Séisme au Japon : flots, flammes et fatras.

Ce matin, sur toutes les chaines, traitement live du séisme qui vient de se produire au japon,  profusion des images. En particulier il y a ces vidéos qui montrent une vague interminable. Elle progresse à l’intérieure des terre en charriant tout un fatras de débris qui lui sont proportionnés : des camions, des maisons en flammes, des arbres, des bateaux se fracassant sur le pont d’une autoroute… cet événement répond à ce que nous avions déjà entr’apperçu (car c’était la nuit) au Chili il y a un an, quasiment jour pour jour.

Un tsunami ce n’est pas qu’une vague énorme, à la manière du séisme indonésien. C’est aussi (cf. Chili : l’imaginaire tsunamique), une montée relativement faible (quelques mètres) et progressive du niveau marin. Cela submerge alors les terres sur des surfaces considérables.

Les données géophysiques dont nous disposons pour le moment (magnitude de 8.9 / profondeur de l’épicentre à plus de 10 000 mètres sous la surface de l’océan), vont en ce sens : le choc sismique1 produit certes un tsunami non loin de l’épicentre, déferlante brutale et massacrante (qui auraient atteint près de 10 mètres !), mais surtout une forte élévation globale du niveau océanique (corrélée à un affaissement du socle continental). Cela provoque une crue maritime, ce que l’on nomme, en fait, pour être plus précis, un raz-de-marée.

La vigueur et la violence des tsunamis, comparée à la lenteur insidieuse des raz-de-marée explique certainement (ajoutée à l’exotisme du mot même de “tsunami”) l’usage quasi-systématique de ce mot par les médias. Plus qu’une simple et banale figure de style, c’est l’expression d’un imaginaire de la menace qui est à l’œuvre. Le danger, serait ainsi toujours soudain et brutal, comme un choc (sismique entre autres). Mais le danger réside aussi dans des phénomènes à rythmicité plus longue : des “catastrophes douces”2.

Le Japon est en train de vivre deux rythmicités du catastrophique :  tsunami / raz-de-marée d’une part, séisme / incendies d’autre part. L’amalgame, le mélange de tout (vagues et marées, eau et feu, terre et mer, stupeurs et tremblements, autant que les mots pour les dire) est à l’œuvre.

  1. En fait il s’agit d’une série de chocs, d’une “crise sismique”, une déchirure faisant sauter plusieurs points de suture. Pour des explications sur le cas de ce matin, voir http://www.bbc.co.uk/news/world-south-asia-12712422 []
  2. Pour un exemple de ce dernier type, l’exemple le plus significatif est celui des accidents de voitures. Pas sujet aux catastrophes – ça ne dépasse jamais le fait divers – , c’est pourtant, cumulé sur l’ensemble, aux dimensions des catastrophes, aussi bien en termes de victimes que de dégats matériels. []

9 Reponses à “ Séisme au Japon : flots, flammes et fatras. ”

  1. JESUS VIENT… LISER MATTHIEU DANS SES 10 DERNIERS CHAPITRE. C EST QLQ PART LA.

  2. Comment traiter d’une menace qui, contrairement au tsunami, ne génère pas d’images? 11 centrales nucléaires dans la région de Sendai qui n’ont pas l’air d’être dans un état très rassurant. Si je ne me trompe, c’est une première. Le traitement médiatique en est pour l’instant extrèmement léger. Est-du à la difficulté de montrer des images spectaculaires sur ce thème?

  3. Ca y est, “petite” fuite nucléaire selon le gouvernement japonais sur de très belles vues aériennes réalisées depuis un hélico dur LCI.

  4. @ Augustin : Tu peux développer/expliciter ?
    @ Tierry : oui, de toute évidence. On connait à ce propos le rôle majeur qu’à joué l’invisibilité de l’activité nucléaire dans la prise en charge de la catastrophe de Tchernobyl. Pour ce qui est de l’actualité, il semble qu’il y ait bien une fuite dans une centrale nucléaire de Fukushima. On ne connait pas encore l’état du réacteur, mais une explosion a été filmée. Nos yeux, dans ce cas là, ce sont nos instruments (compteur Geger), et pour le moment un taux de l’ordre de 1000 fois supérieur à la normale a été mesuré.

  5. Un peu déçu par cet article : je ne vois guère d’analyse, juste un rapport de faits. Par rapport à la ligne édito de Culture visuelle, on pourrait s’attendre à mieux qu’un néologisme passablement gratuit et même pas joli (rythmicité catastrophique).

    Le commentaire d’Augustin offre pourtant matière. M’est avis que nous allons assister à l’inévitable retour de millénarisme qui accompagne toute catastrophe d’ampleur. Et il est vrai que le contexte est propice : un tsunami, quelques révolutions à droite et à gauche, m’étonnerait pas que la période à venir nous offre un joli florilège d’inspiration chrétienne et/ou niou-agiste (2012 approche mes enfants repentez-vous !).

  6. @ John : je suis assez d’accord avec ta critique. Écrit hier matin, au tout debut des premieres infos sur la catastrophe, j’essayais de détailler l’émotion particulière dégagée par la vue du raz-de-marée. Lenteur inexorable vs. quasi instantanéïté d’un tsunami. Confusion entre ces deux phénomènes dans les médias. Envie de rappeler qu’une catastrophe est multichoc et multirythme, qu’elle est autant événementielle que crise, que la violence ne fait pas toujours rupture, que parfois elle prend la figure, nettement plus angoissante de l’inexorable.
    Quant au comment d’Augustin, il n’a rien d’explicite, et ressemble plus à un lancement d’alerte écrit dans un journal empaquetant une crotte posée incognito, sans style et sans argumentation devant ma porte. La manière dont tu le reprends permet déjà de quitter le mode conspiration-vous-savez-bien-sûre-de-quoi-je-parle d’Augustin. La question du millenarisme et de l’apocalypse est évidemment super intéressante mais je te répond ce soir, avec un vrai clavier -là je suis sur le tel..
    Un grand merci en tout cas pour ta franchise et ta relance ! (Et j’espère pouvoir être au niveau sur le prochain billet ;- )

  7. Pour la première fois cet après-midi, j’ai vu sur BFM TV les images qui passent en boucle depuis presque 2 jours sur toutes les chaînes avec le son qui avait été capté lors de leur enregistrement . J’ai réalisé à cette occasion
    1) que je voyais depuis 2 jours des vidéos dont on avait supprimé le son parce qu’elles étaient destinées à illustrer le propos des journalistes en plateau;
    2) que ses images avaient une dimension dramatique beaucoup plus importante avec le son d’origine qu’avec les commentaires des journalistes.

  8. @ Thierry : Oui, comme celle-ci par exemple, “No Comment”
    http://www.facebook.com/video/video.php?v=1605260179420&comments

  9. Ils disent pas tout c Choquant ok une vague du necleair on sait les risque mais il pourrait dire si les Japonais sans sortirait . Si je le pouvait jirais tuer ma vie pour eux!

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