Royal wedding hat

Par Ksenija Skacan - 7 mai 2011 - 22:38 [English] [PDF] 

Virginie est modiste. Elle connaît son métier, l’histoire du chapeau, ses concurrents et les grands noms qui comptent. Moi, je n’ai pas une tête à chapeau et je faisais le désespoir des costumières au théâtre. Seuls deux couvre-chefs ont réussi à tenir plus de trois minutes sur ma tête : une capeline grand genre à plume, version My fair Lady, pour Lisa dans l’opérette Le pays du sourire à Dijon et un béret en laine bouillie. Aussi quand Virginie me parle avec respect et admiration de Philip Treacy en mars, je prends note poliment du nom de cette célébrité qui officie dans le cercle plutôt restreint des modistes contemporains. Ceci dit, il est anglais et a donc des circonstances atténuantes.

Mais sa célébrité a désormais dépassé cette confidentialité, voici pourquoi :

Très précisément, voici l’analyse par Google Trend :


Donc le sieur Philip Treacy a créé 36 chapeaux sur les têtes des invitées, mais surtout il en a raté un qui, prosécogénie oblige, lui apporte la gloire et la célébrité.

Voir absolument : Telegraph UK

Mais j’aime aussi beaucoup le coup de la chatière :

A ce jour, il y a 4 pages Facebook sur le chapeau de la princesse Beatrice, 1 780 000 résultats Google sur son nom et la création beige domine bien entendu dans les images de la princesse.

Une bonne raison de la viralité de cette image semble résider dans le contexte : mariage anglais = femmes à chapeaux, bref une pertinence très forte. La deuxième raison vient de sa malléabilité, qui est traduit par l’appropriativité dans le système des icônes gunthertiennes. Le critère de beauté est parfaitement retourné en son envers, mais comme il s’agit justement d’un jugement esthétique sur l’objet, ce critère finit par être aussi très important. Quant à la diffusion, les 8 derniers jours ont prouvé l’impact, on retrouve l’image sur tous les types de sites internet – actualités, mode, geek…

Virginie s’émeut un peu du fait que même un ratage de ce genre sert à la communication du créateur. Règle je-ne-sais-plus-combien de la communication : il faut faire parler de soi, en bien ou en mal, mais toujours faire parler de soi.

Un chapeau de Virginie

Un chapeau de Virginie

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