette “identité française” sur une couleur de peau ou une religion. Ceci impliquerait pour le coup une rupture absolument radicale avec ce qui fait l’essence même du sentiment national en France.

On peut alors s’interroger sur la logique d’une telle politique qui prétend faire de la conscience nationale une priorité, qui va même jusqu’à créer à cette fin un Ministère de l’Intégration, et qui projette de la retirer en réalité à la moitié des élèves de Terminale. Ce n’est plus de l’incohérence, c’est de la schizophrénie pure et simple.

Quels citoyens voulons nous pour demain?

Au-delà, les raisons sont nombreuses qui militent pour le maintien d’un enseignement d’histoire et de géographie pour les terminales scientifiques. Dans la formation du citoyen, ces disciplines ont un rôle absolument fondamental. La compréhension du monde contemporain, de ses crises économiques ou géostratégiques, des rapports de force qui se nouent et se dénouent en permanence entre les nations, implique la maîtrise de l’histoire et de la géographie. Est-ce à dire que, pour le ministère de l’Éducation nationale, les élèves des terminales scientifiques sont appelés à être des citoyens de seconde zone? N’attendrait-on plus d’un mathématicien ou d’un physicien qu’il soit aussi un citoyen?

Ou bien voudrait-on promouvoir une France à deux vitesses, où d’un côté, on aurait de grands décideurs dont la science serait au prix de leur conscience, et de l’autre, le simple citoyen auquel on pourrait laisser ce savoir si nécessaire car devenu sans objet dans la mesure où ledit citoyen ne pourrait plus peser sur les décisions politiques? Il est vrai que l’on peut s’interroger aujourd’hui devant la réduction, sans cesse croissante, de la démocratie à ses simples formes, qui ont elles-mêmes été bafouées comme on l’a vu pour le vote du referendum de 2005.

Par ailleurs, cette décision est en réalité autodestructrice pour notre économie dont on prétend cependant que l’on veut en pousser l’externalisation. Aujourd’hui, dans les formations de pointe, qu’il s’agisse de Polytechnique (chaire de management interculturel), des autres grandes écoles (École des Mines, École des Ponts et Chaussées) ou des écoles de commerce et de gestion (HEC, ESSEC, SupdeCo, etc…), qui toutes impliquent de la part de l’étudiant une terminale scientifique, l’accent est mis sur la compréhension du monde contemporain. Ceci nécessite une formation de base en géographie (humaine, économique et géopolitique) mais aussi une formation en histoire afin de fournir les bases de compréhension des évolutions du monde contemporain.

Ceci correspond à une demande spécifique des entreprises françaises qui sont de plus en plus engagées dans un processus d’internationalisation de leurs activités. Qu’il s’agisse de la question des contrats, ou encore du développement d’activités à l’expatriation, la connaissance des fondements historiques, géographiques et culturels de ces sociétés, qui pour certaines sont très différentes de la nôtre, est absolument indispensable. L’absence de ces disciplines, ou la réduction de leurs horaires à la portion congrue, défavoriseraient considérablement ceux des élèves de terminale scientifique qui ne veulent pas s’orienter vers des activités strictement en liaison avec les sciences de la nature.

L’Histoire, la Géographie et la double nature de la science économique

Moi-même, en tant qu’économiste, je ne cesse de mesurer ce que ma discipline doit à l’histoire (pour l’histoire des crises économiques mais aussi des grandes institutions sociales et politiques dans lesquelles l’activité économique est insérée) mais aussi à la géographie, avec son étude des milieux naturels et humains, des phénomènes de densité tant démographique que sociale. Comment peut-on penser la crise actuelle sans la mémoire des crises précédentes? Comment peut-on penser le développement de l’économie russe hors de tout contexte, comme si ce pays n’avait pas sa spécificité de par son histoire mais aussi de par son territoire? Nous savons bien que les processus économiques ne sont pas les mêmes dans les capitales, à Moscou et à Saint-Pétersbourg, et dans les régions.

Pourtant, j’ai fait ma scolarité dans une Terminale C, et je ne regrette ni les mathématiques ni la physique, qui m’ont été nécessaires justement pour faire de l’économie, pour me frotter à la modélisation, et en mesurer la force mais aussi les limites. Pour dire les choses simplement, si l’on trouve bien en économie des régularités, qui permettent le calcul, ces dernières ne sont que temporaires et en réalité elles n’ont de pertinence que dans un cadre institutionnel précis. Que ce cadre change, et ces régularités changeront aussi. L’économie ne sera jamais une science construite sur le modèle des sciences de la nature, comme les mathématiques ou la physique ou encore la mécanique. La raison fondamentale est que l’économie, activité humaine, dépend par trop de la subjectivité des acteurs et que cette subjectivité change suivant les contextes mais aussi suivant les changements dans la structure de la “dotation en facteur” que l’on reconnaît à chaque agent.

Michal Kalecki, un grand économiste polonais qui fut l’égal de Keynes, disait qu’il y avait deux erreurs qu’un économiste pouvait un jour commettre. La première était de ne pas calculer, et la seconde était de croire en ce qu’il avait calculé! Ceci me semble bien résumer la double nature de la science économique. Les calculs que l’on peut faire n’ont de pertinence que temporaire et limité, pour tout dire contextuelle. Mais cela ne veut pas dire que dans un contexte donné ils n’aient pas de pertinence.

On voit donc bien que si l’économie n’est pas bien sûr le simple prolongement de l’histoire et de la géographie, elle perd toute pertinence à ne pas se nourrir à ces deux disciplines, et ceci de plus sans que cela soit exclusif d’autres disciplines comme l’anthropologie ou la sociologie. L’économie est donc fondamentalement une science sociale, mais une science sociale impliquant le recours étendu à des calculs comme instruments et cela sans que jamais on puisse cependant y voir une “nature” propre de l’économie. À ce titre, ceux qui prétendent vouloir trouver dans les mathématiques la clé de la scientificité de la science économique errent gravement, à la fois en tant qu’économistes et en tant qu’épistémologues.

Il faut donc retirer cette mesure avant qu’il ne soit trop tard, et pour cela susciter le mouvement de protestation le plus important et le plus large possible. Le ministère doit impérativement réintégrer l’histoire et la géographie parmi les matières obligatoires en terminale scientifique!

Jacques Sapir, directeur d’études à l’EHESS.

Signer la pétition de l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (APHG)

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61 Reponses à “ Non à la suppression de l'histoire-géo en terminale S ”

  1. Olivier Ertzscheid sur 23/11/2009 à 13:26

    Bonjour,
    Merci pour ce texte. Est-il possible de le reprendre en intégralité (et en citant naturellement l’auteur et la source originale) sur mon blog ? Je pense qu’il mérite en effet la plus grande diffusion possible …
    Cordialement

  2. Patrick Peccatte sur 23/11/2009 à 14:17

    Je souscris totalement à ce point de vue. J’ajoute que le développement actuel des “digital humanities” , ces pratiques et compétences qui travaillent dans les SHS avec des données numériques, rend de plus en plus nécessaire de rompre totalement avec cette conception hémiplégique de l’enseignement qui distingue de manière drastique les “scientifiques” et les “littéraires”.
    [Je suis moi-même ingénieur, de formation mathématique, et engagé actuellement dans un projet (modeste) à caractère historique.]

  3. Sylvain Maresca sur 23/11/2009 à 16:31

    J’appuie totalement le point de vue de Jacques Sapir.

  4. tofraziel sur 23/11/2009 à 17:15

    Il faut faire circuler le plus possible ce texte et faire connaitre cette décision gravissime !

  5. Gilles Letard sur 23/11/2009 à 17:17

    Je suis professeur de mathématiques en terminale scientifique et j’approuve complètement les propos de J. Sapir.
    Et que l’on ne s’y trompe pas, la même tendance à minimiser l’esprit de réflexion, ici au profit des automatismes de la manipulation informatique, est en marche également dans ce qui risque de devenir de moins en moins des mathématiques.

  6. David sur 23/11/2009 à 17:17

    Conserver l’histoire et la géographie (en TS) en l’état actuel ne sert à rien. Ces matières sont méprisées par :

    - les élèves, qui la placent systématiquement en dernière place des enseignements utiles

    - les équipes pédagogiques, qui en conseil de classe refusent de sanctionner un élève bon en science et se moquant ouvertement de l’HG

    - les parents, qui reprochent au professeur de donner des devoirs

    - les gouvernement, qui chaque année castrent un peu plus le programme pour les colorer idéologiquement

    Résultat, un niveau en chute libre, chute bien plus marquée que dans les autres matières. Voilà dix ans, les élèves de S se foutaient de l’Histoire en silence. Désormais, ils le crient haut et fort.

    Devant cet état de fait incontestable pour toute personne connaissant le métier, deux solutions éxistaient :

    - redonner de l’importance à l’histoire (très facile, suffit de l’inclure comme facteur important pour les dossiers de prépa & IUT, comme par miracle les élèves se mettront à bosser).

    - acter son inutilité à l’heure actuelle et la supprimer.

    Le propos de Jacques Sapir est simplement obsolète : la situation qu’il décrit, c’est la situation actuelle.

  7. klabi sur 23/11/2009 à 17:31

    ayant fait une terminale S, je pense que l’on peut se passer de la philo. l’histoire-géo aussi ( même si cela est plus regrttable)

    il y a tant d’autres matiéres pour former les lycéens à être des citoyens mais le probléme est un manque de temps et de moyens.

    Par exemple, durant mes cours d’histoire/géo, j’aurai dû avoir des cours d’éducation civique mais les profs ne les faisaient jamais à part 2-3 heures en tout car ils manquaient de temps sur leurs planning. Par contre, j’en ai bavé des cours de littérature avec moliére, Camus… Au lieu de nous apprendre à écrire ( des textes de littératures,…) ils passent leurs temps à nous faire lire et adopter des styles ayant 200 ans.

    Je suis fiére de dire que je suis allergique à la littérature grâce à l’éducation nationale. pour moi, c’est une perte de temps.
    on ferait mieux de nous inciter à écrire que de lire Moliére ou victor hugo.

    Il est anormal qu’une terminale S ne propose ni des cours d’informatique ( algorithme…) ni des cours de sciences de l’ingénieur. Au lycée, en terminale, je n’avais que 2 options, SVT ou biologie/géologie ( c’était la même chose pour moi), plus 1 heure de plus par spécialité ( maths spé pour moi)

    le principe de faire des filiéres S et STI est absurde car, les STI ne permettent quasimment pas les prépa et les grandes écoles alors que c’est le but. on accepte que des bac S alors que le but est plutôt une formation scientifique et non d’ingénieur.

    l’informatique est trés important car cela requiert de la logique, de la réflexion au même titre que les mathématiques.

    j’adore l’histoire-géo (j’ai eu 16 au bac pour cette matiére) mais pour vouloir devenir scientifique, elle est moins importante que l’info, les maths, la physique, la chimie, la biologie.
    on devrait proposer de vrais projets comme des exposés, des concours scientifiques comme dans les lycées américains.
    je trouve stupide que des cours de techno accessible au collége ne le soit plus au lycée.
    le bac S est la voie royale mais il faut sérieusement la reconsidérer par rapport aux connaissances scientifiques et technologique d’aujourd’hui. on devrait introduire des cours électrotechnique et d’électronique.

    de nos jours, la connaissance scientifique est inextricablement liée aux technologique. des chercheurs en géologie, sont obligés de concevoir des appareils avec des expert pour créer des sondes et autres.
    des chirugiens se servent de robots.
    des mathématiciens passent une partie de leurs temps à faire de la programmation.

    on parle du trés heut débit et de numériser les livres de nos jours lors du grand emprunt mais l’informatique et les nouvelles technologies n’ont pas de place au lycée.

    aucune de matiéres plus techniques sont enseignées en terminale S. c’est plus regrettable que l’histoire-géo.

    je préférerais à l’histoire-géo des cours spécial europe avec l’économie/géographie, culturelle et des systémes judiciaire, législatif… des pays européens.
    Aprés tout au lycée, on n’apprend pas grand chose sur le plan européen.
    mon bac portait sur les USA et cela remonte à quelques années.
    je me rends compte que je ne sais pas grand chose sur les instutions des pays européens.

    Que l’on regroupe les bac S et STI, cela serait un vrai progrés.

    écoutez, on veut former des citoyens, c’est bien, mais ce n’est pas en derniére année de lycée que l’on va y réussir.
    on veut que des personne puisse s’intégrer alors que l’on arrête de proposer des programmes scolaire hors de leurs temps.
    l’éducation ne forme les jeunes qu’à être passif et lieur d’être actif. que le lycée permettent à des jeunes d’avoir une aide dans l’art de la pensée et de la réflexion au lieu de leurs faire avaler des tonnes de bouquins.
    C’est ce que proposent les cours d’histoire-géo en france, on n’a pas de vrai réflexion sur des sujets mais on ne fait que réciter par coeur ce que l’on a lu ou appris.
    Si c’est pour faire du par coeur, alors on peut supprimer en terminale S , l’histoire-géo.

    on devrait proposer aux lycéens au lycée d’expliquer quels sont causes de la pauvreté ou de la démographie d’un pays au cours de lannée au lieu de leurs demander d’apprendre leurs bouquins pour réussir un examen en leurs demandant de citer les dates, les lieux et de dessiner par coeur une carte.

  8. Anthon sur 23/11/2009 à 17:32

    Bonjour,

    Votre point de vue d’économiste se comprend tout à fait mais est ce une raison suffisante pour conserver ces 2 matières? Tous les bacheliers S ne seront pas economistes…

    J’ai passé il n’y a pas si longtemps (2003) un bas S dit “sciences de l’ingénieur”. Le moins que l’on puisse dire de ce bac c’est sa lourdeur: des journées commençant à 8 heures pour finir à 18h et ce 5 jours par semaine. Mon impression est que ce bac reflète une volonté de tout “caser” coûte que coûte. Résultat (de ce que j’ai pu constater): personne ne parle anglais, la culture générale des élèves y est minable et je ne parle même pas de l’espagnol (un de mes camarades de classes a découvert avec joie qu’il est possible d’avoir le bac S avec un 2 en espagnol…).

    Vouloir remplir les journées c’est bien mais elles ne font que 12 heures et à moins de traiter les matières par dessus la jambe (comme actuellement) c’est impossible (à moins de faire du bac S une sorte de classe préparatoire ne prenant que les meilleurs mais en ce cas quid de la revalorisation du bac L?).

    La solution n’est elle pas de donner le goût de la culture? La culture n’est pas quelque chose qui commence en septembre pour finir en juin. Il n’est pas normal qu’après tant d’années à l’école, en France, si peu d’élèves aient le goût de la lecture. Si tous les bacheliers étaient des lecteurs réguliers le problème ne se poserait pas. La question n’est pas faut-il supprimer l’histoire géographie mais plutôt comment faire pour que les bacheliers aient envie d’acheter des bouquins d’histoire (par exemple) en librairie.

    Dans ma classe de terminale, sur 35 élèves, nous étions 4 lecteurs réguliers…

  9. Jacques Fache sur 23/11/2009 à 17:34

    Entièrement d’accord avec la réponse de Jacques Sapir, que je trouve toutefois un peu optimiste. En effet, sa réponse s’adresse à la raison d’une part, et en appelle à l’intérêt des élèves et plus généralement de la société d’autre part. Je crois rêver! Si seulement ces notions pouvaient réellement être au coeur des décisions prises…
    Je crois hélas que nous sommes bien au-delà de tout cela. Nous sommes dans une logique comptable, une arithmétique d’épicier qui cherche par tous les moyens à faire des économies. La diminution du nombre de postes d’enseignants doit bien être réalisée quelque part. Comme il est évident qu’il n’y a pas des dizaines de milliers de personnes surnuméraires, il faut tailler dans les effectifs. Comme par ailleurs les enseignants peuvent désormais être nommés sur poste fixe mais répartis sur plusieurs établissements, le tour est joué. Même lorsqu’il n’y a que “deux” terms S dans un établissement, cela devient rentable!

    Je souhaite donc aussi pouvoir faire circuler cette réponse, mais je pense qu’il ne faut pas se tromper de cible. Expédier cela aux enseignants aura un impact limité. Il faut diffuser cela sur des réseaux autres touchant le grand public hors enseignement: réseaux sociaux, associations d’étudiants, d’anciens étudiants, de professionnels, que nous connaissons via nos multiples masters, etc… C’est à ce prix qu’une mobilisation pourra – peut-être – peser, beaucoup plus qu’en appelant à l’intelligence, et que les lignes bougeront.

    J.Fache
    Pr Géographie
    Université d’Angers

  10. josua sur 23/11/2009 à 17:55

    j’ai beau adoré l’histoire-géo, j’avais l’impression de perdre mon temps en premiére et terminale S avec les cours de lettres, philo et HG. si j’avais voulu suivre ces cours, j’aurais fait un bac ES ou L.

    je travaille depuis 15 ans, cela ne m’a jamais servi à rien.

    les cours de philo m’ont dégouté. Je trouve que les philosophes sont plutôt des glandeurs ayant une trés haute estime d’eux.

    les lettres, si on avait passé plus de temps à écrire pour apprendre à exprimer nos idées qu’à essayer de comprendre les idées d’autres personnes et qui datent de plusieurs siécles, j’aurai apprécié.

    l’histoire géo, a force de rentrer des choses dans la tête pour réussir les examens, le lendemain, j’avais déjà tout oublié.
    Entre les examens et les contrôle, je réapprenais 2-3 fois les même choses pour les oublier aussitôt. Il faut comprendre que c’est une matiére à données telle qu’elle est enseignée. Il n’y a pas de raisonnement ou de réflexion dans cette matiére avec les méthodes d’enseignements actuelles et d’examens.
    Demandez à un gamin à qui l’on a forcé à mémoriser les riviéres et les fleuves ainsi que le nom des régions si il est capable à 16 ans de les réciter et les situer. la réponse est nom.
    l’histoire-géo enseignée en France, c’est comme enseigner à un chien un tour. C’est du dressage et de la mémorisation.

    En un mot, une perte de temps.

  11. Jacques Fache sur 23/11/2009 à 19:06

    Aux commentaires suivant ceux de J.Sapir

    Je crois, à la lecture des commentaires qui suivent, sur l’utilité de telle ou telle chose, ou encore les travaux effectués dans telle ou telle matière, qu’il est bon de rappeler certaines choses.

    1 – Le souvenir que l’on a d’une expérience malheureuse avec un prof d’une discipline ne doit pas représenter le fond du débat. Entre le fait que cela ne se soit pas bien passé avec monsieur Machin et l’intérêt intellectuel de la discipline, il y a une sérieuse marge. Dans toute discipline, il y a des profs qui passent et qui la font aimer, et d’autres qui ne passent pas. Il y a aussi le plus souvent des profs qui passent auprès d’une partie du public, et pas auprès de l’autre. Faut-il en tirer une conclusion générale? Si l’on faisait le tour de toutes les personnes qui ont souffert en maths!

    2 – Il est aujourd’hui de notoriété publique que la première discipline dont les terminales scientifiques ne se servent pas dans leur vie professionnelle, ce sont… les maths! Le lycée dans lequel est mon fils voit 45% de ses bacheliers S filer en prépa médecine. Par ailleurs, combien de bacheliers S vont en prépas… littéraires?! Moult prépas lettres prestigieuses recrutent 100% de leurs étudiants en filière S! Je passe sur les futurs juristes ou étudiants de Sciences Po pour rappeler enfin que certaines filières comme… l’histoire et géographie recrutent des étudiants venant de S, et pour une partie non négligeable de leurs effectifs des étudiants qui fuient tout compte fait des prépas qui ne leur conviennent pas quant aux méthodes et objectifs!

    Ceci débouche sur une question simple: à quoi sert le lycée? Et sur ce point, de multiples réactions m’inquiètent, qui voudraient faire des S des personnes déjà professionnalisées. Certes, de multiples connaissances professionnellement utiles sont absentes. Mais ce n’est pas la finalité du lycée.

    L’objectif est de former des citoyens, et à ce titre, l’histoire géo, la philo ou le français ont leur place. Connaissances inutiles? Cela dépend de ce que l’on veut faire de sa vie, de l’orientation que l’on suivra plus tard (très variée chez les S), et dont les jeunes de première n’ont encore bien souvent pas idée. Cela dépend aussi du point de définition de l’inutile. Je sais bien que pour moi, les choses les plus importantes relèvent de la connaissance inutile professionnellement: musique, arts, lecture, etc… Je sais bien que certains, en entendant le mot culture, sortent leur révolver (si l’histoire est supprimée, qui mettra encore un sens et un nom sur cette phrase?), mais c’est pourtant cette inutilité qui donne souvent le sens à la vie, et qui définit ce que l’on en fait. Car l’Homme n’est pas fonctionnel, utilitaire, comme voudraient le croire certain(e)s qui l’enfermeraient dès le lycée dans une hyper-spécialisation stérilisante et contre-productive.

    Enfin, ces disciplines inutiles servent à former l’esprit dans toutes ses dimensions: morales, philosophiques, critiques… Un exemple simple: peut-on être chercheur en génétique sans se poser de questions éthiques? Or l’éthique relève de la philosophie, de la morale, peut-être aussi un peu de l’histoire et du sens à donner à la société, etc…
    Demander à des scientifiques de faire de la technique sans poser de questions est le propre des sociétés totalitaires. Or les scientifiques se doivent de poser certaines questions, simplement parce que bien souvent, au top niveau, ils sont les seuls à comprendre réellement ce qu’ils font. Ils ont donc un devoir d’information et de quête de sens.

    Pour conclure, oui à la science, si elle se donne les moyens de produire des Oppenheimer ou encore des Jacquard (qui, si on se limite la focale techniciste, pour savoir quels ont été et sont encore leurs combats philosophiques?) Donc si elle combine l’apport des sciences dites dures avec celles de l’Humain, dans toutes ses dimensions.

  12. Butey sur 23/11/2009 à 20:22

    Navrant !

  13. JC Loison sur 23/11/2009 à 21:48

    « Aujourd’hui, dans les formations de pointe [Sic], qu’il s’agisse de Polytechnique (chaire de management interculturel), des autres grandes écoles (École des Mines, École des Ponts et Chaussées) ou des écoles de commerce et de gestion (HEC, ESSEC, SupdeCo, etc…), qui toutes impliquent de la part de l’étudiant une terminale scientifique [reSic !!!], l’accent est mis sur la compréhension du monde contemporain. ». Est ce la meilleure organisation possible que l’on fasse une terminale S pour ne pas faire des sciences plus tard ? Si il existe différentes filières (S, L, ES, …) cela sous entend des programmes différents pour des formations différentes, sinon autant ne faire que des options ou un programme unique. Et si il est légitime qu’il existe une filière scientifique, toutes les disciplines ne peuvent y être représentées! Une réflexion sur la pertinence de tel ou tel enseignement est évidement indispensable (soumis bien sûr à de multiples pressions de différents groupes d’intérêts et non dénuée d’arrière pensée politique) mais l’état actuel des différentes formations scientifiques en France nécessite que l’on ne s’interdise aucune possibilité une fois les objectifs clairement définis.

    JC Loison, Chargé de Recherche CNRS en Chimie

  14. Anthon sur 23/11/2009 à 23:02

    à Mr Fache:

    “Entre le fait que cela ne se soit pas bien passé avec monsieur Machin et l’intérêt intellectuel de la discipline, il y a une sérieuse marge. Dans toute discipline, il y a des profs qui passent et qui la font aimer, et d’autres qui ne passent pas. Il y a aussi le plus souvent des profs qui passent auprès d’une partie du public, et pas auprès de l’autre. Faut-il en tirer une conclusion générale? Si l’on faisait le tour de toutes les personnes qui ont souffert en maths!” A ceci près que les maths ne sont pas enseignés en classes L ou ES, donc votre suggestion tombe dans le vide, votre problème avec les maths a été réglé!!

    En outre, vous pensez réellement que les 9 mois de bachotage actuels permettent de former des scientifiques capables de réflchir sur l’éthique, Kant et autres? Pensez vous réellement que 9 mois suffisent à former un citoyen?

  15. Jacques Fache sur 23/11/2009 à 23:38

    A Anthon et Loison

    Pour une formation du citoyen…

    Où avez vous vu que les L et ES n’avaient pas de maths? En filière ES, cela représente l’un des plus forts coefs pour le bac!

    Quant au bachotage, il ne faut pas confondre la discipline, sa valeur formative, et la manière dont est structuré le bac, qui est, je suis d’accord, pédagogiquement inepte. Sur ce point, j’ai, pendant mes dix années d’enseignement secondaire, passé mon temps à soutenir les diverses pétitions qui ont circulé pour réclamer des programmes allégés (si si! cela existe chez les profs!), et du temps pour travailler à la compréhension des choses par les élèves. Donc en finir avec le fameux bachotage. NB: j’étais loin d’être le seul. De fait, la majorité de mes collègues disciplinaires adhéraient à cette position, peut-être parce que l’histoire géo est la discipline la plus délirante quant à la quantité de choses à voir.

    Mais la structure du bac actuelle est une structure héritée, datant de l’époque où l’on photographiait fièrement un bachelier à côté d’une pile de livres aussi haute que lui!
    L’époque est révolue, mais l’image est restée. Et aujourd’hui, une multiplicité de blocages à tous les niveaux (inspection, une partie des profs, peut-être le ministère) empêche de passer à autre chose que cette accumulation absurde. Et je vous rejoins sur l’absurdité.

    Mais entendons nous bien: c’est la pratique de l’examen qui est absurde, pas la discipline en tant que telle. Lorsque Jacquard écrit son “éloge de la diversité”, on est au coeur d’un débat philosophique, social et culturel essentiel. Lorsqu’il démissionne de ses fonctions de chercheur pour protester contre un certain nombre de choses faites en génétique et qui posent un profond problème éthique, il commet un acte fondamental.
    Combien de chercheurs lui ont emboité le pas? A ma connaissance, aucun. Et là, je suis très inquiet, car pour aller un peu vite (mais peut-être pas tant que cela), combien d’entre ces scientifiques réagiraient si on leur demandait demain d’opérer une sélection génétique des individus? Réagiraient-ils en citoyens ou en techniciens? Ils auraient alors le choix entre le modèle “Oppenheimer”, contestant la volonté de produire la bombe dès lors qu’il eut la certitude que l’Allemagne ne pourrait l’avoir, et le modèle “Riefenstahl”, produisant des films de propagande nazi en s’acharnant à affirmer qu’elle n’était qu’une technicienne ne s’occupant pas du sens politique et idéologique de ses images.

    Or le principe d’une politique inacceptable est de se rendre acceptable en parcellisant les tâches, et en faisant en sorte que chacun n’ai qu’une tâche fragmentaire et technique. De la sorte, le scientifique qui veut éviter les questions gênantes, notamment quant au sens de ses actes, peut le faire en toute tranquillité. Et se questionner nécessite, outre du courage, de prendre un recul et d’avoir une vision d’ensemble de la question qui ne se produit que rarement dans un esprit qui n’y a pas été éveillé. Alors former des personnes déjà hyper spécialisées dès le lycée? Pour faire quoi?

    La discipline la plus importante pour des scientifiques est sans aucun doute à mon sens la philo. Mais pratiquée dans des conditions radicalement différentes de celles de l’année de terminale, j’en conviens.

  16. Zlotzky sur 23/11/2009 à 23:44

    Tout à fait d’accord avec cette analyse. J’ajouterais que cette réforme s’inscrit dans le droit fil d’une conception utilitariste de l’enseignement dans la perspective de former des spécialistes mono-disciplinaires, éventuellement compétents dans leurs domaines (et encore…), mais dénués de tout esprit critique. Nous sommes ainsi totalement dans la conception de l’enseignement souhaitée par le Medef et l’appauvrissement programmé de la filière ES en constitue aussi un symptôme significatif. On ne souhaite pas former des économistes autonomes mais de simples gestionnaires dont on n’attend surtout pas qu’ils puissent remettre un tant soit peu le système dominant en cause.

  17. JC Loison sur 24/11/2009 à 00:10

    A J. Fache,

    OK sur beaucoup de points, en particulier au sujet de la spécialisation technique et de l’importance de la philo (et de l’histoire) « pratiquée dans des conditions radicalement différentes de celles de l’année de terminale ». Cela n’empêche pas d’avoir une réflexion sur quelles disciplines et pour qui (filières, option) et bien sûr sur le contenu des programmes (en chimie par exemple le programme du Lycée en S est incroyablement vaste et impossible à comprendre vraiment pour un lycéen, on ne devrait enseigner que ce qu’il est possible d’expliquer pour un niveau donné et favoriser la réflexion et la déduction). Former des scientifiques responsables OK (la géo ?) mais il faut aussi que la filière S ne soit plus la filière de référence (à ce titre le texte de J Sapir est plus que contestable) et que la majorité des élèves de S fassent des sciences après (en le choisissant). Ou alors il faut être cohérent, supprimer les filières et faire des classes de niveaux.

  18. Sébastien V sur 24/11/2009 à 00:57

    Les nombreuses réactions des internautes soulignent à quel point il est nécessaire de prendre un positionnement clair sur le rôle de l’école (de l’école primaire à l’université)

    Car les internautes ont raison de dire que la philo, l’art, l’EPS ou la culture ne sont pas UTILES…
    Mais on peut penser en revanche que le but de l’école n’est pas en premier lieu de former de hauts techniciens, mais de donner des armes pour penser, pour être libre (on ne nait pas libre, on le devient)
    Il faut alors que l’école soit le lieu de l’apprentissage de cette liberté – et ça passe par quoi, d’abord apprendre des fondamentaux lire, écrire compter, et ensuite comprendre le monde dans lequel nous vivons, développer l’esprit critique, l’analyse.

    Alors Anton à raison en disant
    ” vous pensez réellement que les 9 mois de bachotage actuels permettent de former des scientifiques capables de réflchir sur l’éthique, Kant et autres? Pensez vous réellement que 9 mois suffisent à former un citoyen? ”
    mais il me semble qu’il réfléchit à l’envers …
    Car de deux choses l’une:
    Ou tenter de former des citoyen et de développer une éthique est important … et dans ce cas là il faut mettre en oeuvre les moyens pour (pourquoi pas plus qu’avant ou orienter plus spécifiquement les programmes de philo/histoire dans ce sens là)
    en tous cas surement pas supprimer les heures déjà existantes.
    Ou bien on se dit qu’il est plus important qu’un élève de 17ans sache appliquer les théorèmes d’intégration par partie, car c’est ce dont il aura (peut être) besoin plus tard

    Pour ma part il me semble nécessaire de ne pas couper trop tôt les élèves de ces connaissances de base que sont histoire, géo, économie, ou même les mathématiques (nécessaires à chacun pour ne pas être manipulés par les statistiques)

    Pour finir j’aimerai illustrer mon propos par un exemple concret. Nous vivons une époque où l’économique prend de plus en plus le pas sur le politique (les gouvernements du monde plient devant les décisions de l’OMC…) Le néo-libéralisme nous est présenté comme une donnée sur laquelle les hommes n’ont pas d’emprise, une machine lancée et impossible à arrêter. Ce qui est un mensonge éhonté. L’économie est avant tout politique. On peut penser que ce système est le meilleur mais si il est peu démocratique de le présenter comme un non choix, et comme une fatalité.
    En d’autres termes, ne pas donner de cours d’économie (au moins d’histoire économique) à TOUS les lycéens me semble une atteinte à la démocratie.
    De même pour la suppression des matières qui peuvent donner des clés pour comprendre le monde à savoir les sciences humaines: histoire-géo et philosophie.

    Sébastien (démissionnaire du CAPES de mathématique depuis 4 ans qui pourtant avoue n’avoir pas été très attentif dans les cours de ces matières qu’il défend aujourd’hui)

  19. Didier Rykner sur 24/11/2009 à 01:42

    On peut réellement se demander jusqu’où ira ce gouvernement. On projette de supprimer l’histoire et la géographie pour les terminales scientifiques. Mais savez-vous que pour les 6e, on vient de supprimer l’étude de la Grèce, de l’Egypte, et de l’Empire romain (seul Rome intra-muros est étudiée) !

  20. klabi sur 24/11/2009 à 02:55

    je tiens à ragir aux propos de Mr fache.
    je conteste la critique sur les maths.

    je suis ingénieur informaticien et je me sers des maths tout les jours pour des projets informatique, de calculs pour la gestion de projets, la facturation, la comptabilité. ma fiancée qui est chargée de logistique dans une société, utilise des outils mathématiques pour la gestion des stocks et calculer les prix, les délais, les transports… Alors, à moins d’être manuel ou un poste sans grande responsabilité, on se sert des maths. On se sert moins de la physique chimie que des maths en réalité qui est une des principales matiéres de terminale S. Quant à mes cours de SVT, à part la procréation, je ne m’en sers pas.
    il faut aussi savoir que les maths interviennent dans la vie de tout les jours de maniére indirecte comme dans les ordinateurs, le téléphone. il y a des programmes utilsant des formul ede maths tout les jours.

    Peut-être que vous ne vous servez pas des maths mais si beaucoup de français ne se servent pas des maths alors la philo, c’est quoi.

    Je reconnais l’intéret de l’histoire-géo, ce que je critique c’est les méthodes d’enseignements que j’ai connu durant toute mes études. J’ai dû avoir 10-15 enseignants ( instituteurs à profs de collége lycée), ils procédaient de la même maniére.
    Mon pére a fait des études de philo, cela lui a été tellement utile dans la vie et sa réflexion, qu’ayant raté le concours pour devenir prof, il a dû se reconvertir et reprendre ses études.
    dire que ce que l’on se sert le moins c’est les maths est erronée. On se sert tout les jours des maths mais à des niveaux différents.
    n sortanbt de bac S, on s’orient vers la fac scientifique, une grande école ou une prépa.
    un membre de ma famille a fait une grande école de commerce, il a eu dû mal à trouvé un boulot car les boites lui disaient préféraient les ingénieurs dans sa spécialité. la raison est toute simple selon eux: “on peut apprendre l’éco-gestion à un matheux, mais pas apprendre les maths à un économiste/commercial.”

    on ne peut pas apprendre l’histoire ou la philo à des lycées de maniére correcte non seulement à cause des méthodes mais aussi de la volonté de ces étudiants.
    Lorsque l’on veut devenir ingénieur ou scientifique, on se fiche complétement de la philo.

    On croit que ces matiéres apporte de la maturité. C’est faux. la maturité, ne vient pas avec 3-4 heures de cours par semaine.

    comment se fait-il que le bac S soit préféré pour des écoles de commerce ou des formation comme science po. pourquopi préfére-t’on des éleves qui ont moins de cours d’histoire-géo, de philo et de français pour des formations autour des sciences sociales, de l’économie, du droit… Cela veut peut-être dire que le côté matheux sert sans doite plus pour ces domaines.

    j’ai comme livre de chevet l’histoire du XXéme siécle de berstein et Milza ( tout les tomes). Cet intéret m’est venu avec le temps en regardant les informations et lisant le journal.

    On veut aider les jeunes. Faites les lire une demi-heure par jour la presse écrite!

    Comment peut on espérer acquérir un sens critique, morale… avec 10 mois de philo. En quoi lire Moliére ou Sartre peuvent apporter quelque chose?
    Il faut les mettre à réfléchir à s’interroger sur le monde actuelle et non sur des textes de philosophie ou littéraire datant de siécles ou de millénaires. faisons comme dans la gréce antique des débats d’idées au lieu de lire des textes d’avant Jules César.

    J’ai lu les confessions de Rousseau et la seule chose que j’en ai retenu était que cet homme était pitoyable.

    Nous sommes dans uen société qui a connu plusieurs mutations au cours de ces décennies, la guerre, la consommation, la crise de l’énergie un monde multipolaire, la création de l’Europe, la chute de l’union soviétique, la montée du tiers-monde, la mondialisation, les nouveaux moyens de communication ( internet, télévision le téléphone…). et on nous enseigne le monde de la même maniére qu les livres de cours de mon grand-pére. les professeurs refusent de remettre en cause la pédagogie en cours depuis des décennies.

    Ce que je trouve beaucoup plus scandaleux, c’est le comportement des universités qui vivent en recul du monde. Avant, on pouvait poursuivre des cours du soir ou en alternance. maintenant, il font de la formation continue qui coutent trés trés chere. des universités refusent des étudiants selon leurs bac alors qu’ils n’ont pas le droit.
    Dans les systéme anglo-saxons, on peut travailler et suivre des cours du soir à l’université. avant, on faisait cela mais plus maintenant. plus le temps passe et plus l’université s’isole volontairement. on sait que le salarié va changer 2-3 fois de domaine ou de type d’emploi au cours de sa carriére. L’université pourrait être là pour l’accompagner mais non. en plus avec sa politique stupide d’une rentrée par ans alors qu’à l’étranger des université en proposent 2 à 4 rentrée par ans.

    il faut comprendre que
    1 – on profesionnalise les gens avec le bac en créant toute sortes de bac, L ES S STI pro…
    2 – il n’y a que le bac général qui ne vaut rien en réalité sauf si on veut poursuivre des études aprés. A ce niveau, on prend n’importe quel bc pour un emploi à la mairie.
    3 – le bac général c’est déjà un probléme car on demande au gens de choisir leurs projet plus tard avec des connaissances limitées et de mauvaises bases.
    4 – il y a un drame plus insideux que l’on ne parle pas, c’est qu’en france, en plus de l’illetrisme parmi des éléves de collége, il y a de jeunes gens qui ne savent pas se servir des maths élémentaires.
    5 – on veut encourager l’anglais mais au détriment du français et des maths.
    6 – des cours vraimment importants comme l’éducation civique sont complétement laissés de côté par des profs qui préférent mettre cela à la fin ou à qui cela ne dit rien.
    7 – le contenu des cours d’histoire-géographie sont obsolétes par rapport au monde actuel.
    8 – lorsque l’on a 25 à 30 heures de cours par semaine, lorsque l’on rentre dans une filiére pour avoir un objectif professionnel, on préfére prendre des matiéres en rapport avec le métier que l’on souhaite exercer. Sinon autant faire qu’un bac unique.
    9 – les deux derniéres années de lycée, ce n’est pas pour former un citoyen, c’est pour former quelqu’un vers une carriére. C’est ce que dit les proviseurs à la rentrée. On a le temps de le former du CP à la seconde. Ce n’est pas en bachotant que l’on acquiert des capacités critiques, morales ou apprendre à devenir un citoyen respectable et responsable. Passer 10 heures par jour devant un livre n’améne qu’une seule chose, être hors de la réalité. Il y a eu des voyoux qui ont fait des études supérieures.
    10 – si on part pour faire des études de sciences, c’est aussi pour ne plus avoir à faire à des cours de français ou de philo. Si c’est cela, autant demander que les éléves de L et ES fassent des cours de physique/chimie.
    11 – dans un monde ou l’homme a connu l’obscurité à cause de la religion, il serait sans doute nécessaire d’imposer de vrais cours de physique-chimie aux Bac L et ES et leurs offrir de vrais bagages sur le plan scientifiques.
    12 – J’entends souvent parler des philosophes de l’informatique, mais je peux vous affirmer qu’ils sont souvent à côté de la plaque.
    13 – Pourquoi dans une société de communication ou l’informatique est présent partout, l’informatique qui est un excellent exemple de rigueur, logique d’ouverture d’esprit, est absente du bac S.
    14 – Il y en a marre que les non-scientifiques imposent ce que les autres doivent apprendre.
    15 – la France a un parcours assez dépassé par rapport au reste du monde. on parle de la qualité de l’enseignement à la française, je rigole. on nous demande de tout mémoriser de la philo aux maths en passant par la physique alors que cela ne sert à rien. on passe plus de temps à mémoriser les formules qu’à les utiliser lors des révisions. il suffit d’un trou de mémoire sur une formule pour rater son bac alors que l’on pourrait le réussir.
    16 – comment les profs au lycées d’histoire-géo considérentq ue l’on maitrise le sujet. ce n’est pas en expliquant et démontrant ses idées mais c’est débiter les quelques lignes que l’on a appris par coeur ou savoir redessiner une carte d’un manuel comme les climats d’un contnuet ou les zones d’échanges.

    je ne fais pas de généralité sur les profs car j’en ai eu des tonnes.

    Une caissiére de mon supermarché a un master pro de géographie. Cela lui a permit d’avoir une meilleur réflexion sur le monde chaque fois qu’elle passe un produit au scanner.

    il faudrait se demander pourquoi les bac STI permettent avec difficultés d’intégrer une grande école. Pourquoi des profs consiédérent comme honteux qu’un de leurs éléves décident de devenir artisan ou que c’est une honteux pour eux d’aller enseigner dans un lycée technologique/professionnel au point qu’il faut embaucher des profs contractuels pour les remplacer. je le dis haut et fort que les profs consiédérentq ue si sil n’enseignent pas dans un lycée générale, c’est pour eux rabaissant. Mon collégue de bureau a donné des cours de physique durant 3 années car les profs se défilaient pour y aller.

    je le redis, je souhaiterais conserver l’histoire-géo mais si on nous propose des matiéres plus intéressantes comme des cours sur les biotechnologies, l’électronique, l’informatique… le choix est vite fait.

  21. woidzjgoi sur 24/11/2009 à 03:46

    C’EST UNE BLAGUE OU C’EST VRAI ???????

    Je veux dire, y’a-t-il réellement des mange-peuple qui veulent supprimer Histoire et Geo de l’Educ Nationale ???????

    (flemme de lire un article trop long, non aéré, avec 50000 comments tous long.)

  22. woidzjgoi sur 24/11/2009 à 03:48

    (je veux dire, c’est tellement ridicule de vouloir supprimer ça…. )

    C’est vraiment la plus belle perle du ridicule de l’année 2009 ! merci à ce blog!

    (meme si je n’ai lu guere que le titre)

  23. C Gallea sur 24/11/2009 à 14:47

    A la lecture des commentaires des récents titulaires d’un bac S on peut effectivement s’interroger sur la pertinence de garder un enseignement d’histoire géo en terminale scientifique. Il apparaît ici clairement qu’il est en revanche urgent de leur apprendre à écrire mais aussi à réfléchir, synthétiser leurs idées ainsi qu’a argumenter. Je suis d’accord avec eux sur un point et leur production le montre bien : On ne leur a pas appris à écrire. La maîtrise de la langue française, premier des 7 socles communs de compétences n’est pas acquis chez les titulaires du bac S et cela me semble bien plus grave que quelques heures en moins de bachotage en histoire géo.

  24. Eric Aubourg sur 24/11/2009 à 14:53

    Je soutiens totalement votre point de vue. L’absence d’histoire-geo en terminale S me choque cependant autant que l’absence totale de mathématiques en série L.

    Le lycée doit être là pour former l’esprit, donner une culture humaniste et scientifique de base et les capacités à mobiliser des connaissances. Des séries dites générales ne doivent pas se spécialiser à outrance. Je suis scientifique, j’ai été examinateur à l’oral d’entrée d’une prestigieuse école française, et j’ai souvent été effrayé par les lacunes, l’incapacité à construire un raisonnement et le manque d’ouverture d’esprit de la future élite de la Nation. Cette réforme ne va pas améliorer la situation, loin de là.

  25. julien sur 24/11/2009 à 18:38

    Quel objectif pour le lycée à l’heure actuelle? Former de super spécialistes, débroussailler pour des classes préparatoires ou former des citoyens, des individus complets doués du pouvoir de raisonnement, connaissant le monde qui les entoure par les prismes des différentes matières pratiquées?

    Tant que la réflexion sur l’utilité d’une matière reposera une note destinée à faire joli sur un dossier, à pouvoir pénétrer dans telle ou telle filière, des réformes telles que celle-ci seront évoquées et s’imposeront.

    Il faut remettre l’humain au cœur des problématiques actuelles.

  26. Perplexe sur 24/11/2009 à 20:57

    …”l’informatique qui est un excellent exemple de rigueur, logique d’ouverture d’esprit”…
    ah ah ah la bonne blague ! Qui connait l’informatique et travaille avec des informaticiens sait parfaitement que la rigueur est tout sauf leur qualité première (ce qui n’enlève rien à leur compétence, par ailleurs) et la logique d’un informaticien est… une logique d’informaticien.

    Plus sérieusement, il semble en effet que ces enseignements peinent à apprendre à certains “scientifiques” à écrire aujourd’hui… mais n’en déduisons pas pour autant qu’ils doivent être supprimés pour résoudre le problème.

    J’ai personnellement un double cursus universitaire science/science humaine et s’il y a bien quelque chose que mes camarades et moi-mêmes regrettions en faculté de sciences, ce sont les sciences humaines, car elles permettent de prendre du recul par rapport aux cours parfois totalement décontextualisés (la demande en faveur de telles matières est d’ailleurs croissante dans ces filières universitaires…).

  27. Jacques Fache sur 24/11/2009 à 23:20

    A Klabi

    Tout d’abord, je ne critique pas les maths. Je dis que de nombreux étudiants ne les utiliseront plus. Certes, elles sont partout. Un artisan boulanger doit savoir calculer des proportions, et un agent immobilier des surfaces loi Carrez… de même qu’ils utilisent aussi le français, et la géographie lorsqu’ils se déplacent d’un point à un autre ou évaluent la qualité de l’environnement d’un bien à vendre. Que diriez vous si je vous expliquait que puisque une masse énorme de personne utilise des cartes, ou des outils carto comme le GPS, tout le monde fait de la géo… qu’il faut donc maintenir à tout prix. Cela n’a pas beaucoup de sens.
    A côté des exemples que vous citez, il y a une multiplicité de personnes qui ne se servent plus des maths qu’on leur a enseignées.
    Par ailleurs, je vous rassure: je travaille entre autres sur des questions de modélisation. Je sais donc parfaitement ce que les maths ont de précieux pour certains travaux… mais mesure aussi ce qu’elles n’apportent pas. Et ce n’est pas parce que les recruteurs piochent dans les maths qu’ils sont clairvoyants.

    La raison première de ce choix est, historiquement, la Foi absurde dans une évaluation par les maths moins subjective. A partir de là, de multiples jeunes se sont aperçus que pour aller dans telle filière, la sélection se faisait par les maths, et ils y ont été, non par goût mais par utilité, imposée par une logique de sélection absurde. Savez vous que dans d’autres pays européens, c’est le droit qui constitue la filière d’excellence, et ne passe pas par les maths? Je persiste donc et signe sur cette question de l’usage des maths enseignées par la suite, et s’il est normal qu’un ingénieur utilise des maths, tous les élèves de S n’en sont pas là, loin s’en faut.

    Quant à la philo! Je dirais que tout le monde en fait, du moins toutes les personnes qui se sont un jour posé la question du sens de leur vie, du monde dans lequel ils vivent, des choix de société, via la politique ou l’engagement associatif. Cela finit par faire du monde.
    Lorsque je vois parmi mes étudiants la quantité incroyable d’entre eux qui s’engagent pour des causes diverses: environnement, social, éducation populaire, handicap, etc… je me dis qu’on est en pleine philosophie appliquée. La philo, c’est la question du sens, et s’il y a crise aujourd’hui, c’est tout de même pour une large part de sens. Le problème pour la philo, c’est que les personnes qui se posent ces questions ne se demandent pas si elles en font, alors que quand elles calculent quelque chose, elles ont conscience d’utiliser l’outil mathématique.
    Quand par ailleurs vous affirmez que 10 mois ne suffisent pas à former un esprit, je suis parfaitement d’accord: il en faut beaucoup plus. Donc travailler sur l’ensemble des années de lycée. Là dessus, nous sommes d’accord.

    Votre charge contre les auteurs anciens… Je me dis que heureusement, la France règlemente le port d’arme, car en vous lisant, j’ai la sensation que vous sortiriez un revolver… Sérieusement:
    1 – Qu’est-ce qu’un auteur “ancien”? Moi, je ne sais pas.

    2 – Quand le vois que des auteurs comme Sartre et Molière ne trouvent pas grâce à vos yeux je me demande qui peut le faire? Quels auteurs pour nos enfants? A titre indicatif, je vous signale que les pièces de Molière trouvent toujours leur public au théâtre, mais aussi au cinéma, plus de quatre siècle après sa mort. Pour Sartre, je m’excuse, je manque de recul. Je vous dirai dans quelques années. Ceci signifie tout de même qu’un large public y trouve son compte, et qu’il doit donc avoir quelque qualité, le bougre!

    3 – Plus sérieusement maintenant. Votre propos me gêne car il me laisse l’impression selon laquelle il vous semble possible de faire réfléchir des enfants en faisant abstraction de toute culture, de tous ces auteurs “anciens” et qui souvent n’ont pas plus de quelques décennies de bouteille (les auteurs antérieurs à Jules César sont très très peu usités, je vous rassure). Mais on ne peut réfléchir sur du vide. On ne peut laisser penser à un enfant que sa pensée peut être toute puissante, qu’il possède en lui une capacité à discuter de n’importe quoi en faisant table rase de ce qu’ont fait les autres, et que sa pensée équivaut à celles d’intellects de haut vol. En math, viendrait-il à l’idée de se débarrasser des glorieux anciens tels que Thales ou Pythagore, et de faire travailler l’élève comme cela, en s’imaginant qu’ils pourraient tranquillement faire leur chemin? Pourquoi ce qui serait absurde en maths deviendrait-il possible ailleurs? Parce qu’un élève, dès qu’il ouvre la bouche, peut proférer des mots? Mais le verbe aussi à ses règles, de même que la pensée. N’est pas Sartre ou Molière qui veut, même si ce n’est “que” de la littérature ou de la philo. Et savoir ce qu’ils ont écrit peut légèrement aider à structurer sa pensée…

    Former l’intellect, c’est certes permettre de penser, mais aussi donner à penser en montrant ce que d’autres ont pensé, et en confrontant ces idées en herbe à autre chose… pour l’adopter ou le critiquer. La pensée des Anciens est un marche pied pour son propre progrès intellectuel. C’est aussi un outil de la liberté et de l’esprit critique.

    Lire le journal tous les jours… lequel? Le Figaro? L’Huma? Le Monde? Minute? Cette simple énumération vous montre qu’utiliser un journal en classe (ce que font moult profs d’histoire géo, d’éco, et parfois de philo (mon prof le faisait)) n’est pas neutre et nécessite de donner à l’élève la culture politique qui lui permette à la fois de savoir d’où viennent idéologiquement ces journaux, et comment les décrypter. On plonge dans un travail qui est fait dans la réalité, mais qui nécessite des connaissances que par ailleurs on veut supprimer en terminale S.

    4 – Je rajouterai enfin que lorsque l’on est un adulte responsable, on donne à l’enfant non pas ce qui lui plait, mais ce dont il a besoin, même si l’intérêt n’est pas flagrant. Et si, comme dans votre cas, l’intérêt n’est pas évident aujourd’hui encore, ce n’est pas parce que ce qui a été apporté était inutile et bon à jeter, mais simplement parce que pour x raisons, la cible a été ratée par le système. Le jour où les élèves fixeront eux mêmes leurs programmes, il faudra baisser définitivement le rideau.

    Je terminerai par une réponse sur votre charge vis à vis de l’université qu’à l’évidence, vous ne connaissez pas ou plus.
    L’université n’est pas repliée sur elle même. Elle a au contraire beaucoup évolué depuis une vingtaine d’année, notamment en allant vers une professionnalisation de ses formations. Il est fini, le temps où l’on fabriquait des titulaires de maitrises générales travaillant sur des sujets lambda sans rapport avec la demande sociale. Aujourd’hui, dans mon domaine comme dans bien d’autres, les étudiants effectuent des parcours professionnalisés, reposant pour les meilleures formations sur des échanges permanents avec les professionnels (un M2pro compte fréquemment plus de 40% de ses cours effectués par des non-universitaires!), et débouchant sur des travaux de type bac + 5 qui intéressent les employeurs potentiels. Il faut en finir avec l’image de la tour d’ivoire des profs de fac. C’est terminé, cela. Les formations se construisent désormais en rapport avec la demande sociale, et celles qui ne le font pas périclitent et disparaissent.

    Je ne répond pas à tous les points. C’est une avalanche! Mais il y a déjà là du grain à moudre. Pour ma part, j’en reste là.

  28. Jacques Fache sur 24/11/2009 à 23:58

    Correction: pour Molière, il faut bien sûr lire trois siècles après sa mort… Si mes maths m’abandonnent!!!

  29. Micercle sur 25/11/2009 à 00:57

    Que vont apprendre les jeunes alors ?

    Je suis enseignant en IUT, département Génie Mécanique et Productique. J’instruit les néo-bacheliers en Math et un peu en Informatique. Mon public est composé de bacheliers S (SVT, SSI) et STI GM et de qq redoublants.

    Ce qui me stupéfie chaque jour est l’incapacité de ces jeunes (en général, il y a heureusement des exceptions) à essayer de réfléchir. J’ai l’impression qu’ils ont été formatés par le lycée. Dans le domaine de la mécanique, il ne faut pas espérer parler d’autres choses que de moteurs, automobiles, motos ou d’aéronautique et de machines. Je lutte à la mesure de mes moyens, mais j’ai l’impression que la formation que les jeunes recoivent est celle de presses-boutons un peu spécialisés. Je suis effaré par le très faible niveau culturel des néo-bacheliers en face du niveau délirant d’exigence des programmes, notamment en math. Ce que veut l’étudiant c’est une formule à appliquer sans avoir à se demander si la formule est la bonne et appropriée. Et après beucoup veulent aller en école d’ingénieurs…
    La formation est bien évidemment plutôt pratique mais avec un bagage scientifique non nul. Ce bagage passe pas trop mal (enfin ça pourrait être mieux) avec des S, en revanche avec des STI, c’est mission presqu’impossible. Je me demande si le lycée et le bac préparent aux études dites supérieures, courtes ou longues. Je constate que l’écart entre les deux se creuse d’années en années, et que le système pallie les carences et les lacunes comme il peut, avec ce qu’il a et avec une dose d’hypocrisie (sans doute inévitable) et beaucoup de bâtons dans les roues de la part de nos gouvernants.

    Je constate que le mot d’ordre est l’efficience des formations : faut que les jeunes trouvent du boulot (c’est normal) mais sans se poser la question de savoir s’ils ont un peu de recul, ou s’ils comprennent. J’ai entendu le commentaire d’un collègue, ahuri devant l’ignorance d’un étudiant de licence pro devant la notion de repère orthonormé (qui est le mimimum minimorum pour un mécanicien). Et avec tout ces constats, il faut diplômer les gens et leur donner le même diplôme que leurs ainés d’il y a 10 ans.

    Certes la technologie devient omniprésente. A tel point qu’on parle d’informatique en parlant d’un logiciel de traitement de textes. Même si je suis de mécanicien formation (enfin universitaire), je sais qu’utiliser ma voiture ne fait pas de moi un mécanicien (il n’y a qu’à la SNCF que les conducteurs de trains sont des mécaniciens). De la même façon que lorsque je manipule mon téléphone portable j’utilise de la technologie moderne et pointue sans être un technologue, mais comme un utilisateur. De la à avoir des cours de technno (que je n’ai jamais eu au lycée ou au collège) pour apprendre ce que c’est qu’un téléphone portable y a un pas. Je constate qu’il faut absolument apprendre aux petits jeunes à se servir d’un tableur. Même si cela peut être très utile, un papier, un crayon et la cervelle sont parfois suffisant. En dessin mécanique, les étudiants, élevés au lycée dans les filières technologiques (ou ne ne dit plus technique), ne savent même plus faire un malheureux croquis sur bout de feuille, à main levée. La sacro-sainte technologie fait que les gens ne sauront plus lire une carte, les GPS les remplaceront, l’orthographe devient secondaire, les traitement de textes intègrent des correcteurs orthographiques. Les traducteurs automatiques dispensent d’apprendre les langues étrangères et ainsi de suite.C’est dur de vivre au XXIe siècle, tout est facile grâce à la technologie et en contre partie tout le patrimoine des siècles passés devient gigantesque. c’est marrant, mais en lisant la suppression de l’HG, j’ai l’impression que des gens de droite font du passé table rase. Curieux mais l’association de ces deux éléments ressemble plus à un oxymore qu’autre chose. Ca sonne mal, je dois sans doute me tromper !

    L’école est à l’image de la société, victime de la rentabilité à court terme. Sauf que la rentabilité à court terme, pour l’école, je n’y crois pas. Sauf à faire le meilleur des mondes (heureusement les petits jeunes ne pourront pas comprendre cette allusion !) Oui l’école forme des citoyens, enfin des futurs consommateurs, employés, salariés, qui fabriqueront sans forcément avoir suffisamment de clés pour se poser un certain nombre de question. Au fond, je se suis pas sûr qu’on souhaite qu’ils se posent des questions. Les gens qui réfléchissent peuvent devenir dangereux (je devrais peut faire attention). L’école doit donc se concentrer sur l’essentiel et écarter l’accessoire et l’inutile. Et pourtant, c’est souvent l’accessoire et l’inutile qui font la saveur de l’existence !

    Avant de conclure, je terminerai par une question qui taraude : en suprimant l’HG, qui n’a sans doute pas d’utilité pratique immédiate, le ministère souhaite augmenter encore le nombre annuel de bachelier ? Plus simplement, y a-t-il encore besoin de rendre le bac plus accessible ? Notre cher ministre sera-t-il évalué sur le taux de réussite au bac 2010 ?

    Bon, tout cela est peut être en désordre et je suis sans doute un peu provocateur, mais les contributions sont intéressantes et les questions soulevées complexes. Cette suppression ne laisse rien augurer de bien réjouissant, et je suis d’accord avec Jacques Sapir.

    Cordialement

  30. BERNARD sur 25/11/2009 à 08:22

    Je plains certaines personnes sur ce blog qui prétendent que les lettres, l’histoire et géo, la philo ne servent à rien. Quand ces personnages-là auront des personnes sous leurs ordres, sauront-ils comprendre les problèmes humains. J’en doute et cela m’effraie

  31. Françoise sur 25/11/2009 à 16:29

    Introduisons au contraire davantage d’histoire et de géographie avec des technologies numériques. Introduisons à côté de l’enseignement classique de ces deux disciplines, l’histoire des sciences et techniques.

  32. Nadia sur 25/11/2009 à 17:46

    Bonsoir,
    je pense malheureusement que l’on pose le problème à l’envers. J’enseigne depuis plus de 10 ans les sciences physiques en S. Ma passion est l’histoire des Sciences et bien sur qu’un scientifique se doit d’avoir de la culture et un esprit critique tout comme un littéraire se doit de connaître l’histoire des sciences. Mais honnêtement lorsque j’étais élève – et c’est bien là le problème – c’était le cadet de mes soucis. Ce qui comptait c’était d’avoir ce foutu exam…souvenons-nous..
    Le problème de l’histoire-géo dans cette filière reste la considération qui lui est donnée par le biais de son coef…Tout vient de là, tant que l’on rangera dans des tiroirs les littéraires d’un côté et les scientifiques de l’autre, cela ne marchera pas. Les grands scientifiques étaient très souvent de grands philosophes… Mais l’éducation nationale a séparé les littéraires des scientifiques… Et je suis surprise de voir que M.Sapir pense que l’”On peut supposer que les pressions des associations de mathématiciens et de physiciens qui veulent à tout prix conserver à cette terminale son caractère de « pureté » ont dû être très fortes ces derniers jours”… Je crois que c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire : diviser ! Le texte de la réforme ôte ou donne à telle ou telle matière selon le cycle (seconde ou terminale) et justement, du coup chacun pense pour soi et…contre les autres. Alors qu’en réalité, cette réforme fait le choix de “coupes franches” pour éviter de repenser profondément le système.

    Pour conclure, évidemment qu’il faut conserver l’histoire-géo en TS mais..pas en l’état…

  33. Honchamp sur 26/11/2009 à 22:47

    Bonsoir
    Scandalisée aussi de la disparition de l’hist-géo en S, mais effectivement , le programme d’hist-géo actuel en S est à revoir !
    C’est du gavage d’oie, avec des questions dont on se demande l’intérêt: “la façade est des Etats-Unis”…Faisons-y une géo citoyenne, qui fasse réellement réfléchir.

    Réponse à Didier Rykner: où avez-vous vu qu’en 6ème actuellement on n’enseignait plus la Grèce et l’empire romain ? Allez voir les programmes (les nouveaux programmes ) .
    Quand à l’Egypte, elle est au choix de l’enseignant, en balance avec la Mésopotamie . Sachant que la Mesopotamie a laissé beaucoup plus de traces sur notre civilisation que l’Egypte, ce n’est pas stupide: les mythes dont va s’inspirer la bible (le déluge notamment) , les codes de loi…
    Cordialement.

  34. Béatrice. Faivre Barriere sur 29/11/2009 à 18:39

    Je suis prof d’Histoire Géographie en terminale S depuis longtemps, j’apprécie d’enseigner à des gens qui n’en feront pas leur métier. Ils ont une leur soif de connaitre dans une discipline qui les intéresse, en exemple la conquête des droits ( question noire aux USA) et un président noir !!, la crise la spéculation, le chômage, Hiroshima et le travail de remise en cause des physiciens etc…. bref ce qui donne des clés pour s’insérer dans un monde dont les frontières changent sur le terrain , sur le papier et dans les têtes.
    Les heures sont trop courtes, leurs questions si nombreuses. Le Moyen Orient etc…..
    Le programme est dément et forcément si on veut réfléchir il y des jours où l’on doit choisir.
    Le travail me parait pour tous ceux qui viennent d’un milieu dont l’horizon est pour x raisons limité un véritable gain.
    Comme c’est réconfortant de lire tous vos témoignages à vous qui défendez cette discipline et qui la considérez comme fondamentale pour la formation d’un individu.
    Quand j’ai commencé à enseigner en 1977 Jean Mugner Pollet ancien maire et ancien universitaire ancien résistant à près de 90 ans ou peut être plus m’avait intimé ” N’oublie jamais que tu formes des individus pas autre chose”
    Je suis encore de son avis aujourd’hui!

  35. Pensées d’outre-politique sur 30/11/2009 à 09:22

    [...] Jacques Sapir a à ce sujet poussé contre la mesure un mémorable coup de gueule dont il faut vous livrer quelques extraits en guise de conclusion : Il faut souligner [...]

  36. Variae sur 01/12/2009 à 00:42

    [...] le célèbre aphorisme de Coluche. Si on met ceci en perspective avec les rumeurs récentes d’optionalisation de l’histoire-géographie au lycée, et plus largement avec la philosophie éducative du socle commun et minimal de compétences, on [...]

  37. Gégé sur 02/12/2009 à 10:15

    Hé oui, il faudra comprendre à l’avenir que la terminale S ne façonnera que des esprits “matheux”, essentiellement préoccupés par la résolution d’équations compliquées ou l’application de théorèmes fumeux. Qu’on se le dise dans les grandes écoles : désormais en S vous ne recruterez que des esprits robotisés au nombre et au calcul !
    Si cela pouvait redonner plus de brillance à d’autres filières (surtout litterraires et économiques). Voilà un signe fort adressé aux élèves et aux sélectionneurs : en S vous ne ferez que des maths. Si vous voulez faire des maths (car il est prévu que vous en ferez) mais aussi autre chose pour développer votre compréhension du monde, alors allez en L ou en ES!
    Je crois que cette réforme(et de ce point de vue Sapir fait une très mauvaise analyse)paradoxalement en supprimant l’HG en terminale S, on valorise cette discipline en valorisant les autres filières. On peut espérer que les élèves seront plus nombreux dans d’autres filières (désormais également prises en compte pour l’entrée dans le grandes écoles)et donc cela créera plus de postes et au final augmentera le statut de l’HG au sein même du lycée. Il est dommage que ce paradoxe ait échappé à l’auterur de cet article.

  38. L Xavier Marmier sur 02/12/2009 à 14:17

    Quand ils sont venus chercher les communistes,
    Je n’ai rien dit,
    Je n’étais pas communiste.
    Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
    Je n’ai rien dit,
    Je n’étais pas syndicaliste.
    Quand ils sont venus chercher les juifs,
    Je n’ai pas protesté,
    Je n’étais pas juif.
    Quand ils sont venus chercher les catholiques,
    Je n’ai pas protesté,
    Je n’étais pas catholique.
    Puis ils sont venus me chercher
    Et il ne restait personne pour protester.
    Poésie de Martin Niemöller (1892-1984)

    Plus d’Histoire géographie en terminale S donc au final, on se demandera qui sont les communistes, qui sont les syndicalistes, qui sont les juifs, qui sont les catholiques, et protester contre qui ?

    Ceux qui prônent l’inutilité de l’histoire le font car ils ont du recul et peuvent le faire car justement ils ont eu un enseignement qui leur permet de le prendre. Que reste-t-il de l’HG après le bac ? La possibilité de comprendre les informations données, de comprendre le monde dans lequel on vit puisqu’on en comprend les racines. La possibilité de critiquer, de protester et surtout de choisir ce que l’on veut ou pas. Ceux qui postent et montrent du dédain pour la matière devraient être heureux que l’on offre à nos jeunes la possibilité de pouvoir être eux-même critiques dans 20 ans tout comme ils ont été éveillés eux même il y a 20 ans.
    Maintenant, oui, il y a sans doute matière à réformer les cours.

  39. sandra sur 03/12/2009 à 10:50

    J’adhère à la pétition de ceux qui sont contre la suppression de l’histoire géo pour le bac scientifique

  40. stef sur 03/12/2009 à 16:19

    Que tous les profs d’Histoire et de Géo se dressent contre cette mesure !

  41. Sapir sur 04/12/2009 à 09:29

    Bonjour à tous,

    Vous pouvez signer la pétition de l’Associayion des professeurs d’histoire et de géographie à l’adresse:
    http://spreadsheets.google.com/viewform?formkey=dEpuSnVqaTQzSFJYZllWYmxlZ25KRGc6MA

    Jacques Sapir

  42. Fabrice Ryckebusch sur 04/12/2009 à 10:24

    En tant qu’enseignant d’Histoire et Géographie, j’adhère évidemment à la tribune de Jacques Sapir. Je ne peux que déplorer certains commentaires lus ici qui s’en prennent à la culture finalement jugée inutile. Et je ne peux que me souvenir du fait que ce sont certains régimes bien particuliers qui veulent détruire la culture… Par ailleurs, c’est un peu monstrueux, quand on prétend “restaurer” l’identité nationale, de s’en prendre à une discipline qui en constitue un (je n’ai pas dit LE) socle.

  43. xavier Gandon sur 06/12/2009 à 10:51

    Laissons le gouvernement former des scientifiques ignares…
    Cela formera les bataillons de cadres de l’UPM de demain !!!

    Trêve de plaisanterie, je suis ingénieur, et dans mon travail actuel, la connaissance du monde qui m’entoure (acquit en partie par l’histoire géo !!) est ce qui qui me sert le plus au quotidien.

    Honte à ceux qui veulent bâillonner l’esprit critique !

  44. André Gunthert sur 06/12/2009 à 17:39

    Lire la protestation signée par Jean-Pierre Azéma, Jean-Jacques Becker, Serge Berstein, Jean-Noël Jeanneney, Jacques Le Goff, Hervé Le Bras, Pierre Milza, Jean-Pierre Rioux, Jean-François Sirinelli, Benjamin Stora, Michel Winock, etc. dans le JDD:

    http://www.lejdd.fr/Societe/Education/Actualite/Il-est-imperatif-d-annuler-cette-decision-155825/

  45. Delphine Rabouin sur 06/12/2009 à 20:09

    J’aimerais poser quelques questions à tous les bacheliers scientifiques qui se sont exprimés ici en exposant que l’Histoire, la géographie (et la philo, la littérature, les langues… et allez, pourquoi ne pas rendre tout ça optionnel ?) sont des matières qui leur sont inutiles, qui leur ont coûté du temps pour glaner quelques points et obtenir leur bac.
    Un scientifique doit-il donc perdre tout esprit critique, toute aptitude à la réflexion autre que mathématique et logique ?
    Un littéraire doit-il tout ignorer de l’économie, de la science, de la recherche médicale…?
    Chacun dans son monde étanche, sans se laisser “polluer” par des disciplines secondaires ? Étrange conception d’une société.

  46. derycke jacques sur 06/12/2009 à 20:25

    Je suis architecte et urbaniste,il me semble que l’école s’est progressivement attribuée des fonctions multiples, exercer l’esprit au raisonnement logique, sur ce point mathématiques et philosophie ont leur place irremplaçable et me semble t’il complémentaire… mettre de l’ordre dans ses idées, élaborer des raisonnments complexes; savoir communiquer, c’est la capcité à comprendre les languages et transmettre; constituer des êtres sociaux , ça suppose une capacité à se situer dans un monde concret (comment respecter une planète qu’on a pas la capacité d’apréhender…)comment se situer dans un monde en mouvement en évolution permanente mais qui concerne des individus qui restent quelquepart les mêmes…..

  47. Pénélope Carrard sur 06/12/2009 à 20:38

    Non à la suppression de l’histoire-géopraphie en terminale. On se plaindra ensuite que les jeunes ne savent pas qui ils sont, où ils vont et ne comprennent pas le monde dans lequel ils vivent. Peut-être seront-ils plus malléables, moins réfléchis, moins critiques . . . pratique, non?

  48. aurelien sur 06/12/2009 à 22:19

    Je crois qu’il faudrait vous rappeler le but de cette loi car vous semblez l’avoir oublié : le but ici est de rendre la filière S équivalente à la filière L (et ES) car pour ainsi dire, les élèves de S sortent du lycée avec le même niveau en matières littéraires que les L. Alors peut être que certains d’entre vous voudraient faire une filière “SL”, mais là n’est pas la question.

    Pour l’instant en L, les math, la physique chimie, la bio ne sont pas enseigné en terminale, et en 1ère L, la physique chimie c’est de la cuisine (je vous reporte à leur programme pour que vous vous en aperceviez de vous même). Je sais que la plupart des gens ici s’en moquent totalement des math, de la physique chimie ou de la SVT, d’ailleurs d’après les dire de pas mal de chercheurs en physique que j’ai rencontré, les français n’en n’ont que faire de savoir pourquoi ils tiennent debout sur terre, chose que l’on apprend à expliquer clairement en terminale chez les S. Si vous trouver que savoir comment on se reproduit, la génétique, le sida, savoir “mieux” lire l’étiquette d’un produit et reconnaitre des produit dangereux (pH, Metaux lourds…) et avoir de la culture en math-physique (qui se limite à Thalès et Pythagore d’après ce que je vois) est moins important que d’avoir de la culture littéraire (et même pas artistique), alors la France est condamnée à devenir vieille, la recherche en science a toujours été le moteur du progrès des civilisations. Il faudrait aussi comprendre que l’apprentissage des sciences ne doit pas toujours se justifier par son utilité, la preuve vient de son inverse lorsque l’on apprend le français en 1ère à toutes les filières (qui ne contient même pas d’orthographe ou grammaire pourtant essentiels).

    Par contre, ça a l’air de vous gêner énormément que le programme d’histoire géo de terminale S soit supprimé (d’ailleurs il n’est pas supprimé, il est en majorité reporté à la 1ère), mais vous êtes vous renseigné au moins sur ce que l’on apprend en terminale S en histoire géo? Vous ne vous êtes pas demandé si on pouvait enseigner cette culture en 1ère?

    Il y a aussi le problème d’orientation qui n’a pas été soulevé vu qu’il ne concerne que les lycéens (qui n’ont pas l’air d’être nombreux ici). Je vois plein de monde parler des prépa comme si elles étaient accessibles à toute personne sortant d’une terminale S, mais que fait on des “exclus” qui se sont aperçu trop tard qu’ils n’étaient pas fait pour les sciences mais qui ont été dirigé en S à la fin de la seconde parce que cette filière est considérée comme générale?

    J’ajouterais aussi que les maths, la SVT et la physique chimie ont un coefficient de 19+2 pour les S, ce qui fait qu’une bonne note dans ces trois matières là avec une note de TPE + le sport permettent de se manquer allègrement dans toutes les autres matières tout en ayant le bac. Vous pensez vraiment que le programme d’histoire géo qui est en partie déjà abordé les années précédentes va être important pour un lycéen? Et même, est-ce que cela a un rapport avec la citoyenneté ou l’identité nationale l’apprentissage de l’histoire des USA et URSS ainsi que leur géographie? La philo est essentielle pour les scientifiques, mais il n’est pas question de l’enlever, ici on parle simplement de quelques “récitations” et cartes sur les USA et l’URSS reportés de la terminale à la première qui seront rapidement oublié dans la tête des bacheliers.

    Bref avant de sortir de vos gonds, réfléchissez vraiment si le passage du programme de TS d’histoire géo en 1ère (et non la suppression) est vraiment une absurdité, peut être qu’avec cette réforme, la filière L va reprendre le mérite qu’elle devait avoir et que la filière S comprendra surtout les scientifiques (et pas un peu tout le monde comme c’est le cas aujourd’hui), on pourra ainsi s’apercevoir du vidage des étudiants dans les filières S dès le lycée et on pourra se poser les bonnes questions.

  49. Chantal sur 07/12/2009 à 01:43

    Je suis scandalisée d’entendre le ministre de l’Education, qui était précédemment rattaché au commerce prendre des mesures telles que celle-ci.
    Est-il habilité à se prononcer sur ce sujet ?

    Nous sommes en plein délire.
    Est-ce que l’école veut former des citoyens capables de réfléchir et de développer une pensée ? Ou bien est-ce que ce gouvernement qui n’en n’est pas un paradoxe près, en imposant de lire la lettre de Guy Môcquet à chaque rentrée, n’a qu’une visée idéologique de l’éducation ?

    Est-ce que les futurs adultes n’auront accès qu’à des études favorisant un rapport très utilitaire à l’entreprise ou auront-ils encore accès à une formation plus généraliste qui leur permettra de se considérer comme des citoyens et non des consommateurs ?

    Merci à ce gouvernement qui n’arrête pas de jeter de l’huile sur le feu sur tout ce qui fait notre vie quotidienne et qui fait tout pour faire de nous des moutons bien dociles.

  50. jacques fache sur 07/12/2009 à 08:45

    A Aurélien

    Je crois qu’il y a mélange entre plusieurs choses: le souci du citoyen futur, donc de l’élève d’une part, et la gestion des programmes d’autre part.

    Je commencerai par cette dernière.
    Le contenu des programmes, qu’ils soient scientifiques ou littéraires, est critiqué à juste titre. Ce dont il faut prendre conscience, c’est que cela fait belle lurette (ou plutôt vilaine) que lesdits programmes sont d’abord construits dans le souci démagogique d’avoir de plus en plus de bacheliers. Le but du jeu est donc non pas de former le citoyen, pas plus que des littéraires ou des scientifiques, mais de supprimer les obstacles qui mènent au précieux sésame. Donc servons des programmes scientifiques ineptes aux littéraires. (question: ne confondez vous pas la connaissance de faits scientifiques et leur démonstration? Car c’est une chose que de savoir ce qu’est l’attraction terrestre; c’en est une autre que de savoir le démontrer. Or de quoi a besoin le citoyen?)

    Pourquoi d’ailleurs ces différences d’exigences? Simplement pour une raison: la sélection des élèves s’effectue par les filières scientifiques. La différence L/S n’est donc pas littéraires/ scientifiques, mais apte/inapte aux maths. Les scientifiques qui partent ailleurs qu’en S sont rarissimes pour une raison simple: la filière S représente celle qui permet de faire un maximum de choses à la sortie. Donc autant poursuivre sur cette voie, et ensuite, ceux qui veulent faire du droit ou des lettres auront tout le temps de le faire. Dès lors, les programmes scientifiques de L sont destinés à des personnes jugées inaptes aux maths.

    Revaloriser les filières littéraires? Il faut arrêter avec un délire démagogique. Tout est en effet annoncé comme si c’était l’école qui décrétait la valeur des filières. De fait, ce sont les emplois qui définissent les choses. Que peut espérer un bac+5 de lettres dans notre société? un bac+5 d’histoire? etc… Quand on enlève l’enseignement et ses salaires inénarrables, il ne reste pas grand chose! Quels postes peuvent espérer des ingénieurs d’écoles prestigieuses? Et ceux qui intègrent des écoles de commerce (pour lesquelles il vaut mieux être capable de maitriser les équations financières)? La différence est là, patente! Je travaille dans une filière qui reçoit à bac + 5 des personnes qui ont soit une formation d’architecte, soit une formation sciences humaines. A la sortie, pour un même diplôme, ceux qui ont une formation d’archi ont un salaire de première embauche statistiquement de 80 à 100% de plus que les autres! A partir de là, vaut-il mieux choisir une filière scientifique ou littéraire au lycée? En quoi les contenus de lycée pourront ils en quoi que ce soit revaloriser des filières par ailleurs méprisées par la société, et non reconnues financièrement?

    Dernière chose: une remarque sur le jeu des coefficients en sciences au bac. Effectivement, être bon en sciences garantit le bac. Mais c’est oublier une chose. C’est qu’il y a plusieurs catégories de matheux. Il y a ceux qui auront leur bac avec mention TB; ceux qui l’auront avec mention AB; ceux qui l’auront avec 10.000001 de moyenne; ceux qui l’auront grâce au sport et arts plastiques… En face, il y a des prépas et filières qui recrutent avec mention TB; mention B; etc. En d’autres termes, ce genre de calcul à courte vue est la garantie d’aller dans le mur. Mettre l’HG en option est le moyen de faire plus rapidement la sélection entre ceux qui auront cette vue courte et les autres… et ceci risque fort de recouper la différence existant entre les enfants dont les parents connaissent le système et ses pièges, et ceux dont les parent ne savent rien dudit système.
    Tout ce que l’école renonce à faire, c’est le social et le milieu familial qui le fait… ou pas.

    JF

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