Les nouveaux Nikon 1

Par Thierry Dehesdin - 28 septembre 2011 - 10:25 [English] [PDF] 

Si vous vous intéressez suffisamment à la prise de vue pour errer régulièrement ou occasionnellement sur des sites et des forums consacrés à la technique et au matériel photographique, vous ne pouvez ignorer que Nikon vient d’annoncer une “révolution” en présentant deux nouveaux appareils numériques compacts à la presse, le Nikon 1 V1 et le Nikon 1 J1.

Appareil Petitux IV de 1960

La création d’appareils compacts sophistiqués n’a pas attendu la photographie numérique, mais leur maniement supposait des doigts de fée.

Extraits du communiqué de presse:
Paris, France, le 21 septembre 2011 : Nikon dévoile aujourd’hui un système de prise de vue révolutionnaire qui redéfinit totalement l’expérience photographique. Au terme d’une enquête mondiale réalisée auprès de 8000 utilisateurs, il aura fallu 3 ans de développement et 50 années d’expérience à Nikon pour aboutir à un produit sans précédent qui se décrit en superlatif: le plus rapide appareil photo à optique interchangeable jamais créé.
« C’est l’annonce la plus importante de l’histoire de Nikon depuis l’introduction de l’appareil photo numérique il y a 14 ans » déclare Benoit De Dieuleveult, Directeur de la Division Image chez Nikon France. « Nous introduisons aujourd’hui non pas un produit mais une véritable nouvelle marque intégrant des avancées sans commune mesure dans toute l’industrie photo».
Nikon 1 J1 est l’appareil photo numérique avec objectif interchangeable et capteurs d’image supérieurs à 1 pouce le plus petit au monde. Nikon 1 V1 est l’appareil photo numérique avec objectif interchangeable et viseur électronique intégral le plus petit au monde. Le temps de prise de vue le plus court au monde (tel que déterminé par les tests de performance Nikon). Mesuré lors de l’utilisation du mode Point AF sélectif et de la plus petite focale d’un objectif zoom standard (1 NIKKOR 10-30 mm).

N’ayant pas encore manipulé les engins, je ne vous dirai ni le bien ni le mal que je pense des images qu’ils sont susceptibles de délivrer, mais ça me semble une bonne occasion pour revenir sur l’évolution du matériel de prises de vue et sur la façon dont ce nouveau système (c’est un nouveau format de capteur numérique qui est lancé avec une nouvelle gamme d’objectifs dédiés à ce nouveau format) va s’insérer dans le paysage photographique.

Ces appareils font couler beaucoup d’encre parce que les dimensions de leur capteur sont nouvelles (13.2 mm x 8.8 mm), parce qu’il n’ont pas de miroir, parce que l’on peut les équiper de différents objectifs, et bien entendu parce que ce sont des Nikon.

On dispose actuellement pour réaliser des photos (et des films) de téléphones, d’appareils compacts (légers et peu encombrants), de bridges dont le prix et les performances sont à mi-chemin entre les compacts et les réflex, d’appareils réflex (la visée se fait au travers de l’objectif) nécessairement (nous reviendront sur ce point) plus lourds et plus encombrants, et enfin de dos numériques (le capteur qui va enregistrer les images est indépendant du système optique). Avec l’évolution de la technologie, les frontières entre ces différents segments de marché évoluent très vite.

Photographie Thierry Dehesdin

On ne réalise pas les mêmes images selon l’appareil que l’on utilise:

C’est vrai en argentique, comme en numérique, et cela tient au moins autant à ce qu’il est sur un plan symbolique, qu’aux images qu’il est susceptible, pour des raisons d’ordre technique, de réaliser.

Photographie Thierry Dehesdin

Le téléphone portable est devenu un accessoire que l’on porte en permanence sur soi, au même titre qu’une montre (que d’ailleurs parfois il remplace). Son principale intérêt c’est qu’il est toujours disponible, contrairement par exemple à un appareil reflex dont on ne s’encombrera qu’occasionnellement en raison de son poids, de son volume et de son coût. La photo que l’on va réaliser sera peut-être moins bonne que celle que l’on aurait pu réaliser avec un appareil reflex haut de gamme équipé d’un objectif de qualité professionnelle, mais elle aura au moins le mérite d’exister si l’on ne s’était pas muni de notre beau reflex. De plus et alors que la diffusion des images sur les réseaux sociaux est devenue une des principales formes d’exploitation des photographies, on peut mettre son image en ligne dans l’instant de la prise de vue ou l’envoyer à nos proches sans attendre d’être rentré à la maison.
La banalité de l’objet est à la fois un avantage et une limite. Un avantage parce que, un peu comme avec les appareils jetables en argentique, on n’hésitera pas à réaliser une image sur un sujet que l’on ne considérerait pas nécessairement comme “digne” d’être photographié si l’on utilisait un appareil reflex qui coûte plusieurs milliers d’euros. Une limite parce que inversement, si l’on doit réaliser des photographies à l’occasion d’un évènement socialement valorisé (voyage lointain, mariage, naissance d’un premier enfant etc.), la trivialité même de l’objet peut donner le sentiment qu’il n’est pas à la hauteur de l’évènement que l’on souhaite immortaliser.

Photographie Thierry Dehesdin

On me disait hier “Je ne suis pas photographe (sous-entendu contrairement à vous), j’utilise un appareil jetable que je laisse dans la boite à gants de ma voiture”, tout comme on me dit aujourd’hui “Je ne suis pas photographe, je n’ai pas d’appareil photo, j’utilise mon téléphone”. Dans le même ordre d’idée, j’ai des étudiants en école de journalisme qui vont rentrer d’un évènement et rédiger un article sans avoir réalisé de photos parce qu’ils n’avaient “que” leur téléphone portable. Téléphone qu’ils n’hésitent pourtant pas à utiliser pour réaliser des photos de leurs copains dans des activités privées.
Ce statut social spécifique au téléphone portable évolue très vite. Les photographies utilisées sur les sites d’infos nous révèlent que les images réalisées par les téléphones portables sont en train de devenir une des principales sources de notre information visuelle. La réalisation de films vidéo avec des téléphones portables devient un genre cinématographique avec des festivals qui leurs sont consacrés.

Photographie Thierry Dehesdin

Photographie Thierry Dehesdin

A l’opposé de cette échelle qui part des téléphones portables, les dos numériques conçus pour être utilisés avec des appareils moyen-formats argentiques ou numériques délivrent, lorsqu’ils sont utilisés par un opérateur compétent, des images d’une qualité technique éblouissante qui n’auront cependant jamais la spontanéité des photographies réalisées avec un téléphone portable. S’il est facile de rater l’instant décisif avec un téléphone portable en raison de la latence au déclenchement (l’intervalle de temps qui s’écoule entre le moment où l’on appuie sur le déclencheur et le moment où la photographie est réellement prise), avec la photographie en moyen format c’est pire parce qu’elle suppose une préméditation. On est obligé le plus souvent d’utiliser un pied ce qui réduit considérablement la mobilité et la mise en oeuvre de l’outil est à elle seule toute une affaire. Pour les premiers pas de bébé, ce n’est pas nécessairement l’appareil idéal. Par contre, ce que l’on perd en disponibilité et en spontanéité, on le gagne en maîtrise de son image. Le choix de l’optique, le cadrage, la profondeur de champ résultent d’un processus conscient qui est comme imposé au photographe.

The Devil in the coffee cup - Prise de vue argentique 4x5 - Double exposition

Outil à vocation essentiellement professionnel, ses utilisateurs ne sont pas forcément toujours dans une logique rationnelle réductible à une équation coût/performances. Parce que tout le monde est photographe, un dos numérique moyen-format peut-être à la fois une façon de se rassurer symboliquement sur son identité de photographe professionnel en se distinguant par son matériel et de justifier économiquement le montant de sa prestation en n’utilisant pas le même appareil que son client. Pour les amateurs, leur complexité de mise en oeuvre et leur coût élevé en font des objets de désir. Ce phénomène existait d’ailleurs également du temps de l’argentique. En un temps où les conditions économiques et techniques du marché faisaient du moyen et du grand format argentique, un outil relativement banal en photographie professionnelle, certains clients photographes amateurs passionnés m’ont expliqué que l’excellence de leurs images était en deçà de leurs ambitions parce qu’ils n’avaient pas les moyens de s’offrir une chambre grand format et qu’ils devaient photographier leur copine et non un top-modèle. (J’ai un peu trop tendance à m’attendrir sur la dimension machiste de la photographie pour m’étendre sur ce point :) .)
On ne réalise pas les mêmes images selon l’appareil que l’on utilise mais il n’en faut pas moins étudier l’évolution de la technologie pour comprendre l’évolution du marché.

Un marché en recomposition:

En entrée de gamme les compacts qui ont été à l’origine de l’explosion de la photographie numérique et qui ont été, avec de faibles marges mais de gros volumes, le fond de commerce des fabricants, sont de plus en plus menacés par les appareils embarqués dans des téléphones portables. L’appareil compact, si peu encombrant soit-il, n’en reste pas moins un appareil qu’il faut prendre en plus de son téléphone. Et dans la mesure où la qualité des photos délivrées par ce dernier ne cesse de progresser, le marché des des compacts numériques est voué à une mort progressive s’il se distingue de moins en moins symboliquement et qualitativement des smartphones. En milieu de gamme, les bridges sont de plus en plus menacés par les reflex d’entrée de gamme. Le prix de ces derniers ne cesse de baisser en raison des progrès techniques et de la progression de leurs ventes qui réduisent les coûts de production de leurs capteurs. La qualité technique de leurs images est plus élevée en raison de la dimension de leur capteur (je reviendrai sur ce point plus loin) et ils sont à la fois plus valorisants socialement et susceptibles d’évoluer dans le temps en achetant des objectifs. En haut de gamme, les dos numériques moyen-formats sont concurrencés (mais sur cette niche l’histoire reste encore à écrire) par des appareils reflex de plus en plus riches en pixels qui sont plus polyvalents.

Pourquoi est-ce que la dimension du capteur a une telle importance ?:

A l’origine de cette segmentation entre différentes catégories d’appareils photo, on trouve le capteur de l’appareil. L’objectif projette une image analogique sur le capteur qui va la transformer en un signal numérique. La surface de ce capteur va déterminer tout le reste ou presque:

- Plus elle est importante et plus le capteur est cher. Ce n’est pas une progression arithmétique mais géométrique. Plus le capteur est grand et plus sa fabrication est compliquée et coûteuse. Le capteur numérique de votre smartphone a 250 euros ne compte pas pour grand chose dans son coût de production. C’est inversement le composant le plus cher de votre réflex professionnel à 5000 euros.

- Plus elle est importante et plus l’appareil est encombrant. Cela tient au boîtier qui va le contenir mais aussi aux objectifs dont on va pouvoir le doter. Un des éléments qui définit un objectif c’est sa focale: la distance en millimètre qui existe entre la surface sensible (film ou capteur numérique) et le centre optique de l’objectif, lorsque la mise au point a été faite sur un sujet éloigné. Le champs de vision qui va être reproduit par l’appareil dépend de la focale utilisée. Il correspond à un angle de vision. Les éléments qui sont situés en dehors de cet angle de vision ne sont pas reproduits sur la surface sensible. Or pour que l’objectif reproduise le champ de vision qui correspond à l’angle de champ de la vision humaine (environ 47°), ce que l’on appelle la focale “normale”, il faut qu’elle soit égale à la diagonale du capteur numérique de l’appareil. On voit donc tout de suite que plus le capteur est grand, plus les optiques vont s’allonger et donc plus l’appareil sera encombrant.

Photographie Thierry Dehesdin

- Plus elle est importante et moins la profondeur de champ sera grande. Cette profondeur de champ limitée est probablement la raison principale de l’utilisation d’appareils équipés de dos numériques dotés de grands capteurs, par les photographes professionnels. Mais inversement, pour une utilisation ludique et familiale, une grande profondeur de champ est sans doute un atout. Le flou, qu’il soit du à un mouvement du sujet, du photographe ou à une profondeur de champ insuffisante est un des principaux éléments qui font qu’une photographie sera perçue comme ratée par les producteurs de photographies vernaculaires. En matière de vidéo également, c’est ce qui explique que les premiers appareils photos numériques Full Frame (leur capteur fait 24×36 cm) qui ont proposé la vidéo en plus de la photo ont suscité l’engouement des vidéastes et cinéastes professionnels malgré une ergonomie discutable. (Après tout ces appareils ont été conçus au départ pour prendre des photos.) Ces appareils, contrairement aux caméras vidéos grands publiques équipées de petits capteurs, leur permettent de retrouver les effets de profondeur de champ du cinéma argentique, à un prix dérisoire vis à vis des caméras professionnelles. Mais là encore, on peut raisonnablement supposer que le grand public n’est pas particulièrement sensible à cet argument. Sur le matériel disponible actuellement l’auto-focus en vidéo est souvent à la peine. A l’inverse, ce n’est pas un problème pour des professionnels qui vont penser leur plan en fonction de la profondeur de champ disponible ou travailler en mise au point manuelle avec un technicien qui tournera la bague de mise au point pendant le tournage.

Test Nokia N8 à Issy les Moulineaux from Thierry Dehesdin on Vimeo.

- A technologie égale, la qualité de l’image est inversement proportionnelle au nombre de pixels de votre capteur. Le nombre de pixels des appareils d’entrée de gamme est aujourd’hui leur principal argument marketing. Ce nombre semble être une donnée objective qui permettrait de comparer les appareils entre eux. Il faut d’ailleurs reconnaître qu’à moins d’être un geek photographique, il y a de quoi ressentir un grand sentiment de solitude lorsque l’on va dans une grande surface ou à la Fnac pour acheter un appareil simple, performant et bon marché, en raison de la multiplicité de l’offre. C’est un chiffre magique qui est utilisé abondamment par le marketing et les vendeurs, et qui peut sembler être un critère objectif pour comparer les performances des appareils. Jusqu’à l’absurde parfois. Le capteur minuscule de 5,3 par 7,1 mm de mon téléphone portable (un Nokia N8) a 12 millions de pixels, tout comme le Nikon D3S, le dernier appareil professionnel de Nikon, doté d’un capteur 24×36 mm.
En théorie, plus votre capteur compte de pixels, et plus votre appareil sera capable d’enregistrer les détails les plus fins de la scène que vous souhaitez reproduire. En pratique, c’est plus compliqué parce que cela suppose que votre objectif ait une résolution suffisante pour pouvoir reproduire ses détails. Et si vous n’utilisez vos images que pour les afficher sur les réseaux sociaux ou réaliser des tirages de 13×18 cm, cette résolution ne vous est d’aucune utilité parce que vous allez devoir redimensionner à la baisse votre image.

Photographie Thierry Dehesdin

Lorsque Aristote a affirmé “qui peut le plus peut le moins”, il ignorait la photographie numérique. :) Tous les pixels ne se valent pas. Plus votre capteur va compter de pixels, plus ses photosites seront petits et plus votre image va se dégrader, en particulier en basse lumière, lorsque vous allez gonfler sa sensibilité pour compenser un éclairage insuffisant.. On verra apparaître un bruit numérique, la dynamique (l’écart que l’appareil est capable de reproduire entre les valeurs les plus claires et les plus sombres de l’image) et le gamut (la subtilité et l’étendue des nuances colorées que le capteur est capable de reproduire) seront moins élevés. Les progrès techniques sont très rapides. Le Nikon D70 annoncé en janvier 2004 avait un capteur de 6 mégapixels de la même surface que le Nikon D300 (16mm x 24mm), annoncé en aoüt 2007, qui a un capteur de 12 mégapixels. Bien que les photosites du D300 soient nécessairement plus petits que ceux du D70, il délivre des images qualitativement identiques à celles du D70, sur les points que je viens d’évoquer, avec deux fois moins de lumière. (Un site qui permet de comparer les capteurs de différents appareils.)
Mais ces progrès sont occultés sur les appareils d’entrée de gamme par les choix réalisés par les ingénieurs pour répondrent à des impératifs de marketing. La dynamique du Nokia N8, malgré ces 12 mégapixels est supérieure à celle de l’Iphone4 et de ses 4 mégapixels. C’est du à la taille de son capteur. Mais cette supériorité est à la marge. Elle est facile à mettre en évidence avec un test comparatif, mais invisible à la plupart de ses utilisateurs. Si les ingénieurs de Nokia n’avaient mis que 4 mégapixels sur leur capteur, la définition de l’image aurait été suffisante pour la plupart des utilisations et la qualité des images en basse lumière du Nokia aurait été éblouissante vis à vis de l’Iphone. Mais il se serait sans doute beaucoup moins vendu, les 12 mégapixels de son capteur étant ce que cet outil a de plus “vendeur” sur le marché.
A cette dimension qualitative, il faut également ajouter une dimension quantitative. Plus le capteur compte de pixels, et plus les fichiers sont lourds. Cela suppose toujours plus de capacités pour les cartes mémoires, ce qui est de moins en moins un problème en raison de la baisse des coûts de ce composant, mais aussi toujours plus de puissance de traitements pour l’informatique embarquée dans l’appareil. Ce qui signifie plus de latence au déclenchement et des rafales plus brèves.
Mais sur ce dernier point, Nikon nous promet des merveilles avec ses nouveaux appareils.

Photographie Thierry Dehesdin

Photographie Thierry Dehesdin

Ce qu’il faut retenir de cette digression technique probablement un peu longue, c’est que la taille du capteur compte et que jusqu’à présent, sur les appareils destinés au grand public, le marketing a poussé les fabriquants à réaliser des choix qui allaient à l’encontre des besoins des utilisateurs. Un capteur de 6 mégapixels (quel qu’en soit la surface) est déjà au-delà de 99% des utilisations de l’immense majorité des consommateurs. Par contre, la possibilité de réaliser de bonnes images en faible luminosité serait extrêmement bénéfique pour ces utilisateurs dans la mesure où l’instant de la photographie sociale se situe souvent dans des lieux clos, à la lueur d’ampoules électriques, et qu’en extérieur, une vitesse d’exposition plus élevée rendue possible par une plus grande sensibilité du capteur, répondrait généralement mieux à ses attentes.

L’absence de miroir ou la réhabilitation symbolique de Leica:

Le premier appareil compact a avoir révolutionné la photographie, a été commercialisé par Leica vers 1925. En choisissant un format de film en bande de petite largeur (135 mm), il a permis l’apparition d’un nouveau format d’appareils, silencieux, extrêmement compacts pour l’époque (ils pouvaient tenir dans une grande poche), qui se prêtaient aussi bien à la photographie amateur qu’au photo-reportage. Son succès auprès des photo-journalistes va transformer la marque en une icône qui a conservé une grande valeur symbolique malgré les vicissitudes qu’elle a traversées à partir des années 60. Sa conception va dominer le marché jusqu’en 1959 et l’apparition des premiers appareils reflex mono-objectif dont le Nikon F est resté le symbole. Cette nouvelle génération d’appareil permet de réaliser son cadrage au travers de l’objectif grâce à un miroir qui réfléchit l’image projetée par l’objectif. Au moment où l’on prend la photographie, le miroir se relève pour laisser passer la lumière sur le film.
Les appareils prennent de l’embonpoint et du poids car il faut caser ce mécanisme dans la chambre. Les objectifs également car ils sont plus loin du film. Et enfin, la discrétion sonore des Leica n’est plus qu’un souvenir en raison du bruit créé par le miroir lorsqu’il se relève. Cette nouvelle génération d’appareils n’en devient pas moins également un icône parce que la visée reflex permet au photographe, quelque soit la focale qu’il utilise, de voir dans son viseur le cadrage réel de sa photo. Les Leica supposaient que l’on utilise des viseurs optiques, très coûteux, imprécis en macro-photographie, et qui n’existaient pas si l’on souhaitait utiliser des Ultra-Grands Angles ou des téléobjectifs conséquents. L’apparition d’objectifs multi-focales, les zooms, aggravait encore la situation. Enfin, avec la généralisation de la couleur, l’exposition des images qui n’était pas critique en n&b devient un élément essentiel des critères d’appréciation d’un appareil. La technologie des reflex permet très vite de mesurer la lumière au travers de l’objectif, là où la conception des Leica rend cette mesure beaucoup moins précise.

Photographie Thierry Dehesdin

Le numérique redistribue les cartes. La visée reflex, toujours largement utilisée sur les appareils hauts de gamme, n’est plus incontournable. On dispose de l’écran LCD situé au dos de son appareil. Ce système n’est pas sans défaut en raison des lumières extérieures qui vont gêner sa lisibilité et surtout, pour les vieux photographes dans mon genre, en raison de la difficulté à réaliser son cadre sur un écran que l’on doit tenir à bout de bras, lorsque l’on a l’habitude de coller son oeil dans un viseur. L’immersion dans l’image est totalement différente. L’écran LCD est cependant bien utile pour viser dans des conditions acrobatiques lorsqu’il est orientable. Option qui n’est curieusement pas proposée par les deux appareils de Nikon. Et enfin, on peut utiliser des viseurs électroniques, avec des écrans minuscules qui permettent en collant l’oeil dans le viseur de retrouver la visée du reflex avec en plus l’avantage de voir son image après le traitement du signal et donc de contrôler en particulier la balance des blancs. Ces viseurs ont pour l’instant une très mauvaise réputation auprès des photographes experts, mais là encore les progrès sont spectaculaires. En ce qui concerne la vidéo, qu’il s’agisse de l’écran LCD ou d’un viseur électronique, ces systèmes sont indispensables parce que la visée optique “Trough The Lens” suppose que le miroir remonte pour laisser l’image se projeter sur le capteur, ce qui occulte la visée reflex.
La grande nouveauté aujourd’hui, ce sont des boîtiers dotés de capteurs empruntés aux appareils numériques reflex pour la qualité des images, mais sans la visée reflex pour réduire leur encombrement et être perçus comme des appareils compacts. Leica est présent sur ce marché avec un boîtier à optique fixe, le Leica X1. Mais au-delà de ce modèle, c’est tout ce marché qui se revendique des Leica de la grande époque. La référence à cette marque se retrouve jusque dans le design des appareils concurrents, tels que le Fuji X100.
Il ne s’agit aujourd’hui que d’un marché de niche, même s’il est extrêmement dynamique, qui remplacera peut-être à terme celui des appareils numériques reflex mais qui est pour l’instant plutôt celui d’un deuxième boîtier (plus compact et offrant la même qualité d’image) destiné aux heureux possesseurs d’un appareil reflex numérique professionnel. Ces appareils n’en restent pas moins beaucoup plus encombrants que ceux de la nouvelle gamme Nikon, et leur manipulation les destine à un public averti.

Les choix stratégiques de Nikon (au-delà des sirènes du marketing):

Photographie Thierry Dehesdin

Photographie Thierry Dehesdin

L’annonce de Nikon a suscité beaucoup de commentaires critiques sur les forums dédiés à la photographie parce que cette communauté, composée essentiellement de photographes dits “experts”, espérait un appareil qui viendrait concurrencer les modèles du type du Fuji X100 que je viens d’évoquer. Je suppose que l’entreprise a dans ses cartons, si ce n’est en test, un appareil conçu dans cet esprit, mais qu’elle n’est guère pressée de le sortir de peur de concurrencer ses reflex.
La cible de Nikon est tout différente. Confronté à la baisse inéluctable des ventes de compacts traditionnels, Nikon doit se créer un nouveau marché grand public avec une nouvelle offre qui se démarque des téléphones portables sans cannibaliser les ventes de ses reflex.
Nikon a décidé de cibler les consommateurs qui cherchent un appareil qui aurait la facilité d’utilisation et l’encombrement d’un smartphone, et dont les performances se rapprocheraient de celles d’un reflex, étant entendu que leurs utilisateurs ont des ambitions, en ce qui concerne le format de reproduction des images, beaucoup plus modestes que Raymond Depardon. La création d’une gamme d’appareils à objectifs interchangeables participe de cette volonté de se distinguer des téléphones portables, même s’il est probable que dans la pratique les consommateurs se contenteront souvent de l’objectif fourni avec le kit qu’ils auront choisi.
Ce n’est pas simplement l’annonce de deux nouveaux appareils déclinés dans deux finitions différentes (avec et sans viseur électronique), mais l’annonce d’un nouveau format qui doit trouver sa place à coté des gammes Fx et DX, avec le lancement d’une nouvelle ligne d’objectifs qui lui sont dédiés et qui sont incompatibles avec les appareils précédents. Nikon va désormais développer ces appareils autour de 3 formats de capteurs, le format CX destiné à une utilisation familiale qui devrait privilégier le rapport encombrement/qualité de l’image (avec des capteurs de 10 mégapixels ces Nikon 1 montrent que la course aux pixels c’est interrompue sur ce segment de marché) et les formats DX et FX destinés aux amateurs experts et aux pros.
L’enjeu économique est important pour Nikon comme l’a montré l’évolution de son action en bourse lorsque la nouvelle a été connue par les marchés.

Mon commentaire sur le Nikon J1 et le Nikon V1:

Le capteur:
Ne l’ayant pas testé, je ne vais considérer que son potentiel. On commence à voir circuler des images réalisées avec ces appareils sur le Net, mais mes expériences précédentes m’ont enclin à la plus grande prudence sur les jugements définitifs que je pouvais avoir sur des images réalisées dans des conditions que je n’avais pas maîtrisées. La surface du capteur me semble appropriée à la volonté de miniaturisation du boîtier si j’en juge par les photos qui permettent de se faire une idée de l’appareil. Le nombre de pixels est sans doute pour l’instant encore un peu élevé par rapport à la technologie, mais je suppose que les enquêtes marketing indiquaient qu’en dessous de 10 mégapixels l’appareil n’aurait pas été pris au sérieux par les consommateurs. Je serai peut-être agréablement surpris. A en juger par l’évolution de la technologie dans le passé, cette taille de photosites a de bonnes chances d’être d’ici deux ans un bon compromis entre surface du capteur/nombres de pixels/qualité de l’image en basse lumière.
Le boîtier:
Là encore et pour autant que l’on puisse en juger par les images en circulation, sa taille semble appropriée à la cible visée par Nikon. Le design est minimaliste, sans cette profusion de boutons qui réjouit l’expert mais panique l’amateur. La robe de l’appareil est déclinée pour l’instant uniquement en blanc ou en noir, sans doute pour lui donner l’image High-Tech que les produits Apple nous fond désormais associer au minimalisme. La disponibilité de l’appareil en deux versions, avec et sans viseur électronique, me semble intelligente. Les consommateurs qui viendront directement du téléphone portable ne verront pas l’intérêt du viseur électronique, contrairement à ceux qui auront une expérience photographique plus traditionnelle.
Son principal défaut me semble être l’absence d’un écran orientable, pourtant bien utile pour la vidéo, même pour une utilisation essentiellement familiale.
Les objectifs:
Pour autant que je puisse en juger sur les photos, à l’exception de la seule focale fixe, un 10 mm (équivalent d’un 28 mm en 24×36) qui ouvre à 2,8, ils me semblent un peu encombrants par rapport au cahier des charges tel que je l’ai défini, et peu lumineux. La faible luminosité des zooms suppose que l’on demande plus au capteur si l’on veut respecter mon cahier des charges, ce qui ne va pas nécessairement de soi. Et les zooms devraient être les objectifs “à tout faire” qui se vendront naturellement le mieux avec cet appareil. Le choix d’un équivalent à un 28 mm pour la première focale fixe est souvent dénoncé comme un sacrilège parmi les photographes experts et passionnés pour qui, pour des raisons culturelles, en dehors du 35mm et du 50 mm, il n’y aurait point de salut. Au regard de la cible visée par le marketing, ça me semble être un bon compromis. Pour les photos de groupe dans des espaces clos, le 35 mm est souvent un peu limite en raison du manque de recul, et les déformations induites par un grand-angulaire sont généralement plutôt bien tolérées lorsque la focale n’est pas plus courte qu’un 28 mm. Et puis pour Facebook et pour faire la couverture de Libé, il sera possible de déformer les visages en réalisant des portraits de très près. :)
L’informatique embarquée:
Pour l’instant, c’est surtout sur ce point que les communiqués de presse semblent vouloir faire la différence avec les téléphones portables. Ce qui d’ailleurs peut susciter quelques inquiétudes sur la qualité des images. Le menu est très séduisant: ” Le temps de prise de vue le plus court au monde (tel que déterminé par les tests de performance Nikon). Mesuré lors de l’utilisation du mode Point AF sélectif et de la plus petite focale d’un objectif zoom standard (1 NIKKOR 10-30 mm).”
On devrait avoir les mêmes sensations qu’avec un reflex professionnel en ce qui concerne la latence au déclenchement (l’intervalle de temps qui s’écoule entre le moment où l’on appuie sur le déclencheur et le moment où la photographie est réellement prise). La fiche technique en ce qui concerne la vidéo est très alléchante.
“Prise de vue en continu ultra-rapide : effectue en permanence la mise au point sur les sujets pendant la prise de vue. Vous permet de capturer jusqu’à 60 images haute définition par secondes avec AF fixe, et jusqu’à 10 vps avec AF adaptatif.” “Enregistrement de vidéos avancé : vous permet de prendre des photos haute définition*1 pendant l’enregistrement vidéo ou de filmer au ralenti. Vous pouvez enregistrer des vidéos Full HD à 60 et 30 vps. L’AF à détection de phase, qui fait la mise au point avec rapidité sur des sujets en mouvement, est disponible pendant l’enregistrement. Permet des cadences de prise de vue de 60i, 60p et 30p.”
Instant animé : donne vie à vos images fixes d’un simple clic. Il s’appuie sur la vitesse de traitement de l’appareil photo pour enregistrer simultanément une vidéo au ralenti et une image fixe. Une fois la photo prise, il combine instantanément les deux images pour créer une « scène vivante » et saisir un instant donné de façon totalement novatrice.
Les nouveaux Nikon permettent l’enregistrement des photos au format Jpeg et au format Raw. L’offre du Raw est une obligation marketing pour bien différencier ces appareils des téléphones portables et signifier leurs ambitions photographiques. C’est cependant la qualité de leurs Jpeg qui sera pour beaucoup dans leur succès ou leur échec commercial en raison de la cible visée. Les photographes qui travaillent aujourd’hui en Raw possèdent pour la plupart un reflex et seront sans doute plus tentés par des appareils type Leica X1 ou Fuji X100 que par ces petits compacts. On peut cependant supposer qu’à moyen-terme des photographes qui seront passés directement du smartphone au capteur Nikon CX, développerons leur expertise et découvrirons un jour les délices du Raw.
La puissance de calcul permet même à Nikon de proposer une nouvelle approche de l’esthétique garantie, décidément très à la mode:
“Sélecteur de photo optimisé : sélectionne systématiquement les meilleurs clichés. Il s’appuie sur la technologie de capture anticipée pour prendre 20 photos haute définition avant et après le déclenchement. Il enregistre les cinq « meilleures » afin de vous permettre de faire votre choix. Les plus belles photos sont sélectionnées selon l’expression du visage, la composition et la mise au point.
Avec cette fois-ci un nouveau concept assez fascinant “la capture anticipée”.

Photographie Thierry Dehesdin

Photographie réalisée au moment où mon vaisseau spatial dépassait la vitesse de la lumière - Thierry Dehesdin

Faut-il rapprocher cette nouveauté de la remise en cause de la théorie d’Einstein sur la vitesse de la lumière? Si je me fie à mon expertise scientifique en la matière, développée essentiellement par la lecture assidue d’ouvrages de sciences fictions, la théorie d’Einstein est indissociable de tous les récits sur le voyage dans le temps.

8 Reponses à “ Les nouveaux Nikon 1 ”

  1. Pas un seul commentaire? Comme souvent, je reviens après un peu de temps sur un billet dont je pressens qu’ils suscitera quelques commentaires juteux. Et là rien!

    Cela m’amène à me conforter dans ma constatation – toute subjective – que la plupart des photographes qu’on dit «experts» ne viennent pas ici car ils s’intéressent exclusivement au matos. Pour cela ils disposent de milliers de sites (qui souvent ne font que diffuser les communiqués des fabricants) et de forums où débattre sans fin de spécificités techniques dont ils pensent qu’elles leur permettront de mieux réussir les photos de leur chien. Du véritable contenu des images ils ne parlent jamais. Tout au plus abordent-ils quelques lieux communs de composition d’image comme la règle des 2 tiers, ou plus rarement, du nombre d’or, trucs de métier dont ils pensent qu’ils pourront pallier leur cruel manque d’inspiration.

    A un autre autre bout de la gamme des «acteurs» de la photographie, je remarque que les personnes concernées par les contenus des images, artistes, critiques, ou impliquées dans les «visual studies», ne s’intéressent souvent que très peu aux aspects techniques de la photographie. Pourtant – et cet article le prouve – la prise en compte de la technique permet une meilleure compréhension de ce qui fait le sel des images. Il doit y avoir un certain snobisme à se tenir à distance de ces contingences, à ne pas «mettre ses mains dans le cambouis» (expression que je tiens toujours pour révélatrice d’un esprit de classe marqué par la primauté de l’intellectuel sur le manuel).

  2. On peut constater de façon générale une certaine paresse à commenter sur l’ensemble de la plate-forme, ce que j’interprète comme une forme de retour de bâton. La pratique sur CV a progressivement installé l’habitude de l’hyper-pertinence du commentaire, au détriment du commentaire purement réactif – like, LOL, etc. (qui ne réapparaît incidemment que lorsqu’un billet bénéficie de signalements extérieurs). Commenter sur CV est devenu un vrai boulot. La conséquence de cette dynamique est logiquement une raréfaction de la conversation. On va essayer de voir si on peut modifier cette perspective peu réjouissante.

    Pour en venir à la discussion proprement dite, je regrette que ce billet, qui propose une bonne synthèse des problématiques du marché, ne mentionne pas le précédent du format Micro Four Third d’Olympus/Panasonic, qui visait me semble-t-il des objectifs similaires, avec des principes comparables (absence de miroir et objectifs interchangeables).

    Je ne voudrais pas finir ce commentaire sans saluer l’iconographie remarquable de ce billet!

  3. Il y a un grand nombre d’intervenants de Culture Visuelle qui maîtrise beaucoup mieux ce sujet que moi, mais j’ai le sentiment qu’il y a un sentiment d’appartenance, d’identification, d’adhésion à une famille ou à une tribu dans la participation à un forum. Ca ne veut pas dire que l’on ne lit pas l’article, mais “l’image” de Culture Visuelle peut être un frein à l’expression sur son forum pour les photographes dits “experts”.
    Mon article est long et part un peu dans tous les sens par rapport à ce qu’on lit habituellement sur les sites photos. Certains photographes experts auraient surement des observations très pointus à faire sur telle ou telle de mes affirmations, mais ils ont peut-être le sentiment, à tort, que ce serait périphérique, anecdotique.
    Les forum s’enflamment généralement sur un mot ou une expression. Je n’ai pas agité de drapeau rouge genre le Nikca G23 est supérieur au Kcanik G22 ou tel type d’appareil c’est de la m….
    Et enfin j’ai un espèce de double arguments d’autorité qui crée une retenue chez mes contradicteurs sur les forum de photographes experts. Je suis un professionnel et bénéficie à ce titre d’un statut particulier, je déplace toujours la discussion dans un contexte toujours plus large que ce à quoi ils sont habitués. Ce n’est pas une basse tactique politicienne :) , c’est comme ça que je fonctionne.

  4. “Du véritable contenu des images ils ne parlent jamais.’
    Ils parlent beaucoup du véritable contenu des images, mais souvent sans s’en rendre compte. Tel nu féminin sera nul parce que le photographe n’a pas retouché une vergeture. Et lorsque l’auteur de la photo se défend en expliquant qu’il n’avait pas vu la nécessité de retoucher cette vergeture, on lui répond que c’est la B.A BA de la technique photographique du nu.
    “Tout au plus abordent-ils quelques lieux communs de composition d’image comme la règle des 2 tiers, ou plus rarement, du nombre d’or, trucs de métier dont ils pensent qu’ils pourront pallier leur cruel manque d’inspiration.”
    Les forums critiques destinés aux photographes experts et aux photographes amateurs cherchant à progresser dans leur pratique sont toujours dans la définition “d’un corps de préceptes et de principes qui permettrait à la virtuosité de s’affirmer en acte, la vitupération du barbare est la seule façon de témoigner de sa bonne volonté esthétique”. (Bourdieu)

  5. “Pour en venir à la discussion proprement dite, je regrette que ce billet, qui propose une bonne synthèse des problématiques du marché, ne mentionne pas le précédent du format Micro Four Third d’Olympus/Panasonic, qui visait me semble-t-il des objectifs similaires, avec des principes comparables (absence de miroir et objectifs interchangeables).”
    Mon billet est trop simplificateur sur les enjeux des différents formats de capteur comme l’a relevé le photographe expert André Gunthert. :) Je me suis sans doute trop identifié aux ingénieurs de Nikon et j’ai depuis le début de ce format un préjugé sur le Micro Four Third que j’ai toujours vu plus comme un format bâtard, plus un sous format DX qu’un format destiné aux compacts de compétition.
    J’ai mis un lien vers Culture Visuelle sur le forum de Chasseurs D’Images. Un participant m’a démontré avec un très beau dessin en perspective que l’encombrement du Nikon V1 et du Sony Nex 7 (format DX) étaient identiques si on les équipaient d’un objectif pancake. Ca laisse entier le problème des zooms mais, de toute évidence, le choix de Nikon n’est pas une réponse définitive à la question du format du capteur sur les compacts.
    http://www.dxomark.com/index.php/Cameras/Compare-Camera-Sensors/Compare-cameras-side-by-side/(appareil1)/745%7C0/(brand)/Nikon/(appareil2)/736%7C0/(brand2)/Sony/(appareil3)/724%7C0/(brand3)/Olympus

  6. “Since the start of 2011, consumers snapped up 9% fewer compact cameras, according to GfK Retail and Technology. This marks a 14% drop in sales revenue terms for the period from January to July. ‘It’s realistic to assume some of the loss in compact [unit sales] is down to smartphones. Smartphones are getting better,’ said the Photo Marketing Association (PMA)’s director of UK operations Nigel McNaught. In July 2011, the number of compact cameras sold plunged 13% – representing a 16% drop in revenue terms – compared to the same month a year earlier. This marks a slight improvement on March, when sales value declined by 23% (16% in volume), compared to March 2010, according to GfK.”
    http://www.amateurphotographer.co.uk/news/are_smartphones_killing_compact_cameras_news_309338.html

  7. [...] Mon article sur Culture Visuelle sur le positionnement du V1 Mon test sur Photographie.com sur le V1 [...]