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	<title>Cinémadoc &#187; shoah</title>
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	<description>Images animées, archives visuelles et dispositifs</description>
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		<title>Ours d&#8217;or et circulation quotidienne de l&#8217;information</title>
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		<pubDate>Sun, 17 Feb 2013 20:52:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémy Besson</dc:creator>
				<category><![CDATA[Notes]]></category>
		<category><![CDATA[lhivic]]></category>
		<category><![CDATA[shoah]]></category>
		<category><![CDATA[UdeM]]></category>

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		<description><![CDATA[Depuis sa sortie en salle en avril 1985, Shoah, le film de Claude Lanzmann, a été présent de manière régulière dans l&#8217;espace public médiatisé français. Il a été l&#8217;objet d&#8217;une réception très favorable, aussi bien dans la presse généraliste qu&#8217;à la télévision (1985 et 1987). Il est ensuite progressivement devenu une référence dans le domaine [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">Depuis sa sortie en salle en avril 1985, <em>Shoah,</em> le film de Claude Lanzmann, a été présent de manière régulière dans l&#8217;espace public médiatisé français. Il a été l&#8217;objet d&#8217;une réception très favorable, aussi bien dans la presse généraliste qu&#8217;à la télévision (1985 et 1987). Il est ensuite progressivement devenu une référence dans le domaine des sciences sociales et dans la presse spécialisée (1987-). Objet de rétrospectives et de nombreuses fois primé, il a été diffusé à plusieurs reprises à la télévision et au sein de l&#8217;Éducation nationale. Il a enfin été l&#8217;objet de nombreuses citations lors de polémiques sur la représentation du génocide des Juifs (1994-2001).</p>
<p style="text-align: justify">La remise d&#8217;un Ours d&#8217;or d&#8217;honneur à Claude Lanzmann a donné lieu à de nouvelles publications en lien avec le film. Dans le cadre de cette note, cette remise de prix est considérée comme un exemple permettant de comprendre comment un film reste une référence dans l&#8217;espace public en dehors de toute polémique<sup>1</sup>. Cet exemple est étudié ici car il n&#8217;a rien d&#8217;exceptionnel, cette remise d&#8217;un prix n&#8217;ayant pas particulièrement fait événement. Il s&#8217;agit ainsi de porter attention au fonctionnement quotidien des médias. Pour cela, une collecte des sources (ordonnées de manière chronologique) est présentée, avant d&#8217;étudier les différents termes utilisés pour qualifier <em>Shoah</em>.</p>
<p style="text-align: justify">L&#8217;information a été connue fin novembre 2012. Elle a alors été diffusée dans différents médias dont notamment, <a href="http://cinema.nouvelobs.com/articles/22389-ceremonies-berlinale-2013-claude-lanzmann-recevra-l-ours-d-or-d-honneur" target="_blank"><em>CinéObs</em></a> (1)<sup>2</sup>, le site de la chaîne <a href="http://www.canalplus.fr/c-cinema/c-l-actu-du-cinema/cid771578-berlinale-2013-l-ours-d-or-d-honneur-decerne-a-claude-lanzmann.html" target="_blank">Canal+</a> (2), des sites spécialisés <a href="http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18619175.html" target="_blank">Allociné</a> (3*) et <a href="http://www.cinefil.com/depeche/23705" target="_blank">Cinéfil</a> (4) notamment. Dans ces quatre cas, le contenu rédactionnel est quasi-identique et provient de l&#8217;<a href="http://www.relaxnews.com/#" target="_blank">agence Relaxnews</a>. Un très court texte est aussi publié sur le site de <a href="http://www.parismatch.com/Culture-Match/Cinema/Depeches/Claude-Lanzmann-honore-a-Berlin-449291/" target="_blank">Paris Match</a> (5), alors que sur <a href="http://next.liberation.fr/cinema/2012/11/29/un-ours-d-honneur-a-berlin-pour-claude-lanzmann_863966?xtor=rss-450" target="_blank">Next-Libération</a> (6) et <a href="http://www.france24.com/fr/20130214-festival-film-berlinale-allemagne-mission-accomplie-realisateur-claude-lanzmann-ours-or-honneur" target="_blank">France 24</a> (7) c&#8217;est la dépêche AFP qui est reprise. La page de France 24 est ensuite reprise sur <a href="http://www.pressafrik.com/CINEMA-Le-realisateur-Claude-Lanzmann-honore-par-la-Berlinale_a98043.html" target="_blank">PressAfrik</a>. Dans tous les cas, la source est un communiqué, de Dieter Kosslick, le directeur du festival de Berlin. Le site <a href="http://cineuropa.org/nw.aspx?t=newsdetail&amp;l=fr&amp;did=229904" target="_blank">CinéEuropa</a> (8), repris notamment par <a href="http://www.cinemovies.fr/actu/claude-lanzmann-recevra-un-ours-d-honneur-lors-du-prochain-festival-de-berlin/21149" target="_blank">Pure Ciné</a> (*), le blog <a href="http://www.youmag.com/news/71724/berlinale-2013-un-ours-d-or-d-honneur-pour-claude-lanzmann" target="_blank">Young Mag</a> (9) et <a href="http://ecrannoir.fr/blog/blog/2012/11/30/berlin-2013-ours-dor-honorifique-pour-claude-lanzmann/" target="_blank">Écran noir</a> (10) ajoutent un peu de contenu à l&#8217;information de départ. Ce dernier site indique que Claude Lanzmann termine un nouveau documentaire<sup>3</sup></p>
<p style="text-align: center"><a href="http://culturevisuelle.org/cinemadoc/files/2013/02/info.jpg"><img class="size-full wp-image-2696 aligncenter" title="info" src="http://culturevisuelle.org/cinemadoc/files/2013/02/info.jpg" alt="" width="700" height="93" /></a></p>
<p style="text-align: justify">Entre décembre 2012 et janvier 2013 cette information est peu reprise. Elle est cependant mentionnée dans un article de l&#8217;hebdomadaire <em>Marianne</em>, dont le titre est &#8220;<a href="http://www.marianne.net/2013-l-annee-Lanzmann_a225459.html" target="_blank">2013, l&#8217;année Lanzmann</a>&#8221; (11)<sup>4</sup>. En janvier, l&#8217;information est diffusée dans <a href="http://www.leparisien.fr/flash-actualite-culture/binoche-deneuve-et-huppert-annoncees-pour-la-63e-berlinale-11-01-2013-2472631.php" target="_blank">Le Parisien.fr</a> (12) et sur le site <a href="http://www.memoiresjuives.com/2013/01/claude-lanzmann-honore-au-festival-du.html" target="_blank">Mémoires juives</a> (13). Fin janvier, un entretien est réalisé par une équipe d&#8217;Arte avec Claude Lanzmann. Des extraits de celui-ci sont diffusés dans <a href="http://www.arte.tv/fr/metropolis/7264996.html" target="_blank">l&#8217;émission Métropolis</a> du 9 février 2013 (14), puis sont repris dans le journal du soir du 14 février<sup>5</sup>. Dans le dossier en ligne que la chaîne consacre à la Berlinale,<a href="http://www.arte.tv/fr/claude-lanzmann-ours-d-or-d-honneur-a-la-berlinale/7307326.html" target="_blank"> une page</a> porte sur la remise de ce prix à Claude Lanzmann (15*).</p>
<p style="text-align: justify">Le 14 février, deux dépêches AFP sont diffusées (<a href="http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5it8ozeaejXr8zO1jFWNK17X3E1Ng?docId=CNG.c6498f69e7c72a30c19f8584ca21d4d5.701" target="_blank">un article de 300 mots environs</a> et un entretien de 700 mots). <a href="http://www.lepoint.fr/culture/honore-a-la-berlinale-lanzmann-acheve-un-nouveau-film-sur-le-camp-de-theresienstadt-14-02-2013-1627609_3.php" target="_blank">Le Point</a> (16), <a href="http://www.leparisien.fr/flash-actualite-culture/honore-a-la-berlinale-lanzmann-acheve-un-nouveau-film-sur-le-camp-de-theresienstadt-14-02-2013-2568243.php" target="_blank">Le Parisien</a> (17), <a href="http://www.commeaucinema.com/showbiz/honore-a-la-berlinale-claude-lanzmann-acheve-un-film-sur-le-camp-de-theresienstadt,281149" target="_blank">Comme au cinéma</a> (18) et <a href="http://actu.orange.fr/culture/honore-a-la-berlinale-lanzmann-acheve-un-nouveau-film-sur-le-camp-de-theresienstadt-afp_1356652.html" target="_blank">Orange </a>reprennent l&#8217;article de l&#8217;AFP (qui ne fait pas référence à <em>Shoah</em>). L&#8217;information principale est la réalisation d&#8217;un nouveau film par Claude Lanzmann. L&#8217;entretien est repris par <a href="http://www.directmatin.fr/culture/2013-02-14/lanzmann-je-pensais-que-shoah-serait-liberateur-pour-les-allemands-384649" target="_blank">Direct Matin</a> (19), <a href="http://www.lepoint.fr/culture/lanzmann-je-pensais-que-shoah-serait-liberateur-pour-les-allemands-14-02-2013-1627262_3.php" target="_blank">Le Point</a> (20) et le <a href="http://www.francetv.fr/culturebox/claude-lanzmann-je-pensais-que-shoah-serait-liberateur-pour-les-allemands-132425" target="_blank">site de France TV</a> (21*). Il porte intégralement sur <em>Shoah</em>. Enfin <a href="http://next.liberation.fr/cinema/2013/02/14/claude-lanzmann-toujours-marque-par-shoah_881756" target="_blank">Next-Libération</a> (22) reprend l&#8217;entretien, cette page étant elle-même reprise par <a href="http://fr.news.yahoo.com/claude-lanzmann-toujours-marqu%C3%A9-shoah-101444194.html" target="_blank">Yahoo! Actualités</a>, sur le site du <a href="http://www.crif.org/fr/tribune/lanzmann-il-ny-pas-de-ride-dans-shoah/35209" target="_blank">Crif</a> (*) et sur celui de la <a href="http://www.cicad.ch/fr/shoah-news/claude-lanzmann-toujours-marqu%C3%A9-par-%C2%ABshoah%C2%BB.html" target="_blank">Cicad</a>. Une brève apparaît aussi sur la Une du site <a href="http://www.notrecinema.com/" target="_blank">Notre cinéma</a> (23)<sup>6</sup>. <a href="http://madame.lefigaro.fr/art-de-vivre/to-do-list-010213-343910" target="_blank">Le Figaro Madame</a> mentionne aussi l&#8217;information sans lui consacrer un article (24)<sup>7</sup>. Le plus souvent, quand une photographie est utilisée, il s&#8217;agit de l&#8217;une de celles de l&#8217;AFP (cf. ci-dessous).</p>
<p style="text-align: justify"><a href="http://culturevisuelle.org/cinemadoc/files/2013/02/info2.jpg"><img class="size-full wp-image-2697 aligncenter" title="info2" src="http://culturevisuelle.org/cinemadoc/files/2013/02/info2.jpg" alt="" width="720" height="219" /></a>Le 17 février, un certain nombre d&#8217;articles faisant le point sur le palmarès et le bilan de la Berlinale, mentionnent l&#8217;Ours d&#8217;or décerné à Claude Lanzmann. Il est possible de citer, <a href="http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/17/berlinale-un-palmares-marque-par-les-cliches-sociaux_1833957_3246.html" target="_blank">Le Monde</a>, <a href="http://next.liberation.fr/cinema/2013/02/17/le-film-roumain-pozitia-copilului-decroche-l-ours-d-or-a-berlin_882366" target="_blank">Next-Libération</a> ou encore <a href="http://lci.tf1.fr/cinema/news/berlinale-les-francais-bredouille-l-ours-d-or-a-la-roumanie-7833266.html?xtmc=lanzmann&amp;xtcr=1" target="_blank">TF1</a> et <a href="http://www.lefigaro.fr/cinema/2013/02/16/03002-20130216ARTFIG00446-berlinale-l-ours-d-or-au-drame-roumain-child-s-pose.php" target="_blank">Le Figaro</a>. PurePeople, consacrant un article à la question, &#8220;<a href="http://www.purepeople.com/article/berlin-2013-les-francais-ont-ils-marque-la-63e-berlinale_a115720/1" target="_blank">Berlin 2013: Les Français ont-ils marqué la 63e Berlinale ?</a>&#8220;, met le réalisateur de <em>Shoah </em>en Une. Une photographie est aussi reprise sur <a href="http://ecrannoir.fr/blog/blog/2013/02/" target="_blank">Écran noir</a>. La mention du prix est cependant absente de la plupart des articles sur le palmarès du festival et il n&#8217;est pas souvent fait référence à <em>Shoah</em>.</p>
<p style="text-align: justify">Par ailleurs, l&#8217;information est diffusée <a href="http://www.fondationshoah.org/FMS/spip.php?article1988" target="_blank">sur le site de la Fondation pour la Mémoire de Shoah</a> (25) et sur la <a href="http://www.facebook.com/fondationshoah" target="_blank">page Facebook de cette institution</a>. Ce post est partagé 147 fois et il donne lieu à d&#8217;autres partages. <a href="http://www.fondationshoah.org/FMS/spip.php?article1488" target="_blank">Sur le site</a>, il est précisé que <em>Shoah </em>a été numérisé avec le soutien de la Fondation. Cette information est aussi présentée <a href="http://ecrannoir.fr/blog/blog/2012/09/29/150-millions-deuros-en-moins-pour-le-cnc-la-numerisation-des-films-menacee/" target="_blank">sur le site Écran noir</a> qui insiste sur le soutien du CNC (septembre 2012).</p>
<p style="text-align: justify">Cette collecte non-exhaustive de documents fait d&#8217;abord apparaître une <strong>grande pauvreté éditoriale</strong>. Quel que soit le support, sites des chaînes de télévision, fournisseurs d&#8217;accès, moteurs de recherche, presse généraliste, sites spécialisés grand public ou plus ciblé ou encore associations et fondations, peu d&#8217;informations sont ajoutées. Les contenus diffusés sont la plupart du temps de simples reprises des dépêches d&#8217;agence (AFP, Relaxnews, ATS). Un des seuls apports de la mise en ligne semble l&#8217;ajout d&#8217;une bande-annonce du film <em>Shoah</em> (sources marquées d&#8217;une * ci-dessus).</p>
<p style="text-align: justify">Une telle collecte permet d&#8217;identifier comment la présentation d&#8217;une information (la remise d&#8217;un prix) est reliée à d&#8217;autres informations (la numérisation de <em>Shoah </em>et surtout la réalisation d&#8217;un nouveau film). Il y a coprésence dans les articles de ces données, alors même que la conception d&#8217;un nouveau film et la numérisation sont publiques depuis plusieurs mois (novembre 2011 pour le film <a href="http://www.marianne.net/Lanzmann-critique-l-idee-de-banalite-du-mal-d-Hannah-Arendt_a212319.html" target="_blank">Marianne</a> et septembre 2012 pour<a href="http://www.cnc.fr/web/fr/communiques-de-presse2/-/liste/18/2415635" target="_blank"> la numérisation</a>). Les nombreux articles sur la Berlinale conduisent ainsi à la <strong>diffusion d&#8217;autres informations</strong>.</p>
<p style="text-align: justify">Une telle étude permet aussi d&#8217;identifier un parcours de l&#8217;information (cf. schéma ci-dessus) et, surtout, d&#8217;insister sur la notion de <strong>répétition</strong>. A quelques exceptions près<sup>8</sup>, la totalité des articles sur la remise du prix font référence au film <em>Shoah</em>. Ils répètent le lien entre le nom du réalisateur et le titre du film. Une des seules informations qui relève d&#8217;un travail éditorial se situe au niveau du choix du terme qualifiant le film.</p>
<p style="text-align: justify">Le film est cité dans 22 des 25 sources retenues (la référence est absente des références: 16, 17 et 18). Dans les trois reprises de l&#8217;entretien de l&#8217;AFP (19, 20 et 21) et dans la courte note de <em>Paris Match</em> (5), il n&#8217;est pas qualifié autrement que par son titre. Dans un tiers des cas, il est désigné comme un documentaire (1, 2, 4, 6, 7, 10, 12, 14, 21). Sur le site d&#8217;Allociné &#8211; qui est une reprise de la dépêche AFP &#8211; cette mention a été changée pour &#8220;chef d’œuvre&#8221; (3).  Sur le site d&#8217;Arte, <em>Shoah </em>est désigné comme un &#8220;film référence&#8221; (14) et une &#8220;œuvre phare&#8221; (15). Le terme d’œuvre se retrouve aussi dans <em>Marianne </em>(11) et sur le site <em>Mémoire juive</em> (13). Des termes particulièrement laudateurs sont utilisés; sur le site Notre cinéma, film &#8220;géantissime&#8221; (23) et sur celui de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, &#8220;film magistral&#8221; (25). Dans <em>Le Figaro Madame</em>, il est désigné comme un &#8220;documentaire essentiel&#8221; (24) et dans CinéEuropa comme un &#8220;documentaire célèbre&#8221; (8). Le terme plus critique de &#8220;film fleuve&#8221; issu d&#8217;une dépêche AFP est repris plusieurs fois (6, 7 et 9). Il est aussi présent dans un article du <em>Parisien </em>(12).</p>
<p style="text-align: justify">Ce petit relevé permet de se rendre compte que la qualification du film comme documentaire (11 références) est plus répandue que celle d’œuvre (4 références), bien que des qualificatifs laudateurs soient plus souvent associés au film (5), que des termes critiques (4). Une analyse plus poussée permettrait de replacer l&#8217;usage de ces termes dans la longue durée (28 ans) des discours sur le film. A titre d&#8217;exemple, l&#8217;expression critique &#8220;film fleuve&#8221; a été utilisée dès avril 1985 par des commentateurs qui ne souhaitaient pas faire usage de termes laudateurs. Il est possible de citer le journal du soir de France 3 du 28 avril 1985, <em>Le Canard enchaîné</em> (2 mai 1985) ou encore <em>L’Evénement du jeudi </em>(2 mai 1985). Le terme a aussi été utilisé plus tardivement par des chercheurs comme Julie Maeck<sup>9</sup>.  Pour autant, en 1985, les qualificatifs qui s&#8217;étaient imposés relevaient plus du champ lexical de l&#8217;oeuvre d&#8217;art: « oeuvre monumentale », « oeuvre de non-fiction », « film monumental », un « monument », un « film-monument » ou encore un « requiem ». Le terme &#8220;documentaire&#8221; qui était très peu utilisé entre 1985 (sortie en salle) et 1987 (diffusion à la télévision), ne s&#8217;est imposé que plus tard (progressivement après 1994, quand le film a été opposé aux fictions).</p>
<p style="text-align: justify">Cette  remise d&#8217;un prix à Claude Lanzmann n&#8217;est qu&#8217;un exemple parmi d&#8217;autres de la présence sans cesse renouvelée du film <em>Shoah </em>dans l&#8217;espace public médiatisé français depuis sa sortie en salle. Il n&#8217;est compréhensible que réinscrit dans une durée plus longue. Ces quelques articles sont intéressants, car ils font aussi le lien avec la prochaine fois dont il sera question du film. En effet, la sortie d&#8217;un nouveau film de Claude Lanzmann donnera lieu à de nouvelles publications et de nouvelles déclarations du réalisateur. Il se peut que le film soit présent dans la sélection d&#8217;un des principaux festivals de l&#8217;année (23), peut-être à Cannes. Aude Lancelin, directrice adjointe de la rédaction de <em>Marianne</em>, avance une possible polémique cannoise l&#8217;opposant &#8220;au sulfureux Lars Von Trier, connu pour des positions très excentriques sur la question hitlérienne (sic)&#8221;(11). Une nouvelle recherche documentaire sera alors à mener.</p>
<p>Pour une analyse plus développée je vous renvoie à « <em>Shoah</em>, documentaire, œuvre d’art et fiction du réel », dans Alain Kleinberger et Philippe Mesnard (dir.),<a href="http://www.fabula.org/actualites/sous-la-direction-d-alain-kleinberger-et-de-philippe-mesnardla-shoahthe-tre-et-cinema-aux_55402.php" target="_blank"><em> La Shoah: théâtre et cinéma aux limites de la représentation</em></a>, Paris, Éditions Kimé, 2013, p. 337-355.</p>
<p>Cette note a été rédigée dans le cadre du cours Histoire et cinéma de l&#8217;Université de Montréal.</p>
<p>&#8212;&#8212;-</p>
<p>Ajout (20 février 2013). Il faut attendre le 19 février, pour que<a href="http://www.crif.org/fr/actualites/videos-claude-lanzmann-ours-dor-dhonneur-%C3%A0-la-berlinale/35275" target="_blank"> le site du Crif</a> mettent en ligne un billet renvoyant à l&#8217;intégrale de la cérémonie, <a href="http://www.berlinale.de/en/das_festival/im_fokus/videostreaming/06_streaming.html#navi=66" target="_blank">disponible sur le site de la Berlinale</a>. Ce billet n&#8217;a pas été &#8211; à notre connaissance &#8211; repris et plus largement diffusé.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2695" class="footnote"> Les articles mis en ligne seront pris en compte. Cette étude devra par la suite intégrer une étude des publications papiers et des mentions dans les journaux et autres émissions télévisées</li><li id="footnote_1_2695" class="footnote">lire aussi <a href="http://bibliobs.nouvelobs.com/en-partenariat-avec-books/20121130.OBS1045/claude-lanzmann-l-artiste-et-le-neant.html" target="_blank"><em>BibliObs</em> en partenariat avec <em>Books</em></a></li><li id="footnote_2_2695" class="footnote"> L&#8217;information est aussi diffusée en Suisse francophone, à la suite d&#8217;une dépêche de l&#8217;Agence télégraphique suisse (<a href="http://www.swissinfo.ch/fre/nouvelles_agence/international/Honore_a_la_Berlinale,_Claude_Lanzmann_acheve_un_nouveau_film.html?cid=34994448" target="_blank">ici</a> et <a href="http://www.romandie.com/news/n/Honore_a_la_Berlinale_Claude_Lanzmann_acheve_un_nouveau_film27150220130104.asp" target="_blank">là </a>notamment). </li><li id="footnote_3_2695" class="footnote"> ainsi que sur un<a href="http://www.nouvelhay.com/2012/12/11/claude-lanzmann-laureat-de-lours-dor-dhonneur-du-festival-de-berlin/" target="_blank"> site Arménien</a> qui reprend l&#8217;information de novembre</li><li id="footnote_4_2695" class="footnote">Il s&#8217;agit d&#8217;un montage différent, <a href="http://videos.arte.tv/fr/videos/claude-lanzmann-ours-d-or-d-honneur-a-la-berlinale--7315238.html" target="_blank">voir en ligne</a> </li><li id="footnote_5_2695" class="footnote">site consulté le 15 février 2013: Claude Lanzmann, Ours d&#8217;or d&#8217;honneur à la Berlinale. Le 14 février 2013, la Berlinale remet au cinéaste Claude Lanzmann un Ours d&#8217;or d&#8217;honneur pour l&#8217;ensemble de son œuvre. Une œuvre projetée dans son intégralité pour l&#8217;occasion dans les salles du festival pour celui que l’on peut considérer aujourd’hui comme l’un des plus grands cinéastes du monde dont le géantissime SHOAH hanta nos mémoires pour toujours.</li><li id="footnote_6_2695" class="footnote"> L&#8217;information est aussi reprise en <a href="http://www.lacote.ch/fr/societe/cinemas/cinema-honore-a-berlin-claude-lanzmann-termine-deja-un-nouveau-film-607-1122221" target="_blank">Suisse </a>et en <a href="http://www.lalibre.be/culture/divers/article/797241/3-questions-a.html" target="_blank">Belgique</a> francophones ainsi qu&#8217;au <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/02/14/lanzmann-je-pensais-que_n_2683395.html" target="_blank">Québec</a>.</li><li id="footnote_7_2695" class="footnote"> notamment la dernière dépêche AFP, ainsi que <a href="http://www.mouviz.com/actu_EnBref_63e_Festival_international_du_film_de_Berlin_%28Berlinale%29_4310.html" target="_blank">Mouviz </a>ou encore de <a href="http://www.la-croix.com/Culture/Actualite/Le-mal-de-vivre-contemporain-a-la-63e-Berlinale-_NG_-2013-02-14-911076" target="_blank">La Croix</a></li><li id="footnote_8_2695" class="footnote"> dans <em>Montrer la Shoah à la télévision de 1960 à nos jours</em>, Nouveau Monde éditions, Paris, 2009, p. 12</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Histoire et mémoire (séminaire Loriga- Revel) &#8211; 11 et 18 février</title>
		<link>http://culturevisuelle.org/cinemadoc/2011/02/07/histoire-et-memoire-seminaire-loriga-revel-11-et-18-fevrier/</link>
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		<pubDate>Mon, 07 Feb 2011 10:39:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémy Besson</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agenda]]></category>
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		<description><![CDATA[Les vendredi 11 et 18 février 2011 de 11h à 13h, deux séances du séminaire Histoire et mémoire. Perspectives historiographiques, de Sabina Loriga et Jacques Revel, seront dédiées à l&#8217;étude du film Shoah (1985) de Claude Lanzmann.
La première séance portera sur la question du montage. Ce sera l&#8217;occasion de s&#8217;interroger à traver l&#8217;étude des interventions [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">Les vendredi 11 et 18 février 2011 de 11h à 13h, deux séances du séminaire <a href="http://www.ehess.fr/fr/enseignement/enseignements/2010/ue/260/" target="_blank"><em>Histoire et mémoire. Perspectives historiographiques</em></a>, de Sabina Loriga et Jacques Revel, seront dédiées à l&#8217;étude du film <em>Shoah</em> (1985) de Claude Lanzmann.</p>
<p style="text-align: justify">La première séance portera sur la question du montage. Ce sera l&#8217;occasion de s&#8217;interroger à traver l&#8217;étude des interventions de Martha Michelsohn dans <em>Shoah</em> sur l&#8217;écart entre la représentation que l&#8217;on se fait de cette étape du film (1979-1985) et la manière dont elle a été conçue par le réalisateur et la monteuse (Ziva Postec). Des extraits du <em>Diary</em> de David Perlov (1973-1983), de <em>La Monteuse et la propriétaire</em> de Claude Thiebaut (1983), de la <a href="http://culturevisuelle.org/cinemadoc/2010/03/01/master-class-avec-ziva-postec-5-mars-2010/" target="_blank">Masterclass filmée avec Ziva Postec </a>(2010) et de <em>Shoah</em> de Claude Lanzmann (1985) seront diffusés.</p>
<p style="text-align: justify">La seconde séance portera sur la question des choix historiographiques. Il s&#8217;agira de se demander : Dans quelle mesure la réalisation d&#8217;un film s&#8217;inscrit-elle dans un débat historiographique ? On développera, dans le cadre de cette communication, la manière dont le réalisateur a opéré des choix de type historiographique à l&#8217;articulation entre les positions défendues par Raul Hilberg et celle de Yehuda Bauer. Des extraits des interventions de Raul Hilberg dans <em>Shoah</em> seront diffusés.</p>
<p style="text-align: justify">Les deux séances se dérouleront au bâtiment :<em> Le France, 190-198 ave de France (salle de réunion &#8211; 8e étage) 75013 Paris.</em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Filmer les camps, de Hollywood à Nuremberg</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Mar 2010 18:17:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémy Besson</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agenda]]></category>
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		<category><![CDATA[lhivic]]></category>
		<category><![CDATA[archive]]></category>
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		<category><![CDATA[shoah]]></category>

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		<description><![CDATA[Suite à l'ouverture ce 10 mars de l'exposition Filmer les camps. de Hollywood à Nuremberg dont Christian Delage (EHESS-Lhivic) est le commissaire, je me permets de vous proposer une séance d'atelier double.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center"><img class="size-full wp-image-617 aligncenter" src="http://culturevisuelle.org/cinemadoc/files/2010/03/projection.jpg" alt="projection" width="564" height="172" /></p>
<p style="text-align: justify">Suite à l&#8217;ouverture ce 10 mars de l&#8217;exposition <em>Filmer les camps. de Hollywood à Nuremberg</em> dont Christian Delage (EHESS-Lhivic) est le commissaire, je me permets de vous proposer une séance d&#8217;atelier double.</p>
<p style="text-align: justify">Le mercredi 17 mars nous nous retrouverons à l&#8217;INHA pour étudier une séquence filmée par un soldat allemand  présentant une exécution par balles pendant les premières semaines du génocide des Juifs et la manière dont elle s&#8217;est trouvée mobilisée ensuite dans des films de fiction (la série <em>Holocauste</em>) et dits documentaires (<em>Einsatzgruppen</em> de M. Prazan entre autres). Il s&#8217;agira d&#8217;interroger ces deux minutes de film en historien, dans l&#8217;optique d&#8217;en comprendre les conditions de réalisation (en juillet 1942) et de diffusion (de 1943 à 2010), dans la perspective de mieux appréhender la temporalité de l&#8217;évènement filmé et la perception que l&#8217;on peut en avoir aujourd&#8217;hui.</p>
<p style="text-align: justify">Le jeudi 18 mars, nous nous retrouverons à 18h devant le Mémorial de la Shoah pour une visite de l&#8217;exposition. Dans un premier temps, Christian Delage présentera la manière dont il a conçu l&#8217;exposition en partenariat avec l&#8217;équipe du Mémorial, puis nous visiterons ensemble l&#8217;espace muséal.</p>
<p style="text-align: justify">Afin de préparer ces séances, je vous invite à prendre connaissance du <a href="http://www.memorialdelashoah.org/upload/minisites/filmer_les_camps/index.html" target="_blank">site de l&#8217;exposition</a>, d&#8217;un <a href="http://issuu.com/remybesson/docs/compte-rendu-2-12-08" target="_blank">compte rendu </a>sur le sujet que j&#8217;avais publié l&#8217;année dernière et du programme du <a href="http://www.memorialdelashoah.org/upload/minisites/filmer_les_camps/autour-de-l-exposition/cycles-de-films-conferences.html" target="_blank">cycle de projections et de rencontres</a> lié à cette exposition. Enfin vous pouvez lire une <a href="http://christiandelage.blogspot.com/2010/03/filmer-les-camps.html" target="_blank">présentation de l&#8217;exposition</a> par Christian Delage.</p>
<p>Pour vous inscrire pour la visite vous pouvez contacter Aurélien Rigaud qui la co-organise : 18mars2010@gmail.com</p>
<p style="text-align: justify">Séance du 17 mars 2010, INHA bibliothèque du CEHTA, 17h.-19h.<br />
Visite-débat au Mémorial de la Shoah, <a href="http://www.memorialdelashoah.org/b_content/getContentFromNumLinkAction.do?type=1&amp;itemId=239" target="_blank">17 rue Geoffroy l&#8217;Asnier</a>, le 18 mars, 18h.-20h.</p>
<p style="text-align: justify">L&#8217;image ci-dessus est un montage de captures d&#8217;écran représentant symboliquement les dispositifs de monstration des images des camps dans les films de fiction : <em>Verboten!</em>, (Samuel Fuller et al., 1959), <em>The Stranger</em> (Orson Welles et al. 1946) et <em>Judgement at Nuremberg</em> (Stanley Kramer et al., 1961).</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Ton image me regarde!?</title>
		<link>http://culturevisuelle.org/cinemadoc/2010/02/27/ton-image-me-regarde/</link>
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		<pubDate>Sat, 27 Feb 2010 11:45:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémy Besson</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comptes rendus]]></category>
		<category><![CDATA[lhivic]]></category>
		<category><![CDATA[dispositif]]></category>
		<category><![CDATA[entre l'écoute et la parole]]></category>
		<category><![CDATA[Esther Shalev-Gerz]]></category>
		<category><![CDATA[Fanny Lautissier]]></category>
		<category><![CDATA[historiographie]]></category>
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		<category><![CDATA[témoignage]]></category>
		<category><![CDATA[ton image me regarde]]></category>

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		<description><![CDATA[Le mardi 23 février 2010 à 19h. au Jeu de Paume vingt-cinq étudiants (principalement du lhivic et en historiographie à l'EHESS), mais aussi auditeurs libres et jeunes professionnels se sont réunis pour une visite de l'exposition Ton image me regarde!? Nous vous proposons ici une transcription de la présentation de l'exposition.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><span style="color: #000000">Le mardi 23 février 2010 à 19h au <em>Jeu de Paume</em>, vingt-cinq étudiants (principalement du Lhivic ou inscrits en historiographie à l&#8217;EHESS), mais aussi auditeurs libres et jeunes professionnels se sont réunis pour une visite de l&#8217;exposition <a href="http://www.jeudepaume.org/index.php?page=article&amp;idArt=1119&amp;lieu=1" target="_blank"><em>Ton image me regarde!?</em></a></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #000000">Après avoir présenté rapidement le <em>Lhivic</em>, l&#8217;atelier et le lien avec le <a href="http://culturevisuelle.org/cinemadoc/2010/02/09/la-place-du-non-articule-dans-les-temoignages-filmes-des-survivants-du-genocide-juif/" target="_blank">séminaire <em>L&#8217;histoire vue par les historiens</em></a>, j&#8217;ai essayé de présenter de manière synthétique le travail d&#8217; <a href="http://www.shalev-gerz.net/" target="_blank">Esther Shalev-Gerz</a>. Je vous propose ici une transcription de cette intervention.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #000000"><img class="alignnone" src="http://farm3.static.flickr.com/2758/4392014090_f655efe1a1.jpg" alt="" width="500" height="333" /></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #000000">Cette artiste est née en 1948 à Vilnius en Lituanie. Sa famille a ensuite émigré en Israël alors qu&#8217;elle était enfant puis elle a choisi de s&#8217;installer, de travailler et de vivre en France à partir de 1984. Elle a ensuite partagé son temps entre Paris, </span>le Canada et la Suède, ainsi que des séjours en Allemagne et aux états-Unis.<span style="color: #000000">. Depuis le début des années 80, elle réalise des œuvres et des installations dans l&#8217;espace public. La plus connue de ces installations est <a href="http://www1.uni-hamburg.de/rz3a035//antifascist.html" target="_blank"><em>Le monument contre le fascisme</em></a> qui se trouve à Hambourg. Ce dernier, placé dans une rue animée, était une tour de plomb de 12 mètres de haut sur laquelle les passants étaient invités à graver leur nom et des messages pour lutter contre la résurgence du fascisme dans l&#8217;Allemagne des années 80. Il a souvent été perçu à tort comme un Mémorial et a provoqué des polémiques, entre autre à cause du fait de sa disparition physique progressive. En effet, cette tour était enterrée petit à petit, à chaque fois que sa surface à hauteur d&#8217;homme était recouverte d&#8217;inscriptions : inaugurée en 1986, elle a entièrement disparu en 1993. Le monument est aujourd&#8217;hui constitué du seul sommet de la tour, qui affleure la surface de la rue.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #000000">Cette œuvre, qui n&#8217;a pu être exposée au Jeu de Paume (même si elle y est présentée), permet de se rendre compte d&#8217;au moins trois dimensions essentielles du travail d&#8217; Esther Shalev-Gerz. La première est le statut qu&#8217;elle assigne au spectateur : ce dernier n&#8217;est jamais pensé comme passif et, comme on peut le voir dans l&#8217;exposition, il devient parfois même acteur des pièces, des performances. En cela, Esther Shalev-Gerz est très proche de la pensée de Jacques Rancière et on peut penser que cette influence est réciproque. On notera à ce titre qu&#8217;il a écrit à plusieurs reprises à propos de ses œuvres, qu&#8217;il a rédigé l&#8217;un des textes publiés dans le catalogue et, enfin, qu&#8217;il fait lui-même partie de l&#8217;œuvre spécialement conçue pour cette exposition. Il s&#8217;agit donc de penser que le <em>spectateur émancipé, </em>le spect-acteur, est pensé comme central dans la production du sens de l&#8217;œuvre. Un dialogue &#8211; qui tend parfois à la dialectique, à la fabrique de dissensus &#8211; fait de rebonds et de questions sans cesse ouvertes s&#8217;instaure ainsi entre l&#8217;œuvre et lui. Le second point est le fait que ces œuvres sont réalisées en prise directe avec les interrogations qui traversent la société (on est donc loin de l&#8217;art pour l&#8217;art). L&#8217;artistique et le politique sont pour elle intimement et profondément liés. Enfin, ses œuvres intègrent souvent une dimension réflexive et processuelle. Ainsi, en même temps qu&#8217;elles s&#8217;exposent, elles montrent leurs conditions de production. De plus, il me semble que c&#8217;est par la connaissance de ces conditions et protocoles de production que le spectateur peut commencer à lier un dialogue avec ces œuvres (ce qui est souvent le cas dans l&#8217;art conceptuel).</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #000000"><img src="http://farm5.static.flickr.com/4071/4391247259_9ffa309ca6.jpg" alt="" width="500" height="333" /></span></p>
<p><span style="color: #000000"><img src="http://farm5.static.flickr.com/4019/4392017424_a623eaa74c.jpg" alt="" width="500" height="333" /></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #000000">Photographies de l&#8217;œuvre<em> MenschenDinge</em> (©Esther Shalev-Gerz, Stiftung Gedenkstätten Buchenwald und Mittelbau-Dora)</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #000000">Pour ce qui est des thématiques qui structurent son œuvre &#8211; et sans entrer dans les détails &#8211; on peut citer dans le désordre : un rapport très fort à la  <em>persistance </em>et en particulier à la manière dont le génocide juif &#8220;persiste&#8221; et influence les modes de penser actuels;  un attention portée à la question des langues, du langage, de la traduction et donc de la transmission; un travail sur les notions d&#8217;exil, de diaspora et plus largement de migration. D&#8217;un point de vue cette fois plus formel, on notera un travail sur la fragmentation des formes et des objets, une attention portée aux traces et au tremblement où tout du moins à ce qui fait jeu et écart; et enfin, de manière tout à fait centrale, au portrait : portraits de personnes, de lieux, d&#8217;objets.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #000000">C&#8217;est ce sujet assez ancien en art qu&#8217; Esther Shalev-Gerz a retravaillé principalement en vidéo et en lien avec la notion de témoignage, de corps témoignant. Dans ses œuvres, elle a alors accordé un importance particulière à la question de l&#8217;écoulement du temps, du rythme, de sanction et de la suspension; ainsi qu&#8217;à la matérialité des corps filmés. Dans l&#8217;œuvre intitulée <em>Entre l&#8217;écoute et la parole</em>, que nous étudierons en détail lors du séminaire de l&#8217;EHESS du 2 mars 2010, elle présente trois projections de visages défilant avec un décalage de 7 secondes.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #000000"><img class="alignnone" src="http://farm5.static.flickr.com/4019/4391252801_36e9edfce2.jpg" alt="" width="500" height="333" /></span></p>
<p><span style="color: #000000"><img class="alignnone" src="http://farm5.static.flickr.com/4019/4391251663_c9ca8edbd2.jpg" alt="" width="500" height="333" /><br />
Photographies de l&#8217;œuvre<em> Entre l&#8217;écoute et la parole : derniers témoins Auschwitz 1945-2005</em> (©Esther Shalev-Gerz,  Mémorial de la Shoah)</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #000000">Ces écrans figurent et représentent les silences ralentis de survivants de la Shoah. Ces silences sélectionnés par l&#8217;artiste sont ceux qui ont eu lieu entre la question et la réponse lors d&#8217;entretiens préalablement réalisés. Ces questions ouvertes portaient sur : l&#8217;avant &#8211; l&#8217;expérience concentrationnaire &#8211; et son après. L&#8217;œuvre laisse ainsi apparaître sur les visages des témoignants des rictus, des larmes, parfois des sourires, dans tous les cas des micro-mouvements que l&#8217;artiste appelle des &#8220;inter-dires&#8221;. Ces thèmes différents &#8211; mais souvent rapprochés &#8211; du silence, de l&#8217;archive manquante, du déplacement de l&#8217;étude : du sens à son absence, de l&#8217;incapacité à transmettre l&#8217;expérience concentrationnaire sont devenus des topoi en histoire depuis une trentaine d&#8217;années (comme l&#8217;a rappelé Jacques Revel à ce sujet lors de son séminaire du 19 février 2010).  Mais, ce qui me semble plus en jeu dans le travail d&#8217;Esther Shalev-Gerz, c&#8217;est la manière dont justement <em>ces</em> silences travaillent et qui, il me semble, ne font pas apparaître un manque, mais qui sont en soi une proposition de témoignage, de transmission littéralement a-narrative, qui fonctionne sur le principe d&#8217;un dialogue muet entre l&#8217;œuvre (un dispositif de monstration et un dispositif de filmage) et son spectateur.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #000000">Rémy Besson.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #000000">Séance organisée avec Fanny Lautissier. Photographies Audrey Leblanc et Fanny Lautissier. Nous tenons à remercier Esther Shalev-Gerz, Stefanie Baumann (assistante de l&#8217;artiste), Sophie Nagiscarde (Mémorial de la Shoah), Sonja Staar (Stiftung Gedenkstätten Buchenwald und Mittelbau-Dora), Marta Ponsa et Edwige Baron (Jeu de Paume), Cécile Nédélec et Adrien Delmas (EHESS) qui ont rendu par leur soutien et leur aide cette visite et la réalisation de ce billet possibles.</span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>La place du non articulé dans les témoignages filmés des survivants du génocide juif</title>
		<link>http://culturevisuelle.org/cinemadoc/2010/02/09/la-place-du-non-articule-dans-les-temoignages-filmes-des-survivants-du-genocide-juif/</link>
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		<pubDate>Tue, 09 Feb 2010 14:20:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémy Besson</dc:creator>
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		<category><![CDATA[shoah]]></category>
		<category><![CDATA[silence]]></category>
		<category><![CDATA[Stefanie Baumann]]></category>
		<category><![CDATA[témoignage]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://culturevisuelle.org/cinemadoc/?p=530</guid>
		<description><![CDATA[Que peut apporter le strictement visuel à la compréhension d'un témoignage? se trouve-t-on alors hors du récit ou dans un récit qui n'est pas articulé verbalement? que recherche à transmettre un artiste quand il réalise un entretien avec des survivants de la Shoah? qu´est-ce qui apparaît entre les deux, entre l´écoute et le regard, entre les histoires et les corps qui les portent? quels défits posent ce type de forme à une écriture de l'histoire qui est toujours majoritairement pensée comme scripturaire?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">2 mars 2010 de 15h à 17h, séminaire<em> L&#8217;histoire vue par les historiens</em>, 54 bvd Raspail, salle 525<em> </em>en présence d&#8217;Esther Shalev-Gerz.</p>
<p style="text-align: justify"><img class="alignnone size-full wp-image-567" src="http://culturevisuelle.org/cinemadoc/wp-content/files/2010/01/esg.jpg" alt="esg" width="525" height="393" /></p>
<p style="text-align: right">&#8220;(&#8230;) un silence qui est lui-même peuplé d’une multiplicité de signes (&#8230;) qui mettent en scène la parole comme le produit d’un travail. Au plus loin donc de l’ahurissement ou de l’idolâtrie, l’image visible est alors l’élément d’une histoire.&#8221;</p>
<p style="text-align: right">Jacques Rancière, <em>Le travail de l’image</em>, Multitudes 2007/1, n° 28, p. 199</p>
<p style="text-align: justify"><em>Entre l´écoute et la parole: Derniers témoins</em> est le titre d´une exposition, conçue pour le 60ème anniversaire de la libération d´Auschwitz en 2005  en vue d&#8217;une installation à Hôtel de Ville (photographie ci-dessus, <a href="http://www.v2asp.paris.fr/fr/La_Mairie/salle_de_presse/dossiers_presse/pdf/Expo_auschwitz.pdf" target="_blank">dossier de presse</a> et <a href="http://www.shalev-gerz.net/FR/index.html#/s%C3%A9lection/between" target="_blank">site de l&#8217;artiste</a>). A partir du 9 février 2010, Esther Shalev-Gerz présente une nouvelle forme de cette oeuvre à l&#8217;occasion de son exposition <a href="http://www.jeudepaume.org/index.php?page=article&amp;idArt=1119&amp;PHPSESSID=3404e74e02a4dad786add503811c2a88" target="_blank"><em>Ton image me regarde!?</em></a> qui se tient au musée du Jeu de Paume.</p>
<p style="text-align: justify">Cette oeuvre visuelle &#8211; dont des extraits seront diffusés &#8211; a été réalisée à partir d&#8217;interviews menés avec 60 rescapés juifs des camps de concentration et d&#8217;extermination demeurant en région parisienne. Les questions qui leurs furent posées portaient sur leurs expériences avant, pendant et après l´internement ainsi que sur leur vie actuelle. La forme finale consiste en une installation comprenant plusieurs éléments. D´une part, un dispositif de quatre tables, de forme sinueuse traversent toute la salle. Sur ces tables sont posés 60 petits écrans, montrant chacun un enregistrement d´interview dans sa durée originale (entre 2 heures et 9 heures). Une seule personne assise devant et munie d´un casque peut les regarder. La salle d´exposition reste ainsi silencieuse. D´une autre part, dans la même salle des extraits d&#8217; interviews filmées montrant les personnes interviewées au moment qui se situe entre l´écoute et la parole sont diffusés par le biais de trois vidéo-projecteurs. Sur les visages des anciens déportés, qui sont dans ces séquences filmés en très gros plans et ralentis, on perçoit ces instants très particuliers entre tension, mouvement des corps et mimiques. Parfois, on a l´impression de saisir la venue d´un souvenir douloureux, ou d´une émotion qui ne peut se manifester en mots ou trouver une configuration complexe par une mise en récit verbal. Parfois on aperçoit un petit sourire subtil, ou bien un vide, une recherche sans issue ou une question intérieure sans réponse. En tous les cas, ce qui est rendu visible ici est un mouvement du corps, des expressions physiques hors du langage et l&#8217;inscription d´une mémoire dans la chair.</p>
<p style="text-align: justify">Que peut apporter le strictement visuel à la compréhension d&#8217;un témoignage? se trouve-t-on alors hors du récit ou dans un récit qui n&#8217;est pas articulé verbalement? que recherche à transmettre un artiste quand il réalise un entretien avec des survivants de la Shoah? qu´est-ce qui apparaît entre les deux, entre l´écoute et le regard, entre les histoires et les corps qui les portent? quels défits posent ce type de forme à une écriture de l&#8217;histoire qui est toujours majoritairement pensée comme scripturaire? sont les questions principales autours desquelles nous vous invitons à discuter lors de cette séance de séminaire.</p>
<p style="text-align: justify">Interventions de l&#8217;artiste, de Stefanie Baumann (doctorante en philosophie à Paris 8 ) et de Rémy Besson (doctorant en histoire à l&#8217;EHESS). Séminaire coordonné avec Francisco Bellosillo, Felipe Brandi, Adrien Delmas, Nikolaos Kokkomelis, doctorants en histoire à l&#8217;EHESS ; sous la direction de François Hartog, directeur d&#8217;études à l&#8217;EHESS.</p>
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		<title>Le lieu du document</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Dec 2009 16:23:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémy Besson</dc:creator>
				<category><![CDATA[Enseignement]]></category>
		<category><![CDATA[lhivic]]></category>
		<category><![CDATA[arasse]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[document]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[shoah]]></category>
		<category><![CDATA[vermeer]]></category>

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		<description><![CDATA[La séance du 9 décembre 2009 de l&#8217;atelier  portera sur les différentes modalités d&#8217;intégration d&#8217;un document écrit dans un film dit documentaire. L&#8217;enjeu sera de comprendre comment un document peut être intégré dans un ensemble narratif auquel il participe, mais qu&#8217;il ne détermine pas. On s&#8217;interrogera sur le rapport de ces films aux documents et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">La séance du 9 décembre 2009 de l&#8217;atelier  portera sur les différentes modalités d&#8217;intégration d&#8217;un document écrit dans un film dit documentaire. L&#8217;enjeu sera de comprendre comment un document peut être intégré dans un ensemble narratif auquel il participe, mais qu&#8217;il ne détermine pas. On s&#8217;interrogera sur le rapport de ces films aux documents et plus généralement sur les rapports entre parole/texte et image à partir de l&#8217;étude d&#8217;un extrait du film <em>Shoah </em>de Claude Lanzmann durant lequel un document &#8220;administratif&#8221; nazi est lu.</p>
<p style="text-align: justify">Comme je l&#8217;avais déjà proposé il y a tout juste un an (<a href="http://issuu.com/remybesson/docs/compte-rendu-2-12-08" target="_blank">compte rendu de la séance du 2 décembre 2008</a>), ce type de problématique permet d&#8217;inverser les axes habituels de cet atelier en posant la question de <em>la part du documentaire dans un récit dit de fiction</em>. On empruntera ici un exemple à l&#8217; histoire  de l&#8217;art, à travers un extrait développé d&#8217;un texte de Daniel Arasse portant sur la manière dont le peintre Vermeer intégrait des cartes dans ses tableaux. A la vision du tableau étudié et à la lecture du texte, une série de questions se posent : pourquoi Vermeer a-t-il intégré une carte à son tableau ? comment l&#8217;a-t-il fait ? dans quel but ? comment a-t-il intégré cet élément à son <em>style</em> ? Mais aussi : comment Daniel Arasse a-t-il écrit l&#8217;histoire de cette intégration ? avec quel enjeux ? dans quel but ? quelle méthode argumentative mobilise-t-il ? etc. Et enfin : quels effets heuristiques produisent l&#8217;argumentation d&#8217; Arasse pour un historien du visuel ? Comment interpréter ce texte en tant qu&#8217;historien du visuel ? Quels écarts existent avec les attendus de la recherche d&#8217; Arasse ?  Comment peut-on mettre en regard cette étude sur des peintures, sur l&#8217;intégration de cartes dans des peintures avec l&#8217;étude de films et l&#8217;intégration de documents administratifs dans des films ?</p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: Garamond;font-size: small">A  la différence de la plupart des cartes présentes dans les tableaux  contemporains, celles de Vermeer sont peintes avec assez de précision  pour que l&#8217;on ait pu les identifier et retrouver l&#8217;édition qui avait  servi de modèle au peintre. Mais, curieusement, l&#8217;identification  même de cette série cartographique montre que Vermeer n&#8217;avait pas  d&#8217;intérêt particulier pour le développement ou l&#8217;actualité de la  cartographie. Non seulement les cartes qu&#8217;il reproduit sont, en définitive,  peu nombreuses<sup>1</sup>  mais elles ne sont pas récentes et elles  sont même, dans deux cas, historiquement périmées dans la mesure  où elles représentent une situation territoriale politique abolie.  Or ces cartes n&#8217;en jouent pas moins un rôle majeur dans l&#8217;articulation  du « message iconique » du tableau : non seulement Vermeer gère avec  précision la répartition des trois « figures symboliques » du monde  extérieur (fenêtre/carte/lettre) dans l&#8217;économie de ses toiles,  mais </span><span style="font-family: Times New Roman;font-size: x-small"><em>L&#8217;art de la peinture, </em></span><span style="font-family: Garamond;font-size: small">dont le titre ancien suffit à indiquer l&#8217;importance  théorique que revêt la toile aux yeux mêmes de Vermeer, place décidément  la carte géographique à l&#8217;horizon de la peinture et au centre du tableau  : détail incontestablement significatif, c&#8217;est sur la bordure intérieure  de cette carte, au</span><span style="font-family: Arial;font-size: xx-small">, </span><span style="font-family: Garamond;font-size: small">plus  près de « Clio », que l&#8217;artiste a signé son œuvre.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: Garamond;font-size: small">Pour  situer le rôle que Vermeer assigne à la carte géographique dans l&#8217;économie  de </span><span style="font-family: Times New Roman;font-size: x-small"><em>ses </em></span><span style="font-family: Garamond;font-size: small">tableaux, il convient d&#8217;envisager brièvement  ce qui définit la nature propre de l&#8217;image cartographique comme représentation  figurée d&#8217;un territoire géographique et humain. </span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: Garamond;font-size: small">Fruit de la collaboration entre  une équipe d&#8217;arpenteurs et un peintre, la représentation  cartographique vise et énonce une </span><span style="font-family: Garamond;font-size: x-small">connaissance </span><span style="font-family: Garamond;font-size: small">dont le but n&#8217;est pas seulement théorique,  mais aussi pratique (social ou politique)  puisque le relevé topographique et sa mise en page servent, par exemple,  à délimiter : l&#8217;extension des possessions territoriales individuelles  ou collectives et, éventuellement, à régler juridiquement des conflits  de limites et de propriétés. Il ne suffit pas de regarder une carte,  il faut savoir la lire pour pouvoir l&#8217;interpréter et s&#8217;en servir. Du  territoire qu&#8217;elle représente, elle constitue une « description »  — c&#8217;est le terme que fait lire Vermeer au titre de la carte qui couvre  le mur de </span><span style="font-family: Times New Roman;font-size: x-small"><em>L&#8217;art de la  peinture </em></span><span style="font-family: Garamond;font-size: small">—articulant un  savoir dans une figure; elle « approprie l&#8217;espace du réel à l&#8217;ordre  du savoir » scientifique dont le « pouvoir s&#8217;énonce et s&#8217;affirme  dans la carte comme effet d&#8217;une représentation, effet de la représentation  »<sup>2</sup></span></p>
<p style="text-align: justify"><a title="L'Officier et la jeune fille riant de Cinemadoc, sur Flickr" href="http://www.flickr.com/photos/cinemadoc/4154617391/"><img src="http://farm3.static.flickr.com/2775/4154617391_da37c6c172.jpg" alt="L'Officier et la jeune fille riant" width="453" height="500" /></a></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: Garamond;font-size: small">Image enregistrée, Jan Vermeer, <em>L&#8217;officier et la jeune fille riant</em>, vers 1657, The Frick Collection, New York</span>.</p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: Garamond;font-size: small">Telle  n&#8217;est pas, précisément, la fonction que leur présentation assigne  aux cartes peintes dans l&#8217;œuvre de Vermeer. <strong>Elles n&#8217;y sont pas présentes  pour que le regard du spectateur puisse y acquérir ou y vérifier une  connaissance</strong>, qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;une connaissance relative au territoire  représenté ou relative à la carte même qui représente ce territoire.  Dès le </span><span style="font-family: Times New Roman;font-size: x-small"><em>Soldat et jeune  fille riant, </em></span><span style="font-family: Garamond;font-size: small">Vermeer manifeste  son indifférence de peintre à cette fonction cognitive de la carte  dans le champ du tableau de peinture; il l&#8217;affiche même presque puisqu&#8217;il  intervertit l&#8217;emplacement des couleurs conventionnellement destinées  à distinguer terre ferme et surface aquatique : dans cette carte de la Hollande et  de la Frise, la terre est bleue, la mer beige. Il ne recourt plus ensuite  à un effet aussi fort, mais il est clair qu&#8217;il utilise, dans ses tableaux,  <strong>la carte géographique comme un motif dont la mise en oeuvre obéit  aux principes qui organisent l&#8217;ensemble de la représentation et de  sa structure</strong>. Découpées le plus souvent par le bord du champ pictural,  incomplètement visibles donc et, de plus, mal -lisibles par suite des  effets lumineux et de la volontaire imprécision du trait linéaire  qui oriente en général la pratique de Vermeer</span><span style="font-family: Garamond;font-size: small">, les cartes de Vermeer y suivent la même  loi de peinture, elles subissent le même traitement et elles ont la  même fonction que les tableaux qu&#8217;il accroche aux murs dans 15 de ses  toiles : elles sont une image dans l&#8217;image, un « tableau dans le tableau  ».</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: Garamond;font-size: small">Daniel Arasse, &#8220;Le lieu Vermeer&#8221;, <em>La part de l&#8217;oeil</em>, n°5 : <em>Topologie de l&#8217;énonciation</em>, 1989, pages 14-15.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: Garamond;font-size: small"><em>Nous avons choisi de mettre en gras certaines phrases. Nous n&#8217;avons pas reproduit toutes les notes de bas de page. </em><br />
</span></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_318" class="footnote">7 tableaux comportent une carte mais on ne compte que 4 cartes différentes, car l&#8217;une est reprise dans trois tableaux différents (carte de la Hollande et de la Frise dans <em>Le Soldat et la jeune fille riant</em>, <em>Lectrice en bleu</em> et <em>La lettre d&#8217;amour</em>, où elle est à peine visible dans l&#8217;ombre du premier plan) et une autre (selon deux éditions différentes) dans deux tableaux (carte des 17 Provinces, ed. Piscador, dans L&#8217;art de la peinture, ed. Allart dans <em>Jeune femme à la fenêtre</em>). </li><li id="footnote_1_318" class="footnote">Louis Marin, &#8220;Les voies de la carte&#8221;, dans<em> Cartes et figures de la lettre</em>, Paris (Centre Georges Pompidou), 1980, p. 52. </li></ol>]]></content:encoded>
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