Non à la suppression de l’histoire-géo en terminale S

Lundi 23 novembre 2009
Par Jacques Sapir

On vient d’apprendre que le ministre de l’Éducation nationale, M. Luc Chatel, a décidé de supprimer l’histoire et la géographie comme matières obligatoires en terminale scientifique. Il se propose néanmoins de les maintenir dans un cadre optionnel. Ce nouvel épisode de la réformite aiguë de tout ministre de l’Éducation nationale laisse anéanti et scandalisé. Ceci d’autant plus que ce n’est pas trahir un secret que de révéler que le ministère avait commencé par reculer et par admettre que sa réforme n’était pas fondée, en rétablissant l’histoire et la géographie dans le cursus des disciplines obligatoires en terminale scientifique.

On peut supposer que les pressions des associations de mathématiciens et de physiciens qui veulent à tout prix conserver à cette terminale son caractère de “pureté” ont dû être très fortes ces derniers jours. Cela aboutit à une décision qui privera plus de la moitié des lycéens de Terminale d’un enseignement tout à fait nécessaire. Cette question ne concerne pas que les historiens et géographes, même si l’on ne doit pas s’étonner que ces derniers protestent très vigoureusement. Ancien élève de ce que l’on appelle une terminale scientifique (une terminale C en l’occurrence), économiste et spécialiste en recherches stratégiques, je me suis senti personnellement interpellé par cette mesure.

Une mesure démagogique et une politique schizophrène

Tout le monde peut comprendre, au vu de ce qu’est un lycéen aujourd’hui, et plus particulièrement dans une section scientifique avec une spécialisation renforcée par la réforme, qu’une telle décision va aboutir à la suppression totale de cet enseignement. Très peu nombreux seront les élèves qui prendront une telle option. Nous ne devons donc nourrir aucune illusion. Le caractère démagogique de la mesure est évident dans la mesure où il fait reposer sur les élèves la décision de prendre ou de ne pas prendre les cours d’histoire et géographie à un moment où la spécialisation de la filière vient d’être réaffirmée.

Alors que, aujourd’hui, plus de 50% des élèves ont choisi la terminale scientifique, ceci revient à enlever l’enseignement d’Histoire et Géographie à cette même proportion d’élèves. Quand bien même on arriverait dans le cours de la réforme à faire baisser ce nombre vers le 35%, ceci resterait absolument inacceptable. Seul le rétablissement de l’histoire et de la géographie dans le cadre de cours obligatoires peut garantir qu’elles seront suivies par les élèves des terminales scientifiques.

Il faut souligner l’incohérence profonde de cette décision. Elle survient au moment même où, de la commémoration de l’anniversaire de la mort de Guy Môquet au grand débat sur “l’identité nationale” en passant par le projet d’un musée de l’Histoire de France, la question de l’histoire, mais aussi de la géographie (car la conscience nationale s’enracine dans des pays et des paysages) occupe une place centrale dans notre pays. Contrairement à d’autres, je ne pense pas que le débat sur l’identité nationale puisse être évité, mais je pense qu’il doit être soigneusement défini pour éviter les dérapages.

On se souvient du livre de Fernand Braudel, L’Identité de la France, et de la place qu’il donnait à la fois aux paysages, à leur construction sociale, et à l’histoire dans la production d’un sentiment national. La définition de ce dernier ne saurait renier ce qu’il doit à ces deux disciplines. Dans l’identité nationale, il y a aussi l’histoire des luttes sociales qui permet de comprendre la spécificité de chaque culture politique. Ce n’est pourtant pas à un homme de gauche que nous devons de nous rappeler de ce que l’histoire du progrès de la civilisation est aussi celle de la lutte des classes. C’est à François Guizot que revient l’honneur de la formule, et Marx lui en avait donné crédit. Que penser d’une histoire qui serait réduite à sa plus simple instantanéité?

Ou alors, mais on n’ose croire que tel soit le projet du gouvernement, cela reviendrait implicitement à faire reposer ce sentiment national, cette “identité française” sur une couleur de peau ou une religion. Ceci impliquerait pour le coup une rupture absolument radicale avec ce qui fait l’essence même du sentiment national en France.

On peut alors s’interroger sur la logique d’une telle politique qui prétend faire de la conscience nationale une priorité, qui va même jusqu’à créer à cette fin un Ministère de l’Intégration, et qui projette de la retirer en réalité à la moitié des élèves de Terminale. Ce n’est plus de l’incohérence, c’est de la schizophrénie pure et simple.

Quels citoyens voulons nous pour demain?

Au-delà, les raisons sont nombreuses qui militent pour le maintien d’un enseignement d’histoire et de géographie pour les terminales scientifiques. Dans la formation du citoyen, ces disciplines ont un rôle absolument fondamental. La compréhension du monde contemporain, de ses crises économiques ou géostratégiques, des rapports de force qui se nouent et se dénouent en permanence entre les nations, implique la maîtrise de l’histoire et de la géographie. Est-ce à dire que, pour le ministère de l’Éducation nationale, les élèves des terminales scientifiques sont appelés à être des citoyens de seconde zone? N’attendrait-on plus d’un mathématicien ou d’un physicien qu’il soit aussi un citoyen?

Ou bien voudrait-on promouvoir une France à deux vitesses, où d’un côté, on aurait de grands décideurs dont la science serait au prix de leur conscience, et de l’autre, le simple citoyen auquel on pourrait laisser ce savoir si nécessaire car devenu sans objet dans la mesure où ledit citoyen ne pourrait plus peser sur les décisions politiques? Il est vrai que l’on peut s’interroger aujourd’hui devant la réduction, sans cesse croissante, de la démocratie à ses simples formes, qui ont elles-mêmes été bafouées comme on l’a vu pour le vote du referendum de 2005.

Par ailleurs, cette décision est en réalité autodestructrice pour notre économie dont on prétend cependant que l’on veut en pousser l’externalisation. Aujourd’hui, dans les formations de pointe, qu’il s’agisse de Polytechnique (chaire de management interculturel), des autres grandes écoles (École des Mines, École des Ponts et Chaussées) ou des écoles de commerce et de gestion (HEC, ESSEC, SupdeCo, etc…), qui toutes impliquent de la part de l’étudiant une terminale scientifique, l’accent est mis sur la compréhension du monde contemporain. Ceci nécessite une formation de base en géographie (humaine, économique et géopolitique) mais aussi une formation en histoire afin de fournir les bases de compréhension des évolutions du monde contemporain.

Ceci correspond à une demande spécifique des entreprises françaises qui sont de plus en plus engagées dans un processus d’internationalisation de leurs activités. Qu’il s’agisse de la question des contrats, ou encore du développement d’activités à l’expatriation, la connaissance des fondements historiques, géographiques et culturels de ces sociétés, qui pour certaines sont très différentes de la nôtre, est absolument indispensable. L’absence de ces disciplines, ou la réduction de leurs horaires à la portion congrue, défavoriseraient considérablement ceux des élèves de terminale scientifique qui ne veulent pas s’orienter vers des activités strictement en liaison avec les sciences de la nature.

L’Histoire, la Géographie et la double nature de la science économique

Moi-même, en tant qu’économiste, je ne cesse de mesurer ce que ma discipline doit à l’histoire (pour l’histoire des crises économiques mais aussi des grandes institutions sociales et politiques dans lesquelles l’activité économique est insérée) mais aussi à la géographie, avec son étude des milieux naturels et humains, des phénomènes de densité tant démographique que sociale. Comment peut-on penser la crise actuelle sans la mémoire des crises précédentes? Comment peut-on penser le développement de l’économie russe hors de tout contexte, comme si ce pays n’avait pas sa spécificité de par son histoire mais aussi de par son territoire? Nous savons bien que les processus économiques ne sont pas les mêmes dans les capitales, à Moscou et à Saint-Pétersbourg, et dans les régions.

Pourtant, j’ai fait ma scolarité dans une Terminale C, et je ne regrette ni les mathématiques ni la physique, qui m’ont été nécessaires justement pour faire de l’économie, pour me frotter à la modélisation, et en mesurer la force mais aussi les limites. Pour dire les choses simplement, si l’on trouve bien en économie des régularités, qui permettent le calcul, ces dernières ne sont que temporaires et en réalité elles n’ont de pertinence que dans un cadre institutionnel précis. Que ce cadre change, et ces régularités changeront aussi. L’économie ne sera jamais une science construite sur le modèle des sciences de la nature, comme les mathématiques ou la physique ou encore la mécanique. La raison fondamentale est que l’économie, activité humaine, dépend par trop de la subjectivité des acteurs et que cette subjectivité change suivant les contextes mais aussi suivant les changements dans la structure de la “dotation en facteur” que l’on reconnaît à chaque agent.

Michal Kalecki, un grand économiste polonais qui fut l’égal de Keynes, disait qu’il y avait deux erreurs qu’un économiste pouvait un jour commettre. La première était de ne pas calculer, et la seconde était de croire en ce qu’il avait calculé! Ceci me semble bien résumer la double nature de la science économique. Les calculs que l’on peut faire n’ont de pertinence que temporaire et limité, pour tout dire contextuelle. Mais cela ne veut pas dire que dans un contexte donné ils n’aient pas de pertinence.

On voit donc bien que si l’économie n’est pas bien sûr le simple prolongement de l’histoire et de la géographie, elle perd toute pertinence à ne pas se nourrir à ces deux disciplines, et ceci de plus sans que cela soit exclusif d’autres disciplines comme l’anthropologie ou la sociologie. L’économie est donc fondamentalement une science sociale, mais une science sociale impliquant le recours étendu à des calculs comme instruments et cela sans que jamais on puisse cependant y voir une “nature” propre de l’économie. À ce titre, ceux qui prétendent vouloir trouver dans les mathématiques la clé de la scientificité de la science économique errent gravement, à la fois en tant qu’économistes et en tant qu’épistémologues.

Il faut donc retirer cette mesure avant qu’il ne soit trop tard, et pour cela susciter le mouvement de protestation le plus important et le plus large possible. Le ministère doit impérativement réintégrer l’histoire et la géographie parmi les matières obligatoires en terminale scientifique!

Jacques Sapir, directeur d’études à l’EHESS.

Signer la pétition de l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (APHG)

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61 Reponses à “ Non à la suppression de l’histoire-géo en terminale S ”

  1. RAOUL VRIGNAUD sur 07/12/2009 à 13:09

    Cette décision me semble très dommageable pour la formation intellectuelle de nos enfants. Priver des outils nécessaires à la critique et à une vue la plus objective possible de notre monde, c’est avant tout priver une génération du recul que ne produit pas la spécialisation. Espéront que le personnel politique ne s’enferme pas dans la misère intellectuelle des “courtes vues” et prenne enfin des décisions tournées vers l’avenir.

    Cordialement

  2. legou sur 07/12/2009 à 13:48

    infirmière et volontaire à “AIDE” j’ intervenais dans les lycées pour des opérations de prévention sur le SIDA. Les interventions dans les classes scientifiques étaient pour nous, en général, beaucoup plus lourdes et pénibles. Nous laissions toujours un moment important pour la réflexion et la discussion. Les élèves de ces classes là avaient souvent la certitude de tout savoir et c’était difficile de les amener à réfléchir sur des questions de morale, d’éthique, de respect de la différence, de solidarité et d’humanité. Supprimer l’enseignement de l’histoire-géographie dans ces classes va les conforter dans ce sentiment de faire partie de l’élite et en faire une génération de moutons bêlants.

  3. répoblicain78 sur 07/12/2009 à 14:21

    Histoire géographie et formation des cadres

    Les humanités n’auraient elles pas leur place dans la formation des cadres
    La réduction de l’enseignement de l’histoire géographie à deux heures optionnelles en terminales S aura de lourdes conséquences sur le recrutement des grandes écoles de gestion.
    Personne ne peut concevoir que ces écoles puissent se passer de préparationnaires issus de la série S ( un bachelier général sur deux en est issu).
    Les classes préparatoires économiques et commerciales voie S sont ouvertes à ces bacheliers. Les coefficients aux concours favorisent les mathématiques mais avec 20% des coefficients à l’écrit l’HISTOIRE GEOGRAPHIE GEOPOLITIQUE est une matière encore incontournable
    Il n’est pas évident pour des lycéens gavés de physique chimie et de svt de répondre au haut niveau d’exigence des concours
    Qu’adviendra t il avec la réforme Chatel ?
    Une matière enseignée deux heures par semaine en terminale devient une matière de troisième zone
    Les élèves issus de S avec ou sans option seront inaptes à suivre l’enseignement de géopolitique.
    Nous devons donc nous attendre à une réforme des concours HEC

    Faut il alors imaginer demain HEC et l’ESSEC recruter les futurs managers sur des épreuves de physique chimie ?
    Telle est la logique de la réforme
    La finance de marché est déjà peuplée de polytechniciens et leurs modèles mathématiques nous ont conduit où l’on sait

  4. Diane SAKHY sur 07/12/2009 à 18:55

    Fiouh

  5. GeV91 sur 08/12/2009 à 10:32

    Histoire-Géographie en terminale scientifique.

    Retraité de fraîche date, j’ai enseigné les mathématiques durant 10 ans en collège à Thiais (94), les mathématiques et l’informatique durant 12 ans en lycée à Orsay (91) et 15 ans en IUT Mesures Physiques (encore à Orsay).

    Lors de mes années en lycée j’ai pu constater qu’une part importante (c’est à dire entre 40 % et 50%) des élèves de terminale A1 (lettres+math) étaient passés par une 1ère S… pour avoir une formation scientifique minimum avant de s’orienter définitivement. J’ai aussi pu constater que les élèves de la dernière terminale S où j’ai enseigné s’orientaient en majorité vers des études non-scientifiques.
    Et on nous rebat les oreilles depuis des années avec le besoin de scientifiques tant techniciens qu’ingénieurs.

    Aujourd’hui, l’horaire de mathématiques en 1ère S va subir une nouvelle baisse en passant à 4 heures par semaine (après être passé récemment de 6 heures par semaine à 5 heures par semaine) et pour s’adapter à ces horaires les enseignants sont déjà contraints de faire “courir” leurs élèves toute l’année, surtout qu’en seconde les programmes de mathématiques ont été drastiquement allégés. Pour mémoire, en 20 ans : disparition en 2nde des notions de logique (propositions, connecteurs, tables de vérité, quantificateurs), du trinôme du second degré, des homothéties, du barycentre, des isométries…
    Pendant ce temps, toujours en 1ère S l’horaire d’histoire (et géographie) est augmenté d’une heure et demie par semaine et la 2ème langue vivante est devenue obligatoire.

    Au niveau de l’orientation cela va accentuer l’effet “miroir aux alouettes” de la section S : les élèves choisiront la 1ère S pour retarder leur choix. Cette conséquence n’est certes pas idéale mais elle en masque une autre bien plus grave : l’accumulation de “bons” élèves dans les classes scientifiques oblige les élèves “moyens” (et quand je dis “moyens”, je ne veux pas dire “faibles” !) à une concurrence déloyale qui les handicape profondément. Il devient impossible à un élève qui ne fait pas de fautes d’orthographe (ou qui en fait peu), qui parle moyennement anglais et qui est très intéressé par les mathématiques et la physique de suivre une 1ère S car on va lui demander dissertation sur dissertation en français et en histoire, on va lui imposer une deuxième langue pour laquelle il n’a peut-être pas de goût et par ces moyens le rejeter de la seule section qui lui convient et où il pourrait s’épanouir. C’est ainsi que notre pays se prive des scientifiques dont il a besoin.

    Durant mes 12 années de lycée, j’ai souvent enseigné dans les sections littéraires et dans les sections tertiaires. J’ai pu constater que les élèves des sections littéraires n’avaient aucune difficulté à se passer des cours de physique, de biologie et de mathématiques, ces matières étant quasiment considérées comme optionnelles. Au point même que, en seconde, dès le mois de janvier les élèves qui disaient souhaiter s’orienter en “A2″ (lettres sans math) pouvaient être dispensés des cours de physique ! Quant aux programmes, soyons sérieux, il ne s’agissait dans cette section “A2″ que d’occuper les élèves mais certainement pas de leur apprendre quoi que ce soit. Et qu’on ne me dise pas que dans ces sections les élèves étaient meilleurs en lettres : l’épreuve écrite du bac (EAF) a longtemps été la même en série scientifique et en série littéraire sans que les correcteurs sachent si la copie qu’ils avaient sous les yeux était de l’une ou de l’autre ! Jamais personne ne s’est ému du fait que dans ces sections littéraires l’enseignement scientifique soit absent mais aujourd’hui une bronca accompagne – non pas la disparition – mais la mise en option de l’enseignement d’histoire (et géographie) dans les terminales scientifiques : pourquoi ?

    En fait ayant été très souvent élu au conseil d’administration de l’établissement dans lequel j’ai exercé, j’ai eu de bons contacts avec les associations de parents d’élèves et j’en ai tiré quelques enseignements.
    TOUS les parents souhaitent le mieux pour leurs enfants et ce mieux est souvent vu comme une accumulation de savoirs plutôt que comme une construction de savoirs. Tant qu’une section sera une “sur-section”, tant que son programme contiendra les programmes des autres sections ce sera la section souhaitée par les parents… et la section la mieux vue des enseignants.
    La réforme envisagée ne fait que renforcer cet aspect : en 1ère S on fera “tout” et ailleurs on en fera moins. Ainsi tous les “bons élèves” iront en 1ère S concurrencer les “scientifiques” qui en seront de fait exclus et on s’enfoncera dans la pénurie de scientifiques avec une profusion d’élèves mal orientés dans des filières qui ne leur conviennent pas.

    En IUT Mesures Physiques tous les enseignants constatent les lacunes en mathématiques des étudiants qui pourtant ont tous obtenus un bac scientifique ! La rapidité avec laquelle les notions sont abordées au lycée n’a pas permis la mémorisation (trigonométrie, dérivées, primitives, suites numériques, équations différentielles, homothéties, symétries, rotations…) et certaines notions ont quasiment ou complètement disparu (équations différentielles, logique propositionnelle, produit vectoriel, structures algébriques…).
    Il devient impossible à mes collègues d’enseigner la physique compte tenu des lacunes en mathématiques… et tous en souffrent, tant les enseignants que les étudiants.

    La réforme proposée ne va vraiment pas dans le bon sens et les protestations des lobbies d’historiens relayées complaisamment par les journalistes et communicants contre la mise en option de l’histoire en terminale scientifique ne font qu’aggraver la situation.
    Personne de parle de la baisse de l’horaire en math, des difficultés pour un jeune qui aime les sciences de trouver une option scientifique en 2nde, du problème de recrutement des enseignants de math… pourtant c’est le vrai problème !
    Peut-être que cela est dû à l’absence de culture scientifique de l’immense majorité de ceux qui ont la parole, à l’ignorance totale de ce que peuvent être des études scientifiques ?

  6. BESSET sur 08/12/2009 à 10:55

    Groupe facebook à ce sujet

  7. luc galea sur 14/12/2009 à 00:54

    Bonjour,

    Il me parait important aujourd’hui de remercier mes anciens professeurs d’histoire, de philo, de français, toutes ces matieres qui ne m’ont pas aider à avoir mon bac.
    Je suis issu d’un milieu social qui n’aurait jamais pu m’apporter l’acces à ces connaissances.
    mon niveau en math m’a donné ce bac S avec mention. mais ce qui m’a toujours paru inespéré c’est bien l’accés à l’histoire, à la géographie et à la philo (j’ai meme eu la chance d’avoir un prof de math qui nous donnait des photocopies d’histoire des math).
    J’ai toujours pris le maximum des options, tant que j’en avais le droit.
    Peut etre que certains en rirons mais ce qui m’était donné en classe était la seul chose que je pouvais espérer apprendre.

    Remettons les choses à plat: l’Ecole n’est tout de meme pas faite pour donner des diplomes mais bien pour construire les citoyens de demain, sa mission est bien de donner ce qu’elle peut aux étudiants.
    Comment comprendre le “pourquoi voulez-vous garder l’histoire en terminal S ?” ?
    il me parait plus normal de se demander “pourquoi supprimer l’histoire en terminal S ?” ?

    -coeficient bas au bac n’est pas un argument!:
    Le but de la presence de l’histoire n’est tout de meme pas de pouvoir donner le bac aux élèves !

    -de l’histoire existe pour les L et ES n’en est encore pas un !:
    Pourquoi les scientifiques de demain ne devraient surtout rien savoir de l’histoire ? on devine déjà que le siècle futur ne sera pas celui des sciences, que les scientifiques ne devrons prendre aucune decision ?

    -”et pourquoi n’y a t’il pas d’histoire en classes technologiques?”:
    n’est ce pas par les memes bouches que l’on a entendu: “apprendre tout au long de la vie” ? pourquoi la terminale ou le lycée technologique serait un moment où l’on a pas le temps d’apprendre ?
    Il faudrait attendre la semaine salariée autrement plus prenente ?

    allons soyons sérieux, que ceux qui veulent la suppression de l’histoire donnent leurs vrais arguments et qu’ils expliquent au final où ils veulent en venir !
    peut etre une question de budget ? il me semble que je paie mes impots, s’il s’agit de ça, il me paraitrait réélement déplacé que, quelques élus du peuple pour le servir, aient le plan d’echanger la connaisance de l’histoire contre quelques interets d’emprunts qu’ils ne savent pas (ou ne veulent pas) gérer directement.

    le peuple est-il déjà trop béte pour qu’on ne puisse lui expliquer les vrais raisons ?
    pourquoi autant de argne à defendre une reforme qui parait si absurde avec tant d’arguments hors sujet ?
    qu’est ce que serait un monde sans histoire ? ne ressemblerait-il pas à monde ou seul les historiens auraient l’histoire ?

  8. luc galea sur 14/12/2009 à 01:12

    pardon je ne me suis pas presenté:
    je suis chargé d’affaire pour la maintenance d’une centrale nucleaire.
    imaginez-vous mes collegues, mes chefs de services (issus aussi de bac S) sans culture, sans histoire puisque ce n’est que perte de temps et avec seules references la culture du hobbie nucleaire (puisque l’on le nomme ainsi).
    imaginez tous les secteurs industriels managés par ceux qui n’ont pas pris histoire en option, puisque ce sont cela meme qui ne prendrons pas l’histoire pour “etre plus pointu dans les sciences” ou plutot pour avoir de meilleurs chances d’obtenir la mention necessaire à l’entrée en prepa.
    le bac S sert à faire des scientifique: oui dans 0,1% des cas peu être mais les autres seront des managers, des gens dont la culture scientifique et le pragmatisme sert la société mais rarement la résolution d’equa diff !!!

  9. nasho sur 16/12/2009 à 09:51

    Bonjour,

    Je suis très choquée et triste de cette initiative que les lycéens eux mêmes, avec plus de recul et pour certains maintenant, pour d’autres plus tard, regretteraient! Non seulement que d’un point de vue scientifique, les sciences économiques et sociales, sont d’un apport fondamental pour la formation de nos esprits, mais aussi ce serait priver nos jeunes d’une partie de leur identité humaine, l’attachement, à un pays, à un continent, à un monde avec ses réalités sociales et humaines, ou de leur dire que l’enseignement sur cette identité historique, sociale, économique sur ce serait une option.
    Nombre de mathématiciens, physiciens… que je rencontre regrettent déjà de na pas avoir eu de tels enseignements même dans leurs écoles ou universités, c’est dire que c’est important pour tous nos esprits de sauvegarder le plus précieusement possible, même si on devait apprendre moins de techniques scientifiques, nos héritages communs historiques, économiques, sociétaux. Un grand OUI pour le maintient de cette identité dans nos lycées!

  10. claude sur 16/01/2010 à 15:27

    1° Les futurs citoyens peuvent choisir librement l’option Histoire géographie en Term S (Ils sont âgés d’environ 18 ans et ont théoriquement les capacités pour choisir ou non). Il n’y a donc pas de privation de cette discipline.
    2° Le programme de Terminale est transféré en classe de 1ere, avec augmentation de l’horaire hebdomadaire. Il n’y a donc pas de suppression au niveau du contenu.
    3° Les terminales STI ont déjà droit à ce traitement depuis longtemps, avec passage de l’épreuve d’histoire-géo en 1ere. Cela ne choque personne.

    Conclusion: le maintien de l’histoire-géo et le battage qui s’en suit dégage une odeur le corporatisme de la part du monde enseignant…

  11. Maxence sur 05/03/2010 à 08:42

    Dèja que les français ne sont pas bons en histoire ni en géographie, cela fera deux matières qui passeront à la trappe et autant d’heures de cours. Je ne peux “soupçonner” M. CHATEL d’avoir appliqué une division incluant les heures d’enseignement et les postes de professeurs … !!!!