Madame est au téléphone ou comment mon téléphone sait tout sur moi

Vendredi 5 mars 2010
Par Gaby David

…. Ce qui est dur c’est de raccrocher, de faire le noir1…”

Introduction

Dans cet article, il s’agit de mettre en relation un spot publicitaire de la dernière campagne de Nokia avec La Voix humaine de Jean Cocteau. Nous essayerons de comprendre, à travers des représentations visuelles, comment sont perçus les rapports émotifs de la femme avec d’autres personnes via le téléphone fixe dans un premier temps, puis via le portable.

Parfois on retrouve des comportements qui sont similaires d’une époque à une autre ; on constate également des modèles similaires à travers les arts décoratifs ou à travers les mœurs. À différents moments de l’histoire il y eut, et il y a toujours, des rapprochements volontaires ou spontanés dans les représentations visuelles. Essayer de trouver des similitudes entre des œuvres qui appartiennent à différentes cultures et/ou moments s’avère nécessaire pour la recherche en études visuelles. Observons quelques représentations audio-visuelles de femmes avec un téléphone dans l’imaginaire collectif à travers le temps, pour mieux comprendre les divers rapports et récits qui se construisent autour.

Le téléphone de quelqu’un d’autre

En novembre 2008, Nokia lançait une vaste campagne européenne, dont le concept créatif émanait de Wieden & Kennedy – agence de publicité américaine connue pour son travail pour Nike. Il s’agissait là d’une des plus grosses campagnes de l’histoire de Nokia. Chaque agence locale de la marque procédait à l’adaptation par pays. En France, c’est l’agence publicitaire JWT qui en a été chargée avec un budget publicitaire de 13M€. Le dispositif comprenait entre autres : un spot télévisé de 60 secondes, décliné en 30 secondes et 15 secondes – diffusé à partir d’octobre-novembre 2008 – de l’affichage et des annonces presse qui mettaient en avant les produits, et enfin un volet web qui racontait la vie de trois jeunes par le biais de webisodes2 journaliers.

Pendant six semaines, la fiction se mélangeait avec les interactions du public. Ils avaient créé des profils Facebook, affiches de messages de texto, etc.  Alors il n’était vraiment pas aisé de démêler le vrai du faux – produisant ce que Tim Leberecht appelle « une fausse authenticité3». Le tout renvoyait au site événementiel de la marque somebodyelsesphone.com (maintenant plus en fonctionnement) géré par l’agence de marketing relationnel Fullsix4.

Il y avait une très fine utilisation des ressources numériques car le but n’était pas de montrer le site lui-même, ni la beauté des photos, mais de communiquer les expériences des personnages. La publicité vendait ainsi non pas des produits mais des valeurs, des concepts, et en l’occurrence la romance, l’amour…

Grâce à leur camphone, les petits événements du quotidien des trois personnages étaient capturés et mis en ligne. Nous pouvions ainsi parcourir leurs vies, écouter leurs musiques, lire leurs SMS, visionner leurs vidéos, voir leurs contacts et leur calendrier. Sur la plate-forme Facebook, ils avaient de faux comptes créés, sur lesquels on pouvait trouver de plus amples renseignements sur chacun des profils des trois personnages. Par exemple le compte Facebook d’une certaine Anna Randall.

Nokia nous introduisait dans les « expériences » de personnages qui représentent la cible principale de cette campagne. Les protagonistes de la publicité ne semblent être ni le téléphone ni la marque, mais les trois jeunes et leurs vies numériques. Le concept de la campagne est clair : montrer leur vie quotidienne, leurs émotions et la façon dont le nouveau modèle Nokia peut aider à construire et renforcer leurs relations. Toute cette campagne a été une sorte de jeu-fiction autour de ces trois personnages imaginaires. Ces trois adolescents représentent les stéréotypes des cibles marketing que Nokia a sur ces produits : Anna est un top model suédois, Luca et Jade deux jeunes branchés.

Prise d’écran du site, qui n’est maintenant plus en fonctionnement

Somebody else’s phone (VF : le téléphone de quelqu’un d’autre) était l’un des spots de cette dernière campagne publicitaire de Nokia (fin 2008). Il s’agit d’une vidéo virale5, faite d’abord pour la télévision, qui a engendré pas mal de buzz6 : « Mon téléphone sait tout sur moi. »
Le très bon pitch7de cette publicité émane d’une voix-off, qui en une minute seulement, énumère toutes les choses que nous pouvons faire avec nos téléphones. Elle ressemble un peu à ce que pourrait être une bande-annonce ayant pour but de nous inciter à googliser le site et/ou les personnages.

On tient à son téléphone
On le remplit de numéros
de proches, de flirts ou de gens qu’on oublie
On supprime des contacts
On vérifie ses messages, on en envoie par accident,
la honte
On regrette
On écoute son répondeur
On appelle
On raccroche
On éteint son téléphone
On s’endort dessus
On prend des photos embarrassantes, privées, à ne pas effacer, à ne jamais montrer…

On discute
On hurle
On pleure
On rit
On perd ses mots
On ne rappelle pas
On aurait dû rappeler
On rappelle à 5 h du mat’
On perd son téléphone, on ne sait plus quoi faire
On s’inquiète
On pense…
Mon téléphone sait tout de moi !
Si vous trouviez mon téléphone, vous regarderiez à l’intérieur ?

À un moment donné de cette courte publicité, mélange réussi d’images animées et images fixes – aux photographies en format Gif animé8 assez saccadées -, il y a une prise de vue d’Anna, le jeune modèle qui discute dans une chambre au téléphone portable.

Vidéogrammes de « Somebody else’s phone », Nokia, oct-nov 2008

On voit donc Anna allongée sur un lit, vêtue d’un peignoir, dans son intimité. Petit, vraiment très près d’elle, le téléphone portable n’est presque pas visible, on l’imagine. Les images sont d’abord en plan rapproché, puis prises de plus loin : la caméra est en plongé zénithal total, comme un œil supérieur qui voit tout, panoptique. Le plan rapproché met en évidence les sentiments du personnage, alors que le cadre suivant présente le personnage en faisant apparaître le décor dans lequel il évolue.

De fait, aujourd’hui quand nous pensons à des communications interpersonnelles, le téléphone portable est d’ores et déjà dans notre imaginaire. Cela nous amène à penser davantage à la délocalisation de nos communications, à imaginer inconsciemment ce ‘non-lieu‘ d’Augé, ce non-espace  ou espace libre et fluide où les relations se construisent, se tissent. La notion d’embodiment – en français « incarnation » – renvoie tout de suite à ce processus d’intégrer l’appareil, l’objet lui-même au corps des usagers, comme une part de leur propre moi physique9.

Représentations visuelles stéréotypées, rôles et genre

Cependant, étant donné que l’histoire tourne autour de trois personnages, les stéréotypes des rôles de genre dans cette courte publicité ne sont pas si explicites. Nous ne savons pas vraiment si Anna est en train de parler avec Lucas, Jade ou une toute autre personne. Il n’y a, dans le clip, aucun signe qui nous l’indique. En général, sauf si c’est une vidéoconférence, on ne voit pas la personne avec qui l’on parle. Le mystère et la séduction de la voix, restent des choses essentielles et intrinsèques à nos communications téléphoniques éphémères. Dans le clip nous ne voyons ni ne devinons avec qui Anna parle.

Mais existerait-il d’une manière sous-jacente la convention qu’elle parle avec Lucas ? Que c’est l’œil d’un homme qui regarde et capture la femme10 en tant qu’objet à regarder ? Peut-être que le fait que la caméra soit panoptique, dominatrice incite à le croire, à l’imaginer ?

À travers l’histoire de l’art, notamment, et même en général, les femmes ont été accoutumées, dans la plupart des cas, à ce qu’un regard masculin dominateur soit porté sur elles. « En outre – comme l’écrit à Dong-Hoo Lee – les femmes dans les annonces de téléphonie mobile sont souvent montrées comme des objets attrayants “pour afficher le glamour de la téléphonie mobile” ou “remplir les fantasmes des hommes”11».

Dong-Hoo Lee12 développe l’idée que : « La recherche sur la publicité de la téléphonie mobile a également confirmé les annonces de genre avec des images polarisées, où les femmes sont représentées utilisant leurs téléphones mobiles comme des instruments d’expression et de sociabilité, tandis que les hommes sont représentés utilisant leurs téléphones mobiles en situations d’entreprise ou autre activité axée sur le business. »

Un peu d’histoire

Dans le Petit Journal Illustré du 17 avril de 1904, d’où cette l’illustration est extraite, il y a un article sur les « demoiselles du téléphone ». Cette expression, caractéristique de la téléphonie française, remonte à une période où le réseau téléphonique commuté n’était pas automatisé. Parce qu’en attendant l’installation de l’automatique sur l’ensemble du territoire français – qui n’est effective qu’à la fin des années 1970 – les centrales téléphoniques hébergeaient un personnel nombreux et qualifié. Les plus célèbres figures de ce microcosme sont les fameuses « demoiselles du téléphone », appelées ainsi parce que cette catégorie de personnel était recrutée exclusivement parmi des jeunes filles célibataires. Elles perdaient généralement leur emploi lorsqu’elles se mariaient13.

Qu’est-ce qui se passait de l’autre côté de l’Atlantique ? Regardons quelques images du film documentaire Long Distance, qui documente le câblage téléphonique aux États-Unis, en 1941. Tout comme dans l’illustration, nous y voyons plusieurs téléopératrices, assises les unes à côté des autres, aux voix douces et assez monotones, et dont le rôle était d’être au cœur même des connexions.

Photogrammes de « Long Distance », États-Unis, 1941, Prelinger Archives, Internet Archive.

À cette époque, encore, le métier de téléopérateur était exclusivement féminin. La femme apparaît ici comme celle qui connecte, qui fait le lien.

Mais, la relation entre la femme et le téléphone pouvait revêtir un caractère dramatique. Il n’est pas possible de faire une analyse du rapport entre la femme et le téléphone sans citer une des œuvres phare, de Jean Cocteau, La Voix humaine. Cette pièce de théâtre, tragédie lyrique en un acte, est le drame d’une rupture amoureuse. Le personnage féminin incarne la souffrance de celle qui est abandonnée et discute au téléphone avec son amant : incarnation d’une relation d’amour qui n’a pas abouti. Chez elle, dans sa chambre, dans son intimité, malheureuse, elle pleure, seule, personne ne la voit.

Presque quatre-vingt ans séparent La Voix humaine de Somebodyelsesphone. Cependant, les stéréotypes qui sont rattachés à la femme n’ont presque pas changé. On continue à l’identifier à un bel objet – la femme belle, mince – ; ou bien, comme  c’est le cas de nos deux exemples, on voit la femme victime, dépositaire des tristesses, « larguée », désolée…
« De cette minute elle parlera debout, assise, de dos, de face, de profil, à genoux, derrière la chaise fauteuil la tête coupée, appuyée sur le dossier, arpentera la chambre en traînant le fil, jusqu’à la fin où elle tombe sur le lit à plat ventre14 », écrit Cocteau dans une didascalie.

Vers la fin des années quarante, sorte de préambule aux années de gloire du Cinecittá, le réalisateur Rossellini se base sur ce texte et tourne La Voix humaine. Des extraits du film La Voix humaine, Rossellini, 1948, peuvent être visionnés ici, ici et ici. Ce court-métrage et un autre nommé Il Miracolo donneront lieu, ensemble, au film nommé L’Amour.

Photogrammes de La Voix humaine, Rossellini, 1948.

Puis, en 1958, le compositeur Francis Poulenc écrit la pièce La Voix humaine, qui deviendra une œuvre incontournable du répertoire des chanteuses, par exemple Jessye Norman, « Sorry, wrong number » et Merav Barnea, « Poulenc – La Voix Humaine ».

Il semble impossible de répertorier toutes les mises en scène de cette pièce de sa création jusqu’à aujourd’hui ; regardons plutôt ce qui se passe avec quelques représentations visuelles de cette pièce sur le web.

Mais, pourquoi associer le texte de Cocteau avec cette publicité ? Il me semble que les mettre en contrepoint favorise une compréhension de comment les représentations du soi vis-à-vis des relations de couple changent et se modifient. « Les images ont un rôle actif dans le jeu d’établir et changer les valeurs15».

D’abord avec les féministes, puis avec les Gender et Women Studies, cette vision de la représentation de la femme a commencé à changer16. Dans le champ de la photographie contemporaine, on peut faire appel à l’œuvre de la photographe américaine Cindy Sherman, qui avec tous ses auto-portraits et auto-mises en scène, (re)met en question ce que peuvent être l’autoportrait et la féminité. Cindy Sherman, Untitled#90, photographie couleur, 1981, 61 X 121,9 cm.

En France, en 2005, le court-métrage Cindy, The Doll is Mine de Bertrand Bonello lui rend aussi hommage.

Par exemple à un moment donné du film l’actrice qui joue le rôle de Sherman est filmée allongée au sol, comme une poupée grandeur nature, jouant la désolée, une de ses mains tient l’appareil téléphonique et l’autre main a un bandage autour du poignet. Un amalgame d’associations peut être fait de manière simple – je l’avoue : le téléphone représente la communication avec les autres et la bande symbolise une auto-flagellation non aboutie. Une sorte de portrait à double face.

En écho au cas particulier de la démarche artistique de l’artiste C. Sherman – que je ne développerai pas –, une des interviewées de Dong-Hoo Lee disait : « Photographier avec un camphone c’est jouer17.» Le verbe jouer est à prendre ici dans les deux sens du terme. Avec le camphone, le rôle de la femme peut changer et se subvertir davantage grâce à elle-même, car elle peut s’auto-mettre en scène facilement. Les femmes peuvent expérimenter ainsi l’être actif, modificateur de ce regard masculin. Même aujourd’hui, en cette période qu’on peut appeler post-féministe, les femmes se sont rendu compte (entre autres choses) que l’image identitaire est une affaire de construction et que c’est ainsi que les codes visuels et les conventions vont se déplacer et changer.

Pour en revenir à la publicité Nokia, essayons de mettre en contrepoint La Voix humaine et la publicité Somebody else’s phone.

On voit Anna à l’extérieur de sa chambre parlant, triste, dans les couloirs en perspective de cet hôtel. Un couple passe et la regarde pleurer avec un certain mépris. Dans ce spot, la souffrance n’est ni cachée ni honteuse : elle peut même être publique. Car aujourd’hui il semble que le privé ne relève plus exclusivement du foyer, mais qu’il soit aussi impersonnel, ce qui est représenté ici par les couloirs et le peignoir blanc prêté par l’hôtel.
N’importe où. N’importe quand. Nos joies ou nos souffrances, nous en général et en particulier, nous sommes cachés seulement grâce à cette énorme masse de données publiques. Ça n’intéresse personne et tout le monde s’en fiche. C’est l’anonymat qu’on expérimente dans la quantité, comme dans les grandes villes.

Vidéogrammes de « Somebody else’s phone », Nokia, oct-nov 2008.

Il est évident que les comportements relatifs à la privacité et à l’intime changent. Les images que nous voyons dans la publicité, mais aussi celles qui sont prises dans nos vies courantes, nous le confirment à chaque instant.

Observation

Le rythme de la pièce de Cocteau, celui du film de Rossellini et celui du spot publicitaire de Nokia sont clairement différents. Tout d’abord parce que les époques, les contextes de création sont distincts et ensuite parce que les médiums sont différents. Essayons cependant de faire une analyse comparée et d’en tirer quelques conclusions. Parce qu’au delà de la métamorphose de l’outil, il me semble que cela n’a pas entrainé de changement des stéréotypes.

Avec La Voix humaine, on perçoit une sorte de trahison du téléphone : le fait de se parler au téléphone donne le sentiment d’être avec l’autre alors même qu’il s’en va ou n’est plus avec nous. Au contraire, dans la publicité Nokia, la vie – toute la vie – serait « dans le téléphone » et donc avoir le téléphone de quelqu’un serait comme le posséder. Il ne s’agit plus de déposer tout ce moi dans autrui mais dans le téléphone. Avant c’était l’homme – l’amoureux, l’amant, comme dans La Voix humaine –, le couple qui savait tout sur moi, maintenant selon Nokia c’est mon téléphone qui sait tout sur moi.

On perçoit alors un changement de perspective. Auparavant, le sentiment ancré dans l’imaginaire collectif était que le téléphone est un moyen de communication, un moyen de joindre quelqu’un. Maintenant il est plutôt considéré comme un objet autoréférentiel : journal intime, carnet de notes, correspondance, photos, SMS personnels, tous des choses qui nous sont chers… alors il s’installe cette idée que si on perd son téléphone on se perd soi même.

Finalement, on voit que les images restent assez similaires, les stéréotypes se maintiennent, mais qu’on a changé de paradigme : l’important alors n’est plus tout à fait la relation perdue, mais serait de perdre le téléphone lui-même. Comme si ce c’était ni la douleur ni la femme qui comptait, mais plutôt la douleur de la perte du téléphone. L’impression qui s’installe dans notre inconscient collectif est celle véhiculée par la publicité : ce qu’il faut surveiller ce n’est pas la perte de l’autre mais la perte de son téléphone.

Á l’époque Cocteau le disait déjà avec une justesse qui continue de nous interpeler :

« Dans le temps, on se voyait. On pouvait perdre la tête, oublier ses promesses, risquer l’impossible, convaincre ceux qu’on adorait en les embrassant, en s’accrochant à eux. Un regard pouvait changer tout. Mais avec cet appareil, ce qui est fini est fini18


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  1. Jean Cocteau, La Voix humaine, Editions Stock, Paris, 1930, p. 43. []
  2. Une webisode c’est une série, créée spécialement pour le web. Cf. Carolyn Handler Miller, Digital Storytelling, a creators uide to interactive entertainment, Focal Press, 2004. []
  3. Tim Leberecht, “Somebody Else’s Phone: Would you look through it ?”, Cnet news, 2 novembre 2008, http://news.cnet.com/8301-13641_3-10080781-44.html []
  4. Cf. Virginie Baucomont, « Nokia lance une des plus grosses campagnes de son histoire », CBNEWS – Communication & Business News, 16 octobre 2008, http://www.cbnews.fr/articles/marques/nokia-lance-une-des-plus-grosses-campagnes-de-son-histoire []
  5. Une vidéo virale est une vidéo connaissant une diffusion massive, un nombre de visionnages élevé, qui répond à ce qu’on nomme le principe de citation, par hyperlien vers la page de stockage ou par vidéo exportée sur des blogs, sites personnels, etc. []
  6. Un buzz est une technique de marketing qui consiste à faire du bruit autour d’un produit ou offre. []
  7. Le pitch synthétise l’histoire d’une œuvre de fiction en une phrase ou un petit paragraphe. C’est l’argument, le ressort dramatique ou encore l’accroche. []
  8. Le format Gif animé est un affichage successif de différentes images qui donne une petite animation. Ces animations sont courantes sur le web, particulièrement dans les publicités, car la vitesse d’affichage des images essaie d’attirer le regard. []
  9. Letizia Caronia et André H. Caron, “Social Performance Constructing a Specific Culture: Young People’s Use of the Mobile Phone as a Social Performance”, Convergence 2004, p. 28-61, http://con.sagepub.com/cgi/content/abstract/10/2/28 []
  10. « […] la femme n’est pas une singularité permanente, mais le produit de pratiques historiques et discursives particulières qui la commentent, la classent et lui donnent une signification en tant qu’entité cohérente – une cohésion qui, sans cela, lui ferait défaut », Denise Riley 1988, citée par Angela McRobbie, in “Ré-articuler l’empirisme et le déconstructivisme: nouvelles questions pour le féminisme et les Cultural Studies” in Cultural Studies Anthologie, Hervé Glevarec, Eric Macé et Eric Maigret, Ed. Armand Colin, Paris, 2008, p. 325. []
  11. Dong-Hoo Lee, “Women’s Creation of Camera Phone Culture”, Fibreculture Journal, 2005 Issue 6, Mobility, New social Intensities and the Coordinates of Digital Networks, http://journal.fibreculture.org/issue6/, c’est moi qui traduise : « Moreover, according to Dong-Hoo, women in mobile phone ads are often displayed as eye-catching objects in order to ‘display the glamour of the mobile phone’ or ‘to fulfil men’s fantasies’ ». []
  12. Prøitz, Lin, « A Play of Visibility. Performances of Gender and Sexuality in Young Women’s and Men’s Camphone Images », in The Mobile Phone Turn. A study of Gender, Sexuality and Subjectivity in Young People’s Mobile Phone Practices, 2007. []
  13. Cf., « Demoiselles du téléphone, Aspect d’un bureau téléphonique parisien », http://pagesperso-orange.fr/centans/pj1904/pj70017041904b.htm []
  14. Jean Cocteau, La Voix humaine, Editions Stock, Paris, 1930, p. 14. []
  15. W. J. T. Mitchell, What do pictures want?, The lives and loves of images, The University of Chicago Press, 2005, p. 105, je traduis : “Images are active players in the game of establishing and changing values.” []
  16. Je renvoie notamment aux ouvrages de Judith Butler. []
  17. Dong-Hoo Lee, Ibid., p. 7, je traduis : « To photograph with camera phones is to play. » []
  18. Jean Cocteau, Ibid., p. 58. []

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11 Reponses à “ Madame est au téléphone ou comment mon téléphone sait tout sur moi ”

  1. Patrick Peccatte sur 06/03/2010 à 12:48

    « La recherche sur la publicité de la téléphonie mobile a également confirmé les annonces de genre avec des images polarisées… »
    La téléphonie mobile sérieuse c’est plutôt une affaire d’hommes, comme le monte ce clip polonais (pas besoin de comprendre la langue) :
    http://www.youtube.com/watch?v=Q2LBaJB5RT4

  2. Valentina Grossi sur 06/03/2010 à 12:52

    Bonjour Gaby, c’est très intéressant!

    Tu mets très bien en évidence comment, à différence du téléphone publique et du téléphone fixe, le téléphone portable a amené avec lui un nuage de sens reliés au narcissisme qui étaient absents par le passé, et cela est peut-être du au fait qu’au contraire des deux premiers, ce dernier est le seul à être vraiment “personnel” et à collecter toute une série d’informations qui sont en lien direct avec notre vie et nos sentiments.

    Le portable est un petit journal intime, mais je pense aussi que c’est un journal intime assez “propre”, c’est-à-dire qu’il est déjà privé, dans sa nature d’outil de communication, de toute une série d’informations que nous ne partagerions jamais avec autrui; c’est en quelque sorte un journal intime de nos relations sociales. C’est peut-être aussi pour cette raison que, oui, sa perte serait douloureuse, mais que en même temps nous pouvons fantasmer sur ce que quelqu’un d’autre pourrait penser de nous en le retrouvant, alors que la perte d’un vrai journal intime serait simplement un cauchemar…

  3. fal7i sur 06/03/2010 à 13:58

    @ Patrick Peccatte, on a aussi ça, Damien Saez versus image de marque du caddie : http://www.ninapeople.com/i/2010/3/30643_s.JPG (ninapeople)

  4. Gaby David sur 09/03/2010 à 13:27

    @ PP: oui tout à fait d’accord avec ton signalement. Cette pub http://bit.ly/cVKxks avais aussi faite une petite buzz… j’aimerai savoir qu’est-ce que vous en pensez ?

    @ Valentina : le portable est un chose assez personnel parmi les adultes, mais parmi les adolescentes il est assez partagé…manque d’argent pour téléphoner, visionner les images, etc.
    alors quand tu dises “journal intime de nos relations sociales” n’est-ce pas un journal intime proprement dit ?

  5. Audrey Leblanc sur 09/03/2010 à 14:52

    Bah! Le machisme de la pub signalée par PP ne me semble pas du tout relever du même registre ni des mêmes questions que la pub avec Pascal Duquenne!!
    Par ailleurs, je ne suis quand même pas très convaincue par l’idée d’une tentation de voyeurisme narcissique (que penserait quelqu’un qui trouverait notre téléphone portable ou notre journal intime?). Si c’est un objet personnalisé et “privé/privatisé”, quelqu’il soit, ça ne regarde que soi, me semble-t-il…

  6. Gaby David sur 10/03/2010 à 14:01

    bien sur qu’il n’est pas du même genre, je voulais seulement avoir votre avis de cette pub… car il me semble qu’il y a là aussi un parti pris en ce qui au discours (marketing?) relève…

  7. Patrick Peccatte sur 10/03/2010 à 14:27

    La pub avec Pascal Duquenne n’a en tout cas rien à voir avec le machisme de cette entreprise polonaise qui en a d’ailleurs fait sa “marque de fabrique” si l’on peut dire, cf. les autres pubs ici:
    http://www.mobilking.pl/reklamy-telewizyjne.html
    et le jeu similaire à Paf le Chien, mais avec une femme pompier:
    http://www.mobilking.pl/firewoman.html
    Tout çà pour vendre des abonnements téléphoniques “pour les vrais hommes”:
    http://translate.google.com/translate?u=http://pl.wikipedia.org/wiki/Mobilking&sl=pl&tl=fr&hl=&ie=UTF-8

  8. Gaby David sur 11/03/2010 à 12:06

    Oui, je suis d’accord avec vous AL et PP, que ces pubs n’ont rien à avoir.
    Seulement, j’essaye de comprendre cette façon tendancée de faire des pubs qui dépassent – à mon avis – la déontologie du marketing publicitaire; ou bien, qu’au moins marchent sur des lignes fins de ce qui est moralement acceptable.

  9. Gaby David sur 15/03/2010 à 11:45

    Women & phones: les représentations (et réflexions) continuent… :)

  10. Gaby David sur 06/04/2010 à 17:07

    Cf. Caron et Caronia, Moving Cultures, Mobile Communication in Everyday Life, McGill-Queen’s University Press,Chapitre 4, Now Playing: Mobiles, Discourses, and Advertising, 2007.

  11. dominique sur 10/06/2010 à 21:41

    En 2010 on peux meme retrouver son téléphone en cas de perte ou de vols, savoir ou son vos enfants grace a leur téléphone.
    essayer : http://www.gsmloc.com
    Dominique

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