De Londres à Haïti, l’appropriation de la vidéo mobile

Monday 19 April 2010
Par Gaby David

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Ce que les gens font avec leurs images, par exemple les garder soigneusement ou les envoyer à leurs proches, et ce que ces images font pour ces gens – les rapprocher, les représenter, les identifier – est complètement lié, au point qu’on ne peut plus séparer la production de la diffusion. Pourtant, pour bien comprendre comment nous nous organisons mentalement avec nos images, il faut mettre l’accent sur ce que nous faisons avec elles1. Par exemple, montrer, exposer ces images sur la toile aura un autre impact que les projeter dans un canal de télévision. Évidemment les différents supports de diffusion ont une incidence notable et palpable sur les façons de création et réception des images.

Écrire sur la presse en ligne, et plus spécifiquement sur le rapport entre le web et les mobiles, est en quelques sortes écrire l’histoire pendant que les événements se déroulent. D’ici peu, cet article ne sera plus d’actualité, mais présentera seulement des réflexions, des visions personnelles de ce qu’une partie de notre web est, ou a été : une tranche intéressante de notre vie vers la fin de la première décade des années 2000. Toutefois, il est utile d’obtenir une image claire de la façon dont ce médium et à la fois média, fonctionne aujourd’hui, d’étudier son influence sur notre vie quotidienne et l’autonomie de nos médiations.

Mon intention est d’analyser l’impact des camphones dans la création et le partage de news (actualités). Comment la capture et le partage de ces images est en train de changer le paysage de la communication et la création des breaking news2.

- Définition de breaking news : une nouvelle considérée comme suffisamment importante pour qu’elle conduise à arrêter le flux normal des émissions télévisées.

Grâce au camphone, des images de notre vie sont disponibles encore plus souvent et plus rapidement, parfois même instantanément. Les voir en temps réel fait écho aux mythes du « en direct », « non mis-en-scène » et à un côté amateur, dans le sens vernaculaire du terme. Caractères qui sont ancrés dans un imaginaire collectif en tant que quelque chose de plus convaincant et parfois même perçu comme une garantie de réalité-vérité. Cela a beaucoup à faire avec la perte de crédibilité des médias traditionnels. Cependant, le fait qu’il s’agisse d’un témoignage direct ne permet pas de garantir la fiabilité ni la crédibilité de l’image. De même que les journaux, les chaînes de télévision ou de radio, et les gens filtrent même l’information d’un témoin oculaire.  À cela s’ajoute, le fait que les journalistes ne sont plus les seuls détenteurs de matériel d’enregistrement. Cela dit, tous les cadrages sont abrégés et insuffisants par rapport à la dimension réelle des situations.

Dans cette réflexion, une des interrogations centrales est : comment les vidéos mobiles sont-elles liées à nos histoires de vie, à la construction de l’histoire et ainsi à l’histoire visuelle?

Breaking (the) news 3 : entre amateurs et professionnels

Certains récents événements graves ont confirmé que les photos et les vidéos faites avec un camphone, pouvaient informer et devenir des breaking news mondiales. Leur faible qualité graphique et sonore est compensée par leur pertinence et leur haut contenu émotionnel.

Raffraîchissons notre mémoire en suivant une chronologie entre 2005 et 2009.

Une des premières occurrences a eu lieu le 7 juillet 2005 avec les attaques de Londres. Des lignes de métro ont été bombardées. Il était donc impossible d’y descendre, seules quelques prises d’amateurs munis de camphones ont été mises en ligne presque immédiatement par Eliot Ward. Dans les médias classiques, les photos ont été publiées plus tardivement4

Eliot Ward, « attentat à la bombe de Londres, pris au piège » (capture d’écran)

Il y a ainsi une appropriation fait par des citoyens de la possibilité de créer des nouvelles. À ce propos, lors des bombardements de Londres, Hall 2005 écrivait: « Ce qui faisait la couverture de manière convaincante était les moyens informels de collecte d’informations: e-mails, textes, images et des bouts de vidéo à partir de téléphones mobiles. Les images mi éclairées des tunnels enfumés ont été inoubliables. L’histoire s’est déroulée non pas par des phrases polies des radiodiffuseurs traditionnels, mais à travers les yeux des gens ordinaires pris dans l’horreur. » Cependant, il y a eu aussi beaucoup d’internautes qui se plaignaient des encouragements des mass médias aux gens d’envoyer et partager leurs images en disant que c’étais du voyeurisme et du sensationnalisme.  Un des éditeurs de la BBC affirmait par contre que cela aidait le relais des histoires d’une importance vitale. A mon avis à travers la création d’images propres, les personnes peuvent s’approprier elles-mêmes de l’événement, surtout si c’est un événement spécialement troublant. Mais, cela reste une affaire à discuter comment ces images sont affichées et partagées.

Puis, il y a eu l’exécution de Saddam Hussein avec une vidéo non autorisée.

Un responsable irakien présent lors de l’exécution de Saddam Hussein a été soupçonné de l’avoir filmée clandestinement avec un téléphone portable et a été arrêté, sur fond de polémique liée à la diffusion de ces images. Le film avait été diffusé par la chaîne satellitaire panarabe Al-Jazira et posté sur Internet, suscitant un tollé dans le monde et les protestations de la minorité sunnite irakienne, à laquelle appartenait Saddam Hussein. M. Al-Faroon a évoqué la présence de « deux responsables du gouvernement » qui ont réalisé « l’enregistrement officiel » de la pendaison à l’aide de téléphones portables. M. Al-Faroon lui avait déclaré dans un entretien que « l’un des deux hommes qu’il avait vu tenir en l’air un téléphone portable équipé d’une caméra afin de réaliser (la) vidéo (…) était Mowaffak al-Roubaie.

Lors de la tuerie de Virginia Tech (Virginia Tech Shootings), le 16 avril 2007, plusieurs étudiants5ont utilisé leurs cameraphones pour capturer des images et les relayer au cours même de l’évènement. Même si on peut difficilement comprendre ce qu’on voit sur ces images, on entend les coups de feu et on perçoit la gravité du moment.

En mai 2008, un énorme tremblement de terre frappe la Chine et on le sent même en ligne. Des centaines de bâtiments se sont effondrés dont de nombreuses écoles. Il y a eu 70 000 morts, 20 000 disparus, 350 000 blessés et 500 0000 personnes sans-abri. Le tremblement a été signalé d’abord chez QQ (le plus grand réseau social en Chine) et sur Twitter, même pendant que la terre continuait à trembler. En quelques minutes des photographies et des vidéos sont téléchargées en direct, à chaud, bien avant que les chaînes mass médiatiques les transmettent.

Des centaines de milliers de personnes ont utilisé leurs camphones pour envoyer des SMS et/ou enregistrer directement ce qu’elles vivaient. Par exemple, deux étudiants universitaires ont pris une vidéo mobile dans leur dortoir, à 14h30, le 12 mai 2008, au moment exact où le tremblement de terre de 7.8 se faisait sentir.

Les précisions de données telles que la date, l’heure et le lieu sont des fonctions intrinsèques de l’appareil. Ce fut un flux en direct: les gens ont communiqué avec leurs mobiles, il s’agissait d’un outil de survie. Des événements telle que le tremblement de terre, accélèrent le rythme des changements des usages, car une fois que les gens adoptent des médias sociaux dans une situation inhabituelle, ils sont beaucoup plus susceptibles de l’intégrer dans leur vie quotidienne, écrit Clay Shirky.6 (Malheureusement on a pu encore le constater avec les tremblements de terre haïtien et chilien.)

Par une froide journée d’hiver de 2009, un avion amerrit dans la rivière Hudson, à New York. Par un acte réflexe, Janis Krums, passager dans un bateau à proximité, poste une photographie de l’événement en utilisant twitpic . La légende de la photo de Janis Krums affiche : “There’s a plane in the Hudson. I’m on the ferry going to pick up the people. Crazy” Je traduis : “Il y a un avion dans le Hudson. C’est fou. Je suis dans le ferry, je vais chercher les gens.”  Twitpic est une application qui vous permet d’afficher des photos directement à partir de votre téléphone mobile sur votre compte twitter. L’intérêt manifesté a été tel que le serveur de twitpic avait planté signalait Daniel Terdiman. De nombreux journaux – imprimés et en ligne – ont utilisé cette photo pour leur une.

En ce qui concerne le copyright, ou droit d’auteur de l’image : “Update: Krums’s picture was distributed yesterday by the Associated Press. We wondered if they paid for it, so we asked Santiago Lyon, the AP’s Director of Photography. ” Il répond : “I can confirm we purchased the rights to the photo of the airliner in the water from Janis Krums, recognizing its newsworthiness and timeliness during an especially hectic afternoon and evening.” “Je peux confirmer que nous avons acheté les droits de la photo de l’avion de ligne qui a amerri àJanis Krums, reconnaissant sa valeur en tant que nouvelle et en tant qu’actualité au cours d’une après-midi si spéciale et particulièrement mouvementée.”

Plus récemment, nous en avons encore un exemple, très triste : les violentes scènes d’émeutes en Iran, après la réélection contestée de M. Ahmadinejad en tant que président. A Téhéran, le peuple a subi l’horreur au cours du mois de juin 2009. Les SMS, MMS et connexions Internet étant interdits, des personnes ont tenté de détourner les contraintes et les interdits et ont principalement utilisé twitter pour diffuser les images de ce qui se passait7. Á cette occasion nous avons vu que les usages du mobile pouvaient avoir un impact dramatique sur les actualités, en particulier lors de ce type d’événements extraordinaires. Objet assez démocratique, le cameraphone joue donc un rôle central. Par exemple, dans l’une des nombreuses vidéos de protestations de Téhéran, nous voyons un homme blessé tentant de passer son téléphone portable à l’une des personnes dans la foule, probablement pour informer ses proches et pour qu’ils connaissent son sort. Rejoignant une fois de plus la philosophie du contenu généré par l’utilisateur, nous pouvons dire que les gens détournaient le système des médias avec la création d’images.

Mais, au cours des manifestations à Téhéran, la plus remarquable vidéo de camphone a été celle qui montre Neda Agha Soltan lors de son assassinat. D’abord postée sur la page Facebook de « Hamex iranien », presque immédiatement, cette vidéo a été vue et diffusée dans le monde entier. Là, Hamex décrit ce qu’il avait vécu. Il explique qu’étant médecin, il a essayé de porter secours mais que, malheureusement, « l’impact de la balle a été si violent qu’elle avait explosé la poitrine de la victime et celle-ci est morte en moins de 2 minutes. [...] Le film est tourné par mon ami, qui était debout à côté de moi. S’il vous plaît, faites le savoir au monde. » Il dit aussi : « Ce qui a été ma page personnelle s’est transformé, au cours de la protestation iranienne, en un portail de nouvelles, où j’essaie de publier ma propre perception véritable d’images, aidez-moi dans cette affaire [sic]. »

Ces images et d’autres aussi de camphone trouvées sur le web étaient très touchantes. C’est ainsi que par des reposts immédiats et le buzz conséquent, Neda s’est transformée en une martyre innocente et malheureusement, en un court laps de temps en une icône du web.

Les médias et les journalistes sont conscients de cette masse croissante d’images prises par les gens et les intègrent de plus en plus à leurs besoins. Il y a même de nouveaux mots créés pour désigner cette pratique: snaparazzis et ou waparazzis “A new term for amateur photographers at major events was coined in February 2006 by Orange”, écrivait le MediaGuardian, 20 février 2006. Je traduis : un nouveau terme pour nommer les photographes amateur lors des événements majeurs a été inventé par Orange en février 2006.

Ces fournisseurs d’images mobiles ont été qualifiés de « journalistes citoyens » et/ou de « journalisme participatif8. A. Gunthert9 note que nous devrions les appeler « tous photographes » au lieu de « tous journalistes », car prendre des photos ne transforme pas en un photographe journaliste. Toutefois, et à mon avis, être au « bon endroit au bon moment » pour faire une photo ou une vidéo ne nous transforme pas non plus en photographe ou cameraman. Cela nous permet il est vrai, de participer, d’être engagé et ainsi capable de retransmettre nos propres façons de voir, nos points de vues, nos sentiments et nos expériences. « Si quelqu’un a été témoin d’un événement, qu’il enregistre avec une petite caméra, il pourra nous transmettre son film. Celui-ci n’aura peut-être pas la qualité d’un film professionnel, mais il apportera une sensation différente de proximité et de réactivité10». Grâce à des SMS ou en les affichant sur le web, ils sont facilement accessibles aux médias ; qui y puisent sans cesse des nouvelles. De cette manière, l’ensemble des citoyens, armés de mobiles, (comme nous pouvons constater avec ces deux vidéogrammes de ci-dessus) prend un rôle beaucoup plus interactif dans la création des grandes nouvelles et l’histoire des événements.

Mais, « [c]ette activité parallèle ne modifie pas le schéma général du pilotage de la réception par les grands médias11. » Dans le flux visuel, le mobile ajoute cette possibilité d’avoir d’autres sources directes. « En revanche, celui-ci [le schéma général du pilotage de la réception par les grands médias] s’altère lorsque, en l’absence d’un traitement médiatique approprié, les plates-formes visuelles sont sollicitées comme une source d’informations première12 » Cela est perceptible car dans la pyramide des photos amateur, ceux qui prennent des photos avec des cameraphones sont – je partage l’avis de A. M. Cox13 – à la base de la pyramide. Voir image ci-dessous.

Qu’est-ce que ces exemples nous enseignent? Premièrement, que la reproductibilité des images de cameraphone repose tout d’abord sur le fait que le dispositif est omniprésent, toujours prêt à l’usage. Deuxièmement, que télécharger ou envoyer des images est assez facile et le devient encore davantage. En troisième lieu, que, parfois, comme dans le cas de la tragédie de l’Airbus d’Air France, où il n’y a pas d’images, cette absence nous permet de déduire la vitesse de l’événement et de mesurer l’impossibilité de la réaction. (Le 1er juin 2009 un avion d’Air France vol 447, avec 228 personnes à bord reliait Rio de Janeiro à Paris. Le vol devait arriver à Paris, mais disparut à environ 186 milles au nord-est de la côte brésilienne près de la ville de Natal.)

2010 la fin de deux mythes : de ladite qualité amateur et du terme camphone abandonné pour celui de mobile

Le 12 janvier 2010 un tremblement de terre frappe de façon imprévue et dévastante l’Haïti14. Les réseaux sociaux, spécialement Twitter et Facebook se retrouvent en temps réel et global avec des messages et des images de désespoir, des gens qui ne savent pas quoi faire. Sur le web, les mass médias ne discutent plus si ce sont des images (d’) amateurs ou bien celles de journalistes qu’ils vont utiliser: le mythe qualitatif se défait. L’importance sera d’avoir des images, avoir de l’information, pour ainsi pouvoir aider. La vitesse devient primordiale. Occasion de pas trop pouvoir réfléchir ?

Quoique, « seules des circonstances exceptionnelles peuvent métamorphoser un service de loisir en média d’information. On peut distinguer deux cas de figure : celui d’un événement paroxystique bref, comme les attentats de Londres ou plus récemment la tuerie de Virginia Tech […], qui ont pour effet d’intensifier l’offre comme la demande d’information, en occupant tous les canaux disponibles. Le second cas est un déficit du traitement de l’information par les médias classiques, qui se traduit par l’expression d’une demande qui s’adresse en priorité aux réseaux alternatifs15. » Ou, en d’autres termes: « [...] la recherche d’une information de complément, qui indique l’existence d’un manque ou d’un biais dans le traitement par les organes traditionnels16.

Car, lorsque survient un événement soudain, il y a de fortes chances que l’outil d’enregistrement soit le mobile. Même si leur qualité est inférieure à beaucoup d’autres technologies d’imagerie numérique, elle s’améliore de jour en jour. Or, s’il y a une plus faible qualité, elle est compensée par le fait que nous portons presque toujours nos mobiles sur nous ; mais surtout le fait qu’avec eux on puisse – comme démontré dans les exemples de l’Iran et de l’Haïti – détourner les contraintes, quelles soient politiques ou géographiques.

Il y a quelques années, en 2003, O. Daisuke et M. Ito prédisaient : « Les cameraphones sont en train de changer la définition de ce qui est digne de faire image17.» De cela on peut déduire que si une image mobile trouve un futur impact, ça sera à cause de son contenu informatif. Cela dit, dans aucun des sites la discussion du sujet de la qualité ou bien celle d’une esthétique du mobile n’est d’actualité. Ce qui nous enseigne que les médias focalisent l’attention particulière ou excessive sur des sujets conditionnera les discours et inversement.

Finalement, nous confirmons également que les plates-formes de réseaux sociaux jouent un rôle clé dans la diffusion d’images liées à des événements tragiques. C’est de cette façon, qu’une production qui au début était censée être individuelle est utilisée collectivement.

Conclusions
Camera phone vidéos – breaking news => double appropriation – Alors qui s’approprie de qui et comment?

* C’est à travers ce type de prise de parole visuelle qu’on peut faire la critique des médias classiques.

* La fin du monopole des médias, la production de contenu devient par la suite une question identitaire. Dans les nouvelles pratiques, surtout avec les nouveaux outils, les images ne se contentent pas de soutenir le discours : elles deviennent le discours, nos propres discours.

* Cela dit, la superproduction iconographique fait qu’il y a encore plus besoin d’avoir des professionnels qui fassent le tri et l’analyse pour aider à comprendre les données. A ce propos, Donald Matheson s’exprime : « mis à part le rôle du journaliste d’orienter, il y a aussi celui d’instrumentaliser les usagers avec l’information qu’ils cherchent, leur fournir des liens qui sont parfois même en dehors de leurs domaines. »18

* La démystification des appareils d’enregistrement visuel reste une démarche quotidienne.

* Jouer un rôle actif dans la production d’images nous permet de nous rappeler des moments différents, ce qui pourrait déclencher plus tard notre mémoire par d’autres moyens aussi. Se rappeler certains événements grâce à des images existantes est fréquent, mais si c’est nous qui produisons ces images, les nôtres, nous pourrons probablement nous souvenir autrement.

*A travers la création d’images propres, les personnes peuvent s’approprier elles-mêmes de l’événement, surtout si c’est un événement spécialement troublant.

* Les mass médias s’approprient de ces vidéos mobiles faits par des amateurs. Il y a même beaucoup de sites journalistiques qui font appel à, ou demandent aux usagers de les envoyer leurs images, des scoops. Ils installent ainsi un double discours : ils encouragent les gens à faire du journalisme citoyen et après se plaignent disant que dû a de si nombreuses photographies, vidéos, etc., leur profession est mise en péril.

Cependant, c’est de cette façon que l’acceptation de l’esthétique du spontané, du brut, du sur le vif s’a installée. Cela a aussi beaucoup influencé la réception des images, qui même avec moins de définition sont acceptées comme canon de « nouvelle réel ». Le spectateur s’approprie lui aussi des codes.

  1. Richard Chalfen, Snapshot Versions of life, Bowling Green State University Popular Press, Ohio, 1987, p. 119. []
  2. Cf. Rémy Besson, “Breaking news 1”, l’atelier du Lhivic, 15 décembre 2008, http://lhivic.org/atelier/?p=512 []
  3. Il y a un jeu de mot en anglais parce que Breaking news fait appel à ‘une actualité importante’ et Breaking the news veut dire ‘casser les actualités’. []
  4. Cf. André. Gunthert, La Photo de presse: usages et pratiques, in Gianni Haver (dir.), Lausanne, éd. Antipodes, 2009 et « “Tous journalistes?” Les attentats de Londres ou l’intrusion des amateurs », en ligne : Actualités de la Recherche en histoire visuelle, 19 mars 2009, http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2009/03/19/956-tous-journalistes []
  5. En relation à cela le film de Jamal Albarghouti cameraphone video, darkdeicide08, (1min 15s), posté tout d’abord sur CNN i-Report, avril 2007, se trouve parmi les vidéos les plus vues []
  6. Clay Shirky, Here comes everybody, How Change happens When people Come Together, Penguin Books, 2008. Events like this one accelerate the pace of changes, of usages, “because once people adopt social media in an unusual situation, they are much likelier to integrate it into their everyday lives.” p. 298. []
  7. Cf. Web Ecology Project, site où on peut retrouver le rapport complet des premiers dix-huit jours, “The Iranian Election on Twitter : the first eighteen days”, 26 juin 2009, http://webecologyproject.org/ []
  8. Cf. S. Bowman et C. Willis, “We Media: How Audiences are Shaping the Future of News and Information”, 2003, The Media Center at the American Press Institute, accessible en ligne www.hypergene.net/wemedia/download/we_media.pdf et cf. Dan Gillmor, We the Media, Grassroots Journalism by the people, for the People, O’Reilly, 2004. []
  9. Op. cit., Cf. A. Gunthert. []
  10. Yang Weigwang, interviewée par Chen Yanwei, Nanfang, Renwu Zhoukan (extraits), “Objectif trouver une audience mondiale grâce au Net”, Courrier International, N° 974, juillet 2009, p. 51. []
  11. A. Gunthert, Ètudes Photographiques N°20, juin 2007, p. 174-86, “L’image parasite”, en ligne : http://etudesphotographiques.revues.org/index996.html []
  12. Ibid., p. 177. []
  13. A. M. Cox, P. D Clough, J. Marlow, “Flickr : a first look at user behaviour in the context of photography as serious leisure”, Information Research, vol.13/1, mars 2008, http://InformationR.net/ir/13-1/paper336.html, je voudrais remercier A. Gunthert pour m’avoir facilité cet article. []
  14. Cf. Marc Mentre, « Haïti Deadline », MediaTrend les nouveaux médias & les nouveaux usages, 24 janvier 2010, http://www.themediatrend.com/wordpress/?p=2382 []
  15. A. Gunthert, art. cit., “L’image parasite”, p. 178 []
  16. Ibid., A. Gunthert, p. 180 []
  17. Okabe Daisuke and Mizuko Ito, “Cameraphones changing the definition of picture-worthy”, Japan Media Review, 29 aout 2003, http://www.ojr.org/japan/wireless/1062208524.php []
  18. Cf. Donald Matheson Media Discourses, Analysing Media Texts : Issues in Cultural and Media Studies, Open University Press, 2005, p. 164-5 []

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2 commentaires

  1. Rien n’a changé, on retrouve la vieille classification de la TV : un évènement existe quand nous avons des images. Ce qui explique pour partie que la répression iranienne visant la bourgeoisie des villes (donc avec camera) fasse infiniment plus de bruit que les biens plus nombreuses victimes de la répression au Honduras visant une population paysanne et/ou populaire (donc sans camera).

    #196
  2. Les gens de l’association Ruban vert ont organisé, entre le 5 au 16 mai 2010, une exposition à Paris, (dans les anciens locaux du squat Rivoli 59) de quelques images prises lors de ces violentes émeutes.

    Je suis allé, j’ai demandé à une des jeunes femmes qu’y se trouvait de m’expliquer comment ils se sont faits de ces images. Elle me répondait : “Vous savez, toute est sur YouTube. Nous nous sommes mis à regarder et, grâce à un poteau, ou une autre remarque, nous reconnaissons les endroits, les rues de la ville. D’abord c’étaient deux vidéos postées le 20 juin 2010. Puis, quelques jours plus tard, d’autres gens se sont lancé et ont posté d’autres vidéos de la manifestation du même jour fatale. Nous avons pu constater en suivant l’histoire par le web.”

    Car, bien comme elle me disait sur le web d’un même événement, plusieurs vidéos circulent. Pour l’exposition, nous avons retrouvé six fichiers d’une même situation, expliquait Sharpak (prénom changé). « Grâce à ces points de vue, nous reconstituons cinématographiquement l’histoire.»

    « Au fil de la contestation, les films se font plus professionnels, ils bougent moins, réalisent davantage de plans séquences ». À différence des journalistes, dont leurs images sont muettes, ces images sont bavardes, voix incessante. On les entend insulter les forces de l’ordre… Cf.Cécile Daumas, Iran le peuple reporter, Libération, 4 mai 2010, p 30-31.

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