Nouvelle année, nouveau Nikon: le D4

Par Thierry Dehesdin - 6 janvier 2012 - 22:41 [English] [PDF] 

Ca y est Nikon a présenté son nouvel appareil à la presse.

Une présentation en anglais très détaillée et bien commentée.
Une introduction plus sommaire en français sur le site de Chasseur d’Images.
La présentation du Nikon D4 sur le site de Nikon France.

Quelques remarques en attendant d’avoir manipulé l’objet:
- Après avoir été victime successivement d’un tremblement d’une magnitude de 9,0 suivi d’un Tsunami au Japon en mars 2011, puis d’une inondation en octobre qui a touché ses usines de Thaïlande, Nikon fait preuve d’une assez stupéfiante résistance aux coups du sort.

- Alors que jusqu’à présent chaque nouveau boîtier de la série D suivie d’un chiffre (D1, D2X, D3) avait marqué un progrès très important en matière de photographie numérique et rendu plus ou moins obsolète les boîtiers de la génération précédente, cette fois-ci c’est surtout pour tout ce qui touche à la vidéo que Nikon fait la différence avec son modèle le plus récent, le Nikon D3S. Evolution plus que révolution en ce qui concerne la photo, le D4 ne tentera pas nécessairement les heureux possesseurs d’un D3S, à moins qu’ils ne soient également des vidéastes. Mais il fera rêver bien des photo-reporters qui possèdent un autre appareil de la marque.

- Le capteur passe de 12 à 16 mégapixels. Ce n’est pas une différence réellement significative, mais c’est plus en phase avec les attentes du marché. Par ailleurs pour un appareil destiné principalement au reportage, la course aux pixels est contre-productive. Plus un capteur compte de pixels, plus ses fichiers sont lourds, lents à transmettre et encombrants en termes d’espace disque ce qui peut devenir problématique pour des photo-reporters qui ont la gâchette beaucoup plus facile qu’en publicité par exemple, et qui sont souvent loin de leur base, de ses disques durs et d’une station de travail performante. Pour les photographes désireux de multiplier les pixels, le D3x est toujours au catalogue.

- En basse lumière, le Nikon D4 devrait être plus performant que le D3s qui est aujourd’hui la référence en ce domaine. Tant en ce qui concerne son capteur que les performances de l’autofocus en faible luminosité. Mais en l’absence de test, ces points demandent à être confirmés.

- L’évolution ergonomique semble très intéressante, mais ça reste là encore très
difficile à commenter sans avoir manipulé l’appareil.

- Jusqu’à présent, j’étais très réticent à l’utilisation du réglage des Iso en mode automatique (l’appareil choisi la sensibilité en fonction de la luminosité) essentiellement parce que l’on ne savait pas ce que l’appareil allait faire. A quelle logique allait correspondre l’équilibre diaphragme/ouverture/sensibilité décidé par l’appareil. Un nouveau paramètre peut désormais être associé à cette fonction. Lorsque l’on souhaite privilégier la vitesse pour éviter tout flou de bougé de l’opérateur, l’appareil va désormais pouvoir sélectionner une vitesse égale à 1/(focale utilisée). Par exemple avec un zoom ouvert à son diaph le plus lumineux, on sera à 800 Iso et au 1/100 sec à 100 mm, à 1600 Iso et au 1/200 sec au 200 mm et à 3200 Iso et au 1/400 sec au 400 mm. C’est simple et génial. On peut même décaler la règle si on a la main sûre ou si au contraire, on a la tremblote. Bien entendu si l’on utilise un zoom dont l’ouverture maximale varie avec la focale, ce paramètre sera pris en compte dans la montée en sensibilité des Iso.

- L’appareil est équipé de deux slots différents pour recevoir une carte mémoire. Le premier est, comme sur tous les Nikon pro, au format CompactFlash. L’autre est compatible avec un nouveau format, dérivé du Compact Flash, le QXD qui offre un débit plus rapide et permet de réaliser en JPEG comme en Raw des rafales plus fournies avant que le buffer de l’appareil ne soit saturé. L’utilisation de ce nouveau format que le D4 est le premier à adopter le rend plus véloce, mais comme c’est tout nouveau(Sony est le premier fournisseur de cartes mémoires à annoncer une disponibilité), ça va faire chère du Go.
(Correctif: d’après cet article, les premières cartes QXD disponibles sur le marché seraient à peine plus chères que les cartes Compact Flash traditionnelles les plus performantes. En étant le premier à implémenter ces deux formats dans son nouveau matériel, Nikon prend une avance significative sur la concurrence.)
(Nouveau correctif: SanDisk et Lexar n’envisagent pas dans l’immédiat de développer des cartes au format XQD. S’il n’y a que Sony pour développer ces cartes et Sony et Nikon pour les implémenter sur leurs appareils destinés au marché professionnel, l’avenir de ce format semble pour le moins incertain.)

- Les tablettes numériques deviennent des périphériques des appareils pro.

- Pour la première fois dans l’histoire de la technologie photo numérique, un nouvel appareil sera équipé d’une batterie moins performante que ses prédécesseurs. :)
C’est d’autant plus regrettable que les batteries des appareils précédents ne sont pas plus compatibles avec le D4, que les nouvelles ne le sont avec les appareils précédents. C’est la conséquence de nouvelles normes imposées au marché japonais pour des raisons de sécurité. Je ne sais pas trop ce que la sécurité y gagnera mais, pour les photographes, c’est une vraie régression susceptible de prolonger la vie des D3 et D3S.
(Mise à jour: Un billet sur le site de Rob Galbraith qui semble indiquer que l’on n’y perdrait pas tant que ça avec cette nouvelle batterie.)

- J’ai failli oublier un dernier détail, son prix… Pour l’instant il serait de l’ordre de 5800 euros TTC en boutique, et il devrait être disponible dans la deuxième quinzaine de février.

Et maintenant? Et bien on attend l’annonce du Nikon D800 qui n’est pour l’instant qu’une rumeur de plus en plus persistante…

Une Réponse à “ Nouvelle année, nouveau Nikon: le D4 ”

  1. [...] On peut remarquer toutefois que l’analyse d’images produites directement par le nouveau Nikon D4, en prenant soin donc de sélectionner des images qui n’ont pas transité par des logiciels [...]