SHOAH : LA CAMÉRA EXPLORE LES CAMPS

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L’horreur plein cadre

Expo. Au Mémorial de la Shoah, «Filmer les camps» montre les image tournées par John Ford, Sam Fuller et George Stevens lors de la libération de Dachau et Falkenau, en 1945.

Par gérard LEFORT

Dès l’entrée, l’intelligence nous accueille. Une tendre mélopée s’échappant d’un moniteur vidéo où l’on reconnaît, en noir et blanc, Ginger Rogers et Fred Astaire. Pourquoi cette introduction dans une exposition intitulée «Filmer les camps» ?

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10 mars: ouverture de l’exposition Filmer les camps

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L’exposition “Filmer les camps. John Ford, Samuel Fuller, George  Stevens, de Hollywood à Nuremberg” ouvre ce mercredi 10 mars à Paris, au Mémorial de la Shoah.

Retrouvez Christian Delage, le commissaire de l’exposition :

Lundi 8 mars 2010, France Culture, 12h, “Tout arrive”, émission d’Arnaud Laporte.
Mardi 9 mars 2010 (daté 10 mars),  Le Monde, entretien accordé à Thomas Sotinel
Mercredi 10 mars 2010, Libération, entretien accordé à Gérard Lefort ;  LCI, 17h-18h, “Le Ring”, émission de Michel Field.
Vendredi 12 mars 2010 (daté 13 mars), Le Monde magazine, dossier spécial.
Mercredi 17 mars 2010, France Culture, 19h, “Le Rendez-vous”, émission de Laurent Goumarre

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Il y a soixante-cinq ans, le monde découvrait les films tournés par les Alliés dans les camps de concentration et d’extermination nazis. De ces images qui nous sont parvenues, nous ne connaissons peu ou pas les auteurs et encore moins les conditions de réalisation. Le Mémorial a choisi de suivre le parcours de trois des producteurs de ces images, des cinéastes venus de Hollywood : John Ford, Samuel Fuller, George Stevens.

En 1945, les images de Dachau prises par l’équipe de Stevens sont insérées dans un documentaire montré d’abord aux États-Unis avant d’être projeté, à titre de preuve des crimes nazis, devant le Tribunal Militaire International de Nuremberg. Cette expérience, inédite, a été préparée par John Ford, qui dirigeait lui-même une unité spéciale, la Field Photographic Branch, chargée de réaliser entre autres ce film, Les Camps de concentration nazis, et de mettre en place le filmage du procès.

Si l’exposition se limite aux deux camps de Dachau et de Falkenau (satellite de Flossenbürg), elle est néanmoins de nature à faire comprendre au public les conditions dans lesquelles les opérateurs américains ont travaillé. Les équipes mises en place par John Ford et George Stevens étaient composées d’opérateurs professionnels, reconnus et expérimentés, ou formés spécialement à cette occasion.

L’exposition retrace l’histoire de ces trois grands cinéastes dont le parcours a été bouleversé par les violences de la Seconde Guerre mondiale et la mise en présence des victimes des « atrocités nazies ». En complément des images, des textes de John Ford et de Joseph Kessel sont lus par Jean-François Stévenin.

Pour la première fois, les images du camp de Dachau sont présentées dans l’ordre chronologique dans lequel elles ont été tournées. Elles sont accompagnées des fiches que les opérateurs remplissaient et des comptes rendus rédigés par l’un des écrivains embauchés par Stevens. Des extraits de ces récits, lus par Mathieu Amalric, ont été placés en commentaire des images. Cet ensemble documentaire permet de donner une place aux spectateurs d’aujourd’hui, à l’abri des opérateurs, dont les gestes de médiation sont ainsi revitalisés.

Grâce à la collaboration de l’Academy of Motion Pictures, Arts and Sciences et de la Lilly Library (Université de Bloomington, Indiana), et la participation de Christa Fuller, George Stevens Jr. et Jerry Rudes, le Mémorial est en mesure de montrer pour la première fois en France un montage de documents d’archives, de films et de photographies, souvent inédits, qui permettent de retracer, presque au jour le jour, une expérience vécue à la première personne, en même temps que transmise en héritage aux générations d’après.

Toute la mémoire du monde

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La prochaine Master class du séminaire EHESS Pratiques  historiennes des images animées, organisée en partenariat avec l’association Paroles d’images, aura lieu ce vendredi, 12 février 2010, de 13h30 à 17h30, au Centquatre, (104 rue d’Aubervilliers, 75020 Paris, Atelier 7).

La séance s’articulera autour d’une intervention d’Emmanuel Hoog, président de l’Institut national de l’audiovisuel, à propos de son livre Mémoire, année zéro (Seuil, 2009).

Après une courte présentation de la séance, les conditions de la réforme du dépôt légal de 1992 seront rappelées, en présence du responsable du rapport remis l’époque au Ministre de la Culture, Antoine Lefébure, consultant sur le rôle des nouvelles technologies dans l’urbanisme.

Suivra une étude de cas, autour du travail de recherche de Vincent Auzas, doctorant à l’Université Laval (Québec) et à Paris Ouest Nanterre La Défense, et son expérience de l’usage de la base audiovisuelle de l’INA.

Une Table ronde permettra à Emmanuel Hoog de dialoguer avec André Gunthert, responsable de l’agrégateur de blogs “Culture visuelle”, de Johan Hufnagel, rédacteur en chef de SLATE.fr, et d’Antoine Lefébure.

Références :
1. Billet de Christian Delage, “Une fenêtre sur les archives de l’INA“.
2. Page personnelle d’Antoine Lefébure sur “Le 11ème Blog”.
3. Entretien avec Emmanuel Hoog.

Un compte rendu détaillé de la séance sera publié dans les jours qui suivent la séance.

Master Class EHESS, première

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Vendredi dernier, la première Master Class du séminaire Pratiques historiennes des images animées s’est déroulée au Centquatre, en partenariat avec l’association Paroles d’images.

Cette première séance avait deux objectifs : familiariser les étudiants et les chercheurs avec la gestion en ligne de leur travail, de leur actualité et des manifestations auxquelles ils participent, qu’ils organisent ou qu’ils souhaitent signaler. André Gunthert a donc présenté l’historique de la création de Culture visuelle. Dans un second temps, il s’agissait de donner un exemple des conditions d’une recherche de type monographique : Hervé Aubron a rapporté comment il a abordé l’œuvre du réalisateur F.W. Murnau.

On trouvera ci-après le compte rendu de la séance rédigé à deux voix par des étudiants en Master, Chun-Chun Wang et Aurélien Rigaud.

Les prochaines séances se dérouleront, toujours au Centquatre, aux mêmes horaires les 12 février et 5 mars 2010. La prochaine portera sur la question de l’archive et de la mémoire à l’ère du numérique, en présence d’Emmanuel Hoog, président de l’INA, d’Antoine Lefébure, rapporteur auprès du ministère de la communication du projet de dépôt légal audiovisuel en 1991, et Johan Hufnagel, rédacteur en chef du site en ligne SLATE.

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Deux heures avec André Gunthert, sous les projecteurs du studio n°7 au Centquatre, on se croyait sur le plateau du petit écran. L’historien du visuel nous a d’abord rappelé comment il a appris le métier d’éditeur. De 1983 jusqu’à 2010, de la maquette à la colle et aux ciseaux jusqu’à la plate-forme de recherche informatisée, les traces matérielles de qu’il a présentées de ces étapes témoignent non seulement d’une trajectoire éditoriale réactive à l’innovation technique, mais aussi le mûrissement d’une pensée en images qui s’ouvre à toute substance nourrissante en les accueillant en soi, comme pour un don.

Image 5 André Gunthert, Centquatre, 22 janvier 2010

Après avoir donc relaté ses aventures dans l’édition, dont un bel enfant est la revue Études photographiques, André Gunthert nous a présenté sa nouvelle création : le site Culture Visuelle. Le but de la création de cette plate-forme de recherche visuelle est de favoriser l’échange de pensées, la liberté éditoriale rendant cet espace convivial sans pour autant minorer la dimension scientifique des contributions.

A l’instar des blogs scientifiques, le site Culture Visuelle héberge les auteurs du domaine visuel en leur octroyant la possibilité de traiter librement le sujet qu’il souhaite. Les articles au standard des revues scientifiques classiques comme les étincelles d’inspiration passagère jouissent du même accueil. L’idée est de cultiver ce terrain qui appartient à tous les chercheurs visuels, de les inviter à y vivre pleinement, de l’état de semence jusqu’à la moisson de leurs quêtes. Parmi les formats qui favorisent le libre cours des pensées, on trouve les notes et les discussions entre les auteurs qui se rebondissent l’un sur l’idée de l’autre. Sur le chemin des connaissances où l’on s’engage sont précieux non seulement les édifices minutieusement bâtis, mais également les empreintes affranchies, éparpillées au gré de l’illumination, brillant d’une intensité éminente.

Pourtant la liberté éditoriale n’est pas chose gratuite. La responsabilité étant léguée à l’auteur, c’est à lui-même d’assumer l’exigence de rigueur et de pertinence de sa pensée. Jouir de la liberté implique une responsabilité de même mesure, voilà l’enjeu que propose André Gunthert.

Chun-Chun Wang

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C’est autour du cinéaste Friedrich Wilhelm Murnau qu’Hervé Aubron a organisé sa communication. Deux films ont été particulièrement abordés :

  • Nosferatu (Nosferatu, eine Symphonie des Grauens), avec  Maximilian Schreck, Alexander Granach, et Greta Schroeder (Allemagne, 1922, 94′).
  • L’Aurore (Sunrise : A Song of Two Humans), avec George O’Brien, Janet Gaynor et Margaret Livingston, État-Unis, (1927, 95′).

La présentation d’Hervé Aubron démarre sur l’ambiguïté de la figure « d’artiste-imagier » qui caractérise Murnau. Son appétence pour le graphisme, son goût pour le dessin et la peinture déstabilise. Une profonde et étrange admiration pourrait expliquer que depuis les années 1950, en France, il n’y ait pas eu de monographie sérieuse publiée sur son travail. La rhétorique du mage ou du voyant lui confère un mystère charismatique. Nosferatu, par exemple, à pris une place d’emblème dans l’histoire du cinéma en devenant une sorte de « Totem ». Un « sanctuaire » entoure Murnau. Ce mystère entretenu par le phénomène de la légende, lui donne une aura que les cinéphiles sacralisent. Cela renforce la crainte des chercheurs, des critiques et des journalistes de ce confronter directement au personnage. Un soupçon pèse alors sur ce statut particulier que le réalisateur occupe dans l’imaginaire des cinéphiles. H. Aubron le formule ainsi : « Faire de l’image au cinéma est toujours suspecte ; au cinéma on fait des plans ». Le premier paradoxe soulevé se trouve être celui de l’image  : « que fait-on de cet enlumineur » ?

De nombreuses zones d’ombres entachent la vie du cinéaste. D’une part, à cause de sa mort brutale à 42 ans dans un accident de voiture et, d’autre part, parce que la moitié de sa production filmique a été perdue. Ainsi on peut établir un parallèle intéressant entre Murnau et le vampire Nosferatu car les deux disparaissent, se volatilisent. Par ailleurs, cela lui vaut d’être surnommé « l’homme invisible de la cinéphilie ». Hervé Aubron donne tout de même quelques éléments biographiques, principalement de sa jeunesse à son arrivée dans le monde du cinéma. Né en 1888 à Bielefeld en Rhénanie, dans une famille de commerçants, F. W. Plumpe s’intéresse d’abord au théâtre. Il choisit comme nom de scène celui d’une ville de Haute-Bavière : Murnau am Staffelsee, fréquentée à l’époque par Wassily Kandinsky. Durant la Première Guerre mondiale il est mobilisé dans l’aviation. Au sortir du conflit, il se consacre rapidement au cinéma.

Une sorte de « matérialisme » caractérise les rapports de Murnau avec l’image. H. Aubron explique que le réalisateur a toujours fait le même film du point de vue plastique, le caractérisant par ailleurs « d’iconoréaliste ». Ce néologisme souligne l’ambivalence entre la volonté de réalisme et la tentative constante de l’imaginer, de l’observer.

La notion d’enfermement est centrale. Dans son  premier film, Murnau utilise comme décor un petit théâtre, puis dans son second, l’action se trouve en bord de mer où un couple rencontre un peintre aveugle. Nous passons de l’enfermement d’un théâtre à l’ouverture la plus extrême qui soit : la mer, l’horizon, l’infini. Une des grandes questions de ce film porte sur la vue, cette dernière fascine, observe, enferme. L’expression même d’« hantise oculaire » est thématisée : la vue libère-t-elle ou enferme-t-elle ? Ce début de carrière cinématographique pose les jalons et les prémisses d’une filmographie à l’accent extrêmement iconographique. Là-dessus, Hervé Aubron se permet de relever une première apparition des physiques du Dr Mabuse et de Nosferatu avant l’heure.

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Hervé Aubron, Centquatre, vendredi 22 janvier 2010.

Ensuite, la séance nous amène à Nosferatu, ce film marque l’histoire du cinéma par le phénomène populaire qu’il a engendré à sa sortie. Les spectateurs allaient jusqu’à se déguiser pour assister aux projections. Aubron explique que c’est l’une des premières manifestations « d’une cinéphilie consciente d’elle-même ». Le vampire devient alors le représentant d’un certain cinéma, celui qui évoque la fascination, le mythe, le monstre, au travers de l’image. Le décor surprend davantage, puisque les prises de vues sont, pour beaucoup d’entre elles, réalisées en extérieur. C’est, une nouvelle fois, un contre-pied surprenant compte tenu de l’ambiance expressionniste et psychique du film. Pour illustrer son argumentation, l’intervenant passe l’extrait de Nosferatu convoitant Ellen (de la 76ème minute à la 80ème, Lien : http://www.dailymotion.com/video/xz99n_nosferatu1922_creation). Nous remarquons une « symétrie » entre le vampire et sa victime. Le monstre est autant vampirisé que la jeune femme. Il est attiré en permanence par elle, en étant à la fois tyran et esclave, possédant et possédé. Les situations présentées sont toujours plus complexes qu’elles en ont l’air.

Les aspects grotesques de Nosferatu et de Knock qui renvoient au décalage, inhérent à l’œuvre de Murnau, sont aujourd’hui, au même titre que Caligari, des figures emblématiques de l’expressionnisme allemand des années 1920. H. Aubron souligne, en prenant le soin « d’éviter la taxinomie pour la taxinomie », que le terme d’expressionnisme est apparu dans les années 1950. Il appartient donc à une lecture rétrospective de l’histoire du cinéma. Ce courant artistique provient de l’imagerie pour la déstructurer et s’en échapper en aboutissant à un traitement cinématographique abstrait. Murnau se situerait entre l’abstraction et l’icône, entre l’imagerie et le vide représenté par  le noir, le lumineux ; ou encore, entre l’espace indéfini et un territoire délimité. La captation de lumière lors de l’ouverture de Faust diffère apparemment de son goût pour l’aspect animal, le grotesque, la grimace, le carnavalesque. Rien ne semble évident, et Murnau peut tout aussi bien entrer et sortir des codes de l’expressionnisme tels qu’ils ont été fixés.

En jouant sans cesse avec le « sublime romantique », les choix du réalisateur allemand ne sont jamais dans la demi-mesure. En 1927, Murnau réalise L’Aurore, film que H. Aubron qualifie de « stratégique », car selon lui, en cinq ans, il y a eu, dans son œuvre, une accélération fulgurante au niveau stylistique notamment autour de la relation entre le corps et le fantasme. L’Aurore est un film sur l’obsession amoureuse (voir Phantom, 1922). La trame scénaristique est simple mais son traitement est démesuré. Pour l’anecdote, Murnau va aller jusqu’à construire une ville entière  et s’en servir comme immense décor à ciel ouvert. Elle reste, malgré tout, bâtit en partie avec des aberrations visuelles utilisées comme effets d’optiques afin de donner, en autre, une impression de profondeur. Le parcours du tramway, de la campagne à la ville, illustre ce propos. Nous nous arrêtons sur cette séquences (Lien: http://www.dailymotion.com/video/x4s5i0_oblio-la-course-poursuite-sunrise-l_music ). Les paysages défilant au second plan sont des panneaux prédisposés de façon à donner l’impression voulue. Ainsi, le « voyage » (la transition) de la campagne à la ville est totalement figuré, et recréé artificiellement.

Sur ce point, Hervé Aubron établit un parallèle avec Walter Benjamin qui distingue la ville de la campagne par l’opposition entre « artifice » et « nature ». Selon lui, Murnau détourne cette distinction. L’introduction du film nous présente la campagne comme une « carte postale », comme une peinture. Durant la séquence du marais, la femme de la ville « projette un film » ventant les attributs citadins à l’homme sur le ciel nocturne, qui remplacerait alors la toile en servant de support. C’est aussi à la campagne que l’homme est perturbé et envoûté, alors que c’est dans la ville que le couple se réconcilie, où les amoureux retrouvent leurs sentiments premiers. Dans la boutique du photographe, la nature est une toile peinte, elle devient une imagerie bucolique industrielle. Ici Murnau nous donne à voir « une industrialisation du fantasme ». À noter que l’élément aquatique (le marais, les intertitres qui deviennent liquides) est constamment présent. Il brouillerait les distinctions et rendrait bon nombre d’aspects du film déroutants, selon H. Aubron. Sur l’ambiance de la ville  ce dernier conseille, en conclusion, de voir City Girl (1930), le dernier film de Murnau pour la Twenty Century Fox.

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Projection d’un extrait de Nosferatu

Il y a une manière de concevoir Murnau comme étant un cinéaste ésotérique, voire surnaturel. Classé réalisateur du fantastique, au même titre que John Ford cinéaste du western, Murnau est pensé avant tout comme un personnage appartenant à son propre univers. H. Aubron dit très justement de ce réalisateur « qu’il fait de l’hallucination un principe naturel ». Un cinéaste s’intègre malgré lui dans un courant esthétique.

Quelques repères filmographiques de l’œuvre de F. W. Murnau :

  • Der Knabe in Blau, Allemagne, 1919
  • Nosferatu, eine Symphonie des Grauens, Allemagne, 1922
  • Phantom, Allemagne, 1922
  • Der Letzte Mann, Allemagne, 1924
  • Faust, eine deutche volkssage, Allemagne, 1926
  • Sunrise, États-Unis, 1927
  • City Girl, États-Unis, 1930

Aurélien Rigaud (EHESS)

Quand l’historien devient cinéaste

Ce jeudi 19 novembre, à 13h, à l’INHA, salle Pereisc, le séminaire a accueilli Céline Guénot, doctorante en histoire à l’EHESS.

Ancienne élève de l’École normale supérieure de Lyon, Céline est agrégée d’histoire. Son diplôme d’études approfondies portait sur “Les migrants étrangers à Londres du XVIIème au XVIIIème siècles” (Paris-I, sous la direction d’Alain Cabantous). Dans ce cadre, elle a été lectrice de français en 2004-2005 au King’s College, à Londres, où se trouvaient les archives sur lesquelles elle travaillait. Elle s’est ensuite inscrite sous ma direction à l’EHESS. Sa thèse de doctorat porte sur l’histoire croisée de la naissance de la Cinémathèque du Musée d’art moderne de New York et de la Cinémathèque française.

Céline est également élève de la FEMIS et achève actuellement sa scolarité dans le département Réalisation.

C’est pourquoi je l’ai invitée à venir parler de ce double apprentissage des métiers d’historienne et de réalisatrice, en présentant deux des films qu’elle a réalisés à la FEMIS.

Image 6 Le premier s’intitule Nocébo.

Céline a constuit son film autour de la maladie génétique rare dont sa famille est porteuse, et dont elle a décidé, en 2003, de savoir si elle en avait hérité. Nous suivons donc son parcours à l’hôpital Pompidou, où ses cellules sont en observation, puis auprès de son médecin traitant et, enfin, dans le laboratoire d’un chercheur du CNRS spécialiste de génétique.

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Pratiques historiennes des images animées (1)

Jeudi de 13 h à 15 h (INHA, salle Nicolas-Claude Fabri de Peiresc, 2 rue Vivienne 75002 Paris), du 12 novembre 2009 au 11 février 2010

Pour l’historien, un  film ne s’inscrit presque jamais dans un univers déconnecté de toute référence. Il possède même de nombreuses marques d’historicité, signes, entre autres, du caractère collectif de sa production, de sa mise en œuvre et de ses usages. Marc Bloch avait ainsi vu dans le cinéma «un des plus merveilleux baromètres culturels et sociaux dont nous disposions… Gibier pour nous, vraiment». Les efforts menés ici ou là pour favoriser une approche méthodique de lecture des films ont contribué à leur appropriation par les chercheurs. Leur usage se répand désormais dans des travaux dont ils ne sont pas la source principale, tout en privilégiant, dans leur lecture, les exigences d’une analyse scientifique.