Les premières publications des photos de Robert Capa sur le débarquement en Normandie

Le 19 juin 1944, le magazine Life publie plusieurs pages de photos et commentaires sur le débarquement en Normandie. Intitulé Beachheads of Normandy, l’article comporte deux parties: sept pages de photos prises par Robert Capa à Omaha Beach le 6 juin, puis six pages de clichés pris par d’autres photographes ainsi que des cartes.

(1) Life, 19 juin 1944, page 27

La première partie de l’article et les 10 photos de Capa retenues par Life sont reproduites sur le site de l’ICP (International Center of Photography, recherchez la référence 2991.1992); l’article dans son ensemble peut être retrouvé dans la collection de Life numérisée par Google.

Ces images sont désormais emblématiques du débarquement en Normandie. La première photo de la page 27 présentée ci-dessus, parfois décrite comme The Face in the Surf, est l’une des photos les plus célèbres de Capa1.

L’histoire de ces photos est connue, bien que certains détails demeurent obscurs. Elle a été racontée notamment par John G. Morris dans les chapitres 1 et 8 de son livre Get the Picture, A personal history of photojournalism, 19982, et plus récemment dans le chapitre 5 de celui de Richard Whelan, This is War! Robert Capa at Work, International Center of Photography and Steidl, 2007. Le résumé qui suit rappelle la chronologie des principaux événements qui conduisirent à la publication de ces clichés. Nous renvoyons pour plus de précisions aux ouvrages en question, et, en ligne, à un abrégé du premier chapitre du livre de Morris sous le titre D-Day: Getting the Picture, June 5, 20123.

Morris était alors éditeur à Life et directeur photo du bureau de Londres. Pour le débarquement, l’armée américaine avait accrédité 12 photographes d’agences et 6 photographes du magazine. Quatre photographes seulement devaient débarquer avec l’infanterie sur les plages et Life réussit à en placer deux: Bob Landry et Robert Capa; les deux autres photographes étaient Peter J. Carroll pour Associated Press (AP) et Bert Brandt pour l’agence Acme Pictures. La mission de Morris était de sélectionner les photos des correspondants de Life et de les envoyer à New York avant le samedi 10 juin, date de bouclage du numéro devant paraître le 19.

Après le débarquement, dans la nuit du mardi 6 juin, Bert Brandt réussit à rejoindre Londres avec quelques clichés qui seront dès lors considérés comme les premières photos terrestres de l’événement, suivies de peu par celles de Peter Carroll (Brandt et Carroll, cependant, ont photographié le débarquement à Omaha sans quitter leur barge). Les pellicules de Landry, qui avait débarqué à Utah, ainsi que celles d’autres photographes militaires et des films tournés par des cameramen du Signal Corps, avaient été jetées accidentellement à la mer lors du trajet de retour en Angleterre. Le 7 juin au matin, Life ne disposait donc d’aucune photo.

Dans l’après-midi du 6 juin, après avoir pris les photos qui deviendront célèbres, Capa quitte la plage à bord d’un LCI4. Il rejoint ensuite le USS Samuel Chase5 afin de rejoindre l’Angleterre. Il prend alors également des clichés de blessés soignés à bord du LCI puis du navire de retour; deux seront retenus dans l’article de Life publié le 19. Le bateau accoste à Weymouth dans la matinée du 7, Capa donne ses films à un courrier et ceux-ci arrivent au bureau de Londres dans la soirée: quatre pellicules 35 mm contenant 106 vues et quelques bobines de 120 mm avec des clichés pris en Angleterre avant le départ et durant la traversée. Dans la précipitation, le jeune laborantin responsable du développement des films commet une erreur et l’émulsion des pellicules fond. Il ne reste que 11 clichés un peu flous à peu près exploitables, les Magnificent Eleven6.

Le bureau photo de Life disposait dans la soirée du 7 juin de plusieurs centaines de photos prises lors de l’embarquement et de 11 photos seulement du débarquement. Morris présente le lendemain sa sélection à la censure américaine, et en soirée, le censeur termine son travail. Après quelques péripéties, Morris envoie donc les clichés de Capa à New York, à temps pour que le journal les reçoive avant le bouclage du 10 juin.

Mise à jour du 29 juillet 2014
Ce récit ici résumé est sérieusement contesté par le critique A. D. Coleman et plusieurs photographes dans une série d’articles publiés à partir de juin 2014. Coleman et al. relèvent dans cette histoire plusieurs inconsistances. Ils estiment que Morris, le magazine Life, l’agence Magnum et l‘ICP (International Center of Photography) ont fabriqué une légende représentant un Capa dont le travail héroïque a été ruiné par un laborantin débutant. Coleman propose une explication très différente, où un Capa moins héroïque et plus humain est présenté comme un photographe aguerri qui a pourtant cafouillé dans le stress de la bataille, est resté peu de temps sur la plage, et a pris très peu de photos floues – celles que nous connaissons actuellement.

Soixante-dix ans après, on peut s’étonner du long délai entre le bouclage et la parution (9 jours), mais la rédaction, la maquette, la composition, la gravure, l’impression de plus de 120 pages, le façonnage, et la distribution sur tout le territoire des États-Unis, nécessitaient effectivement plus d’une semaine. Néanmoins, le numéro précédent daté du 12 juin consacre 10 pages au débarquement du 6 juin. Whelan raconte que ce numéro avait effectivement été bouclé le 3 (op. cit. p. 237). Il était déjà imprimé à 750000 exemplaires quand la nouvelle du débarquement est tombée. Le directeur a alors stoppé l’impression, 25 pages ont été modifiées en 12 heures, et 3,25 millions d’exemplaires ont ensuite été imprimés à temps. Ce cahier intitulé Invasion ne comporte par contre aucune photo de l’événement, mais plusieurs vues d’artistes et deux séries de photos de … Calais, alors même que les quotidiens publiaient depuis plusieurs jours déjà des photos du débarquement transmises par radio…

Quoi qu’il en soit, la plupart des auteurs qui ont décrit l’histoire de ces fameux clichés mentionnent qu’ils ont été publiés pour la première fois dans Life le 19 juin, soit 11 jours après qu’ils aient été visés par la censure. Est-ce exact ? Le public n’a-t-il réellement jamais pris connaissance des clichés de Capa avant la parution de Life, le 19 ?

Les radiophotos

Dans son autobiographie, Morris précise les conditions d’accès négociées entre les agences photos et le magazine:

« [...] nous avions adhéré à un pool nous unissant aux trois agences de photos Wirephoto-Associated Press, Acme (propriété de Scripps-Howard, qui fusionnerait par la suite avec United Press), et International News Photos, l’organisme de Hearst (acquis plus tard par United Press pour donner naissance à United Press International). Grâce à ce système, Life avait un accès équivalent à tous les grands événements de l’actualité, en dépit de son statut d’hebdomadaire. L’envers de la médaille était que nous devions “rendre disponibles nos meilleurs clichés sur des sujets brûlants” afin qu’ils fussent distribués par le biais des bélinos. » (op. cit. p. 94)

C’est effectivement cet accord qui a permis au magazine d’accréditer deux photographes lors du débarquement, mais en contrepartie d’une libre diffusion de leur production par les services de radiophoto7 opérés par le Signal Corps et géré par l’agence Acme ou directement par Associated Press.

(2) WACS Operate Radiotelephoto Machine. Radiotelephoto, Signal Corps photo from Acme, 9/6/1944, The Allison collection, ref. 77.09.51.

La rivalité entre les agences et Life était alors exacerbée, et la disponibilité pour les journaux américains des photos du magazine transmises par radio était le prix à payer pour que leurs photographes soient admis sur un tel événement. En conformité avec cet accord, Morris indique qu’il a lui-même porté des photos de Bob Landry et Frank Scherschel – deux autres photographes de Life – au point de transmission clandestin des photos à destination du monde entier, situé à Londres dans les sous-sols du grand magasin Selfridge (p. 101). Mais il ne dit pas que plusieurs clichés de Capa ont aussi été transmis. Bien qu’elles soient peu connues, il existe pourtant de nombreuses parutions “obliques” dans la presse des photos de Capa sur le débarquement avant leur publication “certifiée” dans Life le 19 juin 1944. Dans le cadre du projet PhotosNormandie, nous avons travaillé depuis plusieurs semaines sur les clichés de la collection transmis par radio et publiés dans les journaux américains et canadiens; et au passage, nous avons relevé également plusieurs clichés de Capa. Mais avant de décrire ces exemples en détail, examinons les images parues dans la presse nord-américaine immédiatement après le débarquement.

Les premières images du débarquement dans les journaux nord-américains

Le 6 juin, les journaux nord-américains paraissent sans photos des opérations du débarquement. C’était évidemment impossible, même en tenant compte du décalage horaire. Sur les unes figurent très souvent des cartes expliquant l’invasion en cours. Quelques photos d’entraînement, de l’embarquement, et même un cliché de la flotte en route – pris d’avion- illustrent également l’événement.

L’un des clichés les plus caractéristiques, publié dès le 6 juin et repris par la suite dans plusieurs journaux, représente la bénédiction par un chaplain militaire de soldats sur le point d’embarquer (voir aussi sur PhotosNormandie).

(3) The Milwaukee Journal, June 6, 1944, Photo: Acme Telephoto from Signal Corps

En l’absence de photos de la bataille en cours sur les plages, plusieurs journaux utilisent aussi des vues d’artiste – fort peu réalistes – dans les tout premiers jours du débarquement. Des vues d’artistes continuent d’ailleurs à être publiées très “tard”, jusqu’au 13 juin au moins, alors que des radiophotos étaient déjà disponibles depuis longtemps (comme nous l’avons déjà observé, Life avait eu aussi recours aux vues d’artiste dans son numéro du 12 juin).

(4) Artist's Graphic Picture of the Invasion, by Reynold Brown, St. Petersburg Times, June 6, 1944

Les premières photos du débarquement sont publiées dès le 7 juin. Les deux suivantes, de Peter Carroll et Bert Brandt, apparaissent à de multiples reprises dans plusieurs journaux à partir du 7 et les jours suivants.

(5) réf. AP 440606051, Peter Carroll et réf. AP 4406091506, Bert Brandt

(6) Spokane Daily Chronicle, June 7, 1944

Dans le Spokane Daily Chronicle ci-dessus, les photos sont créditées AP wirephoto from Signal Corps radio. Les radiophotos en effet sont très fréquemment publiées sans nom de photographe (la première est d’ailleurs parfois attribuée par erreur à Bert Brandt). Et lorsque le photographe n’appartient pas à une agence ou à un service photo de l’armée, comme c’est le cas de Capa et des autres photographes de Life, les services de transmission et donc les journaux ne mentionnent pratiquement jamais le nom du photographe [mise à jour du 23/08: voir une exception en fin d'article].

Le 8 juin, une dizaine de photos nouvelles paraissent dans les journaux. Parmi celles-ci, une photo de Robert F. Sargent, photographe des US Coast Guard, qui devait elle-aussi devenir emblématique du D-Day (à l’instar de The Face in The Surf de Capa, les Américains lui ont aussi donné un nom: Into the Jaws of Death).

(7) Robert F. Sargent, p011333, NARA # 26-G-2343, Credit U.S. Coast Guard

(8) Spokane Daily Chronicle - Empire Edition, June 8, 1944

Là encore, le nom du photographe n’est pas mentionné et le cliché est crédité AP wirephoto.

Les sujets de ces premières photos publiées ne figurent pas le soldat dans le stress du combat. On y voit les préparatifs en Angleterre, Eisenhower saluant des parachutistes américains sur le point de s’envoler pour leur mission, des photos aériennes, des navires qui tirent sur les côtes, etc.

L’image publiée la plus caractéristique de ces premiers jours du débarquement représente des prisonniers allemands gardés par des soldats canadiens souriants.

(9) réf. p011325. Le 6 juin, des prisonniers allemands assis sur la plage gardés par deux soldats canadiens.

Dès le 8 juin et pendant plusieurs jours, cette photo est repérable sur une bonne trentaine de journaux différents.

(10) Gettysburg Times, June 8, 1944 and St. Petersburg Times, June 8, 1944

Sur ces deux pages du Gettysburg Times et du St. Petersburg Times, on reconnaît également des photos de Bert Brandt et Peter Carroll.

Plusieurs photos de morts américains commencent aussi à être publiées quelques jours après le débarquement, comme ici sur cette une du Tuscaloosa News.

(11) The Tuscaloosa News - June 9, 1944, Cover

À partir du 9 juin, cette photographie de Taylor est largement diffusée dans les journaux. Elle figure aussi dans la seconde partie du cahier de Life du 19 juin, créditée U.S. Signal Corps radiophotos – ce qui confirme que Life ne dédaignait pas puiser dans le pool et publier des radiophotos pourtant réputées de trop mauvaise qualité pour le magazine.

Les radiophotos de Capa

Les photos de Capa sont évidemment beaucoup plus dramatiques et saisissantes que les premières images parues dans la presse au lendemain du D-Day et que nous venons d’évoquer. Les historiens de la photographie spécialistes de Capa connaissent, semble-t-il depuis peu, l’existence de quelques clichés de Capa transmis par les services de radiophoto et publiés dans les quotidiens américains. Ainsi, Whelan écrit en 2007:

With regard to Capa’s photographs, Life had been partially scooped. At least two of Capa’s pictures had been radioed to the U.S. by the Signal Corps for gratis publication in American newspapers during a limited period. That was the trade-off for being in the Picture Pool: in return for extraordinary access to events, the participants had to give up some exclusivity. Furthermore, a photo received from the Picture Pool was generally credited simply as “Signal Corps Radiophoto”, with no mention of the photographer’s name. The loss of some priority dit not hurt Life, which was printed on coated paper and used printing plates produced from original negative prints. No radioed newspaper image could approach the resulting quality of reproduction. Too, Life availed itself of many free Signal Corps Radiophotos. Several were reproduced in the june 19 issue.” (op. cit. p. 249).

Les deux radiophotos en question ont été publiées par le quotidien de New York PM Daily le 9 juin 1944. Voici la seconde, telle qu’elle est reproduite sur le site de l’ICP:

(12) PM Daily, June 9, 1944, back cover. Copyright ICP.

Whelan laisse entendre que la publication des photos de Capa transmises par radio est marginale. Deux images seulement, de mauvaise qualité bien sûr puisqu’il s’agit de radiophotos, sans nom de photographe, parues dans un seul quotidien relativement confidentiel et qui n’a duré que quelques années, ce n’est pas un événement éditorial très significatif. Dans ces conditions, très peu de monde a pu voir ces images avant qu’elles ne paraissent dans Life, et le magazine peut continuer à revendiquer l’honneur d’avoir publié les photos de Capa, grâce à ce scoop partiel.

Une investigation plus large montre pourtant que ce point de vue n’est guère conforme à la réalité. Selon nous, la publication des photos de Capa dans Life le 19 juin n’est absolument pas un scoop partiel. Ce n’est pas un scoop du tout. Établi par l’équipe de PhotosNormandie, un premier résultat encore incomplet montre en effet que du 8 juin jusqu’à fin juillet 1944, pas moins de 13 photos de Capa sont parues dans plus de 60 journaux nord-américains. Et si l’on se limite aux dix photos du 6 juin sélectionnées par Life, six d’entre elles avaient déjà été publiées plus de soixante fois avant le 19 juin dans une cinquantaine de journaux.

Afin de ne pas surcharger ce billet, l’ensemble de ce premier résultat est présenté dans un album Flickr, et seuls quelques exemples seront ici examinés à partir des 6 clichés “Life” publiés avant le 19 juin. Chaque exemple est précédé de la photo de référence présentée à l’aide d’une copie d’écran du site magnumphotos.com.

(13) Réf. PAR121456, icp 590, Robert Capa, Omaha, copie d'écran magnumphotos.com

(14) Oakland Tribune (Oakland, California), June 8, 1944, Cover

Le Oakland Tribune publie 3 photos de Capa dans son édition du 8 juin 1944, deux en bas de page de couverture et une troisième en page 14 (tout à côté du canadien souriant).

(15) TheMilwaukee Sentinel, June 9, 1944, Cover

Le Milwaukee Sentinel publie le 9 juin 4 photos de Capa: en une, en page 2, et deux en page 8 (dont The Face in the Surf, voir ci-dessous). C’est un record, pour l’instant…

Sur la une, la radiophoto était apparemment tellement mauvaise qu’une retouche a transformé les deux soldats qui s’abritent derrière le pieu anti-débarquement en un seul soldat totalement à découvert8.

(16) Réf. PAR121453, Robert Capa, Omaha, The Face in the Surf, copie d'écran magnumphotos.com

(17) The Lowell Sun (Lowell, Massachusetts), June 9, 1944, 6 o'clock and County Edition, Cover

Les choix iconographiques du Lowell Sun sont intéressants. Le journal possède à l’époque deux éditions: 6 o’clock et 7 o’clock. Le 8 juin, le journal présente une photo de Capa dans un bandeau supérieur en une de son édition 6 o’clock. Il modifie cette couverture dans son édition 7 o’clock en choisissant une autre photo de Capa (la PAR79255, voir ci-dessous) tout en maintenant le bandeau de l’édition précédente au dos du journal. Le 9, le journal présente The Face en une (ci-dessus) durant les deux éditions. Ces choix éditoriaux nous semblent tout à fait remarquables et donnent à penser que certains éditeurs avaient bien perçu le caractère exceptionnel de ces clichés pourtant transmis très probablement sans aucune indication d’appartenance à une suite cohérente.

(18) The Milwaukee Sentinel, June 9, 1944, page 8

Comme pour la une, la photo a été très largement retouchée.

(19) PAR121454, Robert Capa, Omaha, copie d'écran magnumphotos.com

(20) Valley Morning Star (Harlingen, Texas), June 10, 1944, Cover

Il s’agit là de la photo de Capa la plus représentée; elle apparaît 22 fois dans différents journaux entre le 8 et le 13 juin. Cette première page du Valley Morning Star montre également que les radiophotos n’étaient pas toujours de piètre qualité et pouvaient parfaitement constituer des documents acceptables.

(21) Réf. PAR121458, icp 592, Robert Capa, Omaha, copie d'écran magnumphotos.com

(22) Spokane Daily Chronicle, June 8, 1944, page 3

Sur ce scan de mauvaise qualité du Spokane Daily Chronicle, la photo a pour titre Tanks Ashore; une autre photo de Capa (PAR79255, v. ci-dessous), en bas de page, a pour titre Honored Dead.

Cette photo est également sur la une du Oakland Tribune de l’image 8 ci-dessus (en bas à droite) et sur la page 8 du Milwaukee Sentinel de l’image 18 ci-dessus.

Il existe ainsi plusieurs pages de journaux où figurent deux photos de Capa, mais nous n’en avons pas trouvé encore qui en présenteraient trois.

(23) PAR78967, icp 594, Robert Capa, Medics à Omaha, copie d'écran magnumphotos.com

(24) Breckenridge American (Breckenridge, Tex.), Vol. 23, No. 279, Ed. 1 Sunday, June 11, 1944, Cover

Les 11 photos qui subsistèrent à l’accident au développement ont été prises par Capa avec l’un de ses deux Contax. Celle-ci par contre a été prise avec son Rolleiflex sur le LCI qui ramenait des soldats blessés vers le Samuel Chase. Afin de donner à voir des images similaires sur les deux théâtres d’opérations où étaient alors engagés les États-Unis, le Breckenridge American a choisi de l’associer en une de son édition du 11 juin avec une photo de soldats transportant un camarade blessé dans la jungle de Burma.

(25) PAR79255, icp 595, Robert Capa, copie d'écran magnumphotos.com. La légende Magnum situe cette photo sur le pont du Henrico, mais il s'agit plus vraisemblablement du Samuel Chase.

(26) The Lowell Sun (Lowell, Massachusetts), June 8, 1944, 7 o'clock Edition, Cover

Cette photo a également été prise avec le Rolleiflex. Rappelons que le Lowell Sun a réalisé deux unes successives avec des photos de Capa les 8 et 9 juin (image 17 ci-dessus) et que cette photo figure aussi dans le Spokane Daily Chronicle du 8 juin avec une autre Capa (image 22 ci-dessus).

Transmissions multiples

Nous n’avons pas encore retrouvé, si elles existent, de reproductions des photos de Capa du 6 juin telles qu’elles furent transmises en tant que radiophotos versées au pool d’agences. Nous disposons en revanche d’une radiophoto de Capa envoyée lors de la prise de Cherbourg fin juin. Tout d’abord, le cliché tel qu’il figure sur le site de Magnum et sa publication dans Life le 10 juillet 1944:

(27) PAR179755, Robert Capa, Cherbourg, June 26, 1944, copie d'écran magnumphotos.com

(28) Life, July 10, 1944, page 31, Crédit Robert Capa

La photo suivante provient de la collection Allison. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, James Allison était journaliste sportif et travaillait pour le Houston Press. Il a alors remarqué que de nombreuses radiophotos qui n’étaient pas publiées dans le quotidien étaient systématiquement détruites. Il a obtenu l’autorisation de conserver ces images, et à la fin de la guerre, il avait collecté plus de 4600 radiophotos. En août 1977, Allison a fait don de sa collection à l’Arkansas Museum of Science and History. La collection Allison n’est malheureusement plus accessible en ligne.

(29) The Allison Collection, réf. 77.09.804, July 1, 1944

Comme on le remarque immédiatement, la radiophoto est recadrée. Or les deux versions, l’image conforme à l’original et l’image recadrée, ont été publiées dans plusieurs journaux entre le 3 et le 6 juillet, soit encore une fois bien avant la publication dans Life.

(30) Reading Eagle, July 5, 1944, page 4 and The Windsor Daily Star, July 3, 1944, page 12

Cette image – mais aussi probablement bien d’autres – a donc été transmise au moins deux fois, vraisemblablement avec des légendes différentes, et chaque version a donné lieu à des publications distinctes dans différents journaux.

Rappel: Claude Demeester du projet PhotosNormandie a découvert en 2011 une photo légèrement différente de cette scène que nous pensons pouvoir attribuer à Capa.

Des premières publications “au rabais” ?

Comme nous l’avons observé, six photos de Capa prises le 6 juin paraissent dans les premiers jours qui suivent le débarquement. On en dénombre ensuite 7 autres jusqu’à fin août. Les publications se raréfient donc, probablement parce qu’il y avait alors beaucoup plus de photos produites par de nombreux photographes et transmises aux journaux. Passé le 12 juin, il n’existe pratiquement plus de photos de plages dans les journaux qui publient alors des images des opérations dans les premiers villages libérés, des prisonniers allemands, la fraternisation avec les habitants, etc. Le 19, lorsque le reportage de Capa parait dans Life, il est en complet décalage avec les images proposées au même moment par les quotidiens.

Les radiophotos de Capa sont reproduites sans aucun crédit et avec une qualité souvent médiocre. La série est totalement disloquée, les images paraissent individuellement ou associées à d’autres photos réalisées par d’autres photographes. Il faudra attendre la publication de Life pour la voir publiée (partiellement) comme un véritable reportage exceptionnel, avec le nom du photographe et dans une qualité acceptable. Or la popularité de Life dans les années quarante était considérable. Sa diffusion est passée de 2,86 millions d’exemplaires en 1940 à 5 millions en 1946, et il tirait en 1944 entre 3 et 4 millions d’exemplaires9. Peut-être doit-on dès lors continuer à considérer le numéro de Life du 19 juin comme la véritable publication des photos de Capa sur le débarquement en Normandie et estimer que les parutions comportant des radiophotos ne sont guère que des publications “au rabais”, insignifiantes et négligeables ?

Ce point de vue ne paraît pas réellement défendable. D’une manière générale, les reproductions de radiophotos dans la presse constituent d’authentiques publications, et l’on peut se demander si Morris n’a jamais précisé quelles photos de Capa ont été communiquées aux services de radiophoto du pool afin d’entretenir l’illusion d’une seule et véritable publication dans Life. Pour l’époque argentique qui nous occupe, il n’existe pas deux niveaux de publications, l’une qui serait légitime parce que basée sur la reproduction matérielle à partir du négatif, et l’autre, quasiment immatérielle, qui serait méprisable parce que réalisée avec l’unique objectif de publier rapidement et sans scrupule éditorial. Cette conception “essentialiste” ne prend pas en compte la réception de ces images par le public nord-américain. Pour notre sujet précis, le corpus collecté est d’ores et déjà suffisamment vaste pour que l’on puisse affirmer qu’entre le 8 et le 19 juin, les photos de Capa ne sont certainement pas passées inaperçues. Elles étaient évidemment connues dans les rédactions des journaux nord-américains, mais aussi à l’évidence des lecteurs de ces publications qui devaient bien remarquer ces images de soldats en pleine bataille, très différentes des autres images alors diffusées. Le fait que le lecteur ne puisse attribuer ces clichés à tel ou tel photographe ne change rien. Mieux, un lecteur attentif du Lowell Sun ou du Milwaukee Sentinel, pour reprendre deux exemples de journaux que nous avons mentionné, a pu éprouver une impression de déjà vu lorsqu’il a découvert les photos de Life le 19 juin.

Il est possible que les services de radiophotos de l’AP et/ou du Signal Corps aient distribué l’ensemble des 11 photos de Capa. Nous n’en savons rien. Il est probable cependant que The Face n’a pas été transmise avant le 9, car un journal comme The Lowell Sun n’aurait pu “rater” ce cliché le 8. À ce stade de nos recherches, il est nécessaire de connaître plus précisément l’organisation de ces unités techniques et de comprendre les méthodes d’editing qui existaient à la fois à l’émission, aux différents points de réception, et au sein des rédactions.

Bonus: Capa et Montgomery

Au cours de cette recherche, Michel Le Querrec a collecté systématiquement les photos concernant une conférence de presse du général Montgomery qui s’est tenue le 11 juin 1944 dans le parc du château de Creullet, commune de Creully (Calvados). Robert Capa assistait à cette conférence et a photographié Montgomery de dos (la légende qui figure sur le site magnumphotos est totalement erronée):

(31) PAR77909, Robert Capa, Montgomery, 1944, copie d'écran magnumphotos.com

Cette conférence a été abondamment photographiée et même filmée. Sur plusieurs clichés, Claude Demeester a remarqué un photographe que nous pensons être Capa, avec son bonnet caractéristique et son Rolleiflex.

(32) Field Marshal Montgomery speaking to Allied war correspondents, réf B 5330, Impérial War Museum, IWM Non Commercial Licence

Sur d’autres clichés, il figure sans son bonnet:

(33) Guy Chrétien, Juno Beach - les Canadiens dans la bataille, Caen, Imprimerie Lafond, (s.d.), page 70

Mise à jour du 26 août 2013

Nous avons retrouvé une seule radiophoto de Capa explicitement créditée, début janvier 1945 durant la bataille des Ardennes. Même lorsque le nom du photographe était connu, sa production ne dérogeait pas aux règles du pool d’agences.

(34) Spokane Daily Chronicle, January 8, 1945

Merci à Claude Demeester, Michel Le Querrec et Bernard Lebrun pour leur aide.

Rappel – également sur ce blog

Références

  • Robert Capa, Juste un peu flou : Slightly out of focus, avec Richard Whelan (Préface), Cornell Capa (Préface), Catherine Chaine (Traduction), Delpire, 2003
  • Lowell L. Getz, The Face in the Surf, IDEALS (the Illinois Digital Environment for Access to Learning and Scholarship), October 31, 2007
  • Simon Kuper, Interview: John Morris on his friend Robert Capa, FT Magazine, May 31, 2013
  • Bernard Lebrun & Michel Lefebvre, Robert Capa : Traces d’une légende, avec Bernard Matussière, Éditions de la Martinière, 2011
  • Rebecca Mar, The soldier in the surf, Mercer Island Reporter, November 24, 2008
  • John G. Morris, Get the Picture: A Personal History of Photojournalism. Autobiographical Book. First Edition, Random House,1998. ISBN 0-226-53914-8 Second Edition, University of Chicago Press, 2002. Foreword by William H. McNeill, Afterword by John G Morris. Traduit en français par Sabine Boulongne: Des hommes d’images, une vie de photojournalisme, Éditions de La Martinière, 1999.
  • John G. Morris, D-Day: Getting the Picture, June 5, 2012
  • François Picard, Interview de John G. Morris sur France 24, 07/06/2011
  • Richard Whelan, This is War! Robert Capa at Work, International Center of Photography and Steidl, 2007
  1. L’historien Lowell Getz a établi de manière convaincante que le soldat figurant sur cette photo est Huston “Hu” S. Riley, cf. The Face in the Surf, Lowell L. Getz, IDEALS (the Illinois Digital Environment for Access to Learning and Scholarship), October 31, 2007, et The soldier in the surf, Rebecca Mar, Mercer Island Reporter, November 24, 2008. []
  2. Traduit en français par Sabine Boulongne: Des hommes d’images, une vie de photojournalisme, Éditions de La Martinière, 1999 []
  3. Voir aussi: Interview: John Morris on his friend Robert Capa, by Simon Kuper, FT Magazine, May 31, 2013 et Interview de John G. Morris par François Picard sur France 24, 07/06/2011. []
  4. Landing Craft Infantry, péniche conçue pour le transport de l’infanterie. Capa a pris au retour le LCI(L)-94, cf. Whelan op. cit. p. 236. []
  5. Certaines sources mentionnent le USS Henrico et Samuel Fuller a déclaré que c’était le USS Thurston. Whelan a établi de façon convaincante qu’il s’agissait bien du Chase. Par contre, il soutient que Capa avait fait le voyage aller sur le Henrico et non sur le Chase comme le mentionne Capa dans Slighly out of Focus (op. cit. p. 222). []
  6. Pour comble de malchance, il ne subsiste plus aujourd’hui que 10 de ces images et seulement 8 négatifs originaux. Le négatif de l’image la plus célèbre, The Face in the Surf, est perdu. []
  7. Appelé aussi wirephoto ou radiotelephoto, ou encore bélinographe ou bélino en France. Nous utiliserons dans la suite de cet article le terme radiophoto, sans doute le plus usité à l’époque dans la presse ici étudiée. []
  8. Une remarque curieuse en passant. À Omaha, ces pieux inclinés étaient plantés avec l’extrémité élevée dirigée vers la terre. Spielberg dans Saving Private Ryan les a orientés dans l’autre sens afin que ces obstacles paraissent plus impressionnants vus de la mer (Whelan, op. cit. p. 230). []
  9. Sources: Life Magazine, Margaret Bourke-White, and Consumer Realism, 1936–1941, by Chris Vials, project Muse, Volume 16, Number 1, 2006 et article Wikipedia sur Joseph J. Thorndike, managing director de Life dans les années 1940. []

12 Reponses à “ Les premières publications des photos de Robert Capa sur le débarquement en Normandie ”

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  3. Hello Patrick, merci pour cet article passionnant. Et qui au-delà du côté spectaculaire des publications en PQ des clichés de Capa invite à donner sa place à la PQ pour ce qui est de l’histoire de la photographie et de ses usages en presse. Ou invite à penser l’histoire de la presse avec l’image (en PQ comme en presse magazine).
    Je te livre un peu en vrac quelques remarques ou observations en te lisant

    D’une façon générale, cette enquête traduit bien le fait que l’usage de la photographie dans la presse quotidienne est très peu étudié :cf. les travaux de M. Chermette ; Lucia Ulanovsky sur CV aussi avec S. Maresca,… mais c’est très peu. C’est déjà un problème pour la presse magazine (grande star du photojournalisme) de penser l’image comme structurante de la publication ; alors en PQ…

    D’autant que comme tu l’écris :“la plupart des auteurs qui ont décrit l’histoire de ces fameux clichés mentionnent qu’ils ont été publiés pour la première fois dans Life le 19 juin, soit 11 jours après qu’ils aient été visés par la censure”.
    En effet, du côté du photojournalisme, la profession a mis en place un récit culturel dominant qui fait une (quasi)totale abstraction de ses pratiques quotidiennes au profit de quelques repères aussi hétéroclites que des titres de magazines, des noms de photographes ou des événements (Life ou Capa ou la WWII, par exemple). Or ton relevé et la discussion autour des radiophotos montrent, au contraire, des réseaux et tissus d’acteurs, d’actions et de logiques (notamment de marché) étroitement liés, en continuum les uns par rapport aux autres, dans l’échange (la concurrence et la négociation) et qui avancent ensemble dans l’exploration et l’invention du système d’information. Ce qui est très peu raconté. Du coup, des techniques aussi fondamentales que la radiophotographie à un moment de l’histoire sont peu voire pas connues.

    Par ailleurs, ton travail suggère que la presse magazine est non pas le lieu du news comme elle le revendique mais le lieu de la mise en récit, de l’histoire pas de l’Histoire. C’est comme si les images publiées en PQ gardaient encore leur pouvoir de documentation alors qu’elles devenaient une mise en récit – comparable à de nombreux égards à la fiction – une fois prises en charge par la presse magazine, sa temporalité différée et son statut d’objet d’édition. Avec un élément nécessaire au fonctionnement de cette répartition qui est le relais de la mise en récit des événements avec les images par la mise en récit des images elles-mêmes. Pour que les photographies de Capa soient devenues les images publiées sous forme de scoop par Life, il a fallu que Life les publie pour raconter le débarquement et AUSSI que Life raconte l’histoire incroyable de ces images, de leur photographe et de leur publication et reconnaissance par le magazine lui-même dans le feu des événements. L’effet de distinction est alors double : pour les photographies (> icônes) et le magazine. La mise au ban des publications précédentes en PQ des photographies de Capa témoigne comme d’un switch : la presse magazine d’information de la seconde moitié du 20ème siècle serait le lieu de la représentation de l’histoire. Elle construirait l’imaginaire éditorial de l’histoire non pas par un récit historique des événements mais par un récit culturel. (quelque chose comme ça…)

  4. Patrick Peccatte le 27 août 2013 à 09:53

    @Audrey: Merci beaucoup pour ces remarques. Effectivement, l’usage de la photographie dans la presse quotidienne n’est guère étudié semble-t-il. Les références sont rares. Et c’est encore bien pire quand on s’intéresse à la radiophoto (bélino). J’ai vainement cherché des articles un peu substantiels sur le sujet, et je n’ai pratiquement rien trouvé. Il existe peut-être des thèses ou des mémoires américains, mais je ne les ai pas retrouvés. Quand on s’intéresse à cette période pourtant, on ne peut qu’être frappé par le nombre considérable de radiophotos publiées dans les journaux. Cette technique a véritablement contribué à façonner la représentation de la guerre auprès du grand public nord-américain et je suis très étonné qu’elle soit à ce point négligée dans l’histoire de la photographie. C’est vraiment un beau sujet pour une thèse, je pense ;)
    Ton observation concernant la mise en récit de l’histoire par les photos est juste, en particulier sur cet exemple précis balisé par quelques “repères hétéroclites” comme tu le dis très bien, mais j’en ai peut-être une interprétation un tout petit peu différente, plus “analytique”. En gros pour moi, l’association débarquement-Capa-Life fonctionne et est devenue un récit culturel essentiellement parce que Life était un magazine à très fort tirage. Dans les quotidiens, les photos de Capa ne sont que des photos parmi d’autres, parfois mises en avant un jour, certes, mais tout de suite remplacées par de nouveaux clichés le jour suivant. Et les choix effectués par les différents quotidiens ne sont pas cohérents, synchrones, il n’y a donc pas un effet de publication de masse. C’est là un fonctionnement intrinsèque aux quotidiens bien entendu. Deux phénomènes se conjuguent dans le cas de Life: sa temporalité différente, qui permet d’installer un reportage durant une semaine et même plus si l’on prend en compte les courriers de lecteurs. Et son très fort tirage qui balaye et fait oublier en quelque sorte les images “concurrentes” publiées ailleurs. De plus, la série d’accidents qui ont conduit à la rareté des photos a très certainement contribué à renforcer ce fonctionnement et la mise en place du récit culturel concrétisé par l’image The Face, transformée par la suite en symbole. Ce point de vue n’est dans doute pas très éloigné de ce que tu nommes récit culturel, et en tout cas il n’est pas incompatible avec tes remarques, mais je crois que l’on doit effectivement analyser au cas par cas les ressorts et les conditions qui font qu’un récit culturel “marche”. Pour élargir la question tout en demeurant dans le même contexte, l’ensemble du traitement iconographique de la WW2 par Life mériterait d’être examiné avec une très grande attention et en relation avec les images proposées au même moment par la presse quotidienne américaine.

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  7. Un grand merci pour cet article genial que j’ai trouve vraiment passionnant.
    bravo

  8. Merci pour l’appréciation.

  9. Bravo pour cet article passionnant et très bien documenté.

  10. [...] [vi] « Les premières publications des photos de Robert Capa sur le débarquement en Normandie » par Patrick Peccatte in Culture visuelle http://culturevisuelle.org/dejavu/1463 [...]

  11. [...] publication in LIFE. For a detailed analysis of the distribution of Capa’s images, see “Les premières publications des photos de Robert Capa sur le débarquement en Normandie&#8221… by Patrick Peccatte, published at his blog Déjà vu on August 16, 2013. In French only, as is [...]

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