Quand l’historien devient cinéaste

Ce jeudi 19 novembre, à 13h, à l’INHA, salle Pereisc, le séminaire a accueilli Céline Guénot, doctorante en histoire à l’EHESS.

Ancienne élève de l’École normale supérieure de Lyon, Céline est agrégée d’histoire. Son diplôme d’études approfondies portait sur “Les migrants étrangers à Londres du XVIIème au XVIIIème siècles” (Paris-I, sous la direction d’Alain Cabantous). Dans ce cadre, elle a été lectrice de français en 2004-2005 au King’s College, à Londres, où se trouvaient les archives sur lesquelles elle travaillait. Elle s’est ensuite inscrite sous ma direction à l’EHESS. Sa thèse de doctorat porte sur l’histoire croisée de la naissance de la Cinémathèque du Musée d’art moderne de New York et de la Cinémathèque française.

Céline est également élève de la FEMIS et achève actuellement sa scolarité dans le département Réalisation.

C’est pourquoi je l’ai invitée à venir parler de ce double apprentissage des métiers d’historienne et de réalisatrice, en présentant deux des films qu’elle a réalisés à la FEMIS.

Image 6 Le premier s’intitule Nocébo.

Céline a constuit son film autour de la maladie génétique rare dont sa famille est porteuse, et dont elle a décidé, en 2003, de savoir si elle en avait hérité. Nous suivons donc son parcours à l’hôpital Pompidou, où ses cellules sont en observation, puis auprès de son médecin traitant et, enfin, dans le laboratoire d’un chercheur du CNRS spécialiste de génétique.

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Quoique tourné au moment où elle attendait les résultats définitifs des diverses analyses auxquelles elle s’était soumise, Céline a réussi à mettre en récit sa situation personnelle sans aucun voyeurisme. Grâce au pouvoir du cinéma, elle a même désenclavé les témoignages d’autres patients et des médecins de leur strict environnement scientifique ou thérapeutique, les ouvrant au dialogue et à la confrontation des expériences des uns et des autres. Une réflexion profonde s’ensuit sur ce qui, quand la maladie menace la familiale, relève davantage de la contrainte que du libre choix.

Dans son second film, L’Échappée, une fiction tournée en 35mm, Céline a souhaité inscrire l’histoire mise en scène et ses acteurs, tous amateurs, dans le décor des chantiers navals de Saint-Nazaire.

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Sans verser aucunement dans une sorte de réalisme facile, elle s’est efforcée de donner vie, dans le très court temps de 12 minutes, à la rencontre entre deux personnages.

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Après les avoir en quelque sorte installés, elle les suit, souvent de dos, et construit leur progressive rencontre.

Dans ces deux films, les frontières entre fiction et documentaire, volontairement atténuées, permettent de se faufiler dans le désordre de la vie, et de recréer, sans mièvrerie aucune, une sorte d’harmonie.

Printed from: http://culturevisuelle.org/figuration/2009/11/20/celine-guenot/ .
© 2010.

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